29 pages
Français

Informations bibliographiques ; n°5 ; vol.47, pg 676-703

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Revue française de science politique - Année 1997 - Volume 47 - Numéro 5 - Pages 676-703
28 pages

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1997
Nombre de lectures 19
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations bibliographiques
In: Revue française de science politique, 47e année, n°5, 1997. pp. 676-703.
Citer ce document / Cite this document :
Informations bibliographiques. In: Revue française de science politique, 47e année, n°5, 1997. pp. 676-703.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1997_num_47_5_395213BIBLIOGRAPHIQUES* INFORMATIONS
GENERALITES, METHODOLOGIE
ALVAREZ- PÉREYRE (Frank) éd. - Le politique et le religieux, Essais théoriques et
comparatifs. - Jérusalem, Centre de recherche français de Jérusalem, 1995. 24 cm, 364 p.
Bibliogr. (Cahiers du Centre de recherche français de Jérusalem. Série Hommes et sociétés)
Cet ouvrage trouve sa source dans un colloque international qui s'est tenu en
1993 à l'université Bar Ilan, en Israël. Les dix-sept contributions au colloque sont
évidemment d'un intérêt inégal et l'on ne peut que regretter que l'excellente intr
oduction théorique de Danièle Hervieu-Léger n'ait pas été utilisée comme grille
d'interprétation commune aux nombreuses études de cas qui constituent la plus
grande partie de l'ouvrage. Dans la ligne de son ouvrage La religion pour mémoire,
elle remet en cause notamment les vues classiques sur la sécularisation comme pro
cessus univoque de spécialisation et de rationalisation. Le religieux pouvant apparaît
re comme un mode particulier du croire et le politique lui-même apparaissant
justiciable d'une approche en termes de fonctionnement religieux. Les études histor
iques présentent d'autant plus d'intérêt qu'elles reposent sur des enquêtes précises,
une mention particulière revenant ici à la réflexion extrêmement intéressante
d'Alain Boureau sur la généalogie religieuse du contrat social dans le monde scolas-
tique, tandis que les vues cavalières sur le passage des «cités des dieux à la cité
séculière» apparaissent bien courtes. La troisième partie de l'ouvrage est entièrement
consacrée à plusieurs études contemporaines sur les rapports du religieux et du poli
tique chez les juifs d'Israël ou de France, tandis que Marc Lazar évalue le fonctio
nnement religieux du communisme, Jean-Paul Willaime la position du protestantisme
face à la construction de l'Europe et Michaël Lôwy les sources juives bibliques de
la théologie de la libération en Amérique latine. La réflexion de David Martin, qui
conclut l'ouvrage, met utilement l'accent sur «l'ontologie» sous-jacente à nombre
d'études concernant les rapports entre religion et politique qui semblent impliquer
que la véritable essence de la religion consiste dans une politique mise en échec.
ASSOCIATION FRANÇAISE DES ÇONSTITUTIONNALISTES - Le bicamérisme. Journée
d'études du 17 mars 1995. - Paris, Économica; Aix-en-Provence, Presses universitaires d'Aix-
Marseille, 1997. 24 cm, 165 p.
Avec une régularité enviable l'Association française des constitutionnalistes
publie les résultats de ses travaux dont voici le 13e cahier qui allie rapports savants
et tables rondes menées avec des grands témoins. Ainsi les deux rapports
d'Alain Delcamp et Xavier Rocques, fonctionnaires l'un du Sénat, l'autre de
l'Assemblée nationale, qui, statistiques à l'appui, font le point sur l'état civil des
sénateurs (qui rajeunissent) ou de la procédure législative: textes d'initiative parle
mentaire, résultats de la Commission mixte, délais d'examen des textes, etc. Le rap
port de Jean-Pierre Duprat étudie tous les cas d'anomalies du bicamérisme, dus à
des particularismes nationaux pris en compte dans une représentation territoriale,
qu'il s'agisse d'État fédéral (le cas allemand est particulièrement intéressant) ou de
ce qu'on appelle les États autonomiques, nés des difficultés de l'État unitaire ou les
nouveaux états régionaux sont encore en voie de stabilisation, comme en Italie ou
* Établies sous la responsabilité de Serge Hurtig, assisté de Linda Amrani et de
Rachel Bouyssou, avec, pour ce numéro, la collaboration de Jean-Christophe Auge,
Bénédicte Bazzana, Isabel Boussard, Marie-Elisabeth de Bussy, John Crowley,
Gil Delannoi, Alain Dieckhoff, Jean-Marie Donegani, Louis-Jean Duclos,
Renata Fritsch-Bournazel, Christian A. Girault, Alexandra Goujon, Marie-
Christine Granjon, André Grjebine, Bertrand Hervieu, Marc Lazar, Jacques Leruez,
Denis-Constant Martin, Diane Masson, Elizabeth Picard, Nicole Racine-Furlaud,
Odile Rudelle, Marie-Claude Smouts, Catherine Wihtol de Wenden auxquels la Revue
adresse ses remerciements.
