Grades et uniformes des pharmaciens militaires français - article ; n°173 ; vol.50, pg 339-359

-

Documents
30 pages
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1962 - Volume 50 - Numéro 173 - Pages 339-359
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 01 janvier 1962
Nombre de visites sur la page 218
Langue Français
Signaler un problème

Émile Bastian
Grades et uniformes des pharmaciens militaires français
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 50e année, N. 173-174, 1962. pp. 339-359.
Citer ce document / Cite this document :
Bastian Émile. Grades et uniformes des pharmaciens militaires français. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 50e année, N.
173-174, 1962. pp. 339-359.
doi : 10.3406/pharm.1962.8360
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1962_num_50_173_8360?0000mf00000âm^
ORMES FT UNIFORMES
dps
pharmaciens militaires français
COUP D'IL SUR L'ANCIEN RÉGIME
La pharmacie militaire naît, en 1597, au premier siège d'Amiens par
Henri TV, avec l'hôpital ambulant fondé par Sully ; on voit apparaître un
apothicaire résidant dans cet hôpital de campagne créé « pour faire panser,
médicamenter et nourrir les pauvres soldats qui seront blessés pendant le
siège » ; il est question qu' « un apothicaire aux mesmes gaiges des chirur
giens sera tenu de donner forme aux médicaments nécessaires et ne bougera
du dit lieu ».
Au XVIIe siècle, Jean de Renou écrit : « Maintenant, au siècle où nous
jommes, les roys font bien davantage, car ils ne se contentent pas d'avoir
et de porter à la guerre quelques boites ou bouteilles pleines de baume
comme les anciens princes, mais même font venir à leur suite et font
charrier des boutiques d'apothicaires toutes entières et assorties de toutes
sortes de remèdes pour leurs armées ».
Richelieu avait assigné à l'armée française qui opérait en Italie, en 1628,
trois médecins, cinq chirurgiens et deux apothicaires, et créa à Pignerol,
en 1630, le premier hôpital militaire sédentaire auquel étaient affectés deux
apothicaires.
A partir de 1635 les apothicaires des camps et armées sont au nombre
de deux, mais il faut attendre le XVIIIe siècle pour voir paraître un recueil
de formules ou pharmacopée pour les hôpitaux militaires du roi avec l'état
des drogues qu'il faut approvisionner (1747). L'apothicaire Bayen donna
durant la guerre de Sept ans une organisation modèle à cette pharmacie
militaire.
La Convention nationale réorganisa le Conseil de Santé de façon assez
satisfaisante pour que l'administration du service de santé fonctionnât sans
grandes modifications pendant tout le XIXe siècle malgré les guerres et les
expéditions lointaines. 340 FEUILLETON DE LA REVUE D HISTOIRE DE LA PHARMACIE
Ce n'est pas ici le lieu de faire l'historique du service de santé ou plus
particulièrement de la pharmacie militaire jusqu'à la fin du XIXe siècle, ni
même d'analyser sommairement les divers décrets, édits, lois, règlements
et ordonnances de 1629, 1708, 1716, 1717, 1729, 1747, 1772, 1777, 1780, 1781,
1792, 1793, 1795, 1814, 1824, 1833, 1834, 1848, 1851, 1852, 1859 et 1882 qui
ont établi la distinction et l'indépendance des professions médicales et phar
maceutiques de l'armée. Mais ce n'est qu'à une époque assez récente que
l'obligation d'une tenue uniforme a été imposée aux différents corps de
T armée française.
Charles VII, Louis XI, Français Ier s'étaient contentés de prescrire que
les soldats de chaque compagnie ou de chaque régiment portassent les cou
leurs la « livrée » de leur capitaine ou de leur colonel, et, au début
du xvir siècle, c'est encore aux colonels que revenait le soin de fixer la tenue
de leurs corps de troupes, qui se distinguaient en général par la couleur de
leur écharpe.
Sous Louis XIII furent tentés quelques efforts pour uniformiser le cos
tume des différentes armes ; mais les mesures décisives à ce point de vue
furent prises par Louvois, en .1670. En même temps que l'uniforme, déclaré
obligatoire, était fixé dans ses plus grands détails, l'habillement des troupes
cessait d'être à la charge des colonels pour passer à celle de l'Etat.
