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Les apothicaires du Haut-Maine et du Maine Angevin sous l'Ancien Régime (suite) : Chapitre III. Police de la profession - article ; n°102 ; vol.26, pg 285-305

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Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1938 - Volume 26 - Numéro 102 - Pages 285-305
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1938
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Paul Delaunay
Les apothicaires du Haut-Maine et du Maine Angevin sous
l'Ancien Régime (suite) : Chapitre III. Police de la profession
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 26e année, N. 102, 1938. pp. 285-305.
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Delaunay Paul. Les apothicaires du Haut-Maine et du Maine Angevin sous l'Ancien Régime (suite) : Chapitre III. Police de la
profession. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 26e année, N. 102, 1938. pp. 285-305.
doi : 10.3406/pharm.1938.10245
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1938_num_26_102_10245&>
REVUE D'HISTOIRE
DE LA PHARMACIE
es N» 36 - Juin 1938
Les apothicaires du Haut-Maine et du Maine Angevin
sous l'Ancien Régime
CHAPITRE III
Police de la profession
§ 1. Du et remèdes contrôle ambulants. des marchandises Les contrôleurs à l'arrivée. : jurés-gardes A. Fournitures ou doyen pharmaceutiques des apothi
caires; le super-contrôle médical; B. Epicerie : contrôle bilatéral par les
apothicaires et les épiciers; C. Le commerce clandestin; mesures de répres
sion; requêtes réitérées des apothicaires épiciers. Conflits de juridiction.
§ 2. De la police (professionnelle intérieure. A. Police corporative. Juridiction
des gardes-apothicaires sur les membres de leur communauté. Super-contrôle
médical. Lacunes de la législation pour les lieux sans jurande; essais de
réforme par Jean Héroard (1617) et Vallot (1656); B. Juridiction commerc
iale : les juges du commerce ou consuls (1710) ; le tribunal de commerce
(1790); C. Juridiction policière: 1° Lieux sans jurande: juridiction de
l'archiâtre et ressort au Grand Conseil; 2° 'Lieux pourvus de jurande : su
prématie des juges de la prévôté royale ou du présidial et sénéchaussée. Ins
titution ultérieure et pouvoirs des lieutenants royaux de police quant à la
nomination des gardes et surveillance de la comptabilité; ressort au Parle
ment de Paris.
§ 3. De la police et répression des empiriques et illégaux. A. Concurrence des
chirurgiens, distributeurs de Remèdes du Roi et rebouteurs; B. Concurrence
des dépositaires de spécialités et remèdes secrets; essais de réaction des
apothicaires : l'affaire du Lude; C. Concurrence des curés, moines, et des
religieuses hospitalières î la pharmacie de l'hôpital du Mans; démêlés des avec l'hôpital de Château-du-Loir. Exercice public de la phar
macie par les de Sablé, de Fresnay; D. Concurrence des ambul
E. ants, Concurrence empiriques des à brevet vétérinaires; et charlatans F. L'anarchie à privilège. révolutionnaire Tolérance des et autorités; les pro
grès de l'empirisme. Vains efforts de la Société royale de médecine; inter-
21 286 revue d'histoire de la pharmacie
vention à la Constituante de l'apothicaire Livré; suppression de la Société
royale et de son contrôle. Développement de l'exercice illégal jusqu'à la
loi de germinal an XI.
I
La police professionnelle s'exerçait : 1° sur la qualité de fourni
tures, préludant ainsi à notre service de répression des fraudes;
2° sur la tenue des boutiques, mesure correspondant à la moderne
inspection des pharmacies; 3° sur l'exercice illégal.
A. Le premier mode de contrôle s'adresse d'une part aux matières
premières ou produits pharmaceutiques nécessaires aux officines;
d'autre part, aux panacées toutes préparées que viennent débiter les
ambulants; enfin, à l'épicerie.