676 Informations bibliographiques
en Espagne. Dans le débat, Jean Foyer rappellera son expérience de ministre, inter
dit de Sénat de 1962 à 1969, ou de président de la commission des lois de
l'Assemblée nationale, qui pense que la navette aurait autant de vertu que la
commission mixte que les ministres préfèrent en raison de sa rapidité. Jean-
Marcel Jeanneney fait l'historique de la réforme malheureuse de 1969, avec le rap
pel des éventualités refusées : un vote rapide, des professionnels élus au suffrage
universel sur le modèle des délégués consulaires qui existent toujours ou encore la
possibilité de poser, comme en 1945, deux questions.
BELLANGER (Hélène) dir. - Le civisme, Vertu privée, d'utilité publique. - Paris,
Autrement, 1996. 25 cm, 235 p. Bibliogr. (Autrement. Collection Morales. 19)
Universitaires, syndicalistes, magistrats ou administrateurs s'interrogent sur la
«crise des valeurs». Où les apprendre : à l'école, au travail, dans les associations,
dans la cité ? Remarquant que la famille est absente de cette enumeration, on const
ate au contraire la tension propre à la liberté moderne : le civisme est-il obéissance
ou refus ? discipline ou engagement ? Cela pose la question de la transgression :
celle de la fraude fiscale ou de l'imprudence au volant? ou celle d'un militantisme
qui doit définir sa sphère d'action: la ville ou la nation? le corps professionnel ou
l'administration? La question se complique quand l'intérêt privé réussit à se trans
former en langage d'intérêt général: un courageux article sur l'administration, «dern
ière corporation », pose la question. Comme se pose la question des « mauvais
lieux », c'est-à-dire des quartiers abandonnés des banlieues afin de pouvoir à nou
veau pratiquer un civisme ordinaire, là devenu impossible ; plus gravement encore se
pose la question de la responsabilité de la génération post-soixante-huitarde, plus
experte à la démolition des valeurs traditionnelles qu'à l'invention et à la transmis
sion de ce lien social particulier qui permet justement la transformation des vertus
privées en vertus d'utilité publique.
BOURDIEU (Pierre) - Raisons pratiques, Sur la théorie de l'action. - Paris, Le Seuil, 1994.
21 cm, 251 p. Index.
Réédition d'une quinzaine de conférences prononcées depuis 1989 dans des uni
versités américaines ou japonaises, berlinoises ou françaises, sans oublier le Collège
de France. Ce qui permet de retrouver, de façon claire et accessible, l'essentiel
d'œuvres bien connues ; La distinction pour l'espace social ou symbolique, ou la
reproduction de ce nouveau capital qu'est le capital culturel; Les règles de l'art
pour les stratégies du possible, le poids des habitus et les champs de reconnais
sance; La noblesse d'Etat pour l'étude des bureaucraties qui s'édifient au nom de
l'intérêt général qui permet la levée des impôts comme le monopole de la violence.
S'y ajoutent des conférences plus récentes sur l'esprit de famille, l'économie des
biens symboliques, la déconstruction du bénévolat, le rire des évêques,
de l'Église.
COT (Robert W.), SINCLAIR (Timothy J.) - Approaches to world order. - Cambridge,
Cambridge University Press, 1996. 23 cm, XVI-552 p. Bibliogr. Index. (Cambridge studies in
international relations. 40)
Ce bel ouvrage offert par d'anciens étudiants à leur maître rassemble des tr
avaux jusque-là dispersés de l'un des plus originaux et des plus subtils des interna
tionalistes contemporains, l'un des plus estimés aussi. La démarche de Robert Cox
ne s'inscrit dans aucune des orthodoxies souveraines outre- Atlantique, réalisme ou
néo-réalisme. Sa façon d'analyser l'évolution des relations internationales à travers
les structures de production et les transformations sociales ne se confond ni avec les
écoles de la dépendance ni avec le matérialisme historique, encore moins le
néo-marxisme aseptisé à la Wallerstein. Cet esprit raffiné et profondément distingué
s'abreuve à des sources diverses et l'on retrouvera dans cet ouvrage, parmi bien
d'autres contributions, deux très beaux articles consacrés l'un à l'utilisation de
Gramsci dans les relations internationales, l'autre à la pertinence d'Ibn Khaldun
pour une nouvelle conceptualisation de l'ordre mondial. L'ouvrage est bien composé.
Il offre à la fois une analyse de l'approche théorique de Robert Cox et l'essentiel
de sa réflexion sur les questions qui n'ont cessé de le préoccuper: les fondements
structurels de la puissance, les relations entre le procès de production, l'hégémonie
et l'ordre mondial, la place du multilatéralisme dans la construction d'un monde
plus démocratique. Un livre important.
677 Revue française de science politique
DUBET (François) - Sociologie de l'expérience. - Paris, Le Seuil, 1994. 21 cm, 272 p.
Bibliogr. (La couleur des idées)
F.D. livre ici les conclusions de ses enquêtes auprès de sujets qui vivent l'écl
atement du monde, aussi bien que de son expérience d'enseignant d'une discipline
qui a perdu sa théorie générale. Il observe donc des comportements qui sont des
conduites individuelles où le sujet se trouve au terme d'une dialectique de la dis
tance, par rapport à la communauté où il vit, et du conflit où le «Je» ainsi isolé se
retrouve parmi ses semblables, avec ou contre les autres. Si l'emboîtement est
réussi, le sujet est actif, sinon il reste dominé, incapable d'opérer la synthèse
d'expériences différentes. Cette sociologie de l'expérience a comme conséquence
concrète de dire la vanité des oppositions entre République, Démocratie ou Commun
auté : tout est question de hiérarchie et de combinaisons assumées ou non de façon
heureuse.
