L

L'art et l'histoire

-

Français
308 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

-ru = r-=l =o itr PAUL LORQUET PROFESSEUR d'uISTOIRE AU LYCEE JANSON-DE-SAILLY ;'^ v,u,^ L'ART ET L'HISTOIRE PAYOT & C'^ PARIS Io6, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, Io6 1922 réserviis7'oui- droits traduction, de reproductionKuii droits de et d'ailaptutinn iiServri |i0lir tou» pa\« (.'•f'XCopyriijhl njaa, Payut iV PREMIERE PARTIE LE TEMOIGNAGE DE L'ART 1. L'ART LIBÉRATEUR libérateur l'Humanité.L'Art est le de La Nature nous enveloppe et nous domine. Comment échap- per à son emprise ? Comment, dans son empire, conquérir notre autonomie ? La Matière a précédé l'Esprit. Mystérieuse Isis ou féconde Cybèle, quelle était son incalculable antiquité, quand elle a vu .^*Minervenaître La vie n'est que la tleur tardive de la Nature, et l'intelligence la fleur tardive de la vie. A l'homme, son fils, sorti d'elle et vivant d'elle, la Nature impose son Lejoug. savant même ne la maîtrise que parce qu'il lui obéit sa puissance ne se fonde que sur sa soumission aux; lois dont il se sert : curieux, perspicace, ingénieux, génial, il est toujours sujet. Promouvoir la science, découvrir les « secrets » de la Nature, c'est éclairer notre prison, ce n'est pas accommoderen sortir ; « inventer », c'est utiliser, agencer, l'inéluctable être maître de la Nature, c'est en être l'esclave ; averti et souple. La science est une soumission consciente à la nécessité et, dans cette action même, l'homme est toujours ; passif.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 22
Langue Français
Poids de l'ouvrage 13 Mo
Signaler un problème

-ru
= r-=l
=o
itrPAUL LORQUET
PROFESSEUR d'uISTOIRE AU LYCEE JANSON-DE-SAILLY
;'^
v,u,^
L'ART ET L'HISTOIRE
PAYOT & C'^ PARIS
Io6, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, Io6
1922
réserviis7'oui- droitstraduction, de reproductionKuii droits de et d'ailaptutinn
iiServri |i0lir tou» pa\«
(.'•f'XCopyriijhl njaa, Payut iVPREMIERE PARTIE
LE TEMOIGNAGE DE L'ART1. L'ART LIBÉRATEUR
libérateur l'Humanité.L'Art est le de
La Nature nous enveloppe et nous domine. Comment échap-
per à son emprise ? Comment, dans son empire, conquérir
notre autonomie ?
La Matière a précédé l'Esprit. Mystérieuse Isis ou féconde
Cybèle, quelle était son incalculable antiquité, quand elle a vu
.^*Minervenaître La vie n'est que la tleur tardive de la Nature, et
l'intelligence la fleur tardive de la vie.
A l'homme, son fils, sorti d'elle et vivant d'elle, la Nature
impose son Lejoug. savant même ne la maîtrise que parce qu'il
lui obéit sa puissance ne se fonde que sur sa soumission aux;
lois dont il se sert : curieux, perspicace, ingénieux, génial, il
est toujours sujet. Promouvoir la science, découvrir les
« secrets » de la Nature, c'est éclairer notre prison, ce n'est pas
accommoderen sortir ; « inventer », c'est utiliser, agencer,
l'inéluctable être maître de la Nature, c'est en être l'esclave
;
averti et souple. La science est une soumission consciente à la
nécessité et, dans cette action même, l'homme est toujours
;
passif.
physique, la morale et laComme la science dans le monde
religion dans monde des âmes s'imposent à l'Humanité. Cele
Et, sisont des impératifs catégoriques, des credo collectifs.
ses risques etl'individu tente d'y échapper, le voici devenu, àTIMOir.N\GK Dr I. ARTJE
lin iTvoltP, un «mflaw. Qnel srandalr ! Fl quelpérils, dangn !
Impnidrncc •^iiôrc ninindip qno de nirronnaîlip les lois de
se rrfu-rr aux cxip^once"- j(iM iialièrcsla pesanteur ou de de
la vie.
Avec l'Art, l'honinie (•lianj,'e d'attitude ce n'est plus l'humble;
s'affranchit. Et,sujet qui n'a qu'à s'incliner : il se redresse et
par lasans doute, l'Art n'est au début qu'imitation; et même,
suite, il prend toujours exemple et conseil de la Nature. Mais,
interprète et led'abord, ne fût-il qu'imitateur, malgré lui il :
voici original rien ipicn iiuit;iul. 1-]|, de ces conseils,déjà i)lu?,
il {tent les discuter ces imitations, il peut s'en dégager ces
; ;
assi-cm[)runts, il peut les c()nd)iu<'r, les transformer, se les
insj»iré, ce qu'il voit,iiiiliT. Kl, après s'être lils de la Nature, de
comme un enfant les paroles ijue sade ce qu'il entend, répète
mère lui apprend, il en vient, par son génie propre, à produire
du nouveau : il crée à son tour. Beethoven, dans la Pastorale,
note le gazouillis des oiseaux ; mais quelles sont les vagues dont
le murmure ou la colère chante cinquième sympho-comme la
.•*nie Dans le parc de \<'rsailles, l'homme égale la Nature avec
laquelle il collabore dans une cathédrale gothique, il la
;
ilépasse. Voici que, par l'Art, l'homme est inventeur ; de passif,
il devient actif. L'artiste seul est créateur, et le monde
(( humain » de V.\r\ s'oppose monde « »au naturel de la matière
et de la vie. C'est par l'Art qu'on pourrait déllnir l'homme
:
1'dès (]u'il n'est jdus la brute primitive, il est artiste ((
; hoino
.sapiens )> <'st essentiellement un animal artiste.
Si dans l'Art seul la liberlt- humaine trou\i^ un asile, c'est
que l'Art n'est plus uniquement, comme la science, affaire
d'intelligence, mais aussi et surtout de sentiment. Dans la
morale, certes, et plus encore dans la religion, le sentiment, de
inrinc, se joint à liiitelligence, rt c'est puur»]U()i. «Iles aussi,