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Des raisons d'être heureux, Greg Egan

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Extrait de la publication Greg Egan – Des raisons d’être heureux Des raisons d’être heureux Greg Egan 2 Extrait de la publication Greg Egan – Des raisons d’être heureux Le Bélial’ vous propose volontairement des fichiers dépourvus de dispositifs de gestion des droits numériques (DRM) et autres moyens techniques visant la limitation de l’utilisation et de la copie de ces fichiers. • Si vous avez acheté ce fichier, nous vous en remercions. Vous pouvez, comme vous le feriez avec un véritable livre, le transmettre à vos proches si vous souhaitez le leur faire découvrir. Afin que nous puissions continuer à distribuer nos livres numériques sans DRM, nous vous prions de ne pas le diffuser plus largement, via le web ou les réseaux peer-to-peer. • Si vous avez acquis ce fichier d’une autre manière, nous vous demandons de ne pas le diffuser. Notez que, si vous souhaitez soutenir l’auteur et les éditions du Bélial’, vous pouvez acheter légalement ce fichier sur notre plateforme e.belial.fr ou chez votre libraire numérique préféré. 3 Extrait de la publication Greg Egan – Des raisons d’être heureux Nouvelle extraite du recueil « Radieux », publié en octobre 2007 aux éditions du Bélial’, traduite de l’anglais (Australie) par Francis Lustman et Quarante-Deux. ISBN : 978-2-84344-594-1 Parution : décembre 2013 Version : 1.

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Publié le 19 décembre 2013
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Greg Egan – Des raisons d’être heureux
Des raisons d’être heureux
Greg Egan
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Greg Egan – Des raisons d’être heureux
   Le Bélial’ vous propose volontairement des fichiers dépourvus de dispositifs de gestion des droits numériques (DRM) et autres moyens techniques visant la limitation de l’utilisation et de la copie de ces fichiers.
 ce fichier, nous vous en remercions. VousSi vous avez acheté pouvez, comme vous le feriez avec un véritable livre, le transmettre à vos proches si vous souhaitez le leur faire découvrir. Afi n que nous puissions continuer à distribuer nos livres numériques sans DRM, nous vous prions de ne pas le diffuser plus largement, via le web ou les réseaux peer- to-peer. Si vous avez acquis ce fichier d’une autre manière, nous vous demandons de ne pas le diffuser. Notez que, si vous souhaitez soutenir l’auteur et les éditions du Bélial’, vous pouvez acheter légalement ce fichier sur notre plateformee.belial.fr ou chez votre libraire numérique préféré.
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Greg Egan – Des raisons d’être heureux
   Nouvelle extraite du recueil «Radieux», publié en octobre 2007 aux éditions du Bélial’, traduite de l’anglais (Australie) par Francis Lustman et Quarante- Deux.  ISBN : 978-2-84344- 594-1  Parution : décembre 2013 Version : 1.0 — 28/11/2013  © 2013, Le Bélial’ pour la présente édition  Illustration de couverture © joyousjoym~ Blessings (CC-BY-2.0)
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Des raisons d’être heureux
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Greg Egan – Des raisons d’être heureux
 
  EN SEPTEMBRE2004, PEU mon douzième anniversai j’ après trai re, en dans un état de bonheur presque constant. Il ne me vint jamais à l’idée de me demander pourquoi. L’école comportait bien sûr son lot habituel de cours ennuyeux, mais j’y réussissais suffisamment bien pour pouvoir m’échapper dans mes rêveries quand j’en avais envie. À la maison, j’étais libre de lire livres et pages web sur la biologie moléculaire, la physique des particules, les quaternions ou l’évolution de la galaxie, aussi bien que d’écrire moi -même des jeux d’une subtilité byzantine et de complexes animations abstraites. Et si j’étais un enfant maigrelet, qui manquait de coordination, que le moindre sport collectif dans sa futile complexité plongeait dans un état d’ennui quasi
comateux, je me sentais assez bien dans mon corps, pour ce que j’en faisais. Quand je courais — et je courais partout —, j’étais bien. Nourriture, gîte, sécurité, parents aimants, soutien, stimulation, j’avais tout cela. Pourquoi n’aurais -je pas été heureux ? Je ne pouvais certes pas avoir totalement oublié combien le travail scolaire et les relations dans la cour de récréation étaient étouffants et monotones, ni la facilité avec laquelle mes accès ordinaires d’enthousiasme étaient chamboulés par les problèmes les plus triviaux ; mais alors que tout allait vraiment bien pour moi je n’avais pas un tempérament à compter les jours dans l’attente du moment où cela se