FAURÉ (Christine) - Ce que déclarer des droits veut dire : histoires. - Paris, Presses
universitaires de France, 1997. 22 cm, 323 p. Notes bibliogr. Index. (Politique d'aujourd'hui)
Ce livre est une étude de l'origine, de l'évolution, du poids et de la valeur
symbolique du terme de «Déclaration», auquel notre siècle s'est rallié pour rédiger
et proclamer la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Cela fait
dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies au sortir d'une guerre dont la
barbarie avait créé l'émotion et la commotion propice à une telle possibilité. A ces
conditions circonstancielles, CF. en ajoute deux autres, pour elle fondamentales,
pour que toute rédaction de ce type aboutisse à un succès : la continuité avec le
passé historique local et une rédaction collective, afin que la communauté humaine
s'y reconnaisse. Le rappel du passé conduit à une réflexion sur la lente laïcisation
du droit naturel, qui a pris des formes spécifiques en Angleterre, en Amérique ou
en France, les trois lieux d'origine de ces textes dont le terme de «Déclaration»
renvoie à l'expression d'une volonté puisqu'elle était déjà utilisée par le Roi pour
manifester sa volonté. La fréquentation des Archives retire l'aspect mystérieux de
textes collectifs, élaborés dans la discussion critique, au point que la recherche du
«rédacteur» unique est vaine. Reste enfin la condition des sanctions, aujourd'hui
possibles dans des cadres nationaux, mais pas encore régionaux ou mondial. Les
récents déboires de l'Europe balkanique conduisent d'ailleurs à la modestie, si bien
que la conclusion est factuelle : les droits garantis par des conventions n'ont pas,
jusqu'à présent, prouvé leur supériorité sur les droits garantis par des Déclarations.
Ce qui compte, c'est l'ancrage historique de ces Déclarations qui réussissent
d'autant mieux qu'elles prennent la suite de convictions religieuses ; ce fut le cas de
la Déclaration de 1789, qui s'est coulée dans le symbolisme moral et graphique de
la Contre-Réforme catholique, qu'elle a détournée au profit d'un nouveau dogme.
HERMET (Guy) - Le passage à la démocratie. - Paris, Presses de Sciences Po, 1996.
22 cm, 127 p. Bibliogr. (La bibliothèque du citoyen)
G. H. présente un ouvrage de réflexions sur un système politique, considéré par
tous comme un bien, mais qui reste souvent mal défini. C'est le premier objectif:
cerner le sujet. Vient ensuite la constatation que la démocratie est loin d'être évi
dente et qu'elle ne s'établit que par trois vagues successives majeures : en 1945,
pour ce qui concerne l'Allemagne et l'Italie, vers 1974-1975, pour les démocraties
latines et après 1989, avec «l' après-communisme». G. H. remarque que la notion est
liée à d'autres concepts : la citoyenneté, le bien-être ... En fait, quand la démocratie
est instaurée, elle peut entraîner des désillusions, si elle ne fait pas ses preuves. Il
lui faut faire «la démonstration que le nouveau régime peut apporter de ce qu'il
défend les intérêts acquis mieux tout autre régime.» (p. 120). Et de conclure:
« La démocratie chemine sur le fil du rasoir, entre la pulsion qui engendre la politi
sation libératrice des peuples et l'anxiété qui nourrit leur soumission. » (p. 124).
KINTZLER (Catherine) - La République en questions. - Paris, Minerve, 1996. 23 cm, 235 p.
Notes bibliogr.
C.K. est une spécialiste de Condorcet, le républicain qui lie l'instruction publi
que à la naissance du citoyen. Ici elle livre un ensemble de réflexions de haute
tenue, menées à la lumière des enseignements d'un philosophe qui a refusé la modér
ation de Montesquieu autant que la volonté générale de la démocratie de Rousseau.
Condorcet cherche le vrai et le juste, le logique et le beau et espère y arriver avec
678 Informations bibliographiques
l'intelligence autant qu'avec la médiation de la croyance raisonnable. La «Républi
que» en questions de C.K., bâtie selon ces principes, sera donc exigeante et radi
cale : à l'égard de la Terreur, dont la possibilité doit être maintenue à titre de
virtualité, du féminisme où l'exigence de la parité est refusée au nom de l'égalité
des personnes humaines, de la laïcité dont l'école doit rester le temple, à l'égard de
la liberté de l'enseignement, gage d'une nécessaire concurrence, allant de pair avec
l'existence de programmes et de diplômes nationaux qui, eux, assurent l'homogén
éité de l'espace national. In fine la citoyenneté républicaine est présentée comme
une abstraction née de la dissolution de tout lien social préalable. Avec ces consé
quences on comprend encore mieux la distance qui sépare Condorcet, qui cherche la
logique, de Montesquieu, qui proposait de faire des lois en partant de la réalité, des
lois qui, au lieu de faire du bien, se contenteraient d'éviter le mal.
