Lettres de femmes. Textes inédits et oubliés du XVIe au XVIIIe siècle, avec une introduction par Elizabeth C. Goldsmith et Colette H. Winn ; n°1 ; vol.64, pg 147-148

-

Documents
26 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Réforme, Humanisme, Renaissance - Année 2007 - Volume 64 - Numéro 1 - Pages 147-148
2 pages

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 2007
Nombre de visites sur la page 80
Langue Français
Signaler un problème
Comptes rendus
Les mondes théâtraux autour de Guillaume Coquillart (XVesiècle), études réunies par Guillaume Chevalier, Langres, éd. Dominique Guéniot, 2005, 195 p. Ce volume réunit les actes d’un col-loque organisé par D. Queruel et J.-F. Chevalier, qui s’est tenu à Reims en 2000 et qui était consacré au poète et dramaturge Guillaume Coquillart, dont, selon le mot de Marot « s’estime la Champaigne ». Tel est bien l’enjeu de ce colloque, édité dans la collection « Hommes et Textes en Champagne », illustrer la terre rémoise où naquit Coquillart en 1450 et renouveler l’inté-rêt pour cet auteur peu étudié, réputé pour ses monologues théâtraux où il parodie les procédures juridiques de son temps, comme dansLes Droitz nou-veaux. Le recueil est divisé en trois sec-tions. La première, « Le théâtre du rire », s’ouvre sur une communication de l’éditeur moderne des œuvres du poète rémois, Michael Freeman, qui revient sur la figure qu’ont brossée les premiers éditeurs du texte, Prosper Tarbé et Charles d’Héricault. Coquillard a com-posé ses textes dans son adolescence, il faut donc les rattacher à une veine joyeuse bien éloignée de la mélancolique sagesse que lui ont prêtée ses éditeurs du XIXesiècle. Jelle Koopmans, l’éditeur des sermons joyeux et un des meilleurs connaisseurs du théâtre de la fin du Moyen Âge, s’attaque, dans l’étude sui-vante, à la question du monologue dra-matique pour en étudier le caractère proprement théâtral. Après un excursus fort intéressant sur le rôle du costume RHR N°64 – Juin 2007
dans le théâtre de cette époque et dans les monologues, il s’attache à montrer, en replaçant l’œuvre de Coquillart dans l’ensemble contemporain des sotties, des sermons joyeux, des œuvres de Collerye, que le monologue des années 1450-1550 n’est pas un genre de transition entre le narratif et le dramatique mais bien un genre à part entière, proprement théâ-tral, fondé sur la mise en scène d’un per-sonnage et qui demanderait en tant que tel une étude approfondie. Marie Bouhaïk-Gironès, auteur d’une thèse qui porte sur les clercs de la Basoche et le théâtre comique (1420-1550), interroge les rapports de Coquillart avec la Basoche. C’est pendant qu’il est étudiant en droit à Paris, puis avocat au Châtelet, qu’il écrit en effet la majeure partie de son œuvre. Les documents d’époque font dans l’état actuel des recherches défaut, mais la nature même des pièces de Coquillart, fondées sur un vocabulaire et des situations juridiques, destinées peut-être d’abord à un public d’étudiants et d’avocats, sans aucune critique des hommes de loi, permet de dessiner une sorte de carte d’identité des textes baso-chiens, sans qua le liste puisse être exhaustive, ni le milieu proprement dit parfaitement cernable. La seconde section, Guillaume Coquillart ou le théâtre en débat, s’ouvre sur l’étude que propose D. Quéruel duDébat des dames et des armes: « Des entrées royales au mono- logue dramatique ». En replaçant le débat dans le contexte de sa création, l’Entrée royale, probablement celle de Louis XII à Reims en 1498, D. Quéruel en explique les marques stylistiques et
134 RÉFORME HUMANISME RENAISSANCE N°64
le caractère modéré et enjoué, entre éloge royal et débat moral. L’étude sui-vante est consacrée à la même œuvre et s’interroge sur sa date. Franck Collard rouvre le dossier des « deux Coquillart » pour attribuer indiscutablement le débat au fils à la suite de M. J. Freeman mais discute la date de 1498 que lui attribue l’éditeur moderne pour revenir à l’idée émise au XIXesiècle d’une œuvre destinée à Charles VIII aux environs de 1484, tout en faisant l’hypothèse d’un texte non pas rémois mais parisien. Jean Balsamo clôt cette section sur une analyse de la production de Galliot du Pré, éditeur de Guillaume Coquillart dans la série d’anciens poètes français, qu’il publia à partir de 1528 en petit for-mat dans la lignée des classiques d’Alde Manuce. Il montre comment ces éditions bénéficièrent de mises à jour, dont la plus célèbre est l’édition de Villon par Marot, tout en constituant davanta-ge « l’aboutissement d’une tradition » qu’une « occasion de survie ». La dernière section du recueil nous entraîne au-delà du seul Coquillart dans diverses études sur le théâtre de son temps. Pierre Servet s’intéresse ainsi aux mystères et à la place du credo dans ces pièces. Si dans certaines pièces, l’énonciation du credo ne joue aucun rôle dramatique, le texte sacré, fondu dans le texte, est principe structurant dans d’autres mystères. Les trois dernières communications sont consacrées au théâtre latin contemporain. Stefano Pittaluga, dans une contribution intitu-lée «Elementi estratestuali, prologhi e cori nella tragedia latina del Quattrocento l’histoire de la tra-» refait gédie latine du XIIeau XVesiècle et montre que la découverte de l’Etruscus de Sénèque modifie la conception de la tragédie chez Mussato. Il présente
ensuite la production latine de tragédies depuis l’Ecerinisdu même Mussato jus-qu’aux pièces de la fin du XVe -F.. J . Chevalier étudie lui aussi les tragédies latines composées à cette période pour montrer comment la représentation du furorbacchique permet de « théâtraliser la folie ». Enfin Jean-Louis Charlet s’at-tache à laChrysisd’Enea Silvio Piccolomini et s’interroge sur son statut, comédie vouée à la représentation ou simple intermède. Il fait l’hypothèse qu’elle occupe une place de transition entre les premières pièces latines, enco-re influencées par la farce médiévale et la comédie latine humaniste. Par l’ampleur de son champ d’inves-tigation autant que par la variété de ses types d’approche ce volume offre donc un ensemble extrêmement utile sur le théâtre de la fin du Moyen Âge. Nathalie DAUVOIS
Pierre GRINGORE,Les Entrées royales à Paris de Marie d’Angleterre (1514) et Claude de France (1517),édition par Cynthia J. BROWN, Textes Littéraires Français 577, Genève, Droz, 2005, 357 p. Dans la série des œuvres complètes de Pierre Gringore et faisant suite à son édition desŒuvres polémiques, Cynthia Brown nous donne aujourd’hui l’édition des deux comptes rendus rédigés par Pierre Gringore des Entrées de Marie d’Angleterre et Claude de France. La première avait fait l’objet au début du XXesiècle d’une édition par Baskervill aujourd’hui épuisée et difficile d’accès, la seconde est inédite. Soucieuse de repla-cer ces deux relations dans leur tradi-tion et leur contexte, C.B. offre dans la