Le trésor de Sicyone et ses fondations - article ; n°1 ; vol.114, pg 241-284

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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1990 - Volume 114 - Numéro 1 - Pages 241-284
Στα θεμέλια του Θησαυρού των Σικυωνίων στους Δελφούς βρίσκονται δύο μοναδικά αρχαϊκά μνημεία : μια θόλος και ένα μονόπτερο. Από το 1921 έως το 1924 ο G. Daux και ο G. Replat είχαν πραγματοποιήσει μια μερική αποσυναρμολόγηση της οποίας τα αποτελέσματα παρουσιάζονται σχολιασμένα εδώ. Επτακόσιοι περίπου λίθοι έχουν ξαναχρησιμοποιηθεί με τρόπο λειτουργικό και θεμελιώνουν όχι μόνο τους τοίχους αλλά και το εσωτερικό του θησαυρού. Σε κάθε προσπάθεια ταύτισης ενός ή περισσότερων δωρητών αυτών των δύο μνημείων, πρέπει να λάβει κανείς υπόψη του τη μοναδικότητα της δεύτερης χρήσης αυτού του οικοδομικού υλικού. Τα σωζόμενα λείψανα επιτρέπουν μια συνοπτική αποκατάσταση του θησαυρού του τέλους του 6ου αιώνα και μια έρευνα για τη σχέση του με την τοπογραφία του χώρου.
Les fondations du trésor de Sicyone à Delphes contiennent deux monuments archaïques exceptionnels : une tholos et un monoptère. De 1921 à 1924, G. Daux et J. Replat avaient procédé à un démontage partiel dont les résultats sont présentés et commentés ici. Environ sept cents blocs sont remployés de façon rationnelle et fondent non seulement les murs mais encore l'intérieur du trésor. Toute hypothèse sur l'identité du ou des donateurs de ces deux monuments doit tenir compte du caractère unique de ce remploi. Les vestiges en place autorisent une restitution dans ses grandes lignes du trésor de la fin du vr siècle et un examen du contexte topographique de ce dernier.
44 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1990
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Langue Français
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Marie-Dominique Nenna
Didier Laroche
Le trésor de Sicyone et ses fondations
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 114, livraison 1, 1990. pp. 241-284.
περίληψη
Στα θεμέλια του Θησαυρού των Σικυωνίων στους Δελφούς βρίσκονται δύο μοναδικά αρχαϊκά μνημεία : μια θόλος και ένα
μονόπτερο. Από το 1921 έως το 1924 ο G. Daux και ο G. Replat είχαν πραγματοποιήσει μια μερική αποσυναρμολόγηση της
οποίας τα αποτελέσματα παρουσιάζονται σχολιασμένα εδώ. Επτακόσιοι περίπου λίθοι έχουν ξαναχρησιμοποιηθεί με τρόπο
λειτουργικό και θεμελιώνουν όχι μόνο τους τοίχους αλλά και το εσωτερικό του θησαυρού. Σε κάθε προσπάθεια ταύτισης ενός ή
περισσότερων δωρητών αυτών των δύο μνημείων, πρέπει να λάβει κανείς υπόψη του τη μοναδικότητα της δεύτερης χρήσης
αυτού του οικοδομικού υλικού. Τα σωζόμενα λείψανα επιτρέπουν μια συνοπτική αποκατάσταση του θησαυρού του τέλους του
6ου αιώνα και μια έρευνα για τη σχέση του με την τοπογραφία του χώρου.
Résumé
Les fondations du trésor de Sicyone à Delphes contiennent deux monuments archaïques exceptionnels : une tholos et un
monoptère. De 1921 à 1924, G. Daux et J. Replat avaient procédé à un démontage partiel dont les résultats sont présentés et
commentés ici. Environ sept cents blocs sont remployés de façon rationnelle et fondent non seulement les murs mais encore
l'intérieur du trésor. Toute hypothèse sur l'identité du ou des donateurs de ces deux monuments doit tenir compte du caractère
unique de ce remploi. Les vestiges en place autorisent une restitution dans ses grandes lignes du trésor de la fin du vr siècle et
un examen du contexte topographique de ce dernier.