La première trace que l'on trouve d'un uniforme des officiers de santé
date de 1757 : cet édit du roi règle l'uniforme « tant pour les chirurgiens
de ses armées que pour ceux des régiments, des hôpitaux, des for. s et cita
delles ». Ce règlement semble consacrer un état cte choses existant, mais
ne donne pas encore d'uniformes aux médecins et apothicaires, et ce n'est
qu'en 1775 que les médecins en reçoivent un et les pharmaciens en 1786,
par le dernier règlement de la monarchie sur l'uniforme.
Le règlement arrêté par le roi pour l'habillement et l'équipement de ses
troupes le lei octobre 1786, prévoit que « les apothicaires-majors des
armées, ceux des hôpitaux militaires, les apothicaires aides-majors, sous-
aides-majors et élèves porteront les mêmes uniformes que les chirurgiens,
à la seule différence que les parements seront de la couleur du fond de
l'habit ». Ainsi, en 1786, l'habit des apo hicaires sera de drap gris ardoise,
sans revers, doublure, collet et de même couleur, la veste et la
culotte sont de drap écarlate, les boutons en métal jaune à dessin guilloché.
Galons d'or, couleur, emplacement et nombre de boutonnières sur le devant,
les parements et les poches distinguent les différents grades.
Une disposition de ce règlement semble indiquer qu'à la veille de la
Révolution, malgré tous règlements, l'uniforme des officiers de santé était
encore sujet à bien des fantaisies, et prévoit qu' « il est expressément dé
fendu d'apporter aucun changement dans la couleur du drap, largeur des
galons, position des boutons, formes des poches ou autre partie des uni
formes qui viennent de leur être ci-dessus réglés à peine d'être contraints
d'en faire de nouveaux et, en cas de récidive, d'être privé de leur place k
I. PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE (1)
La Révolution abandonna la dénomination quelque peu ridiculisée d'apo-
thicaire contre celle de pharmacien. Les pharmaciens de l'armée et de la
marine jouirent à partir de la Révolution d'une situation matérielle et morale
(1) Les documents illustrés comprennent : deux reproductions de compo- 341 . GRADES ET UNIFORMES
assez satisfaisante. La loi du 21 décembre 1792 assimilait les officiers sans
troupes à leurs collègues de même grade « tant pour la nomination que
pour les indemnités ».
L'avancement se faisait en quatre échelons de la troisième à la première
classe et de celle-ci au grade de pharmacien en chef des armées avec tra
itement de 200 livres à 600 livres par mois. Ils étaient souvent assistés d'élè
ves en pharmacie surtout dans les hôpitaux.
Le décret du 7 août 1793 indique que le « pharmacien des armées » cor
respond au grade de générai de brigade, que le « de lre classe »
a le grade de colonel, le « pharmacien de 2e classe » celui de capitaine et
le « pharmacien de 3' classe » celui de lieutenant.
D après la loi de nivôse an IV, le pharmacien de lre classe a le grade
de chef de bataillon avec ie tLre de major, le pharmacien de 2« classe a le
grade de capitaine et s'appelle aide-major, le de 3* ciasse est
lieutenant et s'appelle sous-aide-major.
L'uniforme des officiers de santé au début de la Révolution est assez
difficile à définir. Les règlements sont muets et il semble que les trois pro
fessions de l'art de guérir, chirurgiens, médecins e. pharmaciens, aient con
servé l'uniforme et les marques dibtinctives que leur avait attribuées l'ordon
nance royale de 1786, ou s'habillèrent, lors de la levée en masse, comme
ils voulurent et surtout comme ils purent.
