Poétismes et poétique de la prose d’Hérodote : étude linguistique et philologique, Poetisms and poetics of Herodotus’ prose : a linguistic and philological study
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Description

Sous la direction de Charles de Lamberterie
Thèse soutenue le 21 novembre 2009: Paris 4
En composant avec l’Enquête la première grande œuvre en prose de la littérature grecque, Hérodote marque un moment crucial de l’histoire des formes littéraires : il donne à la prose grecque ses lettres de noblesse, tout en se situant dans un rapport de filiation, sinon d’émulation, vis-à-vis de l’héritage poétique. L’auteur du traité Du Sublime ne le qualifie-t-il pas d’homêrikôtatos, tandis qu’Hermogène de Tarse évoque sa langue et son style comme étant des plus poétiques ? Il s’agit alors de comprendre comment cette prose, reconnue dès longtemps comme une prose d’art, se nourrit des éléments et procédés qui caractérisent la langue d’Homère et celle des poètes grecs : éléments phonétiques, morphologiques, syntaxiques, rythmiques, formulaires, lexicaux et compositionnels, convergeant en une esthétique de la poikilia et assurant à l’œuvre d’Hérodote, du point de vue des techniques d’écriture, une dimension proprement poétique.
-Hérodote
-Dialecte ionien
-Rythme
-Homère
-Langue poétique
-Lexique
-Tragiques et lyriques grecs
-Phonétique
-Réminiscences
-Prose grecque
-Morphologie
-Motifs
-Poésie grecque
-Syntaxe
-Composition poétique
Having created the first great work of prose in Greek literature, Herodotus stands at a momentous point in the history of literary forms : he ennobles Greek prose, not only as a continuator, but also as an emulator of the poetic heritage. Indeed the author of the Peri Hupsous calls him homêrikôtatos, and the rhetor Hermogenes describes his language and style as most poetic. We shall try to understand how such a prose, long acknowledged as Kunstprosa, is imbued with features and processes that characterize the language of Homer as well as Greek poetry, in the fields of phonetics, morphology, syntax, rhythms, formulae, lexicon and composition, converging towards an aesthetics of poikilia and endowing Herodotus’ work, as regards writing techniques, with a proper poetical dimension.
-Greek Poetry
-Rythm
-Antiquity
Source: http://www.theses.fr/2009PA040252/document

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Nombre de lectures 140
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Exrait




UNIVERSITÉ PARIS-SORBONNE




ÉCOLE DOCTORALE I – MONDES ANCIENS ET MEDIEVAUX
Laboratoire de recherche EA 1491

T H È S E
pour obtenir le grade de
DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS-SORBONNE
Discipline/ Spécialité : Etudes grecques
Présentée et soutenue par :
Karim MANSOUR

le : 21 novembre 2009

Poétismes et poétique de la prose d’Hérodote
Etude linguistique et philologique



Sous la direction de :

M. Charles de LAMBERTERIE Professeur à l’Université Paris IV


JURY :

M. Paul DEMONT Professeur à l’Université Paris IV Président du
jury
Mme Valérie FROMENTIN Professeur à l’Université Bordeaux 3
M. Charles de LAMBERTERIE Professeur à l’Université Paris IV
M. Jean-Pierre LEVET Professeur à l’Université de Limoges
M. Daniel PETIT Professeur à l’ENS de Paris

2 UNIVERSITE PARIS IV Ŕ SORBONNE
ECOLE DOCTORALE I Ŕ MONDES ANCIENS ET MÉDIÉVAUX



POÉTISMES ET POÉTIQUE DE LA PROSE D’HÉRODOTE
ETUDE LINGUISTIQUE ET PHILOLOGIQUE



THÈSE
pour obtenir le grade de
DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS IV
Discipline : Etudes grecques


présentée par
Karim MANSOUR
Et soutenue le 21 novembre 2009

Sous la direction de M. le Professeur Ch. de LAMBERTERIE



MEMBRES DU JURY :

M. Paul DEMONT (Paris 4)
Mme Valérie FROMENTIN (Bordeaux 3)
M. Charles de LAMBERTERIE (Paris 4 / EPHE)
M. Jean-Pierre LEVET (Limoges)
M. Daniel PETIT (ENS-Ulm)
3
REMERCIEMENTS


Mes remerciements vont d’abord à M. Charles de Lamberterie, dont les cours et les
séminaires pétris d’érudition m’ont formé à l’étude de la langue grecque et qui a dirigé mes
travaux de recherche de la maîtrise à la présente thèse, me faisant partager un peu de sa
connaissance supérieure de la langue et me prodiguant toujours ses conseils avec la même
bienveillance ; il va sans dire cependant que je reste seul responsable des défauts de ce travail.

