La chronologie absolue - article ; n°1 ; vol.3, pg 323-348

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Bulletin de correspondance hellénique. Supplément - Année 1976 - Volume 3 - Numéro 1 - Pages 323-348
26 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1976
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La chronologie absolue
In: Bulletin de correspondance hellénique. Supplément 3, 1976. pp. 323-348.
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La chronologie absolue. In: Bulletin de correspondance hellénique. Supplément 3, 1976. pp. 323-348.
doi : 10.3406/bch.1976.5102
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0304-2456_1976_sup_3_1_5102CHAPITRE III
LA CHRONOLOGIE ABSOLUE
L'entrée d'Aigosthènes dans la Confédération béotienne
M. Feyel a cru pouvoir démontrer qu'Aigosthènes, contrairement à
l'opinion générale, était entrée dans le Koinon avant Mégare, donc avant
224. A ses yeux, de même d'ailleurs qu'à ceux des recenseurs de l'ouvrage217,
c'était là, vu les conséquences fort importantes que cette datation entraîne
non seulement pour la chronologie des archontes béotiens mais encore pour
l'histoire de la guerre démétriaque, un des apports essentiels de sa thèse.
Il nous faut donc examiner de très près l'argumentation qu'il développe,
afin d'en éprouver la valeur et la solidité. Voici les principales étapes de sa
démarche :
1. L. Robert ayant prouvé de façon incontestable que Mégare et
Aigosthènes eurent un sort différent en 192, puisqu'une inscription du début
du IIe siècle montre que la seconde était encore béotienne alors que la première
était de nouveau achéenne218, il n'est point invraisemblable, a priori, que
ces deux villes ne soient pas non plus entrées en même temps dans la
Confédération béotienne. «C'est là», écrit M. Feyel, «une hypothèse qui n'est
contredite par aucun texte » (p. 31).
2. Ayant démontré lui-même, de manière très convaincante219, que
(217) La liste en est donnée ci-dessus, p. 266 n. 6. Pour le jugement de A. Aymard, cf.
aussi infra, n. 224.
(218) RPhil, 13 (1939), p. 97-122 (= Op. Min. Sel., p. 1250-1275). Contrairement à ce que
laisse entendre M. Feyel, p. 30, L. Robert n'a pas, à proprement parler, contesté qu'Aigosthènes
soit entrée en même temps que Mégare dans la Confédération béotienne. Il a simplement fait
remarquer que la chose ne pouvait plus être admise sans discussion comme par le passé (cf.
p. 115-116).
(219) On lui a fait cependant certaines objections, cf. A. Aymard, RevHist, 196 (1946),
p. 290 et n. 1. G. Daux, auquel renvoie Aymard, a en effet indiqué, REG, 66 (1943), p. 253 et
Chronologie delphique (1943), p. 29, que la proxénie de Delphes pour le Mégarien Τίμων 'Αγάθωνος
— que M. Feyel, p. 87, identifiait sans hésiter, après d'autres, avec le stratège homonyme
apparaissant dans plusieurs décrets de Mégare, dont IG, VII, 1 — ne peut dater de l'archonte
Hérakleidas III (K 20 ; fin du m β s. ?) comme le voulait Feyel, mais doit nécessairement être 324 CHRONOLOGIE DES ARCHONTES {BCH Suppl III
le roi Démétrios nommé dans le décret de Mégare IG, VII, 1 (Syll.3, 331)
n'est pas le Poliorcète, mais son petit-fils Démétrios II, il ressort de ce
décret qu'Aigosthènes, où le roi avait établi une garnison commandée par
un Béotien, était encore une kômè de Mégare à la date à laquelle il fut rendu,
soit en 237 au plus tôt. Donc, si l'hypothèse mentionnée ci-dessus est juste,
« c'est seulement après l'année 237 qu'Aigosthena s'est séparée de Mégare
pour entrer dans la ligue béotienne » (p. 32).
3. Mais, l'hypothèse une fois admise, il faut découvrir une cause à cette
séparation d'Aigosthènes d'avec Mégare. Elle est toute trouvée : puisque
Démétrios II est le maître de la Mégaride et qu'il n'a pu le devenir qu'avec
l'alliance des Béotiens, c'est lui qui leur a donné Aigosthènes « afin de leur
payer leur adhésion et leur aide » (p. 91). La chose n'a donc pas pu se
produire après 229, date de la mort du roi. De fait, « d'après la chronologie
des archontes béotiens, l'annexion d'Aigosthéna est presque certainement
antérieure à 233 environ » (p. 93). Aussi la « fourchette » est-elle finalement
très réduite : 237-233.
M. Feyel est certes obligé de reconnaître que « de tout cela, Polybe ne
souffle mot » (p. 103) ; « mais », ajoute-t-il aussitôt, « ce n'est pas une raison
pour contester des faits qui ressortent des documents épigraphiques ».
