Les agglomérations secondaires de l'Occident romain. Publications récentes : Les Agglomérations secondaires en Franche-Comté romaine, Michel Mangin, Bernard Jacquet et Jean-Paul Jacob (dir.); Michel Mangin et Francis Tassaux, Les Agglomérations secondaires de l'Aquitaine romaine, Actes du Deuxième Colloque Aquitania, Bordeaux 1990; Jacky Benard, Michel Mangin, René Goguey et Louis Roussel (dir.), Les Agglomérations antiques de Côte-d'Or; Jean-Paul Petit et Michel Mangin (dir.), Les Agglomérations secondaires. La Gaule Belgique, les Germanies et l'Occident romain, Actes du colloque de Bliesbruck-Reinheim/Bitche, oct. 1992; Jean-Paul Petit et Michel Mangin (dir.), Atlas des agglomérations secondaires de la Gaule belgique et des Germanies ; n°1 ; vol.21, pg 302-314

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Dialogues d'histoire ancienne - Année 1995 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 302-314
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Publié le 01 janvier 1995
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Monsieur Michel ManginLes "agglomérations secondaires" de l'Occident romain.
Publications récentes : Les Agglomérations secondaires en
Franche-Comté romaine, Michel Mangin, Bernard Jacquet et
Jean-Paul Jacob (dir.)__**__Michel Mangin et Francis Tassaux,
Les Agglomérations secondaires de l'Aquitaine romaine, Actes
du Deuxième Colloque Aquitania, Bordeaux 1990__**__Jacky
Benard, Michel Mangin, René Goguey et Louis Roussel (dir.),
Les Agglomérations antiques de Côte-d'Or __**__ Jean-Paul
Petit et Michel Mangin (dir.), Les Agglomérations secondaires.
La Gaule Belgique, les Germanies et l'Occident romain, Actes
du colloque de Bliesbruck-Reinheim/Bitche, oct.
1992__**__Jean-Paul Petit et Michel Mangin (dir.), Atlas des
agglomérations secondaires de la Gaule belgique et des
Germanies
In: Dialogues d'histoire ancienne. Vol. 21 N°1, 1995. pp. 302-314.Citer ce document / Cite this document :
Mangin Michel. Les "agglomérations secondaires" de l'Occident romain. Publications récentes : Les Agglomérations
secondaires en Franche-Comté romaine, Michel Mangin, Bernard Jacquet et Jean-Paul Jacob (dir.)__**__Michel Mangin et
Francis Tassaux, Les Agglomérations secondaires de l'Aquitaine romaine, Actes du Deuxième Colloque Aquitania, Bordeaux
1990__**__Jacky Benard, Michel Mangin, René Goguey et Louis Roussel (dir.), Les Agglomérations antiques de Côte-d'Or
__**__ Jean-Paul Petit et Mangin (dir.), Les Agglomérations secondaires. La Gaule Belgique, les Germanies et
l'Occident romain, Actes du colloque de Bliesbruck-Reinheim/Bitche, oct. 1992__**__Jean-Paul Petit et Michel Mangin (dir.),
Atlas des agglomérations secondaires de la Gaule belgique et des Germanies. In: Dialogues d'histoire ancienne. Vol. 21 N°1,
1995. pp. 302-314.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/dha_0755-7256_1995_num_21_1_2251302 Actualités
^ Les "agglomérations secondaires" de l'Occident romain :
publications récentes.
[ — Les Agglomérations secondaires en Franche-Comté romaine sous la direction de Michel
Mangin, Bernard Jacquet et Jean-Paul Jacob, Paris, Les Belles Lettres, 1986. 257 p.,
74 fig., IV tabl.
— Les secondaires de l'Aquitaine romaine, par Michel Mangin et Francis
Tassaux, in : Villes et agglomérations urbaines antiques du Sud-Ouest de la Gaule (Actes
du Deuxième Colloque Aquitania, Bordeaux 1990), Bordeaux 1992, p. 461-493, 5 cartes
(Supplément à Aquitania).
— Les Agglomérations antiques de Côte-d'Or, sous la direction de Jacky Benard, Michel
Mangin, René Goguey et Louis Roussel, Paris, Les Belles Lettres, 1994, 300 p., 79 cartes
et plans, 28 photos couleur et 28 croquis d'interprétation.