Je remercie aussi Mme Françoise Skoda, professeur émérite de linguistique grecque, dont
la rigueur méthodologique et scientifique a contribué pour beaucoup à me permettre d’obtenir
l’agrégation de grammaire, et à qui je dois en outre d’avoir pu exercer pendant trois ans les
fonctions d’allocataire moniteur à l’UFR de grec de l’Université Paris IV.

Je remercie enfin le directeur de cet Institut qu’est M. Paul Demont, la spécialiste des
historiens grecs qu’est Mme Valérie Fromentin et les éminents linguistes et philologues que
sont M. Jean-Pierre Levet et M. Daniel Petit, d’avoir accepté de composer le jury de cette
thèse.

Mais je tiens aussi à remercier tous les enseignants qui, depuis le commencement, ont su
nourrir en moi le goût de la langue grecque et des langues et littératures anciennes : je songe
ainsi à Mmes F. Borras et G. Vial, à MM. J.-L. Danty, Dionnet, J.-P. Robert (ý) et J.-M.
Vergé-Borderolle, enfin à Michel Boisset, à Mme C.-J. Nony et Mme M.-H. Menaut, pour les
marques d’amitié qu’il et elles m’ont témoignées au cours de mes études supérieures ; ainsi
qu’à Mme Nalini Balbir, pour m’avoir initié aux beautés du sanskrit.

Deux personnes enfin me sont chères, sans qui je n’aurais pu mener ce travail à bien :

Mon amie, Audrey, a su m’entourer de sa présence et de son soutien constants au long de
la période d’écriture ; je lui dois plus que je ne saurais dire.

Ma mère, m’a apporté au long de ces années de recherches un soutien indéfectible.
Je lui dédie ce travail.

Avec une pensée pour mon père, ma sœur et mon frère.


Lutetiae Burdigalaeque, augusto-septembri 2009.
5 SOMMAIRE


TOME I

INTRODUCTION 9

CHAPITRE I : PHONÉTIQUE ET MORPHOLOGIE POÉTIQUES 17

I. Poétismes phonétiques 19
II. Morphologie poétique 109

CHAPITRE II : POÉTISMES SYNTAXIQUES ET POÉTIQUE DE LA SYNTAXE 205

I. Poétismes syntaxiques de la phrase simple 209
II. Poétismes syntaxiques de la phrase complexe 261
III. Conclusion 295

CHAPITRE III : RYTHMES ET FORMULES POÉTIQUES 297

I. Introduction 299
II. Rythmes dactylico-anapestiques 304
III. Rythmes iambico-trochaïques 400
IV. Conclusion : le mélange des rythmes et l’esthétique d’Hérodote 447