Sur le principe, on ne peut que lui donner raison, puisque Polybe ne
mentionne l'entrée de Mégare dans la Confédération béotienne qu'en passant
et dans un tout autre contexte220. On a cependant le droit de se demander
où est, dans cette démonstration, la preuve épigraphique. Car le seul
document qui ait été allégué jusqu'ici prouve au contraire qu'Aigosthènes
faisait partie du territoire de Mégare sous le règne de Démétrios II. En
réalité, ce qui fonde l'hypothèse de M. Feyel, c'est la chronologie des
archontes béotiens telle qu'il a cru pouvoir l'établir, et elle seule. C'est
elle qui lui a fourni, comme nous venons de le voir, le terminus ante quem
de 233. Mais comment a-t-il obtenu cette date si précise et, peut-on dire,
si impressionnante par sa précision même ? Il faut pour le savoir se reporter
à sa conclusion sur les archontes de la deuxième moitié du ine siècle221.
rapportée au premier archonte de ce nom (F 21 ; vers 300 ?). Notons toutefois que cette objection
n'a nullement paru à G. Daux une raison de mettre en doute les conclusions de Feyel sur la date
des décrets de Mégare IG, VII, 1 sqq. (car le proxène pourrait être le grand-père du stratège).
Il faut signaler d'autre part que la chronologie de Feyel semble être, sur ce point, entièrement
confirmée par un décret de Mégare nouvellement découvert, où apparaît un stratège du nom
de Άγάθων Τίμωνος : cf. Ath. G. Kaloyéropoulou, ArchAnAth, 7 (1974), p. 138-148.
(220) Polybe, XX, 6, 8 ; l'historien veut montrer que c'est l'anarchie régnant depuis
plusieurs années en Béotie qui a conduit les Mégariens à se détacher (cf. supra, p. 266 n. 3)
de la Confédération béotienne ; il lui faut donc expliquer comment ils y étaient entrés :
Μεγαρείς γαρ έξ αρχής μέν έπολιτεύοντο μετά των 'Αχαιών άπό των κατ' Άντίγονον τόν Γονατδν
χρόνων ' δτε Se Κλεομένης εις τδν Ίσθμον προεκάθιζεν, διακλεισθέντες προσέθεντο τοις Βοιωτοϊς
μετά της των 'Αχαιών γνώμης.
(221) M. Feyel, p. 45 ; cf., en n. 3, la critique du système de Chr. Barratt : « Ces difficultés
[de son système] donnent, je crois, la preuve que l'année 225 [224] ne peut absolument pas être
conservée comme terminus post quem des archontes nommés à Aigosthena. » HYPOTHÈSE DE M. FEYEL SUR AIGOSTHENES 325 1976]
Son raisonnement, en apparence du moins, est d'une logique rigoureuse.
Il a placé en effet quelque vingt-cinq archontes entre Kaphisias I et
Dionysios, dont l'archontat se situe entre 215 et 203222. Dès lors, à
supposer que Dionysios n'ait été archonte qu'en 204 ou 203, Kaphisias I
ne pourra lui-même l'avoir été avant 230 ou 229. Or, Kaphisias I est, on
s'en souvient, le premier archonte nommé dans la liste d'Aigosthènes.
Vers 230 cette ville devait donc nécessairement, dans le système de
M. Feyel, être béotienne. Mais la vraisemblance voulait qu'elle eût été
annexée quelques années plus tôt, puisque rien ne prouve que Dionysios
ait exercé l'archontat en 203 plutôt qu'en 210 par exemple, ni non plus
que nous connaissions tous les archontes intermédiaires entre Kaphisias I
et Dionysios. D'autre part, il n'était pas question de faire remonter
Kaphisias I avant 237. Voilà qui était assez pour justifier une date voisine
de 233.
Personne, à notre connaissance, n'a émis le moindre doute sur le bien-
fondé de cette datation malgré la cascade d'hypothèses plus ou moins
périlleuses à laquelle elle conduit presque forcément223 : partout au
contraire on l'a accueillie avec faveur224. Il aurait pourtant suffi, pour
l'ébranler sérieusement et même pour la ruiner, de remarquer que le simple
oubli d'un document assurant l'antérioxité de Philon I par rapport à
Kaphisias I avait entraîné l'insertion entre Kaphisias I et Dionysios de
quatre archontes qui, selon M. Feyel, précédaient Philon I, à savoir
Apollodôros, Prôtomachos, Ameinichos et Hermaios225. En effet, si l'on
supprime cinq archontes entre Kaphisias I et Dionysios dans le tableau
final des archontes béotiens donné par M. Feyel à la p. 73 de sa thèse,
il n'en reste plus que vingt. Dès lors, plus rien n'empêchait de revenir
à la chronologie traditionnelle puisque, en théorie tout au moins, on
pouvait placer Kaphisias I en 224 en admettant que Dionysios avait été
archonte en 203 ou 204226. Ainsi s'effondrait le seul argument positif à
l'appui d'une datation haute de l'entrée d'Aigosthènes dans la Confédération
béotienne.
