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Modalités et chronologie de la déglaciation würmienne dans l'arc alpin occidental et les massifs français : synthèse et réflexions - article ; n°2 ; vol.25, pg 147-156

De
12 pages
Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Année 1988 - Volume 25 - Numéro 2 - Pages 147-156
Synthesis of the results given in the papers presented during the colloquium Conditions and Chronology of the wurmian déglaciation in the Western Alps and the French mountains (AFEQ - Chambéry 1988) shows a certain number of convergences in the paleogeography and chronology of the wurmian glaciation, despite some local divergences :
— a first and maximal advance of the glaciers before 38 400 BP;
— a first mesowurmian interstage overlapping the 38 400-31 350 BP interval;
— a second, complexe advance (Recurrence), within a neowiirmian interstage overlapping the 35 700-27 400 BP interval;
— a second neowurmian interstage overlapping the 27 400-19 350 interval;
— a final advance, during the Recurrence, and later than 22 300 BP with no precise upper limit.
The déglaciation, actually begun with the first interstage, exhibits complex features and is of large duration.
Besides these results, the problems of the datas and of their interpretation, of the nearly non-existant correlations, of the plentiful, ill-defined terminology, and of the outstanding part played by the observation conditions, are emphasized.
Further prospects are not only completion of both local and regional syntheses, but even more important increasing the number of drillings; the increase being governed by avalaible means.
La synthèse des résultats exprimés dans les articles du colloque « Modalités et Chronologie de la déglaciation wurmienne dans l'Arc alpin occidental et les massifs français » (AFEQ - Chambéry, 1988) fait apparaître un certain nombre de convergences dans la paléogéographie et la chronologie de la glaciation würmienne, en dépît de quelques divergences locales :
— une première avancée, maximale, des glaciers antérieurement à 38 400 BP;
— un premier interstade « mésowürmien » débordant l'intervalle 38400-31 350 BP;
— une deuxième avancée (Récurrence), complexe, coupée par un interstade (« néowürmien »), excédant l'intervalle 35 700-27 400 BP;
— un second interstade « néowürmien » dépassant l'intervalle 27 400-19 350 BP;
— une dernière avancée, appartenant à la Récurrence, postérieure à 22 300 BP et sans limite supérieure précise.
La déglaciation, effectivement commencée dès le premier interstade, serait ainsi un phénomène complexe dans ses modalités et de longue durée.
Outre ces résultats, on relève les problèmes des données et de leur interprétation, des corrélations encore quasi-inexistantes, de la terminologie foisonnante et peu précise, et des conditions d'observation, primordiales dans cette recherche. Quant aux perspectives d'avancées, elles résident dans l'élaboration de synthèses locales et régionales mais surtout dans la mutiplication des forages, fonction des moyens disponibles.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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M. Guy Montjuvent
Gérard Nicoud
Modalités et chronologie de la déglaciation würmienne dans l'arc
alpin occidental et les massifs français : synthèse et réflexions
In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 25 - Numéro 2-3 - 1988. pp. 147-156.
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Montjuvent Guy, Nicoud Gérard. Modalités et chronologie de la déglaciation würmienne dans l'arc alpin occidental et les
massifs français : synthèse et réflexions. In: Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire - Volume 25 -
Numéro 2-3 - 1988. pp. 147-156.
doi : 10.3406/quate.1988.1876
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quate_0004-5500_1988_num_25_2_1876Abstract
Synthesis of the results given in the papers presented during the colloquium "Conditions and
Chronology of the wurmian déglaciation in the Western Alps and the French mountains" (AFEQ -
Chambéry 1988) shows a certain number of convergences in the paleogeography and chronology of the
wurmian glaciation, despite some local divergences :
—a first and maximal advance of the glaciers before 38 400 BP;
—a first "mesowurmian" interstage overlapping the 38 400-31 350 BP interval;
—a second, complexe advance (Recurrence), within a "neowiirmian" interstage overlapping the 35 700-
27 400 BP interval;
—a second "neowurmian" interstage overlapping the 27 400-19 350 interval;
—a final advance, during the Recurrence, and later than 22 300 BP with no precise upper limit.
The déglaciation, actually begun with the first interstage, exhibits complex features and is of large
duration.
Besides these results, the problems of the datas and of their interpretation, of the nearly non-existant
correlations, of the plentiful, ill-defined terminology, and of the outstanding part played by the
observation conditions, are emphasized.
Further prospects are not only completion of both local and regional syntheses, but even more
important increasing the number of drillings; the increase being governed by avalaible means.
Résumé
La synthèse des résultats exprimés dans les articles du colloque « Modalités et Chronologie de la
déglaciation wurmienne dans l'Arc alpin occidental et les massifs français » (AFEQ - Chambéry, 1988)
fait apparaître un certain nombre de convergences dans la paléogéographie et la chronologie de la
glaciation würmienne, en dépît de quelques divergences locales :
— une première avancée, maximale, des glaciers antérieurement à 38 400 BP;
— un premier interstade « mésowürmien » débordant l'intervalle 38400-31 350 BP;
— une deuxième avancée (Récurrence), complexe, coupée par un interstade (« néowürmien »),
excédant l'intervalle 35 700-27 400 BP;
— un second interstade « néowürmien » dépassant l'intervalle 27 400-19 350 BP;
— une dernière avancée, appartenant à la Récurrence, postérieure à 22 300 BP et sans limite
supérieure précise.