TOME II

CHAPITRE IV : POÉTISMES LEXICAUX ET POÉTIQUE LEXICALE 451

I. Poétismes lexicaux 453
II. Eléments de poétique lexicale 648

CHAPITRE V : RÉMINISCENCES, MOTIFS ET COMPOSITION POÉTIQUES 663

I. Réminiscences et motifs poétiques 666
II. Composition poétique 782

CONCLUSION 805

BIBLIOGRAPHIE 813

TABLE DES MATIÈRES 831
7 INTRODUCTION


« Se tiennent alors les grands Jeux Olympiques : et Hérodote, considérant qu’avec eux
l’occasion lui était venue de la gloire qu’il convoitait, jetant ses regards sur cette assemblée
pleine de tous les Grecs où les meilleurs hommes de tous horizons se trouvaient réunis, se
présenta à l’opisthodome, en qualité non de spectateur, mais de concurrent aux Jeux ŕ et
s’exhiba en chantant ses Histoires et en charmant si bien le public présent, que ses livres, qui
étaient eux aussi au nombre de neuf, reçurent le nom de Muses ». C’est en ces termes que
Lucien, dans l’ouvrage qu’il consacre au premier grand prosateur de la littérature grecque,
1évoque la naissance de la gloire d’Hérodote .
L’Enquête d’Hérodote, ou ses Histoires, puisque cette œuvre connaît le privilège ambigu
de porter dans les langues modernes deux titres possibles, se présente en effet à nous comme
un ensemble de neuf livres dont chacun est placé sous l’autorité d’une Muse, le premier
s’intitulant Clio, puis Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Ouranie,
Calliope ŕ en parfaite conformité avec l’ordre donné par Hésiode aux vers 77 à 79 de sa
Théogonie. Si l’on pense aujourd’hui qu’il n’en était pas encore ainsi du vivant d’Hérodote, et
que ce patronage ainsi que la partition même de l’œuvre sont probablement dus aux
Alexandrins (ce qui rend quelque peu anachronique le témoignage de Lucien), du moins cette
tutelle poétique peut-elle apparaître comme significative, et le témoignage en question, revêtir
au-delà même de son inexactitude historique un caractère de véracité métaphorique, sinon
philologique ŕ en entendant par ce terme de philologie le goût et l’intérêt portés à
l’élucidation de problématiques littéraires.
Car si les Muses, en tant que filles de Mnémosyne, représentent d’abord un rapport à la
« mémoire » collective, donc au « savoir » traditionnel, rapport qui peut justifier leur
attribution à un texte qui se présente justement comme une « enquête », selon le sens
étymologique du nom ƒstor…h qu’emploie Hérodote pour définir la teneur de son œuvre en
son commencement (Proème), elles sont tout autant les « inspiratrices » du poète, auquel elles
délivrent la matière de son chant ŕ à commencer par l’aède homérique, qui les invoque afin
qu’elles s’expriment par sa voix. On sait qu’Hérodote lui-même ne se place en aucun cas sous
un tel patronage, et qu’il substitue au contraire à l’invocation traditionnelle la mention
autographe liminaire `HrodÒtou `Alikarnhssšoj « D’Hérodote d’Halicarnasse… » ; mais il
n’en reste pas moins que l’appellation postérieure ŕ et à plus forte raison alexandrine ŕ
donnée à son œuvre, apparaît comme un signe éloquent d’une composante poétique que les
Anciens avaient sans nul doute reconnue, et que ce présent travail voudrait mettre en lumière.

1 LUCIEN, Hérodote, I, 23 : 'En…statai oân 'OlÚmpia t¦ meg£la, ka• `HrÒdotoj toàt' ™ke‥no ¼kein oƒ
nom…saj tÕn kairÒn, oá m£lista ™gl…ceto, pl»qousan thr»saj t¾n pan»gurin, ¡pantacÒqen ½dh tîn
¢r…stwn suneilegmšnwn, parelqën ™j tÕn ÑpisqÒdomon oÙ qeat¾n ¢ll' ¢gwnist¾n 'Olump…wn pare‥cen
˜autÕn °dwn t¦j ƒstor…aj ka• khlîn toÝj parÒntaj, ¥cri toà ka• MoÚsaj klhqÁnai t¦j b…blouj
aÙtoà, ™nnša ka• aÙt¦j oÜsaj. ŕ Les traductions des textes grecs sont nôtres, sauf mention contraire.
9 Un héritage poétique