(222) Nous conservons ici la date de 203 comme limite basse de l'archontat de Dionysios,
puisque c'était celle qu'on admettait quand M. Feyel écrivait ; sur la date probable de la mort
de Ptolémée IV (204), cf. supra, p. 265 n. 2.
(223) Elle a obligé en effet M. Feyel à donner une interprétation fort peu vraisemblable
des rapports de la Confédération béotienne avec la Confédération achéenne d'une part et avec
la Macédoine d'autre part ; voir ci-après, p. 328 ss. et p. 334 ss.
(224) A. Aymard en particulier, art. cit., p. 289-290, lui a donné sa pleine adhésion : « En
classant à nouveau, avec une méthode et un sens critiques qui inspirent pleine confiance, tous les
archontes béotiens connus pour cette époque, [M. Feyel] se trouve contraint, en effet, de dater
au plus tard de 228 une inscription d'Aigosthéna, où l'un de ces archontes est éponyme ». Ed. Will,
Hist. politique du monde hellénistique, I (1966), p. 314, ne doute pas un instant que « pour mieux
s'attacher les Béotiens à sa cause, Démétrios leur donna le port d'Aigosthéna, dépendance de
Mégare sur le golfe de Corinthe » (cf., ibid., p. 316 et 330). De même P. Roesch, p. 68.
(225) Sur cette omission, cf. ci-dessus, p. 286.
(226) Pour conserver la date admise par M. Feyel (cf. supra, n. 222). 326 CHRONOLOGIE DES ARCHONTES [BCH Suppl III
S'il était donc possible, dès le moment où M. Feyel a présenté sa thèse,
de mettre radicalement en doute ses conclusions sur l'histoire d'Aigosthènes
et les rapports entre Démétrios II et les Béotiens, nous avons maintenant
les moyens de les réfuter avec toute la sûreté désirable. La chronologie
relative que nous avons établie montre en effet qu'il n'y a pas plus de
dix-huit archontes dont la place entre Kaphisias I et Dionysios soit vraiment
assurée227. En attribuant à l'archontat de Kaphisias I la date de 224,
nous ne sommes donc nullement obligés de supposer que Dionysios a
été archonte l'année même de la mort de Ptolémée IV : il pourrait
également, en effet, avoir exercé sa charge en 205228. Mais, de toute
façon, la preuve existe que la date de 224 est la bonne : elle nous est
fournie par la nouvelle pierre d'Hyettos. Nous avons montré ci-dessus
qu'une trentaine d'années séparait l'archontat de Kallistratos de celui
de Philon I, puisqu'un conscrit sous celui-là se retrouve polémarque
sous celui-ci229. Même réduit de dix ans — on pourrait en effet admett
re que le personnage avait accédé à la polémarchie à l'âge de quarante
ans déjà230 — cet écart interdit absolument de placer Philon I, donc
(227) Pour les vingt et une années allant de 224 à 204, il y a maintenant vingt archontes
dont un, Thibron, est douteux (cf. ci-dessus, p. 311). Comme d'autre part plusieurs archontes,
parmi les prédécesseurs de Philon I ou les successeurs de Dionysios, pourraient être intercalés
entre ces dates, il n'y a pratiquement aucune chance que l'avenir en fasse connaître de nouveaux
pour cette période. De fait, on constate que tous les archontes nouveaux qui sont apparus
depuis la thèse de Feyel sont à placer soit avant soit après cette période : ainsi Aischrion [ArchEph,
1952, p. 181, n° 14 ; cf. P. Roesch, p. 83), Olympichos (qui date un décret trouvé à Onchestos
où le nom du proxène est suivi d'un adjectif patronymique, cf. ArchAnAth, 6 [1973], p. 381),
Kallitélès, Kapon et Ptôi [ ] (trois proxénies fédérales sur un même bloc, RE A, 68 [1966],
p. 66-69, noe 5-7 ; cf. P. Roesch, p. 84 [Ptôi — a été oublié dans la liste de la p. 88], Phryniskos,
que M. Feyel, p. 72, connaissait mais qu'il n'avait pu étudier, cf. supra, p. 283 et n. 51), Kallis
tratos (ci-dessus, p. 72, n° 1) et aussi sans doute Kriton (ci-dessous, p. 402). En revanche tous
les nouveaux documents datant de la période 230-200 ont donné des archontes qui étaient déjà
connus : ainsi ArchEph, 1952, p. 174, n° 8 (Hipparchos, cf. supra, p. 307 ss.), Hesperia, 37 (1968),
p. 255, n° 1 (Gharopinos, cf. supra, p. 288 ss.), notre catalogue n° 2 (Nikasarétos, cf. supra, p. 77) ;
de même une inscription inédite d'Orchomène (Euergos, cf. supra, p. 309) ou la relecture de
la grande stèle d'Aigosthènes (Potidaïchos et Andronikos, cf. p. 301 et p. 303). Une seule
exception : Dion, archonte nouveau, qui peut dater de la dernière décennie du me s. (cf. supra,
p. 313).
