Dieu existe-t-il ?
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Dieu existe-t-il ?

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Description

Tout sujet est susceptible de devenir un objet de la philosophie.
Pour autant la philosophie, comme la science, s'inscrit dans un monde fini, le plan du raisonnable. Il importe de discerner la posture philosophique de celle de la théologie, de la mystique ou du chamanisme, car si toutes les postures sont respectables en soi, elles ne s'inscrivent pas nécessairement dans le même espace de résolution.
Au regard de la question : "Dieu existe-t-il", c'est l'ensemble de ces problématiques que cet article entend traiter.

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Publié le 24 septembre 2017
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Langue Français
2.1.Dieu existe-t-il ? Marc Wetzel, mon professeur de philosophie, qui mavait invité à suivre ses cours dès la première, prétendait que cétait la seule question à laquelle la philosophie ne pouvait répondre. Je lui objectais quil nen était rien, en faisant la démonstration suivante :
Si nous acceptons que Dieu est le tout, linfiniment infini et si nous considérons quexister vient du latin Ex Sistere, ce qui par dérivation de lindo-européen, veut dire être placé en dehors (de soi)1, alors comment Dieu, linfinité de toutes choses, pourrait-il sortir en dehors de lui-même ?
La question ne serait donc pas  Dieu existe-t-il ?  mais plutôt :  Dieu est-il ?
Mais à partir du moment où nous nommons  Dieu , que nous le faisons concept, la question  Dieu est-il ?  se résout delle-même, et laisse en suspend la seule question qui persiste:  Quest-ce que Dieu ?  et cela, cest une question à laquelle chacun répondra selon son intime conviction.
Cest une question subtile qui se perd dans la confusion entre lêtre et lexistence.  chaque fois que vous serez interpellé sur  lexistence de Dieu , par vous-même ou par un autre, questionnez,  mais quest-ce que Dieu, selon vous ? . Savourez la réponse, voyez que la question de lexistence de Dieu recouvre, le plus souvent, la volonté daffirmer pour tous ce que Dieu est intimement pour soi. Si toutes les formes dêtre de Dieu sont respectables, lexistence de Dieu, cest la misère du monde. La preuve ontologique2(étude de lêtre) de lexistence de Dieu est par définition une absurdité et une forfaiture linguistique. Car en démontrant  lestre Dieu , elle prétend prouver lexistence de Dieu, en se jouant de la confusion majeure qui persiste entre être et exister.
 Dieu est, donc il existe , est une déduction abusive, sans aucun fondement. Il devient urgent den finir avec cette supercherie.
Les Martiens sont des êtres imaginaires sensés peupler la planète Mars, mais jusquà preuve du contraire, ils nexistent pas, pas plus que le père Noël, et dieu sait pourtant si nous en avons des représentations et des représentants du Père Noël.
Ma fille Roxane a déclaré un jour du haut de ses six ans :  Dieu, cest comme le vent ! Tu ne peux pas le voir, pas mais tu peux le sentir et lécouter quand il souffle dans les arbres .
Il serait intéressant denvisager un tableau de classification des concepts de  Dieu . Dun côté, nous classerons les conceptions dun Dieu incarné, fait de chair ou dune quelconque matière. Ce sont des représentations de Dieu monstrueuses, animalières, anthropomorphiques ou même naturelles qui ont pour particularité de sinterposer entre les hommes et le monde. De lautre côté du tableau, nous placerons les conceptions matérialistes de Dieu, qui tendent à expliquer Dieu en tant que pure production conceptuelle de lhomme. Dieu revêt là une entité symbolique. Au centre, nous pouvons placer les conceptions métaphysiques de Dieu. Jentends par conceptions métaphysiques celles qui voient la manifestation de Dieu dans lordonnancement de la nature3 ou de lunivers. Cette manifestation peut aussi prendre forme dans le  corpus humanus , pour ceux qui ont voulu établir une analogie entre les neurones dun cerveau et les humains sur la terre. Pour ce faire, il faudrait que nous atteignions les cent milliards dhumains, et que chaque humain établisse des relations permanentes avec dix mille autres êtres humains. Nous en sommes loin, dieu 1 Sistere, issu de lindoeuropéen sta du verbe stare :  se tenir debout . 2 La preuve ontologique, Anselme – Archevêque de Caen – 12 siècle.3Spinoza