La déglaciation, effectivement commencée dès le premier interstade, serait ainsi un phénomène
complexe dans ses modalités et de longue durée.
Outre ces résultats, on relève les problèmes des données et de leur interprétation, des corrélations
encore quasi-inexistantes, de la terminologie foisonnante et peu précise, et des conditions
d'observation, primordiales dans cette recherche. Quant aux perspectives d'avancées, elles résident
dans l'élaboration de synthèses locales et régionales mais surtout dans la mutiplication des forages,
fonction des moyens disponibles.Bulletin de l'Association française 1988-2/3, pages 147-156
pour l'étude du Quaternaire
MODALITÉS ET CHRONOLOGIE
DE LA DÉGLACIATION WURMIENNE
DANS L'ARC ALPIN OCCIDENTAL
ET LES MASSIFS FRANÇAIS :
SYNTHÈSE ET RÉFLEXIONS
par Guy MONJUVENT * et Gérard NICOUD **
RÉSUMÉ
La synthèse des résultats exprimés dans les articles du colloque « Modalités et Chronologie de la déglaciation wurmienne dans l'Arc
alpin occidental et les massifs français » (AFEQ - Chambéry, 1988) fait apparaître un certain nombre de convergences dans la
paléogéographie et la chronologie de la glaciation wurmienne, en dépît de quelques divergences locales :
— une première avancée, maximale, des glaciers antérieurement à 38 400 BP;
— un premier interstade « mésowûrmien » débordant l'intervalle 38400-31 350 BP;
— une deuxième avancée (Récurrence), complexe, coupée par un interstade (« néowûrmien »), excédant l'intervalle
35 700-27 400 BP;
— un second interstade « néowûrmien » dépassant l'intervalle 27 400-19 350 BP;
— une dernière avancée, appartenant à la Récurrence, postérieure à 22 300 BP et sans limite supérieure précise.
La déglaciation, effectivement commencée dès le premier interstade, serait ainsi un phénomène complexe dans ses modalités et
de longue durée.
Outre ces résultats, on relève les problèmes des données et de leur interprétation, des corrélations encore quasi-inexistantes, de
la terminologie foisonnante et peu précise, et des conditions d'observation, primordiales dans cette recherche. Quant aux perspectives
d'avancées, elles résident dans l'élaboration de synthèses locales et régionales mais surtout dans la mutiphcation des forages, fonction des
moyens disponibles.
Mots-clés : Wurmien, déglaciation, modalités, chronologie, France, synthèse.
ABSTRACT
CONDITIONS AND CHRONOLOGY OF THE WURMIAN DEGLACIATION IN THE WESTERN ALPS AND THE FRENCH
MOUTAINS : SYNTHESIS ANS THOUGHTS.
Synthesis of the results given in the papers presented during the colloquium "Conditions and Chronology of the wurmian
déglaciation in the Western Alps and the French mountains" (AFEQ - Chambéry 1988) shows a certain number of convergences in the
paleogeography and chronology of the wurmian glaciation, despite some local divergences :
— a first and maximal advance of the glaciers before 38 400 BP;
— a first "mesowurmian" interstage overlapping the 38 400-31 350 BP interval;
— a second, complexe advance (Recurrence), within a "neowiirmian" interstage overlapping the 35 700-27 400 BP interval;
— a second "neowurmian" interstage overlapping the 27 400-19 350 interval;
— a final advance, during the Recurrence, and later than 22 300 BP with no precise upper limit.
The déglaciation, actually begun with the first interstage, exhibits complex features and is of large duration.
Besides these results, the problems of the datas and of their interpretation, of the nearly non-existant correlations, of the plentiful,
ill-defined terminology, and of the outstanding part played by the observation conditions, are emphasized.
Further prospects are not only completion of both local and regional syntheses, but even more important increasing the number
of drillings; the increase being governed by avalaible means.
Key-words : Wùrmian, déglaciation, conditions, chronology, France, synthesis;
* UA 69 CNRS, Institut Dolomieu, Université Joseph Fourier, rue Maurice Gignoux, 38031 Grenoble.
•• UA 69 Département des Sciences de la Terre, Université de Savoie, BP 1104, 73011 Chambéry- Cedex. 148
Les modalités et la chronologie de la déglaciation cuvette lémanique, et la cuvette lémanique. Le
wûrmienne dans les montagnes françaises, à l'excep complexe des « moraines internes » (Mandier)
tion des Vosges et des Alpes-Maritimes, ont fait montre cinq épisodes marqués par des fronts morai-
l'objet du colloque de l'Association Française pour niques : un épisode du Maximum d'extension, lég
l'Etude du Quaternaire de Chambéry (11-15 mai èrement en aval de l'amphithéâtre des moraines
1988). Les communications, rassemblées dans ce internes proprement dites, dit stade A (Béligneux),
et quatre épisodes de retrait dans l'amphithéâtre numéro spécial du Bulletin de l'AFEQ, sont ici
synthétisées. Il nous a paru opportun d'y apporter (B,C,D,E), le dernier correspondant à la fusion sur
nos réflexions pour souligner les problèmes ren place de l'extêmité du glacier. Une donnée chrono
contrés et favoriser la progression des idées nouv logique récente (Malville) conduit l'auteur à envisa
elles émises lors du colloque. ger deux hypothèses relativement à la déglaciation :
• Soit une déglaciation complète suivant le
« stade » du Maximum.