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Nenna Marie-Dominique, Laroche Didier. Le trésor de Sicyone et ses fondations. In: Bulletin de correspondance hellénique.
Volume 114, livraison 1, 1990. pp. 241-284.
doi : 10.3406/bch.1990.1722
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1990_num_114_1_1722LE TRÉSOR DE SICYONE
ET SES FONDATIONS*
Les métopes du monoptère et la tholos ont suscité récemment un regain d'intérêt. De
nouvelles propositions sur la disposition1 et sur la provenance des métopes2 ont été
avancées. La restitution de la tholos imaginée par H. Pomtow a été reprise et préférée à
celle de G. Daux et de J. Replat3. Un nouvel examen des fondations actuellement
visibles4 et l'étude des archives relatives au démontage entrepris entre 1921 et 1924 par
G. Daux et J. Replat peuvent offrir des informations sur le mode de construction du
socle sicyonien, apporter des précisions sur les deux monuments remployés et donner des
indications nécessaires à l'étude du trésor de Sicyone lui-même.
Th. Homolle, à partir de la description de Pausanias5, identifie la fondation Atlas 121
au trésor de Sicyone le mardi 8 mai 1894e. Du 26 avril au 26 mai, la fouille livre, dispersés
autour du bastion composé en majorité de blocs de remploi, les fragments des métopes du
monoptère et cinq chapiteaux doriques appartenant soit à la tholos soit au monoptère.
Les fondations du trésor sont dégagées jusqu'à une profondeur de 2,50 m sur la
périphérie, mais il ne semble pas que les fouilleurs soient descendus très profondément à
l'intérieur de la cella. Th. Homolle présente brièvement cette découverte dans le BCH de
(*) Nous remercions P. Amandry pour son aide précieuse. Nos remerciements vont aussi à
J.-Fr. Bommelaer qui a eu la gentillesse de relire de très près l'article que nous présentons ici et de nous
apporter d'utiles suggestions.
(1) Fr. Salviat, «Le navire Argo sur les métopes sicyoniennes », Archéonautica 4 (1984), p. 213-222.
(2) Br. S. Ridgway, The Archaic Style in Greek Sculpture (1977), p. 231-236 ; J. de La Genière, «À propos
des métopes du monoptère de Sicyone à Delphes», CRAI (1983), p. 158-171 ; J. de La «Un ex voto
locrese a Delphi?», ASNP 16 (1986), p. 395-409; G. N. Szeliga, «The Composition of the Argo Métopes from
the Monopteros at Delphi», AJA 90 (1986), p. 297-305.
(3) FI. Seiler, Die griechische Tholos (1986), p. 40-55.
(4) En 1979, à l'occasion d'un dégagement complet des abords du trésor, P. Amandry a effectué une
couverture photographique de la fondation, en particulier des marques de maçon, et D. Laroche a dessiné les
deux élévations Sud et Est. Celles-ci rendent compte des aménagements exécutés par G. Daux et J. Replat lors
du remontage de la fondation (à l'angle Sud-Est, cales entre la deuxième assise et la troisième et entre la
cinquième et la sixième).
(5) Pausanias, X 11, 1.
(6) Journal de la Grande Fouille, p. 129. 242 DIDIER LAROCHE ET MARIE-DOMINIQUE NENNA [BCH 114
Fig. 1. — Le trésor de Sicyone après la Grande Fouille. A. Tournaire, entre 1894 et 1897. 1 100
(plan EFA 15257, cliché Ph. Collet)
la même année7, plus longuement deux ans après8. Le texte de cette dernière
communication est repris et augmenté dans le fascicule des Fouilles de Delphes9 qui paraît
en 1909, avec en outre une gravure (détail d'une photographie prise le 17 mai 1894) et des
croquis des élévations Sud et Est des fondations. Mais le premier plan du trésor n'est
publié qu'en 1897 dans le relevé général d'A. Tournaire10. Nous présentons un extrait de
plan inédit un peu plus ancien (fig. l)11.