Le décret du 21 février 1793, relatif à l'organisation de l'armée, donne
à toute linfan.erie française l'uniforme aux couleurs nationales : l'habit
bleu ; il semble que la plupart des officiers de santé pour faire preuve de
civisme adoptèrent l'habit national. Quant aux distinctions de profession
et aux insignes de classe, il est probable qu'ils conservèrent celle de 1786
en tenant compte des principes de simplicité e.; de décence prévus au décret
du 7 août 1793. Cependant, après l'avoir annoncé à plusieurs reprises dans
les lois du 7 août 1793 et du 3 ventôse an II (21 lévrier 1794), le gouver
nement révolutionnaire se décida à promulguer, le 30 floréal ail IV (19 mai
1796), un règlement décrivant les nouvelles tenues attribuées désormais aux
officiers de santé, sur des bases qui ont encore laissé aujourd'hui quelques
traces, notamment la couleur rouge cramoisi des chirurgiens et le vert foncé
des pharmaciens pour annoncer les professions. Ces uniformes eurent cer
tainement bien des points communs avec ce qui se portait déjà ; ils en
furent peut-être même la confirmation officielle car leur simplicité corres
pond tout à fait avec les nécessités du temps de guerre.
La tenue fut choisie de telle façon qu'on distinguât aisément le personnel
de santé et, à l'intérieur de ce personnel, les grades. Tous porteront l'habit
sition originale de Goichon parues dans la thèse de F. M. Ossedat sur
Les pharmaciens pendant l'expédition d'Egypte ; quatre planches de l'o
uvrage Les garnisons d'Alsace au XIXe siècle ; sept planches de l'ouvrage
(tome des IV) planches Les uniformes en noir de des l'Album armées du françaises Guide à l'usage du docteur des artistes, LJENHARt de ;
H. Malibran (Nous avons pu consulter ces ouvrages grâce à la très grande
obligeance de M. Demasles, conservateur au musée de l'armée aux Invalides,
et à M. Martin, conservateur des musées de la ville de Strasbourg); de
dix aquarelles de pharmaciens militaires dessinées par le commandant Buc-
quoy et mises à notre disposition par notre sociétaire et collègue Cabanis ;
des planches reproduites dans Médecins militaires d'autrefois d'Olivier
D3 Prat ; des planches par A. L. LA Cault parues dans Le corps de santé
militaire en France du docteur Brice et du capitaine Bottet (1907). 342 FEUILLETON DE LA REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
de drap bleu piqué de blanc à 1/32, doublé de même, à revers croisés de
même ' drap, garnis de chaque côté de boutonnière en poils de chèvre de
la même couleur que le drap sur lequel elles sont appliquées ; collet rabattu
monté sur un collet droit ; petite patte en carré long sur les parements ;
poches en travers et en dehors. Il y a huit gros boutons à chaque revers,
quatre petits à chaque parement ; les boutons sont en métal surdoré, timbrés
d'une guirlande de chêne et, au milieu, les mots : HôpLaux militaires. La
culotte est de même étoffe et de même couleur que l'habit. Le collet des
pharmaciens est de velours vert bouteille et la veste écarlate (collet noir
pour le médecins, cramoisi pour les chirurgiens).
Les inspecteurs généraux du service de santé portent, comme les offi
ciers de santé en chef à l'armée, une broderie en or de dix lignes autour
du collet et des parements. Les pharmaciens de première classe portent la
même broderie, mais autour du collet seulement. Les pharmaciens de
deuxième classe portent sur le collet une boutonnière brodée en or, dont
chaque branche n'excède pas trois lignes, l'in.ervalle entre les deux bran
ches de la boutonnière étant d'une ligne et la longueur ne pourra excéder
deux pouces et demi. Les pharmaciens de troisième classe n'ont pas droit
à la broderie ni au galon.
Cette tenue, d'une austérité quelque peu républicaine, fut chargée d'o
rnements sous le Directoire, qui afficha pour tout ce qui toucha aux fonc
tions publiques un luxe vestimentaire inouï.
Voilà pourquoi le 20 thermidor an VI (7 août 1798) on assista à l'éclosion
d'un nouveau règlement. Cette fois, au moins, les officiers de santé n'eurent
plus rien à envier à leurs collègues des unités combattantes. Le fond de
l'habit devint nettement plus foncé : drap bleu national piqué de blanc dans
le rapport de 1/32 ; l'habit est orné sur le devant de revers en velours
vert foncé pour les pharmaciens comme le collet et les parements, et le
tout agrémenté suivant les grades de boutonnières brodées de fil d'or. Le
collet est retombant, les revers agrafés sur la poitrine, les manches ou
vertes en dessous avec trois petits boutons dont deux sur les parements et
un au-dessus, les poches, en travers avec trois gros boutons sur chaque
patte. Les boutons sont surdorés et timbrés au milieu d'un faisceau formé
de trois baguettes entouré du serpent d'Epidaure surmonté d'un coq à ailes
déployées ; autour est une guirlande de lauriers.