• Soit une déglaciation partielle avec persistance
de culots de glace morte alimentant les difféI. SYNTHÈSE DES RÉSULTATS (tableau I)
rents couloirs d'alluvionnement fluvio-glaciaire
successifs.
1. modalités de la déglaciation En Savoie (Monjuvent & Nicoud), n'existent les
traces que d'un seul épisode glaciaire (moraine
1.1. Dans les Alpes du Nord ont été examinés les unique) suivi par une déglaciation caractérisée par
glaciers du Rhône et de l'Arve. Les données de la fusion sur place, en milieu lacustre, du glacier
l'Isère- Romanche, proche, ont été jointes pour com tronçonné en multiples masses indépendantes de
plément. La vaste région rhodanienne a fait l'objet tailles très diverses, selon trois étapes majeures de
de trois études : le piedmont avec les moraines stabilisation dont la dernière est affectée par une
internes, la Savoie s.l. des moraines internes à la réavancée locale de la glace.
Tabl. 1. — Récapitulation des principaux événements glaciaires et non glaciaires dans les montagnes françaises (à l'exception des Vosges et
des Alpes Maritimes).
Table 1. — Summary table of glacial and not glacial events in French mountains (Vosges and Alpes Maritimes excepted).
Zones de ALPES DU SUD glaciation ALPES DU NORD JURA CORSE PIEDMONT SAVOŒ CHABUUS I ARVê
Clunato- Stratigraphie stratigraphie alpine
Holocène
Tardiglacuure Wurman Pléniglacuure supérieur supérieur (IH) .••?••■•
Dénékamp Inmod*
WûlMn' Hcngelo
Plémglaaaire Wûnruen inférieur inférieur (II)
Wûnruen précoce
Mehseyfl (D St Germain I
1 seule phase 3 phases d'er*- maximale suivie 1 phase paroxvs- 10 étapes de su- 2 phases den- retrait im 1 phase maxiPrincipaux événements 1 phase maxf- glacement dont 1 seule phase 1 phase glaciaire ^^ 2 episodes portant male sumedu gla cernent sépa la première es* glaciaire maxi 1 phase maximale suivie de 3 unique retrait important la confluence du J.vanceesscpa- réavancée dans res par 1 inter antcneureJ un male suivie d'ur retrait avec male et retrait stationnements et fusion sur puis d'un retour Rhone et les rees par un retrait les vallées pnna- stade "néowûr- étapes de stanon- glaciaires et non glaciaires Interlude avec une étape de stade de déplace en 3 étapes ite avec 3 os- moraines du Peni d ampleur et d< micn" avec arrets pdes nementset di de la stationnement crépitude ijeure» dllations negati Age glaoaire al durée inconnu* -retnitet engla- Bleone réavancées (localement ves (interstades) pin cement tardif réavancée 7)
•remplissage superposition de aresmorau»- 1 seul front mo- glado-lacustre et que» successifs et moraines et de ques successifs ramique post- arcs moraini- lacustre des ques successifs fluvtoglaaairo dépots intenta- dépôt intersta- Modalités arcs dans les vallées ques et/ou morgrands bunns -glaao-lacustre ques successifs et diaires diaires ques roques aines latérales -manteau et lacustre dans moraines -glaao-bcustre fluvio-glacuurc - fluvio-glaaaire •glacio-lacustre, pas de fronl -glaao-lacustre -dépôts juxtt- résiduelles unique sur le» s ombilics latérales (phénomènes principaux) -terrasses a Kct assoae -relations fiuvio- lacustre, palustre morainique et lacustre dans - 51*00 lacustre dépôts întcrsta- plateaux glaaams sur le ties dans les omb fluvio-glaciaire -glacio-lacustre moraines laté fhrno-glaaain les ombilics glaaaircetmann plateau moUs- -glaao-lacustre diaires et glaao-lacustre et lacustre ilics rales et terrasses a dans les vallées sique Kettles
Superpositions
(C/D
(G. Monjuvent C Nicoud avec le concours de a EllKher et P Mandirr) 149
stabilisation marqués par des arcs morainiques Dans la cuvette lémanique (Blavoux), se distin
guent deux avancées principales séparées par un successifs, dont la série n'est complète que dans le
secteur de Champagnole. important retrait :
— Une première, paroxysmale, au cours de la 1.4. Dans les Pyrénées (Andrieu et al), les
quelle le glacier atteint l'altitude de 1 250 m. Ce moraines wurmiennes dites « récentes » sont subdi
maximum est suivi de la disparition du glacier qui visées en moraines dites « externes », du maximum
laisse place à un lac très proche du Léman actuel d'extension, et en moraines dites « internes » cor
(premier interstade). respondant à la Récurrence, accompagnées de dé
pôts glacio-lacustres et lacustres. La réavancée — Une deuxième, mineure, le glacier n'atteignant
glaciaire n'est établie que dans la Garonne. La qu'une altitude de 850 m, au cours de laquelle trois
épais niveaux de sédiments lacustres et palustres déglaciation, commencée dès le retrait des moraines
« externes », est interrompue par plusieurs statios'interstratifient dans la moraine, constituant un
nnements en amont des moraines « internes » (3 ou deuxième complexe interstadiaire.