H. Pomtow, intéressé par la fondation sicyonienne lors de son voyage de 190612,
revient à l'automne 1908 avec l'architecte Gockel et procède à une fouille partielle de la
cella. Il retire des trois dernières assises de la fondation six chapiteaux et dix-huit blocs.
Il livre en 190913 les premiers résultats de son étude et suppose l'union dans un même
bâtiment des blocs courbes et des blocs droits contenus dans la fondation. L'année
suivante, il renonce à cette hypothèse et offre une première restitution de la tholos14.
Enfin, à la suite d'un nouveau voyage à l'automne 1910 fait avec une équipe
(7) BCH 18 (1894), p. 187-188.
(8) Th. Homolle, «Les sculptures du trésor de Sicyone», BCH 20 (1896), p. 657-675
(9) FD IV 1, p. 18-40.
(10) BCH 21 (1897), pi. XVI : État actuel de la partie Sud-Est du sanctuaire.
(11) Nous l'avons retrouvé dans la série de plans envoyés à l'EFA par Mme Tournaire (voir BCH 83 Γ19591
p. 793).
(12) «Delphica» I, p. 27 = Berliner Philologische Wohenschrifl (1906), col. 1178.
(13)II, p. 63-72 = Berliner (1909), col. 348-352.
der Architektur (14) H. Pomtow, 3 (1910), «Die p. 97-140 alte Tholos et p. und 152-193, das Schatzhaus dorénavant der abrégé Sikyoner Pomtow zu Delphi», 1910. Zeitschrifl fur Geschichte LE TRÉSOR DE SICYONE ET SES FONDATIONS 243 1990]
d'architectes, il corrige certains points de sa restitution et émet l'idée d'un bâtiment
prostyle portant les métopes du monoptère15. Ses propositions sont combattues par
F. Courby16, reprises et discutées par W. B. Dinsmoor17.
À la suite de la découverte faite en novembre 1918 d'une «fosse circulaire» à
Marmaria18, Ch. Picard charge G. Daux et J. Replat de procéder au démontage des
fondations du trésor de Sicyone19. Le démontage est partiel : l'angle Sud-Est est
entièrement démonté ainsi que les fondations du mur Ouest du trésor et que l'angle Nord-
Est ; la partie médiane de la face Est et les blocs se situant à proximité du mur de refend
ne sont pas touchés, les fondations du mur Nord sont démontées uniquement jusqu'à la
cinquième assise et c'est seulement tout à fait au centre de la cella que les blocs sont
enlevés jusqu'au sol. G. Daux remet à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres deux
mémoires20 : Lejrésor de Sicyone et ses fondations et Note sur la tholos archaïque de
Delphes; essai de restauration21. Il montre qu'on a affaire à deux monuments distincts :
une tholos et un monoptère. P. de la Coste-Messelière livre les premiers résultats de son
travail en 1936 dans Au musée de Delphes22.
Cependant, la documentation est restée largement inédite jusqu'à aujourd'hui. Les
archives de l'EFA possèdent certains croquis préparatoires et les plans exécutés par
J. Replat lors du démontage ainsi qu'une couverture photographique de la plus grande
partie du travail. Ce sont ces plans et ces photographies, repris et sur certains points
modifiés, que nous présentons ici. Malgré sa qualité, cette documentation reste limitée :
on dispose de tous les plans du démontage de l'angle Sud-Est mais ceux du démontage de
la cella sont toujours partiels et donnent une image parfois incomplète du travail
accompli. De plus, il s'agit de plans plutôt destinés à faciliter le remontage de la
fondation qu'à en permettre une étude.
(15) H. Pomtow, «Die beiden Tholoi zu Delphi», Zeitschrift fur Geschichte der Architektur 4 (1911), p. 171-
214. Dorénavant abrégé Pomtow 1911. Nous n'avons retrouvé trace des archives de H. Pomtow concernant le
trésor et ses fondations ni à l'Institut archéologique allemand d'Athènes ni à celui de Berlin.