La veste est écarlate, mais blanche en été, les culottes de même drap
que l'habit,, les bottes à retrousis rabattus. Ils portent l'épée d'officier d'in
fanterie avec dragonne du grade correspondant à leur classe.
Les Pharmaciens en chef près les armées ont neuf boutonnières brodées
sur les revers, deux sur chaque extrémité du collet, deux sur chaque pare
ment, trois sur les pattes de poche. Toutes les parties de l'habit sont bordées
d'une baguette dorée, large de dix, en broderie d'or. Ces boutonnières con
sistent en une baguette étroite formant un cadre à branches longues join-
tives entourant de toutes parts la boutonnière simulée ; ce cadre est accom
pagné d'une branche de feuillage en S renversé interrompue par le cadre
en son milieu.
Les pharmaciens de première classe ont les mêmes boutonnières sur le
collet, les revers, les parements et les pattes de poches, mais l'habit est sans
baguette dorée. Les pharmaciens de deuxième classe ont deux boutonnières
brodés sur le collet seulement. Les pharmaciens de troisième classe deux
boutonnières au collet GRADES ET UNIFORMES 343
Il semble qu'il y ait eu erreur dans la rédaction du règlement,
les deux classes n'auraient point ainsi été distinguées. Selon le doc
teur Brice, les officiers de santé de deuxième classe portaient les
boutonnières au collet et aux parements. Disons, avec Olivier de
Prat, que jamais plus depuis cette époque le corps de santé mili
taire ne se vit attribuer, officiellement, d'aussi brillants uniformes,
et si bien peu de ses membres eurent assez de moyens pour se les
offrir, il faut quand même savoir gré au Directoire de les avoir
en quelque sorte récompensés de cette façon pour l'abnégation et
le dévouement dont ils avaient fait preuve pendant ces six années
d'hostilités et de misère.
Les planches en couleurs parues dans la thèse d'Ossedat se rapportent à
cette période de la Révolution française. (Voir la couverture de ce fascicule. )
La première planche représente un pharmacien en chef de la Marine en 1798,
reproduction d'un dessin en couleurs de Goichon. Ossedat en fait la des
cription suivante :
Les pharmaciens de la Marine portèrent l'uniforme décrit au
titre XXIV du règlement du 19 pluviôse an VI : habit bleu avec
collet de velours orangé, gilet de drap blanc, culotte bleue, boutons
dorés avec ancre et serpent. Une broderie figurant deux branches
de chêne était distribuée sur le collet, les parements et les poches
pour les officiers de santé en chef, sur le collet seulement pour la
deuxième classe. La troisième classe portait l'uniforme simple. Tous
portaient l'épée et la dragonne, affectées au grade auquel les avait
assimilées la loi du 15' nivôse an IV.
Cet uniforme fut simplifié par divers arrêtés en l'an VIII ; celui
des officiers de santé de marine fut rendu conforme à celui de leurs
collègues de l'armée, dont ils adoptèrent les parements de velours
noir (médecins), cramoisi (chirurgiens) et vert bouteille (pharmac
iens), la veste écarlate en hiver, blanche en été et le chapeau
uni, avec ganse et bouton doré. Une garniture de boutons
plus ou moins nombreux marquait le grade.
La deuxième planche représente un pharmacien de deuxième classe aux
armées en 1799 (armée de terre), reproduit d'après une composition de
Goichon figurant au Val-de-Grâce, conforme au règlement du 20 thermidor
an VI.
II. Période du début du xix« siècle a la fin de la guerre
DE 1870-1871
On peut diviser cette période du XIXe siècle, dont nous nous proposons de
décrire les uniformes des pharmaciens militaires, en sept périodes principales :
le Consulat, l'EImpire, la Restauration, la Monarchie de Juillet, la République
de 1848, la Présidence et le Second Empire.