MOWLANA (Hamid) - Global communication in transition, The end of
diversity? - Thousand Oaks, Calif., Sage, 1996. 22 cm, XVI-233 p. Bibliogr. Index.
(Communication and human values)
H.M. propose dans cet ouvrage une approche interdisciplinaire et interculturelle
des communications internationales. Faisant le constat des changements fondament
aux qui marquèrent, dans les années 1980, le domaine de la communication, il note
que celle-ci est devenue un élément essentiel de pouvoir, ce qui modifie la nature et
le contenu des relations de domination. H.M. insiste par exemple sur le rôle central
des communications dans la construction d'une communauté. Dans cette perspective,
il développe longuement l'effet de l'expansion des communications sur la civilisa
tion islamique en général et sur la Révolution iranienne en particulier, une révolumarquée par le rôle central joué par la radio et la télévision dans la
socialisation et la mobilisation des populations. Aujourd'hui, s'il n'est fait aucun
doute que la communication est devenue un élément central dans les relations aussi
bien intra que internationales - et donc dans la quête d'un nouvel ordre mondial -,
on retiendra cependant que l'ère de la communication globale dans laquelle nous
sommes entrés est de loin d'être celle d'une universelle, porteuse de
valeurs humanistes partagées à une échelle mondiale.
NOIRIEL (Gérard) - Sur la crise de l'histoire. - Paris, Belin, 1996. 22 cm, 343 p. Notes
bibliogr. Index. (Socio-histoires)
Ce titre couvre une double inquiétude: celle d'une matière qui, conçue au
temps de la IIIe République, avait été promue comme fondement du lien civique
entre tous ceux qui habitaient sur le territoire de la nation française; et une inquié
tude sur les carrières d'aujourd'hui, compte tenu de l'inflation des étudiants, donc
du nombre de leurs enseignants qui, absorbés par des tâches administratives de tou
tes sortes, n'ont plus guère de temps pour des recherches originales, une fois satis
fait aux critères nouveaux de l'accession à l'enseignement supérieur. Et d'autant
moins qu'ils se trouvent en concurrence avec des laboratoires ou des centres de
recherches à plein temps. Depuis l'aube du siècle, la France a connu l'histoire posi
tiviste de l'Université de Lavisse qui, contemporaine de l'affaire Dreyfus, a beau
coup lutté contre les vieilles structures académiques des provinces qui avaient servi
de refuges aux légitimistes comme aux vieux abbés des sociétés savantes. Après la
guerre, à l'ombre de Marc Bloch et Ernest Labrousse, l'École des Annales a triom
phé jusqu'à ce que le doute vienne avec l'observation des limites de la monograp
hie, l'effondrement des systèmes d'interprétation a priori, et la prise en compte des
travaux des Universités américaines dont le nombre de spécialistes français est assez
grand pour vivre sur lui-même au point de provincialiser la production française
elle-même.
PHILIP (Christian), SOLDATOS (Panayotis) dir. - Au-delà et en deçà de V État-nation. Préf.
de Raymond Barre. - Bruxelles, Bruylant, 1996. 24 cm, 288 p. Notes bibliogr. (Études
européennes)
A l'heure où l'État-nation connaît de profondes mutations liées au double phé
nomène de l'intégration régionale et de l'élargissement des rôles des acteurs sous-
nationaux, les auteurs considèrent que l'érosion progressive des fonctions tradition
nelles et la nécessaire adaptation de ses formes, de ses interventions et de ses fina
lités ne font pas de l'État-nation un concept dépassé. Il n'y a pasv selon eux,
d'antagonismes entre la construction de l'Europe et la pérennité des Etats-nations.
679 française de science politique Revue
Ils analysent plus particulièrement l'influence de l'Union européenne sur l'adminis
tration territoriale et locale française ainsi que l'interpénétration des affaires euro
péennes avec la gestion des affaires intérieures. Cette réflexion les conduit à
souligner l'importance d'un État-nation redéfini et aménagé dans lequel prenne place
une souveraineté partagée avec d'autres États-nations.
PENSÉE POLITIQUE
BLOCH (Jean-Richard) - Destin du siècle. Présentation et annotation par Michel
Trebitsch. - Paris, Presses universitaires de France, 1996. 19 cm, LVII-322 p. Notes bibliogr.
(Quadrige. 200)
Réédition d'un essai paru en 1931 aux éditions Rieder, date à laquelle J.-R.B.,
chroniqueur à la revue Europe et dont l'œuvre littéraire est publiée chez Gallimard,
n'est pas encore figé dans le personnage du compagnon de route et de l'intellectuel
communiste réfugié à Moscou durant la seconde guerre mondiale. Les textes réunis
ici, à l'exception d'un texte paru dans Clarté en 1921-1922, proviennent tous de
chroniques parues dans la revue Europe de 1924 à 1930. Ils témoignent de l'itinéraire
d'un intellectuel marqué par l'héritage du dreyfusisme et l'expérience de la première
guerre mondiale. M. Trebitsch ressuscite avec talent la personnalité de J.-R.B.,
décrit comme «un intellectuel critique des années vingt», à la recherche d'un nou
vel humanisme. M. Trebitsch nous donne également une intelligente étude de récep
tion ainsi que de stimulantes réflexions sur le genre de l'essai politico- littéraire.