4 dans l'Ariège, dont un ou deux récurrents). — Puis la décrue finale est marquée par le dépôt
d'une série de moraines latérales accompagnées de 1.5. Dans le Massif Central (Elicher & De Gôer
terrasses de kame. de Hervé), les moraines internes, du maximum
La vallée de PArve (Dorthe-Monachon) montre d'extension, correspondent à des glaciers de calotte.
dix épisodes de déglaciation antérieurs aux moraines La déglaciation, accompagnée de phénomènes gla
du Petit Age Glaciaire, soulignés par des cio-lacustres et fluvio-glaciaires, est interrompue par
latérales, frontales ou des dépôts glacio-lacustres. Au une réavancée des glaciers de vallées (récurrence),
cours des trois premiers, le glacier de l'Arve est prouvée dans le Forez et l'Aubrac. Enfin une
dernière réavancée tardive se limite aux hautes jointif de celui du Rhône. Le quatrième (Rocailles)
est celui de leur séparation, avec une réavancée des vallées et cirques du Cantal.
seuls glaciers affluents (Giffre, Borne). Les six 1.6. En Corse (Conchon), où la glaciation se derniers seraient de simples épisodes de retrait. manifeste par de courts glaciers de vallée, trois
La vallée de l'Isère (Monjuvent) montre deux épisodes sont reconnus : le premier correspond aux
fronts morainiques largement séparés : un front des glaciers les plus longs ; le second, en retrait, pourrait
moraines internes, correspondant au maximum comprendre une réavancée (Restonica); le troisième
d'extension, un front des moraines récurrentes, est celui des glaciers de cirques.
recouvrant des dépôts glacio-lacustres de retrait du
premier épisodes (Romanche) et accompagné de
dépôts deltaïques contemporains (Isère). 2. Corrélations et hypothèses chronologiques
(Tableau II) 1.2. Dans les Alpes du Sud (Jorda) les modalités
diffèrent selon qu'il s'agit du glacier de la Durance 2.1. Dans la vallée du Rhône, les éléments de
ou des glaciers de la Bléone et du Verdon. chronologie n'existent que tout à l'aval, dans le
Une première avancée, antérieure au maximum piedmont, et tout à l'amont dans la région lémani
d'extension, n'apparaît qu'en Durance (moraine que.
fossile de Thèze), suivie par un premier dépôt de Dans le piedmont, le maximum d'extension des
déglaciation (poudingues de Durance). moraines internes, antérieur à 35 000 BP (I4C), est
Le maximum d'extension, général, est suivi de attribué à un Wûrrn « ancien ». Les quatre épisodes
trois stades de décrue (Durance) dont le premier est suivants sont rapportés à un Wiirm « récent »
matérialisé par les moraines internes du Poët, et du (20 000 à 14 000 BP) d'après les âges 14C de bois
dépôt de formations de climat tempéré (Le Baquin, inclus dans des basses terrasses loin en aval du front
Bléone). glaciaire (Péage de Roussillon). Mais la déglaciation
aurait pu commencer plus tôt d'après une datation Une dernière avancée, ou récurrence, s'accompa
26 470 BP (Biais, inédit) dans la série lacustre de gne de phénomènes d'obturation glacio-lacustre
Malville, en amont du système morainique interne. importants seulement en Durance-Ubaye.
En Savoie aucune datation n'existe. Cependant, La déglaciation finale comprend au moins deux
d'après des données indirectes (taux de sédimentatarrêts du glacier en aval de Gap (Durance), et un
ion du Petit Lac Léman), la déglaciation est estimée (Bléone, Verdon) avant les moraines de cirques.
antérieure à la fourchette 25 000-19 000 BP, et de
1.3. Dans le Jura (Campy & Richard), il est relevé longue durée (non précisée) d'après l'épaisseur
une avancée glaciaire unique constituée par une considérable des dépôts glacio-lacustres et lacustres
extension maximale (moraines internes multiples) qui remplissent totalement ou non les divers sur
suivie d'un retrait comportant cinq épisodes de creusements. 150
Tabl. 2. — Recapitulation des formations contenant du matériel daté, et des événements encadrants.
Formations datées : 1. sol. — 2. palustre. — 3. lacustre. — 4. glacio-lacustre (delta). — 5. glacio-lacustre (fond). — 6. fluvio-glaciaire (?).
— 7. cendres volcaniques. — 8. limite de datation « in situ » (lacunes non comprises). — 9. Limite de datation hypothétiques (par
comparaison). — 10. Episode marin froid. — 11. Indétermination ou inconnue. — 12. altitude de la formation datée.
Table 2. — Recapitulation of formations containing dated materials, and of previous and later events.
Dated formations : 1. soil — 2. marshy. — 3. lacustrine. — 4. glacw-lacustrine (delta). — 5. glacw-lacustrine (bottom). — 6. glacio-fluvial(?).
— 7. volcanic ashes. — 8. limit of datation «in situ » (gaps omitted). — 9. Limit of dotation (hypothetic). — 10. Oceanic cold episode. —
11. Indétermination or unknown. — 12. altitude of the dated formation.
1350. 12
La cuvette lémanique présente l'intérêt de disposer Ainsi le sixième « stade » (Les Houches) correspond
d'une série de datations en stratigraphie, cohérentes, rait au « stade rhodanien » de Montosset (Arn,
se rapportant à deux interstades. Le premier en 1984) attribué au début du Tardiglaciaire (Gschnitz),
possède deux, 34 500 et 32 000 BP, le second, et les trois derniers au complexe de l'Egesen (Dryas
complexe, quatre entre 26 200 et 23 500 BP. supérieur). Il en résulterait que la déglaciation se
serait produite dans un laps de temps très court. L'extension maximale, antérieure à 34 500 BP, est
attribuée au Wûrm moyen ou Mésowûrm, sinon à Dans la vallée de l'Isère, la basse terrasse deltaï
une période plus ancienne. que contemporaine de la Récurrence a été datée de
l'intervalle 34 300-24 700 BP (Hanss, 1973). Le Le premier interstade « mésowûrmien » débute
maximum d'avancée antérieur a été attribué au avant 34 500 BP et s'achève avant 26 200 BP.
