Vers une contraception mieux adaptée au profil de chacun
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Documents Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles (Article Newsletter Actualités & pratiques) (2,51 Mo) Mis en ligne le 15 mai 2013 Dans le cadre de la conférence de presse de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, et à l’occasion du lancement le 18 mai de la campagne « La contraception qui vous convient existe» de l’INPES, la Haute Autorité de Santé met à la disposition des pouvoirs publics, des professionnels de santé et du grand public des outils pour répondre aux problématiques liées à la contraception. Malgré un taux de contraception élevé en France, il subsiste un nombre important de grossesses « non prévues ». Un tiers de ces grossesses est dû à l’absence de contraception tandis que les deux autres tiers surviennent sous contraception.La Haute Autorité de Santé (HAS) s’est intéressée aux moyens d’agir. Après avoir publié deux documents fin mars, elle met aujourd’hui à la disposition des pouvoirs publics et des professionnels de santé des outils pour répondre aux besoins des femmes.Deux grossesses non prévues sur 3 surviennent alors qu’une méthode contraceptive est utilisée. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : tout d’abord, il y a un écart entre l’efficacité théorique d’une méthode contraceptive et son efficacité en vie réelle. En effet, la méthode utilisée par la personne n’est pas toujours la plus adaptée à sa situation personnelle. Par ailleurs, il existe en France une notion de « norme contraceptive » qui est utilisée pour caractériser les pratiques contraceptives au cours de la vie. En France, cette norme se traduit par un recours au préservatif en début de vie sexuelle, à l’utilisation de la pilule dès que la vie sexuelle se régularise et au recours au dispositif intra-utérin (DIU) comme alternative à la pilule à partir de 30 à 35 ans, une fois que les femmes ont eu les enfants qu’elles désiraient. Le manque d’information sur les autres possibilités de contraception et cette norme sociale guident souvent le choix et n’aident pas à identifier la méthode la plus adaptée à ses besoins.Afin de répondre à ce besoin d’information sur les méthodes de contraception disponibles, la HASa diffusé fin mars un document de synthèse. Celui-ci rassemble toutes les informations sur les méthodes jugées très efficaces par l’OMS et permet aux professionnels de santé de proposer une méthode efficace à chaque personne qui le demande. Ce document était accompagné d’une fiche mémo reprenant les conseils à donner aux femmes pour trouver une contraception adaptée à son propre cas. En effet, la HAS a souhaité souligner l’importance du libre choix de la personne concernée afin que soit prise avec le prescripteur la décision la plus adaptée à son profil.La HAS complète aujourd’hui cette publication par celle de fiches mémo par situation clinique (au nombre de 8) et d’un rapport sur les freins et les leviers pour le choix d’une contraception adaptée.Des freins au choix d’une contraception adaptée …La HAS rend aujourd’hui public un rapport sur les freins et les leviers à la contraception. Précédé d’un état des lieux des pratiques contraceptives actuelles et des dispositifs d’accès à la contraception, ce rapport met en lumière les difficultés d’accès au choix d’une contraception adaptée et des leviers pour y remédier.Les freins sont de plusieurs types et concernent les professionnels de santé comme les usagers. Côté professionnels de santé, la HAS a identifié notamment le manque d’actualisation des connaissances sur les méthodes de contraception, ainsi que les conditions d’exercice médical qui peuvent parfois entraver l’accès à une consultation uniquement dédiée à la contraception, pourtant primordiale pour une bonne information de la personne.Côté usagers, certains freins peuvent être associés à l’existence d’idées reçues telles que la pilule fait grossir, le DIU rend stérile… Ces représentations sont la plupart du temps dues à un manque d’information et de connaissances des moyens de contraception. D’autres obstacles ont été identifiés : la réticence à aborder des questions qui relèvent de l’intime, les difficultés d’accès à certains