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Pratiques Argumentatives
Cours de Méthodologie philosophie à destination des L1
Séance 1
- Présentation/organisation -
Organisation du cours :
L'idée du cours est d'apprendre à faire de la philosophie. Qu'est- ce que
la philosophie ? C'est avant tout l'exercice de la rationalité pour in terroger
tous les objets possibles. Le discours philosophique vise essentiellement à être
rationnel (à vivre de manière plus rationnelle, pour vi envr eh ar« monie avec
ses idées ») et à rendre autrui plus rationnel. Il le fait en défendant d es thèses
ou des idées (qui vont, le cas échéant, infuer sur la façon dont vous mènerez
votre vie – des idées pour savoir comment vivre, ou, pour retrouv er une
défnition platonicienne, pour vivreb ien) – et pour ce faire, il utilise une
certaine argumentation qui permettra, le cas échéant, de trouver le vrai (c'est-
à-dire encore chez Platon, les principes de la vie bonne). Argumenter, c'est-à-
dire à raisonner avec desargum ents. Car, si vous savez généralem ent
raisonner, de manière informelle, dans la vie de tous les jours (plus o u moins
vaguement, plus ou moins adroitement), vous ne maîtrisez pas
nécessairement totalement les principes qui permettent à un raisonnem ent
d'être argumenté. Qu'est-ce qu'être argumenté ? C'est le fait d'apporter une
preuve, ladite preuve venant contrôler la validité de votre discours (sa vérité
ou sa fausseté pour le dire vite – disons son admission au titre du discours
valable). En sciences, il est assez ...

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Pratiques Argumentatives Cours de Méthodologie philosophie à destination des L1 Séance 1
- Présentation/organisation -
Organisation du cours : L'idée du cours est d'apprendre à faire de la philosophie. Qu'est-ce que la philosophie ? C'est avant tout l'exercice de la rationalité pour interroger tous les objets possibles. Le discours philosophique vise essentiellement à être rationnel (à vivre de manière plus rationnelle, pour vivre « en harmonie avec ses idées ») et à rendre autrui plus rationnel. Il le fait en défendant des thèses ou des idées (qui vont, le cas échéant, inFuer sur la façon dont vous mènerez votre vie – des idées pour savoir comment vivre, ou, pour retrouver une dénition platonicienne, pour vivrebien) – et pour ce faire, il utilise une certaine argumentation qui permettra, le cas échéant, de trouver le vrai (c'est-à-dire encore chez Platon, les principes de la vie bonne).Argumenter, c'est-à-dire à raisonner avec desarguments. Car, si vous savez généralement raisonner, de manière informelle, dans la vie de tous les jours (plus ou moins vaguement, plus ou moins adroitement), vous ne maîtrisez pas nécessairement totalement les principes qui permettent à un raisonnement d'être argumenté. Qu'est-ce qu'être argumenté ? C'est le fait d'apporter une preuve, ladite preuve venant contrôler la validité de votre discours (sa vérité ou sa fausseté pour le dire vite – disons son admission au titre du discours valable). En sciences, il est assez facile apporter des preuves de son discours : il suft de se confronter aux faits, ou sinon d'être cohérent avec l'ensemble de la théorie admise. Pour le dire grossièrement, une hypothèse scientique va être dite vraie lorsque ce qu'elle dit/ou prédit est validé par ce qui se passe. Or certaines disciplines scientiques procèdent néanmoins avec des preuves d'un autre type ; ainsi les mathématiques ne s'appuient pas sur des faits concrets (ou des faits d'observation – sauf à comprendre d'une manière très
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particulière les «faits mathématiques»). Elles procèdent par démonstration mathématique, c'est-à-dire par axiomes et démonstrations en fonction de ces axiomes. La logique (que vous étudiez par ailleurs) fonctionne de manière semblable : il s'agit de formuler des déductions (certaines) à partir de prémisses ou d'hypothèses. La logique apprend à formuler des raisonnementsnécessairementcorrects (qui, en vertu de leur forme, ne peuvent pas être faux). Mais qu'en est-il du raisonnement philosophique ? S'il peut parfois prendre appui sur des faits, ceux-ci ne viennent pas conrmer au sens fort des hypothèses : le discours philosophique n'est pas hypothético-déductif, parce qu'il porte généralement sur des faits de discours (sur d'autre discours), lui permettant néanmoins de traiter du réel (c'est une autre question). Le discours philosophique doit-il alors être purement logique ? Certains ont pu le penser et, assurément, la logique est une aide nécessaire pour former des raisonnements justes (et pour repérer les raisonnements manifestement faux). Mais la philosophie vise-t-elle le nécessairementet