Regards américains sur l'unification monétaire européenne, les réactions américaines à l'introduction de l'euro - article ; n°1 ; vol.22, pg 123-135

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Histoire, économie et société - Année 2003 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 123-135
Abstract From the end of the 1960s to the creation of the euro, the official US position on European monetary unification has always been supportive. Yet this support has limits. American opinion has always favoured trade liberalisation as well as defence and security cooperation between Western European countries, but it has never displayed enthusiasm toward the goal of a common European currency. The European Economic and Monetary Union is an ambitious endeavour, based on political as well as economic interests, and there has been no unified American reaction to the creation of the euro.
Résumé L'étude menée depuis la fin des années soixante jusqu'à l'introduction de l'euro permet de souligner la constance de l'engagement américain en faveur de la construction monétaire. Mais elle révèle aussi les limites de ce positionnement officiel. Autant les objectifs de désarmement douanier et de coopération en matière de défense et de sécurité ont pu intéresser l'opinion américaine, autant celui d'unification monétaire, en lui-même n'a jamais suscité d'enthousiasme aux États-Unis. L'intérêt de l'examen des attitudes américaines par rapport à l'Union Économique et Monétaire est double du fait du caractère ambivalent d'un projet ambitieux, où les considérations politiques voisinent avec les intérêts économiques, mais aussi, parce qu'il n'y a pas eu de réactions uniformes à l'introduction de l'euro aux États-Unis.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 2003
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Dimitri Grygowski
Regards américains sur l'unification monétaire européenne, les
réactions américaines à l'introduction de l'euro
In: Histoire, économie et société. 2003, 22e année, n°1. pp. 123-135.
Résumé L'étude menée depuis la fin des années soixante jusqu'à l'introduction de l'euro permet de souligner la constance de
l'engagement américain en faveur de la construction monétaire. Mais elle révèle aussi les limites de ce positionnement officiel.
Autant les objectifs de désarmement douanier et de coopération en matière de défense et de sécurité ont pu intéresser l'opinion
américaine, autant celui d'unification monétaire, en lui-même n'a jamais suscité d'enthousiasme aux États-Unis. L'intérêt de
l'examen des attitudes américaines par rapport à l'Union Économique et Monétaire est double du fait du caractère ambivalent
d'un projet ambitieux, où les considérations politiques voisinent avec les intérêts économiques, mais aussi, parce qu'il n'y a pas
eu de réactions uniformes à l'introduction de l'euro aux États-Unis.
Abstract From the end of the 1960s to the creation of the euro, the official US position on European monetary unification has
always been supportive. Yet this support has limits. American opinion has always favoured trade liberalisation as well as defence
and security cooperation between Western European countries, but it has never displayed enthusiasm toward the goal of a
common European currency. The European Economic and Monetary Union is an ambitious endeavour, based on political as well
as economic interests, and there has been no unified American reaction to the creation of the euro.
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Grygowski Dimitri. Regards américains sur l'unification monétaire européenne, les réactions américaines à l'introduction de
l'euro. In: Histoire, économie et société. 2003, 22e année, n°1. pp. 123-135.
doi : 10.3406/hes.2003.2288
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hes_0752-5702_2003_num_22_1_2288AMÉRICAINS SUR L'UNIFICATION MONETAIRE REGARDS
EUROPÉENNE, LES RÉACTIONS AMÉRICAINES
À L'INTRODUCTION DE L'EURO
par Dimitri GRYGOWSKI
Résumé
L'étude menée depuis la fin des années soixante jusqu'à l'introduction de l'euro permet de sou
ligner la constance de l'engagement américain en faveur de la construction monétaire. Mais elle ré
vèle aussi les limites de ce positionnement officiel. Autant les objectifs de désarmement douanier et
de coopération en matière de défense et de sécurité ont pu intéresser l'opinion américaine, autant
celui d'unification monétaire, en lui-même n'a jamais suscité d'enthousiasme aux États-Unis. L'in
térêt de l'examen des attitudes américaines par rapport à l'Union Économique et Monétaire est dou
ble du fait du caractère ambivalent d'un projet ambitieux, où les considérations politiques voisinent
avec les intérêts économiques, mais aussi, parce qu'il n'y a pas eu de réactions uniformes à l'intr
oduction de l'euro aux États-Unis.