(16) F. Courby, «La tholos du trésor de Sicyone à Delphes», BCH 35 (1911), p. 132-148.
(17) W. B. Dinsmoor, «Studies of the Delphian Treasuries», BCH 36 (1912), p. 439-493. L'auteur restitue
l'architrave de la tholos en ordonnant différemment les blocs (p. 443-447). Il propose de faire des blocs du
monoptère une offrande syracusaine et de les replacer sur la fondation V (Atlas 216). Cette hypothèse est rejetée
à juste titre par P. de La Coste-Messelièhe, Au musée de Delphes (1936) (dorénavant abrégé AMD), p. 19-40,
I™ partie, ch. 1 «Sicyone ou Syracuse».
(18) BCH 44 (1919-20), p. 391-392.
(19) BCH 45 (1921), p. 521 : angle Sud-Est ; BCH 46 (1922), p. 510 : fondations des parties Ouest et Nord ;
BCH 48 (1924), p. 480 : achèvement du travail.
(20) Nous devons à l'obligeance de Mme Daux et de D. Mulliez d'avoir eu communication de ces deux
mémoires en septembre 1989 et de carnets de travail en janvier 1990. Ils sont aujourd'hui déposés aux archives
de l'EFA. Les notes prises par Th. Homolle (Bibliothèque de l'Institut de France, Fonds Homolle
manuscrit 3854) à la lecture du premier mémoire nous en avaient déjà livré la substance.
(21) CRAI (1922), p. 68-69 et CRAI (1924), p. 106-107.
(22) AMD, p. 41-76, ch. II, «Les monuments sicyoniens de Delphes» et p. 451-455, Appendice I, «Notes
sur deux restaurations, A) Le monoptère sicyonien». DIDIER LAROCHE ET MARIE-DOMINIQUE NENNA [BCH 114 244
I. La construction du socle sicyonien
La fondation (fîg. 2a-b-c) est composée de neuf assises28 : sept assises de blocs
remployés (assises 1 à 7), deux assises (assises 8 et 9) constituées de blocs dont c'est là le
premier emploi. Nous avons numéroté 542 blocs24 parmi lesquels 55 proviennent du
monoptère, 314 de la tholos et 173 n'ont pas été identifiés. Compte tenu des blocs
actuellement accessibles et des blocs errants, le nombre total doit être estimé à environ
700. Le petit nombre de blocs du monoptère pourrait étonner mais il s'explique par la
difficulté de l'identification et surtout par la nature même du bâtiment. Si l'on suit la
restitution de G. Daux et de J. Replat, 120 blocs environ ont servi à construire le
monoptère. Enfin, les blocs des deux monuments se côtoient dans chacune des sept
premières assises. Donc, même si ces deux n'ont pas été démontés en même
temps, du moins est-il certain que leurs blocs étaient disponibles au même moment.
La mise en place de deux assises étagées vers le Sud-Est a été nécessaire pour
compenser la pente du terrain et pour arriver à un niveau homogène sur toute la surface à
construire au lit d'attente de la deuxième assise. Aux assises supérieures, les fondations
ont reçu un traitement différent sous la cella et sous le prodomos. Sous la cella, à chaque
assise, le pourtour a été mis en place en premier lieu, puis on a rempli l'espace central
avec des blocs disposés régulièrement, le plus souvent d'un même type : à la troisième
assise, les blocs de fondation de la tholos, à la quatrième, les parpaings de la tholos. Sous
le prodomos, les blocs peuvent être de types différents et ne sont pas toujours disposés de
manière régulière. La jonction entre la fondation de la cella et celle du prodomos, lorsque
nous pouvons l'observer, semble avoir été malaisée. Mais l'ingéniosité des constructeurs
se dévoile dans le nombre restreint de cales et dans la faible quantité de recoupages
malgré la forme singulière des blocs. De plus, ils ont contrôlé régulièrement
l'implantation de la fondation par rapport à la place prévue pour les murs du trésor.