formellement vrai – ou seulement le probable et vérié par des faits ? Ses raisonnements ne sont-ils pas plus substantiels que ceux formalisés par la logique (qui ne s'attache pas au contenu) ? Reste en effet que le discours philosophique a une forme propre de structure argumentative, qui ne s'éloigne pas énormément, au niveau des moyens, des outils mis à disposition dans le langage ordinaire : son moyen, comme on l'observe dès ses débuts, c'est ce que Platon avait appelé la « dialectique »,la discussion argumentée des thèses opposées, visant à convaincre, mais là encore, uniquement par des moyens rationnels (en respectant une certaine logique, c'est-à-dire en n'employant pas des raisonnements viciés, tordus, ce qu'on appelle des « sophismes »). Ce cours aura donc pour but d'identier les manières de faire de la dialectique en tant qu'elle est un discours rationnel argumenté visant le plus vrai possible (attention : parfois il y a une acception négative de la « dialectique »comme discours du sophiste ; ce ne sera pas le cas ici). Pour
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cela, il s'agira notamment de lire des textes philosophiques pour repérer des structures argumentatives qui y sont à l'oeuvre ; il conviendra également d'apprendre à argumenter, en travaillant à défendre des thèses, de manière solide. On s'aidera pour ce faire d'un manuel dans lequel gurent des exercices de ce type (ainsi que des explications pertinentes). Ce cours demandera donc plusieurs choses de vous :d'une part de faire les exercices et, d'autre part, le cas échéant d'intervenir en classe pour animer la discussion, pour élever des objections, expliciter vos désaccord, ou au contraire défendre une thèse donnée, dire pourquoi vous trouvez cela intéressant, juste, ce que cela aide à penser. Ce sera une façon pour vous de vous exercer à l'argumentation avec vos pairs (et de préparer l'évaluation de n d'année). C'est après tout un des buts et une des joies de l'exercice de la philosophie : apprendre à raisonner pour défendre ce que vous pensez en essayant de convaincre, par des arguments juste, du bien-fondé de ce que vous pensez, surtout dans le cadre de la philosophie pratique : d'une certaine façon, c'est ce que vous faites constamment . Prenez-le donc comme une sorte de jeu. Certaines parties du cours (mineures) consisteront en l'exposé de quelques principes argumentatifs et rhétoriques, qui vous faudra apprendre et avec lesquels vous pourrez travailler.
Bibliographie : Très sommaire : on travaillera essentiellement sur un livre d'exercices H. Laramée, . Doyon, G. Mosquera, G. Vigneault,L'art du dialogue et de l'argumentation, Chènelière Education, 2009 (15 euros)
Toutefois, il peut également être utile de consulter: 1/ Votre livre de Terminale 2/ Platon,Gorgias, Paris : G, trad. fr. L. Brisson, 1993.
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3/ L. Bouquiaux & B. Leclerq,Logique formelle et argumentation, Bruxelles : De Boeck, 2009.
Rappel sur les méthodes de travail en philosophie (et dans les études en général) - Venir en cours régulièrement ( TD étant obligatoire) - Relire le cours et le travailler (ici rendu obligatoire pour pouvoir participer aux TD) - Lire et travailler les textes conseillés – c'est important en philosophie où il s'agit notamment de travailler avec des textes qui ouvrent précisément la reFexion, qui font découvrir de nouvelles choses. - Ne pas lireque cequi est conseillé : développer sa curiosité intellectuelle, tout en ayant une certaine rigueur (et en se faisant plaisir). aire en sorte d'être le prototype de l'honnête homme du 18ème siècle, curieux de tout et savant de tout, an de pouvoir aborder les problèmes avec l'esprit le plus curieux possible et avec le moins de préjugés possibles. Cela ne se fait que par une connaissance du monde, des autres cultures, des autres problèmes que purement philosophiques. Se tenir au courant de la science, des arts, des sciences, etc. Comment faire ? Bannir la télévision. Aller au cinéma (il y a de nombreux lms abordant des questions philosophiques), au théâtre, au musée, lire de la littérature (de la grande et de la moins grande) – ce n'est pas une perte de temps, c'est la meilleure façon de voir les choses importantes dans la vie et en philosophie. Se tenir informé de ce qui se fait en sciences : Pour la science,La Recherchemoins le feuilleter en bibliothèque) ; dans le (au monde : journaux nationaux et internationaux, mais la plupart mauvais. Le mieux, mais très exigeant (c'est-à-dire également très formateur) :Le Monde Diplomatique; ouCourrier International.Par contre, en ce qui concerne tout à la fois la culture générale et l'actualité de la réFexion philosophique, ne conseille pasPhilosophie Magazinece genre de choses : ne vous apprendront pas et