(228) L'année 206 est en effet la date limite haute pour Dionysios, car dix ans au
minimum séparent Philon II, prédécesseur immédiat de Dionysios, de Théotimos (cf. supra, p. 307) ;
or, cet archonte est le huitième de la liste d'Aigosthènes ; donc il ne peut être antérieur à
l'année 216, une fois admise la date de 224 pour Kaphisias I. Il faut remarquer d'ailleurs qu'une
date circa 205 pour Dionysios est très vraisemblable, car Phormion de Byzance n'a certainement
pas été honoré dans les premières années du règne de Ptolémée IV ; comme l'écrivait déjà
M. Holleaux, p. 83, « il paraît assez probable que les statues du roi et de sa femme n'ont pas
été dressées dans l'Amphiaraïon dès les premiers débuts du règne ; sans doute il est vraisemblable
aussi qu'un temps plus ou moins long s'écoula entre leur consécration et le vote du décret relatif
à Phormion » (sur « la mention expresse » d'Arsinoè dans ce décret et l'indication chronologique
que M. Holleaux songeait à en tirer, cf. supra, p. 265 n. 2).
(229) Cf. ci-dessus, p. 74 et 284.
(230) Cf. p. 274, point Β 1. RETOUR A LA DATE DE 224 327 1976]
à plus forte raison Kaphisias I, qui est le successeur (et point néces
sairement immédiat) de cet archonte, avant 230, car un Philon I vers
235-230 repousserait Kallistratos au delà de l'année 250, ce qui paraît
tout à fait exclu. Comme on ne peut songer non plus à mettre Kaphisias I
entre 229 et 224, étant donné que l'annexion d'Aigosthènes par la Béotie
est inconcevable durant ces années-là, force est d'admettre que la date
de 224, si satisfaisante au point de vue historique, est la seule qui réponde
à toutes les exigences de la chronologie.
Cette hypothèse d'une cession d'Aigosthènes par Démétrios II aux
Béotiens, qui paraissait si naturelle à M. Feyel et fut jugée si séduisante
par tous les critiques, il n'est pas difficile de faire voir, une fois qu'on en
démontré la fausseté ou plus exactement l'inconsistance231, qu'elle n'avait
rien de vraisemblable. D'abord pourquoi fallait-il que le roi leur fît un
cadeau et un cadeau de cette importance ? Pour les remercier, nous dit-on.
Mais il importe de se rappeler que dans cette affaire ce sont bien plutôt
les Béotiens qui font figure de débiteurs : trop heureux en effet de pouvoir
échapper à la tutelle des Étoliens, «ils se soumirent entièrement», écrit
Polybe232, « aux Macédoniens » dès l'arrivée du roi dans leur pays. Démétrios
n'a donc, en principe, rien à craindre d'eux. Ensuite, c'eût été une bien
grande maladresse de sa part que de s'aliéner les Mégariens en les privant
d'un morceau non négligeable de leur territoire, alors que le décret par lequel
ils honorent le commandant de la garnison macédonienne à Aigosthènes
les montrent au contraire tout remplis de bonne volonté à son égard233.
Enfin et surtout on ne comprend pas — et M. Feyel lui-même devait avouer
qu'il y avait là un « fait paradoxal »234 — comment les Béotiens auraient
pu conserver Aigosthènes après 229 s'ils en avaient été les maîtres à la
mort de Démétrios II : aussitôt, en effet, les Achéens firent rentrer Mégare
dans leur ligue ; était-ce une Mégare diminuée ? On ne peut le croire, car
(231) En excluant pour Kaphisias I une date antérieure à 224, nous ne prétendons pas en effet
prouver par la chronologie qu'Aigosthènes ne fut béotienne qu'à partir de ce moment, car il
serait toujours possible d'admettre que la grande stèle IG, VII, 207-218, ne commença à être
gravée que plusieurs années après l'entrée de cette ville dans la Confédération. Mais nous pensons
avoir fait justice du seul argument prétendument solide sur lequel reposait l'hypothèse de
M. Feyel.
(232) XX, 5, 3 : και παραγενομένου Δημητρίου μετά δυνάμεως εις την Βοιωτίαν ούδενός πεΐραν
λαβόντες των δεινών, υπέταξαν σφας αυτούς ολοσχερώς Μακεδόσι. Cf. M. Feyel, p. 83. L'oppos
ition à la Macédoine dont Polybe fait état dans la phrase suivante ne dut pas apparaître au grand
jour avant la mort du roi (sur l'incident de Larymna, voir ci-dessous, p. 334 es.).