Ainsi, on voit des lignes de repère sous le mur Ouest aux assises 4 (blocs de dallage de la
tholos) et 6 (architraves du monoptère) et à l'angle Nord-Est, sur le lit découvert de
l'assise 7 (blocs de dallage de la tholos). Elles indiquent certainement l'emplacement des
murs mais il est impossible de déterminer si elles correspondent à leur nu intérieur ou
extérieur.
IA. L'aspect de la région avant la construction du trésor
II est difficile de restituer l'aspect de la région (fig. 3) avant la construction du trésor.
En 1921, une fouille sous l'angle Sud-Est a indiqué que le monument était fondé là sur
une couche de «terre meuble d'une hauteur de vingt centimètres» contenant «des vases
(23) Les assises sont numérotées de bas en haut, les blocs en mille : le premier chiffre rend compte de
l'assise à laquelle appartient le bloc. Les numéros de 1 à 100 correspondent aux blocs qui ne sont plus en place
dans la fondation, qu'ils aient été déposés à l'intérieur de la cella ou à distance du trésor.
(24) 7 à l'ass. 1, 23 à l'ass. 2, 57 à l'ass. 3, 127 à l'ass. 4, 120 à l'ass. 5, 103 à l'ass. 6, 48 à l'as». 7 et 57
non en place. LE TRÉSOR DE SICYONE ET SES FONDATIONS 245 1990]
Illustration non autorisée à la diffusion 2b. — Élévation Sud. D. Laroche, 1979 et 1989. 1 :50. Fig.
Fig. 2c. — Est. D. 1979 et 1989. 1 :50. LE TRÉSOR DE SICYONE ET SES FONDATIONS 247 1990]
\>
(ancien, •Soutènement- piriboh ?)
Soubisstinent dù"^ trésor de Siahnox,'
Ct TUux, Erik Hjutsen.'U trésor <k Sjphnos ?FE» 37 'et 3t
Fig. 3. — Aspect de la région avant la construction du trésor.
ioniens et des vases à vernis noir et reposant sur le schiste»26. Plus à l'Est, une tranchée
faite en 1941 «entre l'hémicycle des Argiens (Allas 112) et la base des Tarentins (Atlas
114), poussée jusqu'à deux mètres de profondeur, n'a traversé que des terres remuées par
la grande fouille, sans atteindre le schiste tant la pente est rapide»26. En contrebas de
l'enceinte, E. Hansen27 a indiqué la présence de deux terrasses, toutes deux antérieures à
la construction du péribole : à l'Ouest, la terrasse C dont le mur de soutènement passait
sous le mur de péribole ; en contrebas à l'Est, la terrasse B'. L'état conservé des murs de
soutènement ne permet de restituer que des cotes minimales28 : pour la terrasse
C + 71,30; pour la terrasse B' + 69,20. Si l'on admet comme E. Hansen que la
construction du péribole et celle du trésor sont à peu près contemporaines, il faut aussi
admettre que le sol sur lequel s'installa la fondation était en pente vers le Sud-Est.
L'établissement des deux premières assises a tendu à compenser la pente et a permis
(25) Archives de l'EFA, Dph 256, p. 31 et voir AMD, p. 65, n. 2.
(26) P. Amandry, BCH 64-65 (1940-41), p. 253-256.
(27) E. Hansen, BCH 84 (1960), p. 387-433, particulièrement p. 389-390 et p. 406-408, fig. 21, 55, 61-63,
65 G. Daux et E. Hansen, FD II, Le trésor de Siphnos (1987), fig. 36-39.
(28) L'altimétrie est celle qui est en usage à Delphes depuis la publication de Y Alla». 248 DIDIER LAROCHE ET MARIE-DOMINIQUE NENNA [BCH 114
d'obtenir un niveau homogène de + 71 environ au lit d'attente de la deuxième assise. Ce
niveau correspond à celui du sommet de deux rochers, situés l'un au milieu de la face Est
(+ 70,95) et l'autre au milieu de la face Sud (+ 70,90) (fig. 2b-c).