— Les secondaires. La Gaule Belgique, les Germantes et l'Occident romain,
sous la direction de Jean-Paul Petit et Michel Mangin (Actes du colloque de Bliesbruck-
Reinheim/Bitche, oct. 1992), Paris, Errance, 1994, 294 p.
— Atlas des agglomérations secondaires de la Gaule belgique et des Germanies, sous la
direction de Jean-Paul Petit et Michel Mangin, Paris, Errance, 1994, 293 p., 1 carte h.t.
couleur.]
L'expression volontairement imprécise "d'agglomération
secondaire", recouvre une réalité antique négligée en France jusqu'à
une date récente : celle des groupements de tous niveaux situés entre
la villa et la capitale de Cité1. Certes, l'expression "ville secon
daire" fait son apparition dès 1980 pour rappeler qu'il existe,
notamment en Narbonnaise, à côté des "quelques agglomérations qui
ont reçu le rang de chef-lieu de cité, un réseau assez dense de villes
secondaires (...)", et que dans les Trois Gaules devrait être mise en
valeur l'importance de "centres secondaires qui n'ont rien à voir avec
des villas", même s'ils sont en liaison étroite avec le monde rural2.
Mais faute d'un dossier étoffé sur un type d'habitat multiforme,
règne une confusion sémantique remarquable qui commence dès le
stade même du classement dans lequel ces groupements sont
distribués : c'est ainsi que dans un manuel récent, les 10 pages
traitant des "vici" terminent à juste titre le chapitre sur "les
campagnes" en l'illustrant par l'exemple du site ď Epomanduodurum
(Mandeure), site véritablement urbain de 200 hectares alors
Définition proposée et problématique dans Mangin et alii 1986, p. 18.
Les groupements sont indistinctement et arbitrairement rangés dans
la catégorie juridique des "vici" qui devrait être réservée à ceux qui
sont connus comme tels par l'épigraphie.
Goudineau et alii 1980, p. 101 et 106.
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qu'Alésia, site comparable, est traité dans le chapitre sur les villes
(au sens antique du terme : colonies et capitales)3.
Pauvreté de la documentation et incertitude du vocabulaire : telle
était la situation qu'affrontaient les archéologues de terrain qui
— de plus en plus nombreux depuis deux décennies — dégageaient
monuments ou quartiers privés de groupements gallo-romains4.
Pourtant, les rares mais précieuses réflexions de quelques savants
et chercheurs étrangers et français publiées dès les années soixante-
dix5, montraient que l'intérêt du thème était reconnu sur le continent
comme il l'avait été en Grande-Bretagne depuis longtemps. Parallè
lement, les fouilles de "vici" de Suisse, de Belgique, des Germanics
romaines, apportaient une documentation riche quoiqu'encore
ponctuelle. Pourtant, il fallut attendre la dernière décennie pour
qu'en France, ce type d'occupation soit pris en compte et que la
documentation disponible soit rassemblée et enrichie dans le cadre
de programmes régionaux.
Quatre ouvrages collectifs et un article ont — de 1986 à 1994 —
renouvelé largement cette question, travaux dans lesquels quelques
chercheurs français ont repris l'initiative en bénéficiant de ce que
leurs collègues britanniques, allemands, belges et suisses avaient
déjà réalisé puis en s'associant à eux pour tenter une première
synthèse au niveau de l'Occident romain.
Une réflexion appuyée sur un dossier régional homogène a inau
guré la série en 1986 avec un ouvrage collectif sur les agglomérations
séquanes ; celui-ci servit de modèle à une synthèse beaucoup plus
riche et élaborée parue en 1994 et portant sur le dense réseau
d'agglomérations qui est tissé sur le carrefour lingon-séquane-éduen
que constitue le territoire du département de Côte-d'Or. Entre-temps,
en 1990, un colloque sur les villes de l'Aquitaine dans ses limites
3. J.-P. Martin 1991, p. 140-149, Mandeure p. 141-142, Alésia pour
l'habitat, p. 104. Or Mandeure et Alésia sont de véritables "villes" au
sens moderne, avec des fonctions secondaires et tertiaires bien
attestées, des surfaces et une parure monumentale qui honoreraient
bien des capitales de Petite Aquitaine ou de Normandie.
4 Un historique avec bibliographie critique des trois phases de la
recherche (avant 1975, 1975-1985 et depuis 1985) est fait dans Petit et
Mangin 1994a, p. 7-9 et 14-15.
