La défroque de Vauquelin (Pages retrouvées) - article ; n°149 ; vol.44, pg 367-367

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Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1956 - Volume 44 - Numéro 149 - Pages 367-367
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1956
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Langue Français

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René Lemay
La défroque de Vauquelin (Pages retrouvées)
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 44e année, N. 149, 1956. p. 367.
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Lemay René. La défroque de Vauquelin (Pages retrouvées). In: Revue d'histoire de la pharmacie, 44e année, N. 149, 1956. p.
367.
doi : 10.3406/pharm.1956.8465
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1956_num_44_149_8465RETROUVÉES PAGES
La défroque de Vauquelin
information qui ouvrage « Notre Un parut jour, collègue bien en on relative oublié 1866 vendit le Docteur à : la Les la une garde-robe Librairie causeries défroque Lemay de Académique a du Vauquelin de relevé docteur, « notre à notre ; Didier, par parmi » Vauquelin le intention une Docteur foule amusante : dans Joulin, de vêteun
ments dépourvus de caractère officiel, et qui auraient pu, sans se déchirer
d'indignation, couvrir les épaules d"un cuistre, il y avait un habit bien digne
d'être conservé de génération en génération dans le trésor de la famille, comme
les descendants de Bayard se sont transmis sa cuirasse, les héritiers de Dagobert
sa culotte, comme las admirateurs du docteur Bouriquet se transmettront ses
fameuses bottes. C'était l'habit brodé de membre de l'Institut qu'avait porté
l'illustre savant. Les teignes, elles-mêmes, avaient respecté cette vénérable
dépouille, que les marchands d'habits allaient se disputer...
« Parmi les amateurs qui assistaient à la vente Vauquelin, se trouvait
M. Bou..., chimiste aussi savant que modeste, aussi laborieux que débraillé,
toujours souriant, toujours satisfait, et qui cache sous ses cheveux mal pei
gnés une mine inépuisable de connaissances solides, bien qu'un peu en désordre.
Il vit, avec horreur, la profanation qui allait s'accomplir. Quoi ! dit-il, je
verrais cette vieille relique tomber entre les mains des barbares. ? Entre des
mains qui n'ont jamais chargé une cornue, luté un appareil, brasqué un creu
set ! Elle deviendrait l'enseigne d'un marchand d'habits comme jadis le mant
eau de pair du Maréchal Moncey ? Jamais 1 On verra l'oxygène refuser de se
combiner avec les métaux de la première section, on entendra mon collègue X...
faire un discours raisonnable à l'Académie, avant qu'un pareil sacrilège s'a
ccomplisse en ma présence. Par l'Alambic de Paracelse, j'aurai cet habit, dût-il
me coûter les yeux de la tête.
« Il n'en eut pas le démenti, et la glorieuse défroque de Vauquelin lui fut
adjugée pour la modeste somme de 18 fr. 50.
« Aussitôt rentré chez lui, M. Bou... s'empressa d'endosser l'habit, qui décri
vit autour de son torse de gracieux méandres. Les manches étaient trop courtes,
la taille trop longue, le collet trop haut ; enfin il trouva que cela lui allait
comme un gant, car c'est ainsi que toujours notre savant s'habille.
- « M. Bou... a pendu l'habit de Vauquelin dans un placard secret de son labo
ratoire, et lorsqu'il se sent près de trébucher contre un des grands problèmes
de la chimie transcendante, il endosse la relique sacrée, et, sous l'inspiration
du génie qui l'habita jadis, il se joue des difficultés les plus inextricables ; s'il
n'a pas encore découvert la pierre philosophale, c'est uniquement pour ne pas
humilier la Californie.
« Cette bonne action porte avec elle sa récompense. Notre chimiste sera
certainement un jour membre de l'Institut, car c'est à peu près la seule place
scientifique quil lui reste à envier, et le culte des vieux souvenirs lui aura
économisé cent écus de broderies. »