À l'Est (fig. 2c), d'après les élévations antérieures au démontage , celle d'A. Tournaire et celle fournie par
H. Pomtow29, aucun bloc ne semble combler l'espace vacant contre le rocher à la première et à la deuxième
assise. Th. Homolle écrit qu'un chapiteau a été retiré du soubassement Est30 mais cela semble peu
vraisemblable : en effet, à la deuxième et à la troisième assise, deux blocs avaient été placés contre le rocher (le
bloc de larmier 3008 dont seule reste en place la partie solidaire du massif et un bloc 2005 appartenant
probablement au stylobate du monoptère dont il ne reste qu'un fragment) ; et à la première assise, l'espace entre
le fût de colonne 1001 et le rocher est de trop petites dimensions pour pouvoir accueillir un chapiteau.
À la face Sud (fig. 2b), l'interruption des fondations occupe une hauteur de cinq assises et a une forme
triangulaire. Deux explications sont envisageables. Soit la faille a toujours existé et s'explique par la présence
du rocher qui aurait nécessité la dissociation des deux parties de la face Sud dans la construction. Les
«encorbellements» successifs des assises 3, 4, 5, 6 seraient destinés à assurer la continuité à partir de l'assise 7.
Soit la faille s'est créée d'elle-même lors d'un affaissement des terres sous le poids de la fondation, comme en
témoignerait le bloc 7035 brisé. Dans ce cas, certains blocs qui avaient été brisés ou qui n'étaient plus solidaires
du massif ont pu être enlevés au moment de la Grande Fouille, comme un bloc de larmier du monoptère déposé
depuis lors à l'intérieur de la cella ou comme deux parpaings de la tholos retrouvés en 1988 au Sud de la
fondation Atlas 209 (trésor XII). Les assises 2, 3, 4, 5 pouvaient donc, nous semble-t-il, être complètes.
IB. Description des assises 1 À 7
L 'assise 1 (fig. 4a-b).
Le secteur Sud-Est qui s'est affaissé dès avant la fouille, était originellement fondé à
un niveau approximatif de + 70,40. L'espace à peu près carré qui s'étend de l'angle aux
deux rochers a été comblé par la mise en place de deux assises. La première est composée
de sept fûts de colonne disposés parallèlement et orientés Nord-Sud. 1001, d'une hauteur
de 2,49 m, et 1002 étaient monolithes et appartiennent au monoptère31 ainsi que les
autres fûts 1003-1009 d'après les indications de G. Daux. 1007 est placé directement
contre le rocher. Tous les fûts dont la base est orientée soit vers le Sud (1001-1002), soit
vers le Nord (1003-1004) ont été aplanis pour la mise en place de la deuxième assise.
L'assise 2 (fig. 5 et 6a-b).
Deux tambours recoupés au lit de pose et au lit d'attente (2010 et 2014) et des blocs
du stylobate du monoptère (2006-2009 et 2013) dont deux blocs angulaires (2008 et 2009),
recoupés eux aussi, forment la deuxième assise à l'angle Sud-Est (fig. 5 et 6a).
À l'angle Nord-Est, la deuxième assise (fig. 2c) est fondée au niveau approximatif de
+ 70,65. Quatre blocs de larmier peu épais (24 cm) ont été employés en façade pour
arriver au niveau de + 70,90. Le bloc 2004 a été recoupé d'une vingtaine de centimètres
pour être ajusté au rocher.
(29) Pomtow 1910, fig. 5. Le rocher n'est pas indiqué sur cette élévation. Son emplacement est occupé par
le «bloc 6 de l'assise VIII». Sa numérotation des assises est à l'inverse de la nôtre. La première assise de
Pomtow correspond à notre neuvième, voir Pomtow 1910, p. 100, fig. 4 et 5.
(30) BCH 20 (1896), p. 658.
(31) AMD, p. 53, n. 2. LE TRÉSOR DE SICYONE ET SES FONDATIONS 249 1990]
r~
Illustration non autorisée à la diffusion
6m
Fig. 4a. — Plan de la partie connue de l'assise 1. J. Replat. 1 :7b.
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 4b. — L'assise 1 à l'angle Sud-Est du trésor, vue du Sud-Est (cliché EFA 1921).