professionnels de santé ou les contraintes économiques (restes à charges). Enfin, des situations de fragilité peuvent de manière générale entraver le choix d’une méthode contraceptive mais également constituer des facteurs de risque d’échec de la contraception : non-reconnaissance sociale et parentale de la sexualité juvénile, périodes de post-partum ou post-IVG, périodes d’instabilité et/ou de fragilité affectives, situations professionnelles particulières et/ou le mode de vie (travail de nuit, horaires irréguliers et/ou décalés) … qui peuvent être levés Afin de dépasser ces difficultés, la HASpropose une synthèse des principales préconisations des institutions ayant exploré cette thématique comme par exemple le fait d’améliorer l’information du grand public pour mettre fin aux idées reçues sur la contraception et la vie sexuelle. Ou encore mieux préparer les professionnels de santé à leur rôle de conseil et d’accompagnement en matière de contraception.Enfin, pour répondre aux besoins des professionnels de santé d’actualiser leurs connaissances par une information fiable et de qualité, la HAS publie des fiches mémo par situation clinique. Ces fiches aideront le professionnel de santé à trouver avec la personne la contraception la plus adaptée à ses besoins et à sa situation clinique. Ces fiches complètent la première fiche mémo mise en ligne fin mars « Conseils et prescriptions pour la délivrance d’une pilule ».Les fiches mémo, mises en ligne aujourd’hui, sont au nombre de 7 :Contraception chez la femme en âge de procréer (hors postpartum et post-IVG),Contraception chez l'adolescente,Contraception chez la femme en postpartum,Contraception chez la femme après une IVG,Contraception chez l'homme,Stérilisation chez l'homme et la femme,Contraception d'urgenceÀ ces fiches par situation clinique, la HAS ajoute un tableau de synthèse des méthodes contraceptives et de leur efficacité respective.Des travaux dans la continuitéLa HAS publiera au cours de l’année d’autres travaux pour continuer dans cette perspective d’amélioration des pratiques professionnelles. Elle élabore actuellement une fiche mémo sur l’évaluation et la prise en compte des risques cardio-vasculaires qui sera rendue publique en juin et évalue l’intérêt du dépistage des troubles de la coagulation avant la prescription d’une méthode de contraception. Mis en ligne le 15 mai 2013

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Publié le 15 mai 2013
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Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Actualités
& Pratiques
FoCus
Contraception : focus sur les méthodes effcaces
La HAS a réalisé un travail sur la contraception. Objectif : aider le professionnel de santé à identifer et à proposer la ou les
méthodes les plus adaptées au profl et à la situation des personnes qui le sollicitent. Explications d’Emmanuelle Cohn,
coordinatrice du projet (HAS).
Un document de synthèse sur la contraception a été réalisé.
Il comprend un focus sur les méthodes les plus effcaces.
Comment défnit-on une méthode très effcace ?
L’effcacité d’une méthode contraceptive est défnie par le nombre de grossesses non
désirées qui surviennent lors d’une utilisation correcte. Selon l’Organisation mondiale
de la santé (OMS), une contraception est considérée comme très effcace si le nombre
de grossesses non désirées pour 100 femmes pendant la première année d’utilisation
correcte et régulière de la méthode est inférieur à un.
Selon cette défnition, la contraception hormonale (progestative ou estroprogestative),
la contraception intra-utérine et la stérilisation (masculine et féminine) sont les moyens
les plus effcaces pour éviter les grossesses non désirées.
Les autres moyens (préservatif, spermicide, diaphragme avec spermicide, cape
cervicale, méthodes dites « naturelles » : méthodes d’ovulation, des deux jours, des jours
fxes, retrait, etc.) sont moins effcaces. Parmi ceux-ci, le préservatif masculin a le taux
de grossesses non désirées le plus bas mais comporte un risque élevé d’échec dans
son emploi courant.
Pou R en savoi R Plus
Doit-on se focaliser sur la seule effcacité des méthodes • Méthodes contraceptives – Focus sur les
méthodes les plus effcaces disponibles contraceptives ?