5. Id., ibid., notamment H. von Petrikovitz, S.J. De Laet, A.L.F. Rivet,
J. Mertens, et pour la France, E. Will, J.-M. Desbordes, G. A. Mansuelli,
Ed. Frézouls, G. Picard et surtout R. Martin (réf. dans Mangin et alii
1986, p. 240-245).
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augustéennes, donnait l'occasion de rassembler la documentation sur
les agglomérations de cette vaste province et d'en proposer une
première typologie ; enfin, les archéologues du site franco-allemand
de Bliesbruck-Rheinheim en Moselle réussirent la gageure de
rassembler en 1992 l'essentiel des chercheurs concernés et de publier
leurs réflexions appuyées sur un Atlas de plusieurs centaines de sites
de Belgique et des Germanies, première tentative de ce type en
attendant celle qui se prépare en Aquitaine.
Avec Les Agglomérations secondaires en Franche-Comté romaine,
la Séquanie bénéficia la première d'une synthèse bien que la région
administrative actuelle qui correspond en gros à son territoire n'ait
pas été la plus favorable pour tenter une réflexion sur les
groupements subordonnés aux capitales comme Vesontio6 : six agglo
mérations seulement étaient admises dans la vulgate de l'occupation
gallo-romaine de cette partie de la Séquanie ; rares étaient les
fouilles récentes qui les concernaient. Après enquête, ce sont une
vingtaine d'agglomérations qui purent faire l'objet d'une notice. Ce
changement d'échelle se retrouvera dorénavant partout où les
chercheurs lanceront un programme analogue ; ce bilan montrait que
si la région n'était pas très urbanisée dans l'Antiquité, elle disposait
néanmoins de toutes les catégories de sites, depuis la petite station
routière jusqu'au centre régional aux fonctions multiples digne du
titre de ville au sens moderne du terme, en passant par des groupe
ments aux fonctions privilégiées sinon exclusives de caractère
religieux, artisanal, commercial ou rural. Elle permettait donc une
réflexion méthodologique même si le petit nombre de fouilles
limitait les conclusions qu'un dossier plus riche, tel que celui de la
Côte-d'Or, aurait permis de tirer.
Ces réserves émises, l'intérêt de cet ouvrage est multiple,
notamment du point de vue méthodologique.
— Il est l'œuvre conjointe d'universitaires enseignants et
étudiants et d'archéologues professionnels et surtout bénévoles (les
deux catégories se recoupant largement), qui ont présenté les sites sur
lesquels ils travaillaient depuis longtemps ou qui se sont attelés à la
tâche d'exploiter la documentation ancienne sur les sites dépourvus
de travaux récents. Les données concernant la majorité des sites sont
donc sûres, les risques de subjectivité dans les interprétations du
6. Ce choix résulta de la volonté commune des responsables de
l'archéologie régionale (Université et ministère de la Culture).
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fouilleur étant limités grâce à son insertion dans un véritable groupe
de recherche constitué pour l'occasion.
— Celui-ci était coordonné par une équipe associant historien-
archéologue, géographe et ingénieur topographe. Cette équipe a mis
au point, pour la présentation des notices et un essai de synthèse du
réseau : à la fois une présentation cursive des données selon un
schéma analogue pour toutes les notices, une présentation cartogra
phique de ces données selon un modèle identique pour tous les sites et
enfin, un traitement de celles-ci selon les méthodes habituelles des
géographes avec création de modèles de tableaux et de cartes
d'interprétation.
La synthèse développée qui termine cet ouvrage collectif a fait
ressortir les principaux caractères de ce type d'occupation du sol, la
diversité des activités qui l'ont engendré et les contrastes qui
opposent le Nord et le Sud de la Franche-Comté tant dans le
domaine des fonctions des sites que de leur densité et des pulsations
de leur évolution. Le réseau hiérarchisé qui est proposé in fine est un
essai suggestif mais qui ne peut prendre un sens que replacé dans le
cadre plus large du Centre-Est dans son ensemble.
Cet ouvrage a d'autre part, donné une impulsion décisive aux
recherches comtoises en ce domaine : les fouilles urbaines se sont
multipliées avec une problématique solide et se déroulent mainte
nant en liaison avec un projet collectif de recherche.