gâterait. Le bonheur a toujours amené avec lui le sentiment de sa durée éternelle, et bien que j’eusse probablement déjà vu mille f ois cette prévision optimiste démentie, je n’étais pas encore suffisamment vieux et cynique pour m’étonner alors qu’elle paraissait en définitive se réaliser. Lorsque je commençai à vomir de manière répétée, le docteur Ash, notre médecin généraliste, me pr escrivit un traitement antibiotique et une semaine de congé maladie. Ces vacances impromptues me remontèrent apparemment plus qu’une simple bactérie ne pouvait m’abattre, ce qui ne
surprit pas particulièrement mes parents, et si je ne me donnais même pas l a peine de feindre la détresse, ce qui les troubla plus, c’est que j’estimais pour
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ma part superflu de me plaindre constamment d’avoir mal à l’estomac alors que je vomissais déjà authentiquement trois ou quatre fois par jour. Les antibiotiques ne firent au cun effet. Je commençai à perdre l’équilibre et à trébucher en marchant. De retour dans le cabinet du docteur Ash, je grimaçai devant l’optotype du test d’acuité visuelle. Elle m’envoya consulter un neurologue à l’hôpital Westmead, et celui- ci me fit faire immédiatement une IRM. Dans la journée, j’étais admis dans le service. Mes parents apprirent le diagnostic tout de suite, mais il me fallut trois jours de plus pour leur faire cracher toute la vérité.
J’avais une tumeur, un médulloblastome qui bloquait l’ un des ventricules remplis de fluide du cerveau et élevait la pression intracrânienne, ce qui était potentiellement fatal mais, avec une opération chirurgicale suivie d’un traitement agressif aux rayons et d’une chimiothérapie, deux patients sur trois diag nostiqués à ce stade vivaient cinq années supplémentaires.
Je me représentais sur un pont de chemin de fer plein de traverses pourries, sans autre choix que de continuer à avancer, m’en remettant au sort pour le franchissement de chaque planche suspecte. J e comprenais très clairement le danger qui me guettait… et cependant je ne ressentais aucune panique, aucune peur réelle. Ce que je pouvais conjurer de plus proche de la terreur, c’était un accès de vertige presque grisant, comme si je n’affrontais rien de plus qu’un manège de foire singulièrement effrayant. Il y avait une raison à cela. La pression à l’intérieur de mon crâne expliquait la plupart de mes symptômes, mais des examens du liquide céphalo- rachidien avaient également révélé un niveau très élevé d ’une substance appelée leu -enképhaline — une endorphine, un neuropeptide qui se fixait sur certains récepteurs des opiacées, comme la morphine ou l’héroïne. Quelque part sur le chemin de la malignité, le facteur de transcription mutant, qui avait activé les gènes autorisant les cellules de la tumeur à se reproduire sans surveillance, avait aussi enclenché ceux qui étaient responsables de sa production. C’était un imprévu bizarre, pas un effet secondaire systématique. Je ne savais pas grand -chose sur les end orphines, à cette époque, mais mes parents me répétèrent ce que le neurologue leur avait dit, et plus tard je le vérifiai par moi-même. La leu -enképhaline n’était pas un analgésique, sécrété en cas d’urgence lorsque la douleur menaçait la survie ; elle n’avait pas d’effets narcotiques abrutissants, destinés à immobiliser une créature pendant que ses blessures guérissaient. Libérée à chaque fois que le comportement ou les circonstances légitimaient du plaisir, elle constituait plutôt le principal processus d expression du bonheur. D’innombrables autres activités cérébrales modulaient ce message simple pour créer une palette presque infinie d’émotions positives, et la fixation de la leu -enképhaline sur ses neurones cibles n’était que le premier maillon d’une l ongue chaîne
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d’événements dont d’autres neurotransmetteurs étaient les médiateurs. Mais en dépit de toutes ces subtilités, je pouvais témoigner d’une vérité simple et sans ambiguïté : avec la leu-enképhaline, on se sentait bien.