Hérodote occupe en effet une position singulière dans l’histoire de la littérature grecque,
et plus largement dans celle des formes littéraires. Auteur, ou plus justement compositeur de
la première grande œuvre écrite en prose grecque, il ne connaît pour ses prédécesseurs que les
poètes d’une part, au premier rang desquels figure Homère ; et de l’autre, des philosophes et
logographes, ioniens comme lui, qui se servirent d’une prose dont n’ont survécu que des
fragments, mais dont on sait qu’elle ne donna pas matière à une œuvre d’une telle envergure.
L’héritage littéraire reçu par Hérodote se révèle donc en grande partie poétique. Cela n’exclut
d’ailleurs pas qu’à côté de cette tradition qui remonte fort loin dans le temps, aient circulé
aussi des récits et des contes ŕ dont les Fables d’Esope offrent un exemple qui nous est
demeuré par écrit ŕ et dont on peut supposer antique l’existence orale : mais sur le plan des
textes littéraires, l’œuvre d’Hérodote apparaît bien en son immensité comme un authentique
commencement.
Or il est naturel dans ces conditions qu’en créant quelque chose de nouveau, et en
donnant en quelque sorte à la prose grecque ses lettres de noblesse, Hérodote ait connu
l’influence des textes qui l’ont précédé ŕ c’est-à-dire en particulier des poètes ; et que dans
son désir de hisser la prose au statut de texte littéraire, il ait eu recours notamment à des
procédés poétiques. Et il se trouve précisément que ces influences et ces tendances sont bien
documentées chez les Anciens.
Car les témoignages ne sont pas rares qui évoquent la langue et le style d’Hérodote
comme étant particulièrement poétiques, et qui vont jusqu’à faire de lui un « émule
d’Homère » ŕ depuis Denys d’Halicarnasse, qui mentionne « l’historien Hérodote » aux
côtés du « philosophe Platon » comme l’un des représentants de « cette harmonie dont le plus
2grand modèle fut le poète Homère » , jusqu’au Pseudo-Longin, qui dans un passage célèbre
3de son traité Du Sublime le qualifie d’`Omhrikètotatoj ; en passant par le rhéteur
Hermogène de Tarse, selon lequel la « langue ionienne » qu’emploie Hérodote est « poétique

2 D. H., Dém. 41 : TaÚthj tÁj ¡rmon…aj kr£tistoj ™gšneto kanën Ð poiht¾j ‚Omhroj, ka• oÙk ¥n tij
e‡poi lšxin ¥meinon ¹rmosmšnhn tÁj ™ke…nou prÕj ¥mfw taàta, lšgw dὲ t»n te ¹don¾n ka• tÕ semnÒn.
'Ez»lwsan dὲ aÙtÕn ™pîn te pollo• poihta• ka• melîn, œti dὲ tragJd…aj te ka• kwmJd…aj, suggrafe‥j
te ¢rca‥oi ka• filÒsofoi ka• ∙»torej. ‘Wn ¡p£ntwn memnÁsqai polÝ ¨n œrgon e‡h, ¢rkšsei dὲ tîn ™n
to‥j lÒgoij dunasteus£ntwn, oÞj ™gë krat…stouj eἶnai pe…qomai, dÚo parascšsqai mÒnouj,
suggrafšwn mὲn `HrÒdoton, filosÒfwn dὲ Pl£twna : ka• g¦r ka• ¢x…wma ka• c£rij aÙtîn ™pitršcei
ta‥j ¡rmon…aij ; cf. De comp. verb. 3 : Lambanšsqw dὲ poihtîn mὲn ‚Omhroj, suggrafšwn dὲ `HrÒdotoj :
¢pÒcrh g¦r ™k toÚtwn ka• per• tîn ¥llwn e„k£sai ; ib. 24 : Tîn d' ¥llwn Ósoi t¾n aÙt¾n mesÒthta
™pet»deusan, Ûsteroi mὲn `Om»rou makrù par' ™ke‥non ™xetazÒmenoi fa…noint' ¥n, kaq' ˜autoÝj dὲ e„
qewro…h tij aÙtoÚj, ¢xioqšatoi, melopoiîn mὲn Sths…corÒj te ka• 'Alka‥oj, tragJdopoiîn dὲ
SofoklÁj, suggrafšwn dὲ `HrÒdotoj, ∙htÒrwn dὲ Dhmosqšnhj, filosÒfwn dὲ kat' ™m¾n dÒxan
DhmÒkritÒj te ka• Pl£twn ka• 'Aristotšlhj : toÚtwn g¦r ˜tšrouj eØre‥n ¢m»canon ¥meinon
ker£santaj toÝj lÒgouj.
3 PS.-LONG., Per• Ûyouj 13.3 : MÒnoj `HrÒdotoj `Omhrikètatoj ™gšneto ; Sths…coroj œti prÒteron Ó te
'Arc…locoj, p£ntwn dὲ toÚtwn m£lista Ð Pl£twn, ¢pÕ toà `Omhrikoà ke…nou n£matoj e„j aÙtÕn mur…aj
Ósaj paratrop¦j ¢poceteus£menoj.
10

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