Plus encore que cet apport utile à la connaissance d'un type d'oc
cupation dans son cadre régional7, ce sont les méthodes de recherche
et de présentation proposées qui font l'intérêt de cet ouvrage dont
s'inspirent des travaux publiés (sur la Côte-d'Or) ou en préparation
(Lorraine, Aquitaine...). On regrettera que l'exceptionnel dossier
cartographique, notamment les cartes au 1:100000 présentant l'env
ironnement rural de chaque agglomération dans son cadre naturel
(géologique, pédologique, topographique, hydrographique) n'ait
pas encore fait école, peut-être tout simplement parce que la collabo
ration entre historiens-archéologues et géographes reste encore trop
rare8. En revanche, les schémas d'interprétation ont été abondam
ment reproduits, pas toujours correctement et à bon escient.
7. Qui a aussi permis des réflexions méthodologiques ultérieures sur la
spécificité du réseau séquane (Mangin 1989) ou sur la typologie de ce
réseau (Mangin 1987)
8. Cf. Hérodote, revue de géographie et de géopolitique, 75/76, 1994
consacré à la Géographie historique, où ce sont les géographes qui
proposent maintenant une collaboration que de trop rares historiens-
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Les Agglomérations secondaires de l'Aquitaine romaine ont été
étudiées pour la première fois dans un colloque sur les villes
d'Aquitaine organisé par l'équipe bordelaise réunie autour de
L. Maurin en 1990. Ce colloque ne pouvait ignorer les organismes ne
ressortissant pas aux 26 capitales de l'Aquitaine dans ses limites
augustéennes c'est-à-dire des Pyrénées à la Loire. Bien peu nombreux
étaient ceux qui étaient répertoriés : une demi-douzaine seulement
figurent aux côtés des 26 capitales, dans les notices qui constituent la
première partie : "monographies" de ce beau volume de 512 pages ;
ils font l'objet d'une communication sur les 17 de la seconde partie :
"synthèses". Cette proportion semblait probablement se justifier au
départ par la pauvreté de la documentation connue. Or, les dépouil
lements systématiques de la bibliographie de 33 départements
permirent à F. Tassaux d'identifier 140 sites archéologiquement
attestés, sans parler des 40 noms de stations signalées par les
itinéraires mais non localisés.
Ce nombre considérable (qu'il faut pondérer par la surface
concernée : un tiers du territoire français) ne doit pas faire illusion :
rares sont les sites où des fouilles notables permettent des conclusions
précises sur l'urbanisme public et privé. Pourtant, les résultats
proposés (et soigneusement cartographies) sont considérables : pour
la première fois à l'échelle d'une province, a pu être tentée une
classification respectant les particularités régionales (pensons à la
nette mise en cause de la notion de conciliabula, centres monumentaux
dépourvus d'habitat). L'exploitation par F. Tassaux du dossier
épigraphique — notable — donne une étude de la "société des
vicani" comparée à celles des urbani et des pagani qui est sans
répondant actuellement pour l'Occident romain non méditerranéen.
La collaboration d'un chercheur maîtrisant les dossiers régionaux et
d'un chercheur extérieur libre d'interpréter sans a priori des séries, a
fait ressortir clairement non seulement les spécificités d'une
typologie résolument régionale, mais aussi des caractéristiques qui
se retrouvent dans les capitales et dans les divers aspects de la
Province. Il n'est pas indifférent en effet de constater que les
conclusions qui ressortent de l'étude du réseau des agglomérations
secondaires ne font que renforcer les caractéristiques générales de la
province telles qu'elles apparaissent dans l'ensemble des
archéologues ont sollicité dans le passé. Voir notamment l'article de
J. Peltre. — Permanence, changement et nécessité de la géographie
agraire historique, p. 87-94.
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communications sur les villes : le petit nombre d'agglomérations
secondaires de la petite Aquitaine (inutile du fait du maillage serré
des capitales des petits peuples), contraste avec le réseau dense qui
existe dans les grandes cités du Sud de la Loire et les rattachent à
celles des provinces septentrionales : "l'Aquitaine n'était pas une : le
Nord et le Sud se distinguaient fortement. Le Nord se rattache, dans
son évolution et sa sociologie à d'autres régions de la Gaule"9.
Comme pour la Franche-Comté, la recherche lancée sur les
agglomérations secondaires d'Aquitaine à l'occasion de ce colloque, a
débouché sur la mise en place d'une équipe qui s'attache à
l'établissement d'un Atlas régional dont l'inventaire précis publié
en annexe de cette communication10 a constitué la première et
précieuse ébauche. Les difficultés soulevées au sujet de telle ou telle
place attribuée à tel ou tel site dans une typologie essentiellement
provisoire dont le mérite principal est d'abord d'exister,
apparaissent de bien peu d'intérêt par comparaison avec la richesse
et la nouveauté de ce bilan, richesse accrue par les développements
apportés depuis par F. Tassaux11.