Mes parents s’effondrèrent en m’apprenant tout cela, et ce fut moi qui les réconfortai, rayonnant tranquillement tel le petit martyr bienheureux d’une dramatique larmoyante sur le cancer. Ça n’avait rien à voir avec des réserves cachées de force, ou de la maturité ; j’étais physique ment incapable de me lamenter sur mon sort. Et les effets de la leu- enképhaline étaient si spécifiques que je pouvais regarder sans broncher la vérité, ce qui m’aurait été impossible si j’avais été assommé par des médicaments opiacés rudimentaires. J’avais la tête claire, mais j’étais émotionnellement invincible, rayonnant véritablement de courage.  
*  
* *     On m’installa une déviation ventriculaire, un fin tube inséré dans les profondeurs de mon crâne afin de réduire la pression en attendant l’intervention, plus invasive et plus risquée, pour l’ablation de la tumeur principale ; cette opération fut planifiée pour la fin de la semaine. Le docteur Maitland, mon cancérologue, m avait expliqué en détail le déroulement du traitement, et m’avait prévenu du danger et de l’inconfort que je devrais affronter dans les mois à venir. Maintenant, j’étais paré pour le voyage et prêt à partir. Une fois le choc dissipé, mes parents qui eux, par contre, ne nageaient pas dans l’euphorie, décidèrent qu’ils n’avaient aucunement l’intention de rester là à se croiser les bras en acceptant une probabilité de deux contre un que je parvienne jamais à l’âge adulte. Ils téléphonèrent un peu partout à Sydney, puis plus loin, à la recherche de quelques autres avis. Ma mère trouva une clin ique privée sur la Côte dorée — la seule franchise australienne de la chaîne Health Palace, originaire du Nevada — où le service de cancérologie offrait un nouveau traitement des médulloblastomes. Un virus herpétique, génétiquement modifié, serait introduit dans le liquide céphalo -rachidien où il n’infecterait que les cellules réplicantes de la tumeur, puis un puissant cytotoxique, uniquement activé par ce virus, tuerait les cellules contaminées. Cette thérapeutique avait un taux de survie à cinq ans de qua tre-vingts pour cent, sans aucun des risques liés à la chirurgie. Je regardai moi -même le tarif dans la brochure web de la clinique. Ils offraient un forfait : logement en pension complète pour trois mois, examens de laboratoire et de radiologie, et tous l es médicaments pour soixante mille dollars.
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Mon père était électricien sur des chantiers de construction. Ma mère vendeuse dans un grand magasin. J’étais leur enfant unique, de sorte que
nous étions loin d’être dans la misère, mais ils avaient dû prendre une seconde hypothèque pour se procurer de quoi payer les honoraires et en
reprendre ainsi pour quinze ou vingt ans de remboursement. Les deux espérances de survie n’étaient pas si différentes, et j’entendis le docteur Maitland les prévenir que les chiffres étaient difficilement comparables en raison de la nouveauté du traitement viral. Il aurait été tout à fait justifié de suivre son conseil et de s’en tenir à la méthode traditionnelle. Peut-être ma béatitude dopée à l’enképhaline les influença -t-elle d’une façon ou d’une autre. Peut -être n’auraient -ils pas fait un sacrifice aussi important si j’avais été la personne maussade et difficile que j’étais habituellement, ou même si j’avais été ouvertement terrifié plutôt que plein d’un courage confinant au surnat urel. Je n’en serai jamais sûr — et, de toute façon, ça n’aurait pas diminué l’estime que j’avais pour eux. Mais ce n’est pas parce que la molécule ne saturait pas leur crâne qu’ils furent à l’abri de son influence.