(document de synthèse). Deux autres aspects sont à considérer : la notion de choix de la méthode contraceptive
• « Contraception d’urgence : prescription et par les personnes concernées et les risques de transmission des infections sexuellement
délivrance à l’avance », recommandation en santé transmissibles. Le préservatif est la seule méthode qui a fait la preuve de son effcacité
publique.
dans la prévention de la transmission de ces infections.
• État des lieux des pratiques contraceptives.
• « Contraceptifs oraux estroprogestatifs : La contraception hormonale (estroprogestatifs et progestatifs)
re epréférez les « pilules » de 1 ou 2 génération »
e e• Contraceptifs oraux estroprogestatifs (COEP). Les plus récents (3 ou 4 génération) (fche bon usage du médicament).
exposent à un risque accru d’accident thromboembolique veineux (4 sur 10 000 contre
• Et des fches mémo (contraception,
re e2 sur 10 000 pour les contraceptifs de 1 ou 2 génération contenant moins de 50 µg prescriptions, conseil aux femmes, situations
re ed’éthinylestradiol). Il convient donc de préférer ces contraceptifs de 1 ou 2 génération cliniques particulières des adolescentes, des
femmes en périménopause, du post-partum et lors de la prescription.
du post-IVG, de la contraception chez l’homme, ®• Contraception estroprogestative transdermique (Evra ). L’effcacité de ce patch a
de la stérilisation à visée contraceptive et de la
été établie chez des femmes âgées de 18 à 45 ans. Elle peut être diminuée chez
contraception d’urgence).
les femmes pesant 90 kg ou plus.
®• Contraception estroprogestative vaginale (Nuvaring ). L’effcacité de cet anneau
vaginal a été établie chez des femmes âgées de 18 à 40 ans.
Le risque accru d’événement thromboembolique veineux associé à l’utilisation
de ce patch et de cet anneau est similaire à celui observé avec les COEP de
e e3 ou 4 génération.
® ®• Contraception orale progestative (Cerazette et génériques et Microval ). @
Recevez gratuitement La contraception progestative par voie orale peut être utilisée en cas
Actualités & Pratiques d’antécédent de thrombose. Cependant, par précaution, elle est contre-
indiquée en cas de thrombose en cours. abonnez-vous
®• Contraception progestative sous-cutanée (Nexplanon ). Son effcacité suR le webzine de la Has
a été établie chez les femmes entre 18 et 40 ans. La Commission de la www.has-sante.fr transparence de la HAS a situé ce contraceptif en deuxième intention. >> FoCus
Cet implant peut être utilisé en cas d’antécédent de thrombose. à la pose, les risques infectieux, le risque de grossesse
Cependant, il est contre-indiqué en cas de thrombose en cours. Chez extra-utérine et les situations à risque ont été écartés.
eles femmes en surpoids, l’effet contraceptif au cours de la 3 année Le DIU au lévonorgestrel est indiqué en deuxième intention,
d’utilisation peut être inférieur à celui observé chez les femmes de après les stérilets au cuivre. Il peut être utilisé en cas
poids normal. d’antécédent de thrombose. Cependant, il est contre-indiqué
®• Contraception progestative injectable (Depo-Provera ). Ce en cas de thrombose en cours.
contraceptif est prescrit lorsqu’il n’est pas possible d’utiliser d’autres
méthodes. Son utilisation n’est pas recommandée chez les Les méthodes de stérilisation
adolescentes et chez les patientes présentant des facteurs de La stérilisation féminine (occlusion des trompes de Fallope) ou
risque d’ostéoporose. Il est contre-indiqué en cas d’antécédent masculine (occlusion des canaux déférents) est indiquée chez
d’accident thromboembolique veineux ou artériel. les personnes majeures souhaitant un moyen de contraception
irréversible.
La contraception intra-utérine La stérilisation féminine peut aussi être préconisée lorsque toute
Deux types de dispositifs intra-utérins (DIU) sont disponibles : grossesse est contre-indiquée.