L'article VI des statuts des apothicaires-épiciers parisiens, adoptés
en 1604 par leurs confrères manceaux, prescrit que toutes marchand
ises d'épiceries et drogueries seront visitées avant transport et mise
en vente. Plus lard, lorsqu'éclata l'affaire des poisons, le pouvoir
royal renforça les mesures prohibant « le débit des drogues entièr
ement gastées ou falsifiées, même de poisons comme arsenic et autres...
d'où il arrive journellement des empoisonnemens d'hommes et d'an
imaux. »
A qui l'inspection est-elle dévolue ? En ce qui concerne la pharmac
ie, théoriquement, aux apothicaires-épiciers, en la personne de leurs
jurés ou gardes, sous l'autorité et à la requête de la police. En fait,
la jurisprudence est variable. En 1706, l'opérateur Toscano, passant
par le Mans, ayant adressé requête au lieutenant de police, celui-ci
désigne, pour la visite des drogues, le doyen des apothicaires, Grif
faton. Le juge a même des inadvertances, et commet, en 1727, des
chirurgiens ! Le médecin du Roi objecte que ces derniers ne sont
point qualifiés et l'autre, rectifiant son ordonnance, renvoie le requé
rant aux apothicaires. Mais à la compétence de ces derniers se super
pose la juridiction médicale; et le magistrat leur adjoint tantôt le
médecin du Roi en charge (en 1706, le Docteur Denizot), le
doyen du Collège des médecins, tantôt les deux. APOTHICAIRES DU HAUT-MAINE ET DU MAINE ANGEVIN 287 LES
A ces formalités, quelques uns se soumettent de bonne grâce. En
1740, l'opérateur de Blache fait vérifier ses drogues à l'Hôtel-de-
Ville, en présence des officiers municipaux par le médecin du Roi, le
doyen du Collège de médecine et les deux plus anciens gardes apothic
aires. Quelques produits avariés sont remplacés par l'apothicaire
Guilhaumont. Les experts reçoivent chacun 3 1. pour leur peine.
Il y a parfois désaccord dans l'aéropage. En août 1733, l'opérateur
privilégié Pierre Auret, désirant justifier de la bonté de ses remèdes,
adresse requête au lieutenant de police qui désigne les docteurs
Livré, Géré de la Saussais et l'apothicaire Livré. Les médecins décla
rent lesdites drogues « bonnes et biens conditionnées », mais l'apo
thicaire fait des réserves, refuse de signer le procès-verbal, et s'en
va. Seuls, les médecins parafèrent l'attestation en compagnie de
Rouxelin d'Arcy et de son greffier {l).
B. Quand il s'agit d'épicerie, médecins sont hors de cause. Mais
comme co-associés des épiciers-droguistes, les apothicaires-épiciers
ont à donner leur avis.
C. Le commerce clandestin est d'ailleurs assez développé.
Au mois d'octobre 1716, Pierre Fardeau, marchand à Luché, des
cendit au Mans à l'hôtel du Pélican, amenant quatre barils d'huile
qu'il se proposait de vendre. Mais il négligea de les présenter, pour
vérification, au bureau des marchands; si bien, que l'apothicaire
Pierre Menard, les droguistes Charles Orry et Pierre Caillon, gardes
de la communauté, escortés de l'huissier royal, Chauchis, prétendi
rent faire saisir la marchandise. Le 24 octobre, devant les notaires
royaux, Fardeau argua de son ignorance des règlements locaux, pro
mit de s'y conformer à l'avenir, et, demanda qu'en raison de sa bonne
foi, on voulût bien lui pardonner. Accord conclu, sous réserve de
faire visiter ses barils par le bureau (2).
Il advient néanmoins que des marchands forains ou autres de la
(1) A. S., fonds munie, 66.