HINDESS (Barry) - Discourses of power, From Hobbes to Foucault. - Oxford, Blackwell,
1996. 23 cm, VIII-183 p. Bibliogr. Index.
B.H. veut situer la pensée de Foucault dans l'histoire du concept de pouvoir. Il
retourne aux sources : Hobbes et Locke. Ainsi il montre quelques équivoques dans
l'œuvre de Foucault. Deux conceptions émergent de cette réflexion: l'une définit le
pouvoir comme faculté et capacité d'agir et l'autre comme consentement. Ensuite,
B.H. situe l'originalité de Foucault dans ce cadre et revient sur son nietzschéisme.
MALESHERBES (Chrétien-Guillaume de Lamoignon) - Mémoires sur la librairie ; Mémoire
sur la liberté de la presse. Présenté par Roger Chartier. - Paris, Imprimerie nationale. 1994.
22 cm, 350 p. Bibliogr. (Acteurs de l'histoire)
Quiconque s'intéresse à la filiation des idées et aux sources de l'esprit de
liberté sera reconnaissant à l'Imprimerie nationale d'avoir réédité ces textes fonda
mentaux qui ne l'avaient pas été en France depuis 1827. et aux États-Unis depuis
1979. Ici, l'héritier d'une grande famille de magistrats, le rédacteur de l'édit de tol
érance pour les protestants avant d'être un des trois défenseurs de Louis XVI, rédige
aux alentours de 1750 une série de rapports nés de son expérience à la direction de
la Librairie et en 1789 un rapport sur la nécessité de la liberté de la presse, part
iculièrement nécessaire quand le roi décide de convoquer les États généraux en
demandant à la nation de débattre de questions politiques. Les rapports en 1750
étaient destinés au grand chancelier, son père, comme au jeune dauphin désireux de
s'instruire. Deux siècles plus tard, ils restent une méditation toujours actuelle sur
l'autorité et ses limites, comme sur la nécessité de bien séparer le domaine de
l'administration, qui est celui de la prévention, du domaine de la justice qui est
celui de la punition des coupables, à la demande des particuliers qui se sentent
lésés. Or, en France, des lois anciennes et sévères ont conduit au régime pernicieux
de lois non appliquées, ou même des «permissions tacites» données par l'administ
ration, ce qui pousse la Justice à vouloir se substituer à une administration jugée
défaillante puis à se prononcer au nom de critères moins politiques que strictement
juridiques. En d'autres termes, le souci légitime dune administration, consciente du
fait que le régime des autorisations préalables ruine les imprimeurs français, soumis
à la concurrence des ventes «sous le manteau» d'ouvrages venus de l'étranger qui.
pour la distraction ou la réflexion, sont justement ceux dont le public raffole, a
conduit à des initiatives judiciaires et à des condamnations spectaculaires de la part
du Parlement de Paris. Cette agitation est jugée détestable par celui qui sera le
grand-père de Tocqueville: sauf pour la religion et les mœurs, la liberté est néces-
680 Informations bibliographiques
saire au progrès des idées; l'ordre immobile d'une société sans débat est moins sûr
que le désordre apparent d'une société vivante où les idées peuvent arriver devant le
seul tribunal valable, celui de l'opinion. Dans sa préface, Roger Chartier raconte le
curieux destin de ces manuscrits : retrouvés sous l'Empire, ils furent publiés pour
justifier la censure préalable, alors que la Restauration les réédite comme manifeste
de la liberté de penser...
PICHETTO (Maria Teresa) - Verso un nuevo liberalismo, Le proposte politiche e sociali di
John Stuart Mill. - Milano, Angeli, 1996. 22 cm, 217 p. Bibliogr. Index. (Collana Gioele
Solari. 22)
Professeur d'histoire des doctrines politiques à l'Université de Turin, M.T.P.
consacre un livre court mais dense à la pensée politique de John Stuart Mill. Il
s'agit en fait d'un recueil de dix articles parus auparavant dans des revues ou des
publications collectives qui, mis ensemble, visent à restituer l'originalité de la
réflexion de J.S. Mill, notamment sur le réformisme et la révolution, le concept de
représentation, la notion de gouvernement représentatif, la démocratie, les rapports
entre individualité et liberté, la question féminine ou encore le libéralisme social.
Bien qu'un peu éclaté, cet ouvrage est intéressant dans la mesure où il s'appuie sur
la lecture et l'interprétation de textes parfois peu connus et où il atteste le regain
d'intérêt en Italie pour la pensée libérale et démocratique.
INSTITUTIONS POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES
BACCHI (Carol Lee) - The politics of affirmative action, « Women », equality and category
politics. - London, Sage, 1996. 24 cm, XV- 190 p. Bibliogr. Index.
A l'heure où le Conseil d'État, en France, se déclare favorable au principe
d'égalité des chances et où les féministes débattent de la parité, cet ouvrage propose
une trame théorique pour appréhender les politiques de discrimination positive à
l'égard des femmes, vues d'Australie, avec une démarche comparative incluant les
États-Unis, le Canada, la Norvège, la Suède et les Pays-Bas. Après s'être interrogée
sur la pertinence de la catégorie identitaire des «femmes», C.L.B. évalue les pr
ogrammes en les illustrant d'études de cas par pays. L'ouvrage souligne la pertinence
de la catégorie «femme» dans le discours politique et l'importance qu'il y a à ne
pas la dévoyer dans son usage politique ou dans ce qu'elle implique pour ceux qui
veulent réformer la politique par catégories.