Je tins la main de mon père tout au long de notre vol vers le nord. Nous avions toujours été un peu distants, un peu déçus l’un de l’autre. Je savais qu’il aurait préféré un fils plus dur, plus athlétique, plus extraverti, tandis que lui m’avait toujours semblé d’un conformisme paresseux, se reposant sur une vision du monde bâtie à base de slogans et de platitudes qu’il n’avait jamais remis en cause. Mais durant ce voyage, pendant lequel nous n’échangeâmes pratiquement pas un mot, je sentis que sa déception se muait en une sorte d’amour féroce, p rotecteur et intraitable, et je fus pris de honte devant mon propre manque de respect pour lui. Je laissai la leu -
enképhaline me convaincre que les choses s’amélioreraient entre nous, lorsque tout cela serait terminé.  
 * * *     De la rue, le Health Palace d e la Côte dorée aurait pu passer pour un hôtel de plus du bord de mer, en forme de tour — et même de l’intérieur il n’était pas bien différent des établissements que j’avais pu voir dans des vidéos. J’avais une chambre particulière, avec une télévision plu s large que le lit et entièrement équipée, du terminal informatique à la liaison modem par câble. Si l’objectif était de me distraire, ce fut un succès. Après une semaine de tests, ils me plantèrent une perfusion dans ma déviation ventriculaire, puis introduisirent tout d’abord le virus et, trois jours plus tard, le médicament. La tumeur commença à décroître presque immédiatement ; ils me montrèrent les numérisations. Mes parents semblaient heureux mais
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stupéfaits, comme s’ils n’avaient jamais vraiment cru qu’un endroit où des promoteurs millionnaires venaient se faire dérider le scrotum pouvait parvenir à autre chose que les soulager de leur argent en leur offrant une langue de bois de première classe tandis que je continuerais à décliner. Mais la tumeur persista à se réduire et, lorsqu’elle parut deux jours de suite s interrompre dans son évolution, le cancérologue réitéra promptement toute la procédure de sorte que les vrilles et les taches visibles sur l’IRM se mirent à rétrécir et à s’estomper encore plu s rapidement que précédemment. J’avais maintenant toutes les raisons de ressentir une joie inconditionnelle, mais quand au lieu de cela je souffris d’un sentiment de malaise croissant, je le mis sur le compte du manque de leu -enképhaline. Il était même pos sible que la tumeur ait libéré une dose si élevée de la substance que rien, littéralement, n’aurait pu me faireme sentir mieux : j’avais été propulsé au pinacle du bonheur ; il n’y avait donc aucune autre possibilité que d’en redescendre. Mais dans ce cas , toute ombre à ma nature enjouée ne ferait que confirmer les bonnes nouvelles des IRM. Un matin, je m’éveillai d’un cauchemar — le premier depuis des mois — dans lequel j’avais des visions de tumeur comme d’un parasite agitant ses griffes sous mon crâne. J’entendais encore le claquement de la carapace contre l’os, comme le bruit de cliquet d’un scorpion pris au piège dans un pot de confiture. J’étais terrifié, trempé de sueur…libéré. Ma peur fit bientôt place à une fureur brûlante : en me droguant, la cho se m’avait rendu docile, mais j’étais maintenant libre de lui résister, de hurler des obscénités dans ma tête, d’exorciser le démon d’une juste colère. Je me sentais quand même un peu dupé ; la traque de ma némésis aux abois ne correspondait pas à mes attentes et je ne pouvais complètement ignorer le fait qu’en imaginant ma rage extirpant mon cancer, j’opérais un renversement total de la cause et de l’effet — un peu comme si j’avais observé un chariot de levage retirant un rocher pesant de ma poitrine, puis prétendais l’avoir moi -même fait bouger d’une puissante inspiration. Mais je justifiai comme je le pouvais ces émotions à retardement et en restai là. Six semaines après mon admission, on ne voyait plus rien sur les numérisations et mon sang, mon liquide céphalo-rachidien et ma lymphe ne contenaient plus aucune des protéines caractéristiques des cellules en métastase. Mais il subsistait un risque qu’il reste quelques -unes des cellules tumorales, plus résistantes, aussi m’infligèrent -ils un court et violent