Abstract
From the end of the 1960s to the creation of the euro, the official US position on European mo
netary unification has always been supportive. Yet this support has limits. American opinion has
always favoured trade liberalisation as well as defence and security cooperation between Western
European countries, but it has never displayed enthusiasm toward the goal of a common European
currency. The European Economic and Monetary Union is an ambitious endeavour, based on poli
tical as well as economic interests, and there has been no unified American reaction to the creation
of the euro.
Après deux années d'existence virtuelle et quelques mois de circulation fiduciaire,
l'euro s'est installé confortablement dans le paysage monétaire international. On peut
regretter son cours erratique, déplorer qu'il n'ait pas supplanté le dollar comme monn
aie d'ancrage du système monétaire international, mais l'euro ne suscite plus les
passions; il est devenu le principal interlocuteur de la devise américaine. Au terme
d'un long cheminement, la construction monétaire européenne est parvenue à mettre
en œuvre cet obscur objet du désir européen. Pères fondateurs de la construction
monétaire grâce au financement de la reconstruction économique, acteurs intéressés de
l'intégration européenne, les États-Unis furent des témoins incontournables de l'unifi
cation monétaire. Pourtant, autant il est convenu aujourd'hui de souligner leur parrai
nage de l'œuvre communautaire, autant le bilan de leur participation à l'union
monétaire est ambigu à déterminer.
C'est que le processus de la construction monétaire est complexe. Il a mis en scène
des périodes contrastées des relations transatlantiques. Projet économique et financier
dont les acteurs de la vie politique européenne n'ont jamais voilé la finalité politique,
HES 2003 (22e année, n° 1) Histoire Économie et Société 124
l'Union Économique et Monétaire (UEM) est certainement l'un des premiers projets
ayant embarrassé la tradition américaine de soutien aux projets européens. Aussi bien,
il serait tentant d'envisager ces incertitudes sur le seul terrain des relations monétaires
transatlantiques. Bien entendu, l'appréhension américaine du processus d'unification
monétaire européen est fortement connectée au cours des relations monétaires euro-
américaines. Il reste que limiter l'analyse à l'étude des périodes d'affrontement et des
pics de solidarité monétaire occulterait le potentiel de l'UEM comme cadre d'analyse
de la politique économique extérieure américaine et plus largement des relations tran
satlantiques. L'intérêt de l'examen des attitudes américaines à l'égard de l'UEM est
double, du fait du caractère ambivalent d'un projet ambitieux, où les considérations
politiques voisinent avec les intérêts économiques, mais, aussi parce qu'il n'y a pas eu
de réaction uniforme à l'introduction de l'euro aux États-Unis.
Pour rendre compte de la diversité des réactions américaines, il nous a paru utile
de favoriser deux axes majeurs d'analyse, dans un premier temps, les sources de
l'indifférence américaine vis-à-vis de l'euro, cela par un tour d'horizon du regard amér
icain relativement aux autres étapes de l'intégration monétaire européenne. Enfin,
l'intérêt d'une étude des réactions américaines vis-à-vis de l'euro réside dans l'occa
sion qu'elle offre de mettre en évidence les rapports de force entre les différents
acteurs de la politique économique extérieure des États-Unis, en distinguant le rôle
moteur des milieux d'affaires américains capables de rallier les officiels à la cause de
l'euro, tandis que les milieux académiques sont restés réfractaires à la construction
monétaire européenne.
Une rupture par rapport aux premières étapes de l'UEM
Les mois précédant l'introduction de l'Euro au premier janvier 1999 ont marqué un
frémissement d'intérêt aux États-Unis vis-à-vis de la nouvelle devise européenne.