(233) IG, VII, 1 (Sy/Z.8, 331) ; cf. ci-dessus, p. 324. Deux autres décrets de Mégare à cette
époque honorent des personnages διατρίβοντες παρά τόμ βασιλέα Δαμάτριον {IG, VII, 5 et 6 ;
cf. M. Feyel, p. 86).
(234) M. Feyel, p. 107 : « les Achéens, héritant du territoire de Mégare, héritaient aussi
des pertes qui lui avaient été infligées, et ils devaient souhaiter d'arracher Aigosthéna aux
Béotiens. Un partage de la Béotie entre l'Aitolie et l'Achaïe devait donc paraître probable en 229.
Et pourtant, il est sûr que (...) la Béotie traversa cette période critique sans perdre ni son indé
pendance, ni la possession d'Aigosthéna ». Et Feyel de conclure : « Reste à trouver, si possible,
les raisons de ce fait paradoxal. » 328 CHRONOLOGIE DES ARCHONTES [BCH Suppl III
les Béotiens, totalement isolés, n'étaient pas alors en mesure de refuser quoi
que ce soit à leurs voisins. Vers 227 d'ailleurs, c'est sur un pied d'infériorité
qu'ils s'allient avec les Achéens puisque ceux-ci leur imposent la livraison
d'otages235. Cette alliance exclut donc qu'Aigosthènes — dont on veut
nous faire admettre qu'elle fut le prix payé par Démétrios II pour s'attacher
les Béotiens contre les Achéens eux-mêmes — ait fait alors partie de la
Confédération béotienne.
En croyant pouvoir prouver de façon assurée qu'Aigosthènes n'était
pas tombée au des Béotiens en même temps que Mégare, M. Feyel
s'est vu ainsi obligé d'émettre toute une série d'hypothèses fort contestables.
L'une d'elles doit encore être mentionnée, car elle touche de près au sujet
de ce travail : c'est celle qu'il a formulée, contre le témoignage explicite
de Polybe, sur les raisons de l'entrée de Mégare dans la Confédération
béotienne. L'historien nous dit en effet que les Mégariens s'adjoignirent
aux Béotiens parce qu'ils se trouvaient coupés des Achéens — le roi de
Sparte Cléomène occupant l'Isthme — et qu'ils le firent « avec l'approba
tion » ou « sur l'avis » de ces derniers (μετά της των 'Αχαιών γνώμης)236.
Mais il est clair qu'on ne saurait croire que les Mégariens aient pris cette
décision de bonne grâce dès lors que l'on admet, avec M. Feyel, que leur
territoire avait été, peu auparavant, sérieusement amputé au profit des
Béotiens. On se voit donc obligé de rejeter comme une « plaisanterie »237
les raisons données par Polybe et de leur en substituer d'autres, qui rendent
mieux compte de ce qu'on juge être la véritable succession des faits. Rien
de plus facile, à la vérité, mais rien de plus dangereux aussi : on commence
par affirmer que l'isolement de Mégare était, somme toute, assez relatif,
ce qui est peut-être partiellement vrai238 ; mais on prétend ensuite que cette
(235) Syll.*, 519 (décret fédéral achéen décernant la proxénie à des otages béotiens et
phocidiens) ; pour la date, cf. M. Feyel, p. 123-124, qui adopte les conclusions de P. Trêves,
Athenaeum, 12 (1934), p. 407 (adoptées aussi par P. Roesch, p. 104).
(236) XX, 6, 8 ; voir le texte ci-dessus, n. 220. Il est imprudent d'affirmer, comme le fait
P. Roesch, p. 68, que l'annexion de Mégare se fit avec l'accord d'Antigone Dôson, car c'est
substituer une pure hypothèse de M. Feyel (p. 130) à un témoignage très clair de Polybe.
(237) M. Feyel, p. 128 : « C'est une plaisanterie de dire qu'elle [Mégare] se trouvait contrainte
à la défection, parce que l'armée achéenne ne pouvait plus la secourir. » Voir les deux notes
suivantes.