Nous utiliserons pour cette période quatre planches en couleurs de l'o
uvrage de Fritz Kieffer paru en 1911 sous le titre Les garnisons d'Alsace au
XIX» siècle et comportant cent planches qui furent exécutées par des pein
tres qui s'attachèrent à créer des reconstitutions du passé avec le souci de
l'exactitude des uniformes et de l'équipement garantissant une valeur docu- 344 FEUILLETON DE LA REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
mentaire indiscutable de cet ouvrage. Paul Martin dans Les petits soldats
de Strasbourg écrit :
Leur inspirateur sans conteste fut Fritz Kieffer, bien connu dans
les milieux strasbourgeois et militaires par ses collections et son
esprit cocardier, autour duquel s'étaient groupés depuis longtemps
les amateurs et collectionneurs pour les choses militaires ainsi que
les peintres de petits soldats strasbourgeois. Elevé dans cet esprit
par son père, Fritz Kieffer dessina lui-même et édita entre autres
des feuilles militaires de Touçhemolin, faisant suite aux planches
de Silbermann (1801-1876) fils d'imprimeur strasbourgeois doué
d'un goût artistique très prononcé à qui est dû la vulgarisation
des petits soldats en couleurs [dont nous trouvons une collection
de plusieurs dizaines de milliers au Musée historique de la ville
de Strasbourg].
Le Consulat.
L'uniforme sous le Consulat et pendant la période du camp de Boulogne
conserve le caractère particulier à l'époque des guerres de la Révolution.
L'armée porte encore la queue selon l'ancienne mode et se poudre aux jours
de fête. La planche en couleurs n° 8 de l'ouvrage Les garnisons d'Alsace
intitulée « 1804. Chirurgien et pharmacien des armées, à Strasbourg » pré
sente un- pharmacien de première classe aux armées et un chirurgien de
première classe ; la scène se passe devant la chapelle de l'hôpital près de la
porte d'entrée principale des Hospices civils de Strasbourg, à quelques pas
de la pharmacie de l'hôpital aménagée dans un bâtiment datant du xvi° siè
cle. Ils portent le chapeau posé en demi-bataille orné d une cocarde tricolore
et d'un plumet rouge placé sur le côté pour le pharmacien, laissant apparaît
re, en dépit des règlements, les cadenettes et les tresses de. cheveux. Le
pharmacien revêt la Veste rouge, l'habit bleu à collet, parements et revers
en velours vert bouteille, aux longues basques et aux retroussis agrafés.
C'est sous le Consulat que débute l'ère des humiliations pour le corps
de santé. Par une série de mesures aussi hâtives qu'injustifiées, l'adminis
tra non consulaire, qui par ailleurs fit des réformes si salutaires, s'est in
géniée à détruire tout ce qui pouvait avoir donné pendant la période pré
cédente une élévation et une certaine indépendance au corps de santé. Le
gouvernement consulaire, avide surtout d'une paix durable, ne parut se
soucier des officiers de santé que pour consacrer leur déchéance par des
règlements d'économies (diminution des hôpitaux d'instruction, licenciement
du personnel) que pour accentuer encore leur dépendance vis-à-vis dé l'i
ntendance (remplacement du Conseil de santé par six inspecteurs généraux)
et surtout pour ne leur donner, au point de vue militaire, d'autre état que
celui qui résulte d'une commission temporaire.
Il semble, après les pompes du Directoire, qu'à l'instigation du Premier
Consul, un vent de simplicité républicaine ait soufflé. Par un arrêté du
27 messidor an VIII (20 juillet 1800), il fut prescrit à l'article 8 que : le
corps des officiers de santé conservera l'uniforme attribué par le règlement
du 10 thermidor an VI, mais à l'avenir le drap du fond de l'habit sera piqué
d'un seizième de blanc au lieu d'un trente-deuxième, sans aucun galon ni
broderie.
Les diverses classes d'officiers de santé ne se trouvèrent désormais dif
férenciées que par les boutonnières au collet, des revers et des parements. -34 A - .1 «H/tVm - /<?<^- 50^1-3 T>L Chirurgien et pharmaciei de première classe 1804.
des armées.