Auparavant, des économistes de Г Institute For International Economies avaient tiré la
sonnette d'alarme 1, l'Europe s'apprêtant à troquer ses devises nationales contre l'euro,
cela presque dans l'indifférence américaine. La mise en place de l'euro n'a pas captivé
l'opinion américaine, pour laquelle il s'est agi au premier chef d'une initiative euro
péenne. Cette posture fut d'ailleurs longtemps celle qu'adopta l'administration Clinton,
pourtant témoin de la longue marche européenne vers la monnaie unique. Cette indif
férence, justifiée un temps par les officiels américains par le refus d'ingérence dans les
affaires européennes, dissimule néanmoins des regards forts contrastés vis-à-vis de
l'euro. Une observation initiale nous conduit à souligner que les responsables polit
iques se sont déclarés favorables au processus, tandis que les milieux académiques
exprimèrent de fortes réticences dans l'ensemble.
L'étude menée depuis la fin des années soixante jusqu'à l'introduction de l'euro
permet de montrer la constance de l'engagement américain en faveur de la construc
tion monétaire. Mais elle révèle aussi les limites de ce positionnement officiel. Autant
les objectifs de désarmement douanier et de coopération en matière de défense et de
sécurité ont pu intéresser l'opinion américaine, autant celui d'unification monétaire en
1 . « Thus, the United States has not treated European monetary unification as a serious policy issue.
The completion of monetary union in turn would have far-reaching consequences for the United States and
international economic cooperation», dans C. Randall Henning, «Europe's Monetary Union and the United
States», Foreign Policy, 102, printemps 1996. Voir aussi, Fred. С Bergsten, «The impact of the Euro on
Exchange Rates and International Policy Cooperation», dans Paul R. Masson, Thomas H. Krueger, Bart G.
Turtelboom, EMU and the International Monetary System, Washington, DC, International Monetary Fund.
HES 2003 (22e année, n° 1) Regards américains sur l'unification monétaire européenne 125
lui-même n'a jamais réellement suscité d'enthousiasme aux États-Unis. L'opinion
publique néglige les débats de politique monétaire, du reste solidement organisés aux
États-Unis autour des auditions pluriannuelles du Président de la Réserve Fédérale
devant le Congrès réuni en Joint Economie Committee', seul l'arbitrage sur le niveau
des taux d'intérêt a pu occasionnellement alimenter la discussion sur le dosage des
instruments de politique économique et fiscale. De plus, sujet complexe, foncièrement
étranger aux préoccupations américaines, l'UEM a tardé à s'inscrire dans les faits de
la construction européenne. Pourtant, la neutralité américaine face au processus entamé
par le Traité de Maastricht puise ses racines dans un registre fort différent des étapes
antérieures de l'unification monétaire.
Un regard bienveillant à la fin des années 60
Au cours de la période qui s'étend de la fin des années soixante à la mise en
place du Système Monétaire Européen (SME), les réactions américaines vis-à-vis du
processus d'intégration monétaire sont appréhendées par rapport aux conditions pré
valant au sein du système international. En régime de changes fixes, avant
la rupture de Bretton Woods, le processus d'UEM a été envisagé comme susceptible
de soulager le fardeau du dollar et comme agent de réduction de l'asymétrie du système
monétaire international. Ensuite, des États-Unis, les projets d'unification monétaire
sont perçus par rapport à leurs implications pour le processus de réforme du système Ainsi, avec les crises à répétition du dollar, l'image de
l'UEM a été altérée par la nécessité de prendre en compte les intérêts monétaires
nationaux au sein des forums spécialisés, tels que le Groupe des 10 ou Comité des
20. L'attitude bienveillante à l'égard de l'UEM, héritée d'un consensus déjà fragilisé
par le mercantilisme européen lors de la négociation du Kennedy Round, est alors
battue en brèche.