(2) Esnault, Chambois, Inventaire des minutes anciennes des notaires du
Mans, t. VI, 1897, pp. 283-284. 288 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
ville du Mans, qui ne sont ni apothicaires ni épiciers, débitent fraudu
leusement dans les hôtelleries, auberges ou maisons particulières, dro
gues, épicerie, savon, etc.. C'est pourquoi, en 1734, Jean Menard, Eus
tache Livré, Georges Claude Barbeu du Bourg, garde des apothicair
es, Guillaume Caillon et René Livré, gardes des épiciers, font suppli
que à M. le lieutenant général de police pour « qu'il soit deffendu à
tous marchands forains de faire descendre les marchandises... qu'ils
amènent en cette ville ailleurs qu'au bureau desdits communautés
pour y séjourner pendant vingt-quatre heures et y être pendant ledit
temps visités par les gardes », moyennant un denier par livre du prix
des marchandises, et 5 sols pour le droit de visite, avec obligation de
vendre leurs produits dans ledit bureau et non ailleurs, sous peine
d'amende et confiscation, et ce conformément à la sentence dudit lie
utenant du 18 novembre 1710, confirmée par arrêt de la Cour du
13 avril 1712. Sur avis conforme du procureur du Roi, du 4 novembre
1734, le lieutenant de police exauça les demandeurs le 10 novembre,
leur permettant en outre de faire ouvrir par tout serrurier de ce
requis les portes des aubergistes ou particuliers chez lesquels on soup
çonnerait ce commerce clandestin (3).
Mais les fraudeurs continuent de braver les pénalités. Nous voyons
les gardes apothicaires-épiciers réitérer leur requête le 3 mars 1738;
le 25 juin 1742; le 3 août 1744, par l'organe de G. Cl. Barbeu, Michel
Vétillard et J. Guilhaumont; le 29 mai 1753; le 16 mars 1758; le
12 juin 1767; le 9 mai 1772. Derechef, les marchands maîtres épiciers,
droguistes, confiseurs, ciriers et chandeliers du Mans, s'assemblent
le 16 décembre 1782 à l'appel de Pierre Bazin, leur syndic pour parer
aux « abus » commis « au préjudice de la communauté » et décident
de louer chez l'huissier Le Gendre, rue du Porc-Epic, une « chambre
basse » pourvue « de poids, balance et brancards et autres ustensiles
nécessaires » afin d'examiner la pacotille des forains et ambulants.
(3) Extrait des Registres du Greffe de Police | de la Ville du Mans | A Mons
ieur le Lieutenant général de | Police de la Ville du Mans | (10 novembre 1734),
s. 1. n. d., in-plsuo (Bibl. mun. du Mans, cote Maine, 1481, 3). LES APOTHICAIRES DU HAUT-MAINE ET DU MAINE ANGEVIN 289
D'aucuns «e dérobent encore, car, le 13 août 1784, le lieutenant de
police sévit une fois de plus, déclare valable la saisie de marchandis
es d'épicerie faite le 31 juillet sur le sieur Horpin, les déclare confis
quées au profit de la communauté, condamne le délinquant aux
dépens et dommages, montant à 27 1. 10 s. 6 d., à l'impression à
100 ex. et affichage de la sentence à ses frais (4).
Mais, sous l'ancien régime, il est très difficile de savoir à qui appart
ient le droit de répression. La multiplicité des ayant droit, le laby
rinthe de la procédure, les conflits de juridiction ralentissent trop
souvent le cours des lois. En 1742, le lieutenant de police ayant ap
prouvé une requête des apothicaires-épiciers quant à la visite et ex
pertise des marchandises foraines avant mise en vente, et fait pla
carder un avis en conséquence, MM. du Présidial y voient une « entre
prise formelle » contre leurs fonctions, et protestent contre une or
donnance rendue « hors la connaissance, sans l'avis et participation »
de leurs commissaires. Rouxelin d'Arcy affirma son droit mais, par
mesure conciliatoire, consentit à ce que son arrêt fût contresigné par
MM. les conseillers du présidial, commissaires en mois à la police (5).
II
Quant à la police des ressortissants de la profession elle s'avère :
1° médico-pharmaceutique; 2° commerciale; 3° administrative.
A. Dans les lieux pourvus d'une communauté, la police corporat
ive, d'ordre intérieur, était confiée à des gardes, élus par leurs pairs.