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grand-chose, parfois faux et réducteurs. Mieux vaut lire les textes eux-mêmes, ou alors de vraies grandes revues de réFexions philosophiques et spécialisées :Esprit,Les Temps Modernes, Cités, Critique, Le Débat, Mouvements (niveau assez facile) ;Revue de métaphysique et de morale,Etudes philosophiques, Revue internationale de philosophie,Philosophie(revues universitaires de niveau assez ardu). Ces titres vous donneront vraiment un aperçu de ce qui se fait en philosophique contemporaine, c'est-à-dire à quoi cela sert de faire des études de philosophie. -Travailler avec des outils : c-à-d d'abord avec des livres (également votre manuel de terminale, qui peut être utile) – lire avec un crayon à la main, pour prendre des notes, ou souligner – et relire ! A la n de chaque lecture, se demander ce qu'on a appris – essayer de résumer en quelques phrases l'objet du livre lu. Mais utiliser aussi des dictionnaires (de langue française, mais pas seulement !). Quelques références rapides : Un bon dictionnaire :Le Robert, ou mieux (à consulter en bibliothèque) : Le Grand Robert de la Langue Française, ouLe Robert culturel de la langue française.Porter attention à l'étymologie, qui renseigne sur l'histoire du sens du terme. Une encyclopédie (en bibliothèque) :Encyclopedia Universalis (articles écrits généralement par des spécialistes de la question, donnent une bonne première approche).A la rigueur, Wikipédia (sur le net), mais pas très précis et parfois faux, ou même pas faux, mais pas vrai non plus. Mieux : encyclopédie philosophique :L'univers philosophique(PU) (uniquement en bibliothèque). (Dictionnaire de philosophie de Lalande peut parfois être intéressant, mais il est « daté »). Un dictionnaire des synonymes Un dictionnaire de grammaire (et de conjugaison) française (à utiliser impérativement quand vous écrivez !) : le mieux, c'est leGrévisse, dit encore « Le bon usage ».
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- Prendre le temps de la réFexion – c-à-d ne pas s'y prendre la veille au soir pour rédiger le devoir... Y réFéchir avant, faire quelques lectures, des recherches, laisser du temps, puis y revenir. - aire un brouillon quand vous faites un devoir sur table. - aire un plan !!! Avec d'abord construction d'uneproblématique, qu'il s'agisse d'une dissertation ou d'un commentaireun commentaire ou une simple. Dans lecture, cela nécessite d'abord de bien identier le THEME du texte, puis la (ou les) THESE(s) du texte, qui répondent précisément aux problèmes posés. Vous n'avez pas trouvé la problématique d'un texte tant que vous ne savez pas quelles sont les réponses abordées. De la même façon, dans une dissertation ou un essai, vos réponses devront s'articuler de manière progressive à laproblématiquedénie à partir de la question posée. Déf. duthème : ce dont parle le texte – ou la thématique générale dans laquelle s'inscrit un sujet (un pb.). Par exemple, le thème de « Peut-on douter de tout ?» est celui de la connaissance. Il s'agit donc d'une thématique philosophique générale au sein de laquelle on peut travailler plusieurs questions. Déf. de laThèse :ce qu'il afrme, c'est-à-dire ce qui est soutenu. Cela suppose qu'elle a la forme d'une proposition, c'est-à-dire d'une phrase avec sujet-verbe-complément. On peut la formuler avec l'expression : l'idée estque le doute a des limites/que la connaissance n'est jamais certaineGénéralement,, etc. la thèse est soutenue par des arguments (qui ont une logique propre, qu'il s'agit par exemple d'expliciter dans un commentaire de texte) Déf. de laProblématiquec'est la question à laquelle répond ce : qu'afrme la thèse. Elle n'est pas nécessairement donnée telle quelle par le sujet. Il faut parfois la retravailler pour comprendre quel est le problème implicite d'un sujet.
En gros, construction d'unargument (qui,dans une dissertation, correspond à une sous-partie) = thèse (répondant à la problématique) +
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raisons de la soutenir + exemple venant appuyer cette thèse. Il s'agit donc de s'efforcer de montrer, pas tous les moyens rationnels (et seulement ceux-ci) que l'idée que vous défendez est correcte, juste, valable. Pour rendre la thèse plus concrète, fondée dans l'expérience (et parfois pour la rendre plus compréhensible), vous utilisez un exemple qui l'illustre. Naturellement, l'exemple seul ne suft pas – il faut analyser l'exemple pour dire en quoi il est une illustration de la thèse. - Être impérativement clair !!! «Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement» (Boileau)
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