Wûrm II, la Récurrence au Wûrm III. La deuxième extension, « néowûrmienne », dé
bute antérieurement à 26 200 BP et s'achève posté
2.2. Dans les Alpes du Sud, seul l'interstade rieurement à 23 500 BP.
néowûrmien de la Bléone est daté de 25 000 à Le deuxième interstade, complexe (Sionnex), est 20 000BP environ. Antérieurement, la première entièrement inclus dans la durée de la deuxième
avancée glaciaire durancienne (Thèze) est attribuée extension, et sa chronologie 14C est la même. au Wûrm moyen, II (avant 40 000 BP), l'interstade
La déglaciation finale, postérieure à 23 500 BP, mésowurmien (II-HI) estimé de l'intervalle
est jalonnée par une date 14 000 BP dans une ter 40 000-30 000 BP, et le maximum d'avancée des
rasse de kame de bas niveau. glaciers (Néowûrmien A) de 30 000 à 25 000 BP
Aucune datation n'existant dans la vallée de environ. Après l'interstade néowûrmien de la
l'Arve, une chronologie est tentée par comparaison Bléone, la deuxième progression glaciaire (Néo
avec les épisodes glaciaires de Suisse orientale, wûrmien B) se serait produite entre 20 000 BP et une
principalement sur la base d'analogies morpho-sé- date inconnue antérieure à 15 000 BP, époque à
dimentologiques et d'altitudes de limites des neiges. laquelle la déglaciation des grandes vallées est 151
complète (d'après la palyonologie). Le retrait défi II. PRINCIPAUX POINTS CLÉS
nitif des glaciers est estimé rapide et tardif.
2.3. Dans le Jura, le maximum d'extension et son 1. A propos de la glaciation wurmienne retrait, antérieurs au début du Tardiglaciaire ou
même à la fin du Pléni-glaciaire supérieur (Will) sur 1.1. Ses modalités la base de données palynologiques, sont estimés
Parmi les dix régions traitées, certaines ne sont entre 25 000 et 15 000 BP d'après la morphologie, la
concernées que par un seul glacier majeur (Rhône pédologie, les dépôts karstiques, l'archéologie et une
subdivisé en Piedmont, Savoie s.l., région lémani- lacune de dates 14C entre 24 000 et 16 000BP. La
que), d'autres comprennent plusieurs glaciers de libération des lacs successifs indiquerait une dégla
vallée (Alpes du Sud, Pyrénées, Corse), d'autres ciation très rapide.
enfin possèdent essentiellement des glaciers de
2.4. Dans les Pyrénées, d'après des données calottes émettant ou non des langues de vallées
chronologiques, palynologiques et sédimentologi- périphériques (Jura, Massif Central). En fait, deux
ques de sites lacustres en amont des moraines types glaciaires essentiels sont représentés : les ga-
wûrmiennes, le maximum d'extension précède la ciers de vallée dans les Alpes, les Pyrénées et en
déglaciation qui débute antérieurement à 38 400 BP Corse et les calottes glaciaires dans le Jura et le
(gave de Pau, Lourdes) et se poursuit jusqu'à Massif Central.
29 500 BP, le bassin de Lourdes étant alors déglacé. D'une façon générale la glaciation wurmienne La Récurrence (Garonne) est antérieure à 30 000 BP. apparaît complexe, avec une extension maximale La déglaciation définitive des vallées a lieu à partir (Maximum glaciaire), précédant une extension sede 27 000 BP (gave d'Ossau); en haute montagne, condaire (Récurrence), d'étendue plus limitée, le elle débute avant 21 300 BP (Vicdessos, 1 350 m) et Maximum n'étant pas nécessairement la première est déjà achevée vers 15 000 BP, avant le Tardiglac avancée (Durance). Seul le Jura n'aurait été le siège iaire. La déglaciation complète aurait donc nécess que d'une seule extension. En Corse cependant, la ité une durée de l'ordre de 12 000 ans à partir des Récurrence ne paraît pas formellement établie. moraines « internes » et de plus de 20 000 ans à
Une incertitude demeure sur l'ampleur du retrait partir des « moraines externes ».
des glaciers entre les deux avancées principales. Un
2.5. Dans le Massif Central, l'extension glaciaire recul significatif ne semble établi que pour le Rhône
maximale non datée mais antérieure à 28 000 BP dans le bassin lémanique. Partout ailleurs il y a
d'après l'âge de projections volcaniques superposées indétermination entre stationnement au cours du
à une moraine, est attribuée au pléni-glaciaire infé retrait (avec oscillations mineures possibles mar
rieur (WII). La Récurrence, anté-tardiglaciaire quées par la superposition de moraine à des allu
d'après les données palynologiques en Forez, voire vions fluvio-glaciaires ou glacio-lacustres), ou réa
même antérieure à 18 000BP, est considérée Pléni- vancée après un recul prononcé, du fait de l'absence
glaciaire supérieur (Wûrm final), de même que la de dépôts interstadiaires (au sens climatique) en
déglaciation des plateaux et vallées. Dans le Cantal, stratigraphie avec des moraines.