« Qu'à chacun métier, dit l'ordonnance de Philippe de Valois, soit
établi deux des plus souffisants qu'ils soient maistres du métier et
jurés de garder, gouverner et maintenir l'office du métier bien et
léalement. > Nous avons vu qu'au XVIIP siècle, il y avait au Mans
trois gardes apothicaires-épiciers, auxquels s'adjoignaient pour les
affaires d'intérêt commun, les deux gardes des épiciers-droguistes.
(4) A. S., fonds munie, 520.
<&) A. S., B 612. 290 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
Les statuts de 1604 prévoient la visite bi ou trisannuelle des bouti
ques des épiciers et apothicaires par les jurés dudit métier. L'ins
pection porte sur la tenue et l'assortiment du magasin; la qualité des
drogues; la délivrance des toxiques dont note doit être prise, avec
mention du motif et de la qualité du destinataire, sur un registre par
ticulier.
En février 1745, un édit crée des inspecteurs contrôleurs jurés dans
les corps de marchands et les communautés d'arts et métiers. Ces
offices furent-ils levés au Mans ? Nos almanachs du Maine n'en par
lent pas. Si oui, ils furent vraisemblablement unis, moyennant f
inance, à la communauté pharmaceutique, et leurs droits transférés
aux jurés.
Quant aux poids et mesures, nous ignorons si, au Mans, ils étaient
contrôlés par les apothicaires (6). En tout cas, la vérification s'impos
ait, car nous voyons le juge de police du Mans, Jouye des Roches,
condamner, le 9 mai 1783, à 20 1. d'amende et à l'affichage de la sen
tence les apothicaires droguistes Dubourg et Lenoir, convaincus de
vente à faux poids (7) .
A ce contrôle par les pairs, s'ajoute celui par les supérieurs natur
els des pharmaciens : les médecins.
En 1711, la visite médicale des drogues par les doyens du collège
a lieu chez les apothicaires y compris les gardes, et le collège décide
d'y procéder au premier jour chez les épiciers. En 1716, on en
exempte les gardes. L'inspection fut peut-être négligée les années sui
vantes, car il semble que les médecins manceaux l'aient rénovée en
1726. MM. les gardes des apothicaires, bien que dûment avisés par
billets, commencèrent par faire la sourde oreille. Sur quoi la Faculté
se plaignit à M. le lieutenant général de police, lequel admonesta les
récalcitrants. La visite fut faite par les docteurs Champion, doyen
(6) A Bourges, au XVI* s., l'inspection des poids était pratiquée, même chez
les apothicaires, par le prévôt de Bourges, au nom du Chapitre de la Sainte-
Chapelle (Tardt, Hist, de la pharmacie à Bourges, 1938).
(7) A. S., fonds munie, 109. APOTHICAIRES DU HAUT-MAINE ET DU MAINE ANGEVIN 291 LES
et Vauguion, sous-doyen des médecins, qui, pour la circonstance, se
mirent en roble. Les gardes, Livré et Dubourg, prirent le manteau,
et se rendirent chez Champion, d'où l'on partit en tournée, en com
mençant par le dernier reçu, pour finir par le plus ancien des gardes.
Tout se passa bien et Champion, le soir, retint le cortège à souper (8) .
Cette police corporative, d'ordre intérieur et local ne peut s'exercer
que sur les suppôts de la communauté, c'est-à-dire dans des limites
étroites ou fort incertaines, et avec ties lacunes.
En 1788, les apothicaires de Château-du-Loir sont agrégés aux com
munautés de La Flèche ou du Mans. Mais là où il n'existe ni
munauté ni maîtrise, les métiers sont libres; y cumule qui veut la
droguerie et la pharmacie avec l'épicerie ou quelque autre métier.
En 1701, le sieur Cormaille, de Fresnay, se dit médecin-apothicaire.