À la fin des années soixante, les débats sur l'unification monétaire reçoivent un
accueil favorable aux États-Unis tant dans les milieux académiques qu'au sein de
l'administration. Le projet est perçu avant toute chose comme une étape logique de
l'intégration européenne, couronnement du désarmement douanier. Analysé surtout
dans sa finalité politique, notamment en termes de relance européenne après «l'hiver
communautaire» de la présidence du Général de Gaulle, il rencontre les faveurs du
Département d'État, mais aussi des ministères économiques, moins du Département du
Trésor que de la FED où l'aura du Chairman Arthur Burns lui permet de dominer les
débats économiques et monétaires. Arthur Burns 2 était favorable au renforcement des
solidarités monétaires européennes à condition qu'il soit compatible avec la philoso
phie du système monétaire international héritée de Bretton Woods. La bienveillance
américaine est d'ailleurs perceptible dans le vocabulaire utilisé pour décrire les discus
sions tenues à La Haye en décembre 1969. On évoque l'UEM en termes de solidarité
et non de bloc monétaire. Si l'exaspération européenne face à l'accumulation d'euro
dollars et à l'incapacité des États-Unis à régler l'hémorragie de leur balance des paie
ments ne passe pas inaperçue à Washington, l'UEM n'est pas envisagée comme étant
une remise en cause de la solidarité atlantique. Bien entendu, les États-Unis perçoivent
bien qu'il y a un rapport direct entre le délitement du système monétaire international
et la présentation de projets de coopération monétaire européenne. Et les projets
d'UEM comportent de véritables risques pour les États-Unis. Les «Six» pourraient
2. Wyatt Wells, Economist in an uncertain world: Arthur Burns and the Federal Reserve, 1970-1976,
New York, Columbia University Press, 1996.
HES 2003 (22e année, n° 1) .
1 26 Histoire Économie et Société
être moins enclins à l'ouverture sur l'extérieur 3. Les projets européens marquent
l'ébauche «d'une intervention conjointe contre le dollar»4 et de positions communes
plus fermement défendues au sein des enceintes monétaires internationales 5. En revan
che, les pouvoirs publics américains attendent des progrès de l'UEM un relâchement
de la pression sur le dollar.
Les débats sur les projets monétaires européens faisaient ressortir également les
faiblesses intrinsèques des projets d'UEM. Parmi ces symptômes identifiés par les
observateurs américains, on relève l'hésitation de la France et de la Grande Bretagne à
consentir les sacrifices nécessaires en termes de souveraineté monétaire, mais surtout
l'absence de convergence réelle entre les économies européennes, autant d'éléments
alimentant le scepticisme américain6. Mais l'élément dominant de l'analyse menée aux
États-Unis à la fin des années 60 tient au basculement progressif de la philosophie
monétaire américaine. Ce renversement porte sur le clivage entre les partisans des
changes fixes et des changes flottants 7, mais aussi sur l'opportunité de dévaluer le
dollar. Alors que le terrain idéologique des manœuvres monétaires de Nixon mûrit, le
fossé entre les stratégies monétaires américaines et européennes s'élargit. Ainsi, dès le
mois de janvier 1971, l'Europe ne suit plus les États-Unis lorsqu'ils baissent leurs taux
d'intérêt directeurs. La décision de l'administration Nixon le 15 août 1971 8, ne fit pas
qu'endommager les fondations de l'entente transatlantique, elle scella les bases d'un
grand écart en termes de philosophie monétaire. Après 1971, le principe du renforce
ment de la solidarité monétaire européenne est analysé à travers le prisme de la réfo
rme du système international. On entend par là que les initiatives
européennes de flottement concerté contre le dollar et conduisant par étapes au serpent
monétaire européen furent perçues aux États-Unis comme s'ajoutant aux autres para
mètres de la discussion sur l'architecture du système monétaire international. Ces ini
tiatives européennes ralentiraient-elles le passage aux changes flottants, souhaité
ardemment par Connally puis Schultz au Département du Trésor? Parmi les questions
affleurant avec les projets d'UEM se trouvait également celle du rôle de l'or au sein
des relations monétaires internationales. Au total, le renforcement des solidarités euro
péennes rendait le débat sur la réforme du système monétaire international plus urgent
et plus difficile pour les États-Unis 9. C'était pousser à leur terme les conclusions sur
l'existence d'une identité monétaire européenne que les excès de la politique monétaire
3. «The EEC may become more inward looking and adopt European rather than wider solutions to
international economic problems», Charles J. Siegman à Robert Solomon, «Comments on the Werner
Report», 06/11/1970, carton 114, Arthur Burns Papers, Gerald Ford Library, Ann Arbor, Mich.