BOYER-MÉRENTIER (Catherine) - Des ordonnances de l'article 38 de la Constitution du
4 octobre 1958. Préf. de Louis Favoreu. - Paris, Économica ; Aix-en-Provence, Presses
universitaires d'Aix-Marseille, 1996. 24 cm, 416 p. Bibliogr. (Collection Droit public positif)
Les ordonnances sont une des nouveautés de la Constitution de 1958, même si
le mot est ancien comme le fait de la délégation de pouvoirs au pouvoir exécutif.
Mais là où la IIIe République pratiquait des conditions de temps et de délais et où
la IVe République avait pratiqué une définition par la matière, pour tourner l'inter
diction de l'article 13 de sa Constitution, la Ve République a mis de l'ordre par le
développement des lois d'habilitation. Ces dernières sont elles-mêmes soumises au
contrôle du Conseil constitutionnel, ce qui a pour effet de rapprocher la procédure
des ordonnances de celle des lois ordinaires, puisque c'est le Parlement qui vote les
lois d'habilitation dont les conditions sont souvent fort précises. Le résultat de cette
étude documentée, chiffrée, explicitée par la lecture des débats parlementaires, est
très instructif: les ordonnances connaissent deux modes successifs d'élaboration:
parlementaire et donc soumis au Conseil constitutionnel pour la loi d'habilitation,
administratif avec le passage en des ministres et la soumission pour avis au
Conseil d'État. Au terme d'un délai à fixer, elles sont soumises à la ratification sous peine de caducité ; la ratification, qui est indépendante du proces
sus d'élaboration, intervient quand leur modification est jugée souhaitable, sachant
que cette ratification anéantit rétroactivement l'acte de gouvernement. Cette
complexité, débrouillée avec virtuosité par C.B., laisse entière la question du droit
de signature du président de la République, que les sénateurs ont, sans succès, pro-
681 française de science politique Revue
posé de clarifier en 1984. Cette pyramide est évidemment rigide, soumise à la seule
évolution de la jurisprudence du Conseil constitutionnel qui, par exemple, en a tou
jours exclu tout ce qui relèverait soit du règlement soit, au contraire, de la loi des
finances.
BRAIBANT (Guy) - Les archives en France. Rapport au Premier ministre. - Paris, La
Documentation française, 1996. 303 p. Bibliogr. Index. (Collection des rapports officiels)
G.B. a conduit, à la demande d'Edouard Balladur, Premier ministre, une mis
sion d'information sur l'état des archives en France : situation juridique quand
coexistent plusieurs lois, obligation de dépôt pour les archives de fonction, délai de
communication qu'il faudrait raccourcir, pouvoir des Archives nationales qui, à la
différence des grands musées devenus des établissements publics, ne sont encore
qu'un département de l'administration centrale du ministère de la Culture, comparai
son avec l'étranger où l'autonomie des administrations locales et des fondations pri
vées crée des situations très différentes. La tonalité générale est celle d'une défense
d'une très ancienne mission de service public, en même temps que de la prise de
conscience de la nécessité d'une diversification due aux transformations récentes : la
première est celle de la masse de documents qui a conduit les Archives nationales à
essaimer Aix pour l'Outre-mer, à Roubaix pour le travail, à Fontainebleau et proba
blement à Reims pour la maison de la mémoire de la Ve République. Sans compter
les grandes administrations de la Défense, des Finances ou des Affaires étrangères,
habituées depuis longtemps à gérer leur propre fonds. La seconde est celle de la
modernisation des supports avec l'irruption de l'informatique qui a obligé à revoir la
formation reçue par les archivistes, ou à légiférer de façon pionnière comme pour la
loi Information et Libertés de 1978. La naissance du CNIL est saluée celle
de la CADA mais l'expérience de vingt ans montre que les champs de compétence
doivent être mieux définis et que, dans le cas de la Commission d'accès aux docu
ments administratifs, ils devraient être élargis. Comme le Conseil supérieur des
archives devrait être transformé en Conseil national des archives, présidé par le Pre
mier ministre afin de devenir une sorte de magistrature morale qui prendrait acte
des nouvelles missions d'une administration en pleine expansion.
BRANCHET (Bernard) - Contribution à l'étude de la Constitution de 1958, Le contreseing
et le régime politique de la Ve République. Préf. de Stéphane Riais. - Paris, LGDJ, 1996.
24 cm, XVIII-307 p. Bibliogr. (Bibliothèque constitutionnelle et de science politique. 82)
Préfacé par Stéphane Riais qui en profite pour régler ses comptes avec une dis
cipline, le droit constitutionnel, à laquelle il ne croit plus guère et une corporation
qui fait encore mine d'y croire, l'ouvage situe la question du contreseing à la
lumière de la nature moniste ou dualiste du régime politique de la Ve République.