Maudoux à Beaufay (1646), Jacques Salmon, de Vivoin (1663), n'hé
sitent point à prendre le titre de « chirurgien et apothicaire » (9). De
même, M* Jean Saulnier, sieur de la Vallée, à l'occasion d'un parrai
nage à Précigné en 1676. Et même à Mamers, où il y a des apothicair
es, le chirurgien François Besnard du Buisson tient boutique de dro
guerie et épicerie, car, le 25 août 1774, sa veuve cède à son beau-frère
Jean-Charles Besnard du Buisson, marchand droguiste et apothicaire,
les drogues, épices et créances du défunt, les marchandises évaluées
2.350 livres ("J).
Avait tenté d'y pourvoir un édit royal d'avril 1617, enregistré au
parlement de Rouen le 7 décembre 1618, et portant Règlemens...
pour la jurande et maistrise des Apoticaires, Espiciers droguistes...
(8) L'inspection des pharmacies du Mans en 1726, in P. Delaunay, Vieux mé
decins Sarthois, V série, Paris, Champion, 1906, in-8°, pp. 123-124.
(9) Rambaud a également signalé des chirurgiens-apothicaires à Thouars et
à Bressuire. Ce cumul fut même parfois régularisé par la constitution d'une
communauté mixte. Dubreuil-Chambardel {Les. ancêtres de Bretonneau, Paris,
Maloine, 190*5, in-8°) mentionne l'existence à (Ligueil en Touraine, au XVIP siè
cle, d'une communauté de maîtres-chirurgiens apothicaires, parmi lesquels figure
Théodore Bretonneau.
(10) A. S., Insinuations, II c, 2216, f° 26. 292 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
de toutes les villes, bourgs, bourgades et autres lieux du royaume
de France.
Il permit au premier médecin de Sa Majesté, « maistre Jean He-
roard, sieur de Vaulgrigneuse, » de « commettre un ou plusieurs mé
decins » pour visiter « les boutiques, maisons et magasins des apoti
caires et d'autres qui se mêlent directement ou indirectement de ven
dre drogues, » dans les lieux « où il n'y a université, ni maîtrises
jurées. » Ces dispositions confirmées par lettres patentes de janvier,
février, décembre 1619 et avril 1654, se répétèrent le 10 octobre 1656
en faveur de l'archiâtre Vallot. Ce dernier put déléguer à son tour des
médecins pour la visite des boutiques et « réceptions et establisse-
mens de maistrises et jurandes dudit art. » Ce privilège fut confirmé
par un nouvel arrêt du 2 avril 1661. En conséquence, Vallot dressa
pour la jurande et maîtrise des apothicaires, épiciers, droguistes et
confiseurs des statuts en 23 articles, enregistrés au Grand Conseil le
30 septembre 1661, sur arrêt dudit Conseil en date du même jour. Le
25 janvier 1665, Vallot commit pour les lieutenants, à l'effet de par
courir les villes, bourgs et bourgades sans maîtrise ni jurandes, les
sieurs Louis de Meufve, docteur en médecine, conseiller et médecin
ordinaire du Roy et Léonard Jacob, apothicaire ordinaire de Sa Maj
esté.
A cet effet, Vallot avait prévu pour les apothicaires isolés, un grou
pement en corps de jurande par châtellenies, prévôtés et vicomtes;
mais il ne semble pas qu'on y soit parvenu (u). et nous n'avons au
cune preuve que les suppôts de l'archiâtre soient venus exercer leur
mandat dans le Haut-Maine (,2).
B. En tant que négociants, les apothicaires épiciers relevaient en-
(11) Sauf peut-être pour la chatellenie de Sablé.
(12) Le premier médecin du roi n'en garda pas moins en théorie la juri
diction sur les lieux sans jurande : en 1708, tel était le cas de la ville de Fontai
nebleau, c'est Fagon qui délivre à Louis Geoffroy des lettres de maîtrise pour y
ouvrir boutique (P. Dorveaux, Un diplôme d'apothicaire délivré par Fagon en
1708, Bull, des Se. pharmacologiques, XVIII, n° 7, juillet 1911). ^
pharmacie au XVIIe siècle 1^ Une
Gravure de la Collection Walter Dorr, à Stuttgart
( Apolbeker- Ka lendar i qy} )
T. VI, Pl. XXIII
Revue d'Histoire de la Pharmacie