®les DIU au cuivre et le DIU au lévonorgestrel (Mirena ). Il Les méthodes de stérilisation sont encadrées sur le plan
s’agit d’une méthode contraceptive très efficace, de longue règlementaire. En particulier, elles ne peuvent être pratiquées
durée d’action. Aucun risque de cancer et aucun risque qu’à l’issue d’un délai de réflexion de quatre mois après la
cardiovasculaire n’ont été mis en évidence. première consultation médicale et après confirmation écrite par la
Les DIU au cuivre peuvent être proposés à toutes les femmes personne concernée de sa volonté de subir une intervention à visée
(nullipares comprises), dès lors que les contre-indications définitive. 
L’examen clinique et biologique en vue de la prescription d’un contraceptif
reUne femme qui consulte pour une 1 demande contraceptive bénéfcie d’une consultation
spécifque. L’entretien clinique permet un large recueil d’information : âge, profession, habitudes
de vie (tabac, pratiques sexuelles [risque infectieux]), méthode de contraception précédente,
date des dernières règles ; nombre d’enfants, de fausses
couches et d’IVG ; antécédents familiaux d’accidents
thrombo-emboliques veineux ou artériels
(circonstances de survenue) ;
antécédents personnels Stérilet
(HTA, diabète, dyslipidémie) ;
traitements en cours (risque
d’interactions médicamenteuses), etc.
L’examen clinique comprend :
l un examen général, poids, taille, indice de masse corporelle (I MC), pression artérielle (PA)
l l’examen des seins et l’examen gynécologique (avec frottis du c ol utérin à partir de 25 ans
pour la prévention du cancer du col). L’examen gynécologique peut être expliqué
et programmé pour une consultation ultérieure (surtout chez l’adolescente).
UtérusTrompe de FallopeLe bilan biologique lors de la prescription
Anneaud’une contraception hormonale estroprogestative
(pilule, patch, anneau) comporte :
l un dosage de cholestérolémie totale, une triglycéridémie et une glycémie
à jeun (à renouveler tous les 5 ans en cas de bilan normal et en l’absence
de faits cliniques ou familiaux nouveaux) ;
Ovulel chez une personne sans antécédent personnel ou familial de mala die
métabolique ou thrombo-embolique, qui ne fume pas et dont l’examen
clinique est normal, ce bilan peut être réalisé 3 à 6 mois après la prescription ;
l en cas d’antécédent familial de dyslipidémie, le bilan est réal isé avant le début
de toute contraception estroprogestative et renouvelé 3 à 6 mois après.
Il peut aussi comporter un bilan d’hémostase (dosages d’antithrombine, protéine C,
protéine S, résistance à la protéine C activée ou recherche
de la mutation du facteur V de Leiden et de la mutation
de la prothrombine ou facteur II G20210A) : à discuter après
avis spécialisé en cas d’antécédent personnel ou familial
de maladie thrombo-embolique (survenue chez un apparenté
au premier degré avant l’âge de 50-60 ans).
Ovaire
Avant la pose d’un DIU
En présence d’un facteur de risque infectieux (IST ou pratique à risque),
rechercher une infection à C. trachomatis et à N. gonorrhea.
Éditeur : Haute Autorité de santé — 2, avenue du Stade-de-France — 93218 SAint-DeniS LA PLAine CeDex — t él. : 01 55 93 70 00 — www.has-sante.fr —
r r r rDirecteur de la publication : P Jean-Luc Harousseau — Comité éditorial : P Jean-Michel Chabot, Arielle Fontaine, D Cédric Grouchka, D Michel Laurence,
r r rthomas Le Ludec, Dominique Maigne, Christiane Rossatto, D Jean-Patrick Sales, D Frank Stora, D Jean-François thébaut —
Conception-rédaction : Arielle Fontaine — Réalisation maquette : Valérie Combe — Crédit photo : thinkstock — Dépot légal : mai 2013 — ISSN : 1968-9268.
Infographie : Pascal Marseaud