traitement à base de produits complètement différents, sans liens avec l’infection herpétique. On me fit tout d’ bord une biopsie des testicules — a sous anesthésie locale, plus embarrassante que douloureuse — puis on préleva un échantillon de moelle sur ma hanche, de sorte que mon potentiel de production de sperme et mes réserves en nouvelles cellules sanguines pouvaient être restaurés si les médicaments les anéantissaient à la source. Je
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perdis temporairement des cheveux, de la paroi gastrique, et vomis pl us souvent, de manière bien pire qu’à la période du diagnostic initial. Mais lorsque je commençai à m’apitoyer bruyamment sur moi -même, l’une des infirmières m’expliqua durement que des enfants deux fois plus jeunes enduraient le même traitement pendant de s mois. Cette médication classique n’aurait pu me guérir seule mais, pour une opération de nettoyage, elle diminuait notablement les chances de récidive. Je découvris un mot magnifique :apoptose — suicide cellulaire, mort programmée — et me le répétai san s me lasser. J’en vins presque à savourer la nausée et la fatigue ; plus je me sentais misérable, plus il m’était facile d’imaginer le sort des cellules tumorales, leur membrane éclatant et se ratatinant comme des ballons au fur et à mesure que les médicam ents leur ordonnaient de mettre un terme à leurs propres vies.Meurs dans la douleur, infâme zombie !Peut-être écrirais-je un jeu sur le sujet, ou même une série complète, culminant dans le spectaculaireChimio III : la bataille du cerveau. Je serais riche et célèbre, je pourrais rembourser mes parents et la vie serait aussi parfaite dans la réalité qu’elle m’avait semblé l’être sous l’influence de la tumeur.  
*     * *
 Je sortis au début du mois de décembre, sans la moindre trace de la maladie. Mes parents étaient tour à tour circonspects ou débordants de joie, comme s’ils s’affranchissaient lentement de la peur d’être punis pour optimisme prématuré. Les effets secondaires de la chimiothérapie étaient terminés ; mes cheveux repoussaient, à l’exception d’une petite tonsure à l’emplacement de la déviation, et je n’avais aucune difficulté à garder ce que j’avalais. Je n’avais aucune raison de retourner à l’école maintenant, deux semaines avant la fin de l’année scolaire, de sorte que mes vacances d’été commencèrent immédiatement. Sous l’impulsion du professeur, toute la classe m envoya un courrier électronique ringard et hypocrite pour me souhaiter ses vœux de bon rétablissement, mais mes amis me rendirent visite chez moi, un peu gênés et intimidés de m’accueilli r au retour du seuil de la mort. Alors pourquoi me sentais- je si mal ?vue du ciel bleu et clairPourquoi la par la fenêtre lorsque j’ouvrais les yeux chaque matin — libre de faire la grasse matinée aussi longtemps que je le désirais, mon père ou ma mère à la maison toute la journée me traitant comme un roi mais gardant leurs distances et me laissant sans faire de remarques m’asseoir devant l’écran de mon ordinateur seize heures de suite si je le voulais —, pourquoi ce premier aperçu de la lumière du jour m e donnait-il envie d’enfouir la tête dans mon
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