(238) M. Feyel, /./., pense que la situation de Mégare vis-à-vis des Achéens n'était pas
plus difficile que celle de Sicyone, de Pagai et de l'Acrocorinthe elle-même. Cela est vrai pour le
temps, assez bref, pendant lequel le roi Cléomène menaça ces places : mais, dès l'arrivée d'Antigone
Dôson (été 224), il dut se retirer en Laconie. Or, quand Polybe écrit, dans son livre XX consacré
aux événements de 192-191, que les Mégariens s'étaient adjoints aux Béotiens « lorsque Cléomène
s'établit sur l'Isthme » (voir le texte ci-dessus, n. 220), c'est une date approximative autant qu'un
motif — l'isolement — qu'il veut indiquer ; car, comme l'a bien vu M. Feyel, p. 129 n. 3, l'entrée
de Mégare dans la Confédération béotienne n'eut lieu qu'après l'accord entre Aratos et Antigone
(accord qui livrait d'avance l'Acrocorinthe aux Macédoniens), puisque Polybe, II, 52, 5, précise
que c'est à l'annonce de cet accord que Cléomène s'installa sur l'Isthme. Donc, à ce moment-là,
Cléomène était lui-même en position difficile et ne représentait plus un danger sérieux. M. Feyel
a cru pouvoir en déduire, de façon assez ingénieuse, que l'isolement fort temporaire dans lequel
se trouvèrent alors les Mégariens n'était pas le vrai motif de leur conduite en 224. Mais il n'a pas vu HYPOTHÈSE DE M. FEYEL SUR MÉGARE 329 1976]
ville pouvait fort bien se défendre par ses propres moyens, ce qui, en
revanche, est entièrement faux. Car l'exemple que donne M. Feyel de cette
soi-disant capacité de Mégare à l'« auto-défense » prouve au contraire
que le sort de la ville se trouve tout entier entre les mains de ceux qui
tiennent l'Isthme : si Mégare a pu, en effet, résister à l'attaque que les
Béotiens lancèrent contre elle en 192 ( ?), c'est que l'annonce de l'arrivée
d'une armée de secours achéenne commandée par Philopoimen sema la
panique dans les troupes béotiennes239. Il n'y a donc pas à chercher, en
l'absence de tout document démentant le témoignage de Polybe, d'autre
motif à l'adhésion de Mégare à la Confédération béotienne que celui que
fournit l'historien. Or, l'auteur de Polybe et l'histoire de Béotie a préféré
imaginer que les Béotiens extorquèrent, en quelque sorte, la Mégaride aux
Achéens pour prix de leur alliance — acquise pourtant dès 227 — et que
« les Mégariens consentirent, bon gré mal gré, à servir de monnaie
d'échange »240; et il a dû mettre sur le compte du seul amour-propre achéen
de Polybe — puisque celui-ci parle abondamment, en revanche, des
tractations qui eurent lieu alors entre les Achéens et Antigone Dôson au
sujet de Gorinthe241 — le silence obstiné que garde l'historien sur ces
ténébreuses négociations. Mais on n'a pas le droit, l'alliance macédonienne
étant pour les Achéens d'une tout autre importance que celle des Béotiens,
de croire qu'Aratos eut à les « payer » comme il « paya » le roi de Macédoine.
Les choses s'expliquent plus simplement : ayant cédé Gorinthe à ce dernier
avec le consentement de ses habitants, le chef achéen ne pouvait plus
songer à retenir dans la ligue les Mégariens, désormais isolés, quand ceux-ci,
par souci de sécurité, manifestèrent le désir de s'adjoindre aux Béotiens.
Entre Béotiens et Mégariens en effet il n'y avait alors ni méfiance ni
rancœur puisque, selon nous, Aigosthènes n'avait pas cessé jusque-là
d'être mégarienne. Assurément, en 224, cette bourgade fut détachée de
Mégare, comme cela s'était déjà produit pour Pagai242. Mais il n'y a point
(cf. cependant p. 130) que l'isolement de Mégare par rapport aux Achéens demeura tout aussi
grand après le départ de Cléomène, puisque Corinthe avait été cédée à Antigone ; que le roi de
Macédoine ait été alors l'allié des Achéens ne change rien à l'affaire : Mégare se trouvait bel et
bien — et pour longtemps ! (en fait jusqu'en 196, ce qui justifie peut-être, soit dit en passant,
la date basse de 192 pour le retour de Mégare dans le giron achéen [cf. supra, p. 266 n. 3]) —
coupée des Achéens. Dans cette perspective les exemples de Sicyone, de Pagai et de l'Acrocorinthe
invoqués par M. Feyel perdent tout intérêt. Nous montrons d'ailleurs ci-après, n. 242, que Pagai,
contrairement à ce que pensait ce savant, eut en 224 exactement le même sort que Mégare et
Aigosthènes.
(239) Polybe, XX, 6, 12 : πανικού δ' έμπεσόντος αύτοΐς καΐ φήμης βτι πάρεστιν Φιλοποίμην
τους 'Αχαιούς έχων, άπολιπόντες πρδς τφ τείχει τας κλίμακας έφυγον προτροπάδην εις τήν οίκείαν.