L'absence de contreseing, en particulier pour la dissolution, est le signe tangible
d'une transformation où l'affirmation de l'exclusivité du Premier ministre dans la
direction de l'action législative est allée de pair avec une efficacité croissante des
pouvoirs du président de la République dont l'élection au suffrage universel doit
être tempérée par sa responsabilité en cas de dissolution. En conclusion, B.B. dit
que les deux périodes de cohabitation ont montré qu'il s'agissait moins d'alternance
politique que d'alternance de régime, puisqu'à une période de prépondérance prési
dentielle succédait une période de prépondérance de l'Assemblée nationale.
FAURE (Murray), LANE (Jan-Erik) eds - South Africa, Designing new political institutions.
- London, Sage, 1996. 24 cm, IX-278 p. Bibliogr. Index.
Cet ensemble d'études couvre la phase de transition qu'a connue l'Afrique du
Sud entre l'accession à la présidence de Nelson Mandela et la mise en application
de la nouvelle constitution. Les auteurs sud-africains mettent l'accent sur les aspects
juridiques et institutionnels qui ont effectivement fait l'objet de débats intenses pen
dant la période de transition même. Ils ont cependant soin de relier la réforme des
institutions et du droit, les changements politiques aux dynamiques sociales. De ce
fait, cet ouvrage, bien qu'extrêmement daté du fait de l'évolution raciale de l'Afri
que du Sud, constitue un instrument intéressant pour comprendre la manière dont les
parties sud- africaines ont conçu le travail sur le droit et les institutions comme une
étape indispensable sur la voie de changements politiques et sociaux plus larges.
682 Informations bibliographiques
INTERNATIONAL 12 constitutions of INSTITUTE Central Eastern FOR Europe. DEMOCRACY 2nd ed. - éd. Strasbourg, - The Council rebirth of of Europe, democracy, 1996.
24 cm, 445 p. Bibliogr. (European issues)
Cet ouvrage regroupe les textes des Constitutions de douze États d'Europe cen
trale et orientale devenus membres du Conseil de l'Europe ou «pays invités». Ils
ont en commun d'avoir souscrit aux principes du pluralisme démocratique, ce
qu'attestent la tenue récente d'élections libres, la légalisation de l'opposition, des
mesures de sauvegarde des droits de l'homme et la séparation des pouvoirs exécutif,
législatif et judiciaire. A l'exception de la Lettonie qui a repris sa Constitution de
1922, tous ces pays ont élaboré de nouvelles constitutions, certains textes provisoi
res ayant eu pour but d'assurer la transition démocratique avant l'adoption d'une
constitution définitive. Souvent inspirées du modèle allemand, ces constitutions ont
parfois subi l'influence de la Constitution française de 1958, avec une préférence
pour une présidence forte (cas roumain et, à un moindre degré, bulgare). La chrono
logie retrace pour chaque pays les étapes consécutives à la chute du communisme.
LEVY (Carl) ed. - Italian regionalism, History, identity and politics. - Oxford, Berg, 1996.
22 cm, XVI- 197 p. Bibliogr. Index.
Ce livre collectif contient les textes revus et corrigés de la conférence de 1992
de l'Association britannique pour l'étude de l'Italie moderne (ASMI). La question
du régionalisme est abordée dans une perspective historique, avant, pendant et après
l'unification, et dans l'actualité la plus immédiate, avec les derniers développements
de l'expérience de la République. La première partie permet d'avoir des aperçus sur
les rapports entre Nation, région et ville dans l'Italie libérale, de faire le point sur
les débats scientifiques à propos de la question méridionale, sur la diversité et
l'homogénéisation linguistique de la péninsule, enfin sur la modernisation de la Sar-
daigne. La seconde partie est, pour l'essentiel, consacrée à la Ligue du Nord, à sa
caractérisation politique, à sa sociologie, voire aux formes de racisme et de xéno
phobie qu'elle véhicule. Bien que n'évitant pas toujours l'hétérogénéité caractéristi
que d'un colloque, cet ouvrage contient de remarquables articles tant pour la qualité
du matériau empirique qu'ils présentent que pour les interprétations stimulantes
qu'ils proposent; chacun se termine par une bibliographie. Ce livre, réalisé par des
chercheurs anglais et italiens, montre une nouvelle fois la vitalité de la recherche
britannique sur l'Italie contemporaine et le dynamisme de son Association.
LIGHT (Paul Charles) - Thickening government, Federal hierarchy and the diffusion of
accountability. - Washington, D.C., Brookings Institution ; Governance Institute, 1995. 23 cm,
XIII-217 p. Notes bibliogr. Index.
Depuis une cinquantaine d'années, le gouvernement fédéral des États-Unis est
devenu une structure stratifiée et hiérarchisée, de plus en plus complexe dans son
organisation, dont les effectifs n'ont cessé de croître. P. CL. s'efforce d'éclairer les
causes et les conséquences de ce processus qui apparaît inéluctable. Il attribue ce
qu'il appelle «l'épaississement» du gouvernement à la croyance des présidents qui,
depuis F.D. Roosevelt (1933-1945), considèrent que leur leadership sera d'autant
mieux assuré qu'ils auront à leur service un nombre croissant de conseillers et
d'assistants. P.C.L., qui a eu accès à des sources primaires, dresse un inventaire
rigoureux des transformations successives de la nomenclature de ce gouvernement. Il
examine les conséquences souvent négatives de «l'épaississement»: distorsion de
l'information, dilution des responsabilités, inertie des services concernés. S'il lui
paraît quasiment impossible de diminuer les effectifs, il propose des solutions per
mettant d'en freiner l'essor et d'améliorer l'efficacité de l'organisation gouvernement
ale : élimination des postes d'adjoints au titulaire d'une fonction, qui font souvent
double ou triple emploi ; clarification de la nomenclature et des règles de fonction
nement propres à chaque service comme à l'ensemble du gouvernement fédéral.