À en juger par un troisième travail publié tout récemment sur Les
Agglomérations antiques de Côte-d'Or, quels enseignements ne
pourrait-on tirer de l'Atlas d'Aquitaine si cette province avait
bénéficié de recherches de terrain aussi nombreuses et étendues !
La richesse du dossier publié (et financé) dans le cadre d'un
département : la Côte-d'Or, s'explique certes par la présence, dans ce
carrefour essentiel entre Mer du Nord, Manche, Atlantique,
Méditerranée et Germanies, d'une densité exceptionnelle de sites
d'agglomérations, mais aussi et surtout par une volonté affirmée du
responsable de l'archéologie régionale dès les années soixante, de
9. C. Goudineau — Rapport de synthèse, dans Villes et agglomérations...
1992, p. 499-500.
10. Mangin, Tassaux 1992, p. 479-493 : cette liste établie par F. Tassaux est
fournie par peuples ; elle n'a pas de répondant actuellement sous
cette forme, les listes de l'Atlas Petit, Mangin 1994b étant dressées
dans le cadre de régions administratives ou politiques actuelles (et
pour le Rhin de part et d'autre de celui-ci).
11. Cf. Tassaux 1994 dans Petit, Mangin 1994a, p. 197-199 : compléments
donnant un total de 153 sites. Aux quatre cartes déjà publiées en 1992
s'ajoute maintenant, p. 198, une carte présentant un "essai de
hiérarchisation des agglomérations d'Aquitaine sous le Haut-Empire"
(3 niveaux pour chacun des 4 types d'agglomérations proposés).
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définir et comprendre un type de site jusqu'alors négligé12. Les
recherches poursuivies au sol et d'avion depuis plus de trois
décennies ont abouti à la publication d'un ouvrage ambitieux et
effectivement unique en son genre. Exceptionnel il l'est à plusieurs
égards :
— d'abord par le nombre de sites faisant l'objet d'une notice : 26,
soit une proportion quatre fois supérieure à celle de Franche-Comté
ou d'Aquitaine ;
— ensuite par le nombre de sites pour lequel la documentation de
fouille est abondante et publiée, par le nombre de ceux qui sont si bien
reconnus par des milliers de clichés aériens que leur plan peut être
dressé et interprété — toujours prudemment — avec une précision
parfois très grande ;
— enfin, par le soin apporté par les quatre coordonnateurs,
notamment par le maître d'oeuvre, J. Bénard, à aider les auteurs à
réaliser des monographies homogènes par leur présentation et leur
illustration cartographique et à dépasser largement la collection de
ces notices, pour en tirer des enseignements multiformes.
À la quinzaine de pages de présentation du cadre naturel, de
l'historique des recherches et de la méthodologie de la recherche,
s'ajoute un fascicule de 28 photographies aériennes en couleur de
R. Goguey, flanquées de leur interprétation, qui constitue le dossier
de ce type le plus riche publié jusqu'ici pour l'Occident romain. Les
monographies sont développées et, rédigées par les fouilleurs ou ceux
qui sont familiers de ces sites depuis toujours, elles présentent le
dernier état des recherches (1992). C'est ainsi que cet ouvrage a
fourni le cadre d'une monographie d'Alésia (p. 28-60 et 11 cartes et
schémas), qui fait la synthèse des travaux conduits depuis 30 ans ;
l'importance de ceux-ci a autorisé les auteurs (J. Bénard et
M. Mangin) à proposer des interprétations générales stimulantes de
l'organisation urbaine et de l'évolution qui sont actuellement sans
répondants en Gaule pour un ensemble aussi vaste (une centaine
d'hectares), cf. ici fig. 1, schéma d'interprétation audacieux mais
plausible de l'organisation et des fonctions des quartiers de la ville.
12. Le doyen R. Martin a encouragé les fouilles des grands sites
notamment des quatre (Alésia, Mâlain, Les Bolards (Nuits-Saint-
Georges) et Entrains dans la Nièvre), dont il a tiré dès 1971 une
première réflexion générale sur cette forme "d'habitat urbain en
Gaule" (Martin 1977).
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