4. «The EEC countries are moving toward a common intervention policy against the dollar», p. 5, EEC
proposals to narrow bands, 13/10/1970, Robert Solomon au Conseil des Gouverneurs, carton C15, Staff
Files, Gerald Ford Library.
5. «We can now expect a much tougher policy stance in the IMF and other international bodies», p. 2,
Charles A. Coombs à Arthur Burns, 01/10/1970, carton C16, Staff files, Gerald Ford Library.
6. Clyde Farnsworth, «Europeans press for a common currency», New York Times, 25/11/1970.
7. Edwin Dale, «70's could be the years Milton Friedman wins a war», New York Times, 11/01/1970.
8. Elle avait été préparée par deux étapes importantes. En premier lieu, la promesse de l'Allemagne de
ne pas convertir son stock d'or en dollars en contrepartie de l'engagement des administrations américaines à
faire échec aux amendements du sénateur Mansfield programmant un retrait massif de troupes stationnées en
Europe à des fins de stabilisation monétaire et financière. Enfin, en 1968, la pression sur le dollar était
temporairement relâchée avec la mise en place du double système de cotation de l'or.
9. « Under certain conditions, the international monetary reform discussions might become more urgent
as a result of a joint EEC float. In any case, a permanent EEC float would require a dramatic shift in the
process and in the content of the reforms discussions», Arthur Burns au Conseil des Gouverneurs de la
Réserve Fédérale, 02/03/1973, carton 55, dossier G10/EEC, Arthur Burns Papers, Gerald Ford Library.
HES 2003 (22e année, n° 1) Regards américains sur l'unification monétaire européenne 127
américaine ont contribué à affirmer 10. Et les aléas de la construction monétaire euro
péenne ont fini par endommager le crédit des projets européens. Car cette identité
monétaire commune n'était pas lue de la même manière par tous. Aussi, l'autre carac
téristique essentielle de la perception américaine des projets monétaires européens
après la rupture de Bretton Woods est-elle celle de la perte de confiance rapide en la
capacité des Européens à entreprendre le processus de fusion des souverainetés monét
aires. En effet, la double crise du dollar d'août 1971 et de mars 1973, en exposant le
déclin de la devise américaine, mit également à nu les faiblesses du projet européen.
De fait, les deux sorties du Serpent monétaire opérées par la France, d'abord en janvier
1974 puis en mars 1976, altérèrent durablement le crédit de la construction monétaire
outre-Atlantique.
La mise en place du SME marqua un point tournant dans la genèse de l'imagerie
américaine de la construction monétaire européenne. Le SME devint lui-même un
véhicule de représentations de l'UEM. En effet, si les considérations monétaires et
financières sont encore très présentes dans le débat, notamment lors de la mise en
place du SME, elles s'effacent progressivement au profit d'une mise en représentation
de plus en plus sophistiquée de l'économie européenne. Pendant la période menant
jusqu'au processus de Maastricht, les projets monétaires européens sont de moins en
moins perçus par rapport à leurs implications économiques ; peu à peu, le SME prend
la forme d'un miroir de représentations mutuelles.
Les désordres monétaires des années 1977-1978, le déclin du dollar et le sentiment
de plusieurs personnalités politiques européennes, notamment le chancelier Helmut
Schmidt, que le président des États-Unis Jimmy Carter serait incapable de restaurer la
stabilité économique internationale précipitèrent une initiative monétaire européenne.
L'acte de naissance du Système Monétaire Européen semble dépasser le triangle des
fondateurs européens, Roy Jenkins, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing. Cer
tains témoins n accordent au président Carter un rôle important dans le processus de
mise à l'agenda politique du SME. Les effets déstabilisateurs de la faiblesse du dollar
les deux premières années de la présidence Carter eurent un impact direct sur les
négociations menant au SME. De septembre 1977 à octobre 1978, le dollar américain
connut une dépréciation proche de 40 % vis-à-vis des principales devises européennes.
Le 1er novembre 1978, l'administration Carter annonçait un programme de sauvetage
du dollar, avec une indication ferme que la Réserve Fédérale de New York intervien
drait sur