L'efficacité de celui-ci dépend moins de ses effectifs que de la clarté de la vision
politique du président, de sa capacité à l'exprimer et à convaincre son équipe de la
nécessité de la mettre en œuvre sans tarder.
683 française de science politique Revue
MÉNY (Yves), MULLER (Pierre), QUERMONNE (Jean-Louis) dir. - Politiques publiques en
Europe. Actes du colloque de l'Association française de science politique, 23-24 mars
1994. - Paris, L'Harmattan, 1995. 21 cm, 351 p. Notes bihliogr. (Logiques politiques. 24)
Réunissant les communications d'une vingtaine de spécialistes français et étran
gers, cet ouvrage est centré sur la question de la convergence entre les styles, les
modes opératoires et les contenus des politiques publiques des pays membres de
l'Union européenne. Certains indices laissent penser qu'un phénomène de conver
gence est en cours: l'émergence d'un agenda politique européen, la constitution
d'un nouvel espace de représentation des intérêts, plus ouvert et plus compétitif, et
un rapprochement des modes opératoires des acteurs de la décision publique, parta
geant des références intellectuelles communes. Après une première partie sur le rôle
des acteurs dans l'élaboration des politiques communautaires et nationales et l'émer
gence d'un mode d'action propre à la fonction publique européenne, une approche
comparative des relations entre la Communauté et les administrations nationales (étu
des des cas français, allemand et britannique) fait apparaître que la constitution d'un
niveau européen d'élaboration des politiques publiques modifie les conditions de
fonctionnement des administrations nationales. Deux secteurs font enfin l'objet
d'analyses spécifiques: les politiques industrielle et de la concurrence d'une part, les
politiques de convergence économique et de cohésion sociale d'autre part.
FORCES ET COMPORTEMENTS POLITIQUES
BRISARD (Jean-Charles), PINARD (Patrice) - Enquête au cœur du RPR. - Paris, Grancher,
1996. 22 cm, 237 p.
C'est dans la troisième partie de cet ouvrage que l'on en apprend le plus:
l'organisation du RPR, c'est-à-dire l'implantation locale, les instances nationales ou
la «galaxie» RPR envisagée, d'ailleurs, de façon très large. Les deux premières par
ties s'attachent à retracer l'historique, les principales idées et les parcours des lea
ders du mouvement. Elles n'apportent pas grande nouveauté. En sus des « erratum «
(sic) figurant sur une feuille volante, on peut regretter plusieurs «coquilles» ou
erreurs : Jacques Toubon, par exemple, devient conseiller technique de Jacques Chi
rac au ministère de l'Agriculture en 1971 (p. 153), alors que celui-ci n'arrive Rue
de Varenne qu'en juillet 1972. Elisabeth Hubert est «victime» du remaniement
ministériel de «novembre 1994» ...(p. 160), au lieu de 1995, etc. Dans les annexes,
le tableau 3 (p. 232-233) indique les résultats des «élections présidentielles» (au
pluriel) de mai 1995 par âge, sexe, catégories socio-professionnelles, etc. sans que
soit indiqué le sondage dont ces résultats sont tirés.
BURNHAM (Walter Dean) éd. - The American Prospect reader in American
politics. - Chatham, N.J., Chatham House, 1995. 23 cm, 394 p. Bibliogr.
La trentaine d'articles qui composent ce volume sont écrits par des universitai
res ou par des journalistes, qui appartiennent tous à la mouvance du liberalism amér
icain, favorable à l'État-providence. Les auteurs, sollicités par W.D.B., fondateur en
1990 de la revue The American Prospect, s'efforcent d'analyser les causes et les
conséquences de la montée du conservatisme politique aux États-Unis dans les
années 1990. Les nombreux sujets abordés s'organisent selon trois grands thèmes :
les fondements du liberalism et les grands débats qui l'agitent (revendications iden
titaires, avortement ...); les relations entre les citoyens et le pouvoir; les institutions.
CAMUS (Jean- Yves) dir. - Les extrémisme s de l'Atlantique à l'Oural. Trad, par
Priscilla Malraux, Béatrice Pire, Danielle Vainunska. - La Tour d'Aiguës, Ed. de l'Aube;
Centre européen de recherche et d'action sur le racisme et l'antisémitisme. 1996. 24 cm, 333 p.
Notes bibliogr. (Monde en cours) (Essai)
Cet ouvrage est le fruit d'un travail collectif, réalisé dans trente-huit pays
d'Europe pour lesquels il fait le point de l'état des mouvements racistes, antisémites
et xénophobes. Ces analyses minutieuses et originales rendent compte de l'historique
du racisme dans ces pays et présentent de façon très détaillée les structures et les
publications qui s'y consacrent, assorties d'analyses des résultats électoraux des part
is, de courtes biographies de leurs leaders et de leurs perspectives, dans les pays
684