M. Feyel, p. 128 a donné de l'épisode un commentaire tendancieux puisqu'il écrit simplement
que Mégare « résista sans peine aux Béotiens venus avec toutes leurs forces pour l'attaquer ><
(240) M. Feyel, p. 129-130.
(241) Polybe, II, 51 et 52; sur ces négociations et celles qui les précédèrent (en 227), cf.
E. Bikerman, RE G, 56 (1943), p. 287-304 ; E. S. Gruen, Historia, 21 (1972), p. 609-625.
(242) II semble qu'on n'ait pas réussi jusqu'ici à définir de façon précise et assurée le statut
politique de Pagai durant la période béotienne de Mégare. P. Roesch, qui consacre deux para- 330 CHRONOLOGIE DES ARCHONTES {BCH Suppl III
à en être surpris : outre qu'on pourrait fort bien supposer que les Béotiens,
craignant que l'équilibre des forces à l'intérieur même du Koinon ne fût
menacé par l'adhésion d'une aussi importante cité, aient posé cette
condition à l'entrée de Mégare dans leur ligue, il faut remarquer que
l'accession à l'indépendance de toutes les communautés capables de
s'administrer et de vivre par elles-mêmes était l'un des principes fond
amentaux sur lesquels reposait la Confédération béotienne à l'époque
hellénistique243.
De fait, l'hypothèse passablement arbitraire de M. Feyel au sujet de
Mégare n'a pas connu le même succès que celle dont elle découlait implicit
ement : quand on ne l'a pas combattue comme G. Klafïenbach244, elle a été
graphes aux Villes de Mégaride : Aigosthenes et Mégare (p. 68), ne mentionne Pagai qu'incidemment
au sujet du conflit territorial qui opposa Aigosthenes à cette cité après le retour de Mégare dans
la Confédération achéenne (cf. là-dessus L. Robert, RPhil, 13 [1939], p. 97-122 [= Op. Min. Sel.,
p. 1250-1275]). De ce silence on doit conclure que P. Roesch considère soit que Pagai n'était, de 224
à 192, qu'une kômè de Mégare, soit — mais c'est moins probable puisqu'il renvoie, l.l. n. 3, à
L. Robert, dont l'article démontre précisément que « Pagai a dû suivre ordinairement la fortune
de Mégare » (p. 116) — que Pagai n'a jamais appartenu à la Béotie. C'était cependant l'opinion de
M. Feyel, p. 265 n. 6 (cf. son index analytique, s.v.), bien qu'il ne l'ait soutenue d'aucun argument
(à moins que le texte de Plutarque, Aratus, XL III, 1 [qu'il cite p. 128 n. 3], où l'on voit que Pagai
fut en 224 le lieu de rencontre d'Aratos avec Antigone, lui ait paru suffire à prouver la fidélité
de Pagai à l'égard de la Confédération achéenne). L. Robert lui-même, art. cit., p. 112 ss., a
apporté de nombreuses précisions sur l'histoire de la ville, montrant notamment que l'opinion
traditionnelle selon laquelle Pagai avait accédé à l'indépendance en 243 lors de l'entrée de Mégare
dans la Confédération achéenne n'était nullement assurée, et définissant le statut de Pagai
par rapport à Mégare après 192 comme celui d'une ville indépendante mais néanmoins sous
« tutelle » ; il a fait remarquer, sans en tirer de conclusion, qu'aucune inscription datée par
l'archonte fédéral béotien n'avait été trouvée à Pagai ; on voit bien toutefois, par l'ensemble
de ses remarques, qu'il ne doute pas que Pagai ait fait, à un titre ou à un autre, partie de la
Confédération béotienne entre 224 et 192 ; il a été suivi par E. Meyer, RE, XVIII 2 (1942),
s.v. « Pagai » (cf. aussi, du même, l'article P. du Kleine Pauly) qui a fait de Pagai une « von Megara
abhângige Ortschaft » jusqu'au ne s. av. J.-C. A la vérité, il a échappé, semble-t-il, à tous ces
savants que le décret de proxénie SE G, III, 344, émanant de Thisbè, honore un citoyen de Pagai,
Πρωτόμαχος Άρχίαο Παγηος. Or, ce décret ne peut être postérieur aux années 214-211, car
il est gravé juste au-dessus d'un catalogue daté par l'archonte fédéral Eumaridas (sur cet archonte
et la disposition des textes sur la pierre de Thisbè, cf. supra, p. 307 ss.). Il ne saurait d'autre part
être beaucoup antérieur au milieu du me s., puisque le décret gravé au-dessus de lui (SEG, HT,
343) honore Νικάνωρ Δίωνος Ήτωλός, personnage qui ne fait sans doute qu'un avec le hiéro-
mnémonétolien Nikanôr, dont la dernière mention est placée en 242 par R. Flacelière, Les Aiioliens
à Delphes (1937), p. 400 (cf. p. 529). Si l'on admet que Pagai est devenue béotienne en 224 (et,
de fait, il paraît difficile, quoi qu'en ait pensé Feyel, qu'elle soit alors demeurée achéenne ;
cf. aussi K. J. Beloch, Griech. Gesch., IV 22 [1927], p. 434), le décret devra nécessairement
être placé avant cette date, car l'octroi de Venktésis au proxène prouve que celui-ci est citoyen
d'une cité qui ne fait pas partie de la Confédération (cf. sur cette question P. Roesch, Akten
■des VI. Inlern. Kongr. f. griech. u. latein. Epigraphik, Munchen 1972 [1973], p. 263-267). Ce
document assure donc, pour ainsi dire, que Pagai accéda à l'indépendance dès avant 224 ;
■par conséquent, c'est en tant que cité, et non comme simple kômè de Mégare, qu'elle fut annexée
par la Béotie en 224.