l'englacement tardif des cirques et hautes vallées Enfin l'interstratification de couches lacustro- serait tardiglaciaire. palustres et morainiques sur le plateau d'Evian
démontre que la Réurrence du glacier du Rhône n'a 2.6. En Corse, enfin, la première extension, an
pas été un phénomène simple, mais une succession térieure au « maximum mondial », est attribuée au
d'avancées limitées, interrompues par des arrêts Wûrmien moyen, la deuxième étant considérée
voire des reculs, le tout pendant une durée assez contemporaine de ce maximum, daté de 21 230 BP
par les foraminifères et de 17 500 BP par l'18O dans brève. Le même schéma se rencontre dans la vallée
les carottes méditerranéennes les plus proches. La de PAriège (Pyrénées), à une échelle plus réduite.
troisième est attribuée au Dryas I bien que l'Allerôd
1.2. 5a chronologie n'ait pas été formellement reconnu dans les cirques
correspondants. La déglaciation totale est estimée * Une grande indétermination règne sur l'âge du achevée voici 12 000 ans.
Maximum d'extension des glaciers. Il n'y a aucune
datation de la limite inférieure des moraines internes
et les âges de la limite supérieure sont toujours des
minima. Ainsi les moraines internes du Rhône sont
antérieures à 35 000 BP (Béligneux) ou 34 550BP
(Léman), de l'Isère à 34 300BP, des Pyrénées à
38 400 BP (Gave de Pau). Les auteurs les attribuent
à un Wûrm « ancien », à un Mésowurmien, au 152
Wiirm II ou n'expriment pas d'opinion. Le cas de des moraines pour le Rhône (Léman), dans des
la Durance est particulier car une première exten alluvions fluvio-glaciaires pour la Bléone. Son âge
sion, d'ampleur moindre et antérieure au Maximum, souffre des mêmes incertitudes chronologiques aux
se situerait lors d'un Wûrm « moyen » (II) antérieur limites que pour la Récurrence. La seule différence,
à 40 000 BP. Pour le Massif Central les moraines considérable, est qu'il s'insère à l'intérieur de la
internes sont antérieures à 28 000 BP mais attribuées Récurrence pour le Rhône alors qu'il séparerait le
aussi à un Wiirm IL En Corse elles sont regardées Maximum de cette Récurrence en Bléone. L'inter
comme Wûrm moyen par antériorité aux moraines valle chronologique, très voisin, est de > 26 200 à
< 23 500 pour le Rhône et de > 25 000 < 20 000 plus récentes parallélisées au maximum glaciaire
« au sens mondial ». Dans ces cinq domaines, le pour la Bléone. Dans les deux cas il est dénommé
maximum d'extension est donc un Wûrmien relat « interstade néowûrmien ».
ivement ancien, moyen ou inférieur, que l'on a * Quant aux épisodes récents ils sont attribués au
tendance généralement à rapporter à la première Wûrmien final et au Tardiglaciaire dans les vallées
grande période froide du Wûrm des courbes paléo de l'Arve (Bûhl = Rocailles — « stade » 4 —,
climatiques. 17 000BP à Egesen, Dryas III, pour les stades à
Ce n'est que dans les Alpes du Sud et le Jura que partir de Chamonix), au Tardiglaciaire dans le
les moraines internes sont attribuées à un Wûrmien Cantal et au Dryas I en Corse. Les Alpes du Sud,
récent : Néowûrmien A antérieur à 24 000 BP pour qui possèdent une chronologie très complète, n'ont
la Bléone, de l'intervalle 25 000-15 000 BP pour le pas été traitées ici.
Jura.
* L'interstade qui fait suite, nommé « mésowûr- 2. A propos de la déglaciation mien » dans les Alpes, est bien repéré stratigraphi-
quement sinon chronologiquement en région léma- 2.1. Ses modalités nique et dans les Pyrénées, beaucoup moins bien en La vue qu'ont les auteurs de la déglaciation Durance (pédogenèse). Il débuterait et se terminerait
wûrmienne dépend en premier lieu du secteur respectivement pour le Rhône avant 34 500 BP et
étudié. Jura, Massif Central et Corse sont pris en avant 26 200 BP, pour les Pyrénées avant 38 400 BP
compte dans leur totalité. Dans les Alpes, seule la (Lourdes) et avant 30 000BP (Garonne). En Du
vallée de l'Arve a fait l'objet d'une étude jusqu'aux rance il est supposé se situer approximativement
moraines du Petit Age Glaciaire. Ailleurs, sauf entre 40 000 et 30 000 BP.
partiellement dans les Pyrénées, seules les basses
* L'âge de l'épisode glaciaire suivant (localement vallées ont été prises en considération. Les conclu
Récurrence) est relativement mieux cerné, bien que sions sont donc partielles ou relativement complètes
ses limites inférieure et supérieure soient toujours selon le secteur considéré.