Cette planche est l'uvre de Léon Schnng
peintre et dessinateur alsacien, n5 le 17 février
1878 à Strasbourg, mort le 18 décembre 1933 à
l'hôpi al psychiatrique de Stéphar.sfeld près de
Strasbourg. Elève de l'Ecole des Arts décoratifs
de Strasbourg, il étudia à Vienne (1897) et Mun
ich (1898); peintre remarquable par la fran
chise du coloris et de l'exécution : il s'est fait
une spécialité des scènes de la vie militaire et
plus particulièrement des armées d? Napoléon.
Ces fresques décorent la Maison Kammerzell
(1904-1905) à Strasbourg, le château du Haut-
Koenigsbourg dans les Vosges près de Sélestat
(1910). Les musées de Strasbourg, Mulhouse et
Vienne possèdent de ses dessins et tableaux,
aquarelles et gouaches.
Revue H. P. 1962. Pl. XXII. ET UNIFORMES 345 GRADES
L'uniforme continua à subir les assauts du pouvoir central. Un règlement
paru le 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) fut promulgué pour
confirmer celui de l'an VIII et le compléter dans ses détails. Ce
de l'an XII connut une longue carrière jusqu'en 1816 ; il est un des plus
complets sur l'uniforme, et les quelques changements qu'il éprouva ne dé
pendirent que de la mode militaire.
L'habit des chirurgiens, des médecins et des pharmaciens sera de drap
bleu barbeau mêlé d'un huitième de blanc, c'est-à-dire d'une teinte beaucoup
plus claire que celle des tenues portées par la majorité des troupes et les
officiers faisant partie des états-majors. Les revers de couleurs sont sup
primés et seuls subsistent le collet et les parements pour distinguer entre
elles les trois professions : velours noir pour les médecins, rouge écarlate
(anciennement cramoisi) pour les chirurgiens, vert foncé pour les pharmac
iens. Pour pallier à l'absence de revers, les officiers de santé de première
classe devaient avoir leur habit garni sur le devant de neuf boutonnières
brodées en galon d'or. Ceux des classes inférieures ne portaient ces bou
tonnières que sur le collet, les parements et les pattes de poches. Enfin,
maigre compensation, la dragonne était maintenue avec des franges plus
ou moins grosses et le corps plus ou moins rayé de fils de soie des couleurs
distinctives (vert pour les pharmaciens) suivant les classes.
Le règlement de l'an XII distingue deux habits : l'habit grand uniforme
et l'habit petit uniforme.
Uluibit grand uniforme, de drap bleu barbeau sans revers, se boutonne
sur la poitrine au moyen de neuf gros boutons uniformes, dégage les cuisses
et croise par derrière. La doublure est de même étoffe ; le collet et les pare
ments sont toujours vert foncé pour les pharmaciens. Le est droit de
huit centimètres de hauteur ; les parements sont fermés en botte ; les poches
sont en travers et à trois pointes. Neuf gros boutons garnissent le devant
de l'habit, trois les parements, trois les poches, un chaque hanche et deux
le bas des plis.
Uhabit petit uniforme des pharmaciens est du même drap, avec collet
et parements en velours vert, le tout coupé et confectionné de même que
l'habit grand uniforme, à l'exception des changements ci-après : le collet
est renversé et attaché à un collet droit, la manche est ouverte en dessous
et se ferme par deux petits boutons uniformes, les poches sont dans les
plis et non apparentes.
Le bouton uniforme des officiers de santé est en métal doré, timbré en
relief d'un faisceau formé de trois baguettes, enveloppé du serpent d'Epi-
daure, surmonté du miroir de la prudence et entouré d'une branche de chêne
et de laurier.
La veste de drap vert foncé est garnie de boutons uniformes. La culotte
est en drap de l'habit et garnie de quatre petits uniformes de chaque
côté. En été, il pourra être fait usage de vestes et de culottes en bassin blanc
ou en nankin.
Le chapeau uni bordé d'un galon de poil de chèvre de six centimètres
de largeur, comporte une ganse en galon d'or de dix-huit millimètres de
large arrêtée par un gros bouton uniforme, et la cocarde nationale.
Le col sera blanc en temps de paix, noir en campagne.
L'uniforme comprend encore une redingote de même drap, croisée sur
la poitrine au moyen de deux rangées de sept gros boutons, un manteau