(243) Cf. P. Roesch, p. 47.
(344) Deutsche Lit. Zeit., 1948, p. 97. ·
HYPOTHÈSE DE M. FEYEL SUR OPONTE 331 1976]
accueillie avec réserve par ceux-là mêmes qui, tel Ed. Will245, se sont
montrés entièrement convaincus par la datation de M. Feyel pour l'entrée
d'Aigosthènes dans le Koinon béotien. Mais personne ne semble avoir vu
que l'hypothèse mégarienne était justement la conséquence, normale en
même temps que fatale, de l'hypothèse aigosthénienne.
Oponte et la Confédération béotienne
Située sur la voie de passage de toutes les armées descendant du Nord,
bon poste pour surveiller l'Euripe, trop faible pour assurer elle-même sa
défense, Oponte a changé souvent de maître au 111e et au 11e siècle. D'abord
béotienne (?), étolienne au moins jusqu'en 237-236, la cité en 208 est
disputée entre Philippe V et Attale I. Elle est proclamée libre en 196, mais
donnée en fait à la Confédération étolienne ; rien n'indique donc qu'elle
ait pu connaître une nouvelle période béotienne vers 190246. Cette dernière
vicissitude lui est imposée par M. Feyel, pour rendre compte de la date
à laquelle il a placé l'archontat de Charopinos247.
On voit mal comment ce savant, s'il avait pu achever son œuvre,
aurait soutenu cette thèse, puisqu'il prenait à son compte le jugement
sévère de Polybe sur la Béotie au début du ne siècle248. La Confédération
béotienne, qui n'est pas capable de retenir Mégare, aurait-elle pu conserver,
à plus forte raison acquérir, Oponte, cité toujours convoitée par les Étoliens
et par Philippe V249 ? L'hypothèse de M. Feyel ne repose que sur une
interprétation erronée des données de la chronologie. Or, nous avons montré
que l'archonte Charopinos devait être placé avant 224 et non après 192.
Il nous faut prouver maintenant qu Oponte a pu être béotienne à cette
date.
A la vérité, il n'est point besoin de beaucoup d'audace pour supposer
que la Locride opontienne a fait effectivement partie du Koinon béotien
un peu avant 224, car M. Feyel écrivait (p. 64) : « Quand à la période qui va
de 237 à l'entrée de Mégare dans la ligue, on y placerait volontiers
Pampirichos et Charopinos, si l'on ne s'en rapportait qu'aux données de
la prosopographie... ». C'est à croire qu'il existe d'autres indices de datation
(245) Op. cit. (en n. 224), I, p. 353 : « Les conclusions de Feyel ne sont pas impossibles,
mais ne s'imposent pas absolument. »
(246) Pour l'histoire d'Oponte au m· s., voir essentiellement, outre M. Feyel, p. 172 n. 2
et 265, G. Klaffenbach, Klio, 20 (1926), p. 76-84 et K. J. Beloch, op. cit., IV 2*, p. 429-433.
Les dates données ci-dessus sont celles qu'on trouve chez Ed. Will, op. cit., I, p. 194, 288 et 316 ;
II, p. 145. D. Knoepfler montrera ailleurs que la date de 272, communément admise pour l'entrée
de la ville dans le Koinon béotien, est fort sujette à caution.
(247) Cf. ci-dessus, p. 288 ss.
(248) Polybe, XX, 7, 4-6 ; M. Feyel, p. 13-19 ; cf. p. 304 : « II suffira de dire qu'à partir
de 220, le jugement si sévère de Polybe paraît tout à fait justifié. »
(249) Sur Mégare, cf. ci-dessus, p. 328 ss. ; quelle que soit la date exacte du retour de Mégare
dans la Confédération achéenne, il semble bien que les Béotiens aient été incapables à la fin
du me s. et au début du ne s. d'avoir des visées expansionnistes.