datées par défaut ou par excès du fait des conditions D'une manière générale la déglaciation est regarstratigraphiques et des lacunes, toujours chronologi dée comme l'ensemble des phénomènes qui suivent ques sinon stratigraphiques. De 20 000 à 14 000 BP le maximum d'avancée des glaciers, quel que soit dans la zone des moraines internes du Rhône (à l'âge qui lui est attribué. Elle comprend donc tous moins que la limite inférieure ne soit antérieure à les éléments du retrait des glaciers tels que moraines 24 730 BP), de > 26 200 BP à < 23 500 BP pour le frontales et latérales, dépôts fluvio-glaciaires, gla- Rhône lémanique, de 34 300 à 24 700 BP pour l'Isère cio-lacustres, lacustres, palustres situés notamment (intervalle chronologique maximum), de > 20 000 à en amont des arcs morainiques voire interstratifiés > 15 000 BP dans les Alpes du Sud, de > 30 000 BP avec des dépôts glaciaires. (Garonne) à > 21 300 BP (Ariège) pour les Pyrénées,
La déglaciation peut être perçue comme simple anté-tardiglaciaire voire ante 18 000BP pour le
ou complexe : Massif Central, présumé contemporain du Maxi
mum glaciaire « au sens mondial » de 21 230 BP * Simple selon le modèle du Jura : retrait général
(foraminifères) ou 17 500 BP (180) pour la Corse. Il accidenté par cinq stationnements. C'est aussi le
y a ici une assez remarquable convergence chronolo schéma de la Corse, bien qu'une récurrence locale
gique pour situer ce deuxième (ou troisième dans le soit possible.
cas de la Durance) épisode glaciaire au Wûrmien * Complexe selon tous les autres modèles. Le supérieur, ou Wûrmien III, malgré quelques diffé maximum de complexité est atteint par le Rhône où rences mineures, mais significatives cependant pour deux interstades majeurs sont mis en évidence : un la Bléone, où il serait plus tardif. premier, mésowûrmien, au cours duquel un retrait
* Le second interstade est bien repéré chronologi important du glacier se produit, un second composé
quement et stratigraphiquement par des dépôts d'une série d'interstades mineurs plus limités inclus
climatiquement interstadiaires, interstratifiés dans dans la réavancée « néo wûrmienne ». Des intersta- 153
des climatosédimentaires sont aussi reconnus dans 1.1. Données directes :
les Alpes du Sud, les Pyrénées, le Massif Central,
Ne doivent être considérées comme directes que mais en dehors d'un contexte stratigraphique indis
les données se rapportant exclusivement à un dépôt cutable (superposition à des moraines). La question
traduisant directement le phénomène considéré. Par d'un recul précédant une réavancée est pendante.
exemple, un événement glaciaire ne peut être indubiDans l'Isère et l'Ariège une ou deux réavancées sont
tablement représenté que par un dépôt formé dprouvées stratigraphiquement mais l'ampleur du
irectement par le glacier, sans intervention d'agent retrait précédent est inconnue. Dans l'Arve, une
autre, donc par une moraine. Une nappe fluvioréavancée des glaciers affluents accidente le qua
glaciaire ou des alluvions glacio-lacustres contemportrième stade de retrait (Rocailles), sans réavancée du
aines sont des données indirectes dont la valeur est glacier principal.
étroitement fonction de leurs relations physiques
avec la moraine correspondante, et de toutes façons 2.2. Sa chronologie
moindre.
* Le début de la déglaciation, correspondant au En matière de chronologie, un élément de data
premier interstade, est ancien pour le Rhône (anté tion n'a de valeur que s'il n'est pas remanié, donc
rieur à 34 550 BP), l'Isère (antérieur à 34 300 BP) et en place, et en stratigraphie c'est-à-dire en contact
les Pyrénées (antérieur à 38 400 BP), mais récent direct avec une formation bien définie. Par exemple
pour la Bléone à 25 000 BP et postérieur des couches de tourbe non remaniées interstratifiées
à 30 000 BP). dans un complexe morainique ont une valeur chro
nologique indiscutable ; des fragments de bois reman* Après le retrait, d'ampleur inconnue, précédant
iés dans une moraine ont une valeur bien moindre, le deuxième stade (Récurrence), la déglaciation
sinon nulle, car on ne sait d'où ils viennent, quel finale commence à partir de 27 000 BP pour les
chemin ils ont parcouru et en combien de temps Pyrénées (Gave d'Ossau), postérieurement à 23 500
depuis l'arbre originel ni même s'ils ont été repris pour le Rhône amont voire antérieurement à
d'une autre formation préexistante (a fortiori, un 24 730 BP pour le Rhône aval, postérieurement à
bois remanié dans des alluvions fluvio-glaciaires 24 700 BP pour l'Isère, à 20 000 BP pour la Durance,
pour dater la moraine et donc l'épisode glaciaire à 15 000 BP pour le Jura mais antérieurement à
correspondant). 18 000BP pour le Massif Central. Une tendance
semble donc se manifester pour un retrait final
relativement ancien, antérieur à 20 000 BP, le mieux 1 .2. Données indirectes : établi étant celui des Pyrénées.
La déglaciation complète des basses vallées n'est Doivent être considérées comme indirectes toutes
pas encore bien connue, sauf dans les Pyrénées où données autres.
elle interviendrait entre 27 000 et 21 300 BP (Ariège), * Ainsi, en lithostratigraphie, tous les dépôts dans les Alpes du Sud où elle est antérieure à d'origine glaciaire non morainiques, c'est-à-dire 15 000BP et dans le Jura où elle est anté-tardigla- formés non par le glacier lui-même mais par un ciaire. agent dérivé (eau courante terrestre pour une allu
vion fluvio-glaciaire, eau courante aboutissant dans
un lac pour les alluvions glacio-lacustres) sont des
données indirectes. Leur valeur relativement au
phénomène originel (le glacier donc l'épisode gla
III. PROBLÈMES SOULEVÉS ciaire) ne peut être qu'inférieure à celle du dépôt
direct (moraine), et fonction de la relation physique
qui existe avec le dépôt morainique considéré.
Trois problèmes principaux sont apparus au
* Quant à la chronologie, on doit reconnaître que cours du colloque : le problème des données et
la plupart des datations appartiennent à cette caténotamment de leur utilisation (ou interprétation),
gorie. Par exemple, un événement glaciaire reprécelui des corrélations et celui de la terminologie.
senté par un front morainique est estimé, dans le
meilleur des cas, à partir de l'âge de formations non
glaciaires datables encadrantes soit stratigraphique1. Données
ment, soit morphologiquement. Dans tous les cas,
une double indétermination entache la valeur de la Deux types de données sont à considérer : di
chronologie proposée : rectes et indirectes, concernant tant les dépôts et
— L'âge de la formation indirectement datée est leurs significations paléogéographiques que la chro
nologie. toujours un âge minimal ou maximal. 154
- La différence entre l'âge réel de cette format 3.1. Le Maximum est pris tour à tour dans un
ion à dater et celui de la formation datée résulte de sens :
l'existence constante de deux lacunes : — géographique ou dynamique : maximum d'ex
- une lacune stratigraphique, située à la limite des tension, d'englacement, d'avancée, d'englacia-
deux formations, se présentant sous trois as tion, phase d'extension maximale, stade
pects : absence de continuité sédimentaire, maximum d'avancée, etc.;
érosion intermédiaire, combinaison des deux. — climatique : maximum glaciaire, phase de
Sa durée est toujours inconnue. plénitude glaciaire,...
- une lacune proprement chronologique, concer — stratigraphique : maximum wûrmien,...
nant la formation datée elle-même. Le plus — mixte : maximum glaciaire wûrmien, épisode
souvent, les éléments datés ne se situant pas aux d'extension wûrmienne maximale.
limites lithologiques, l'âge de ces limites n'est — mal ou non défini : maximum mondial,...
pas précisément connu.
3.2. Un événement intervenant au cours d'une Or les incertitudes chronologiques inhérentes à glaciation est généralement désigné sous le nom de ces lacunes s'additionnent. En conséquence les âges
stade, phase, épisode, parfois étape. Ce peut être des limites stratigraphiques ne sont obtenus que par
également un événement au sens : excès ou par défaut, la durée séparant l'âge réel de — géographique ou dynamique : stade (ou phase l'âge maximal ou minimal restant inconnue.
ou épisode) maximum d'avancée (ou d'expan
sion maximale), de stagnation (stabilisation),
de progression, de retrait, etc. 2. Corrélations
— climatique : phase froide, glaciaire, de pléni
tude glaciaire, de déglaciation, épisode tardi- Ce problème se pose essentiellement pour la
glaciaire,... datation des formations, donc des événements qu'el — stratigraphique : stade tardif du cycle wûrmles représentent. A cet égard on peut distinguer deux
ien,... types de corrélations : — sédimentologique : épisode de progradation — La corrélation immédiate, qui est la relation morainique,... géométrique directe d'une formation à une autre — mixte : stade de progression (ou de réavancée, (moraine - alluvions fluvio-glaciaires dérivées par ou de régression) glaciaire, final de retrait,...
exemple). Cela suppose la continuité. — mal ou non défini : phase paroxysmale, maxi
— La corrélation à distance, qui nécessite la male, interstadiaire, stade du maximum,
présence d'un élément de corrélation concret : hori maximum, final,...
zon ou couche-repère, élément chronologique sûr... Seule l'étape est employée seule ou avec l'adjectif
En dehors de ces cas il n'y a pas corrélation, mais post-apogéïque.
seulement proposition ou hypothèse d'équivalence,
soit entre formations soit d'une formation à une 3.3. Quant aux subdivisions de l'étage wûrmien,
chronologie par exemple. elles font appel à la fois à des notions de chronol
ogie relative et de climato-stratigraphie, sinon à une A cet égard, on doit remarquer qu'aucune corréla
terminologie mal définie selon le cas : tion chronologique effective n'a été proposée dans
les travaux précédents. nuldéfiii Chronologie relatire Climato-stratigraphie
Tardiwûrmien Tardiglaciaire
Wûnn4
3. Terminologie Plém-Wûrm supéneur Wûrmien supérieur Pléniglaciaire supéneur
Wûrm récent Plémglaciaire récent
Wûrm supérieur On pourra constater, à la lecture des différents Néowûrmien, Néowûrm articles, l'extraordinaire variété des termes utilisés Wûrm III pour désigner une même notion ou un même événe Wûrm moyen Pléniglaciaire moyen ment, les nuances étant rendues par une non moins Mésowunmen
grande variété des adjectifs ou compléments destinés Mésowûrm
Wûrm II en principe à préciser la pensée de l'auteur. Nous
n'en prendrons que trois exemples relatifs aux Wûrm ancien Pléniglaciaire inférieur Plém-Wûrm inférieur
Eowûrm notions de Maximum (d'extension des glaciers),
Pré-Wûrm d'événement au cours d'une glaciation (« stade »), et Préglaciaire
aux subdivisions de l'étage wûrmien. Ce foisonnement et cette imbrication terminolo
gique, où les mêmes termes sont appelés à désigner
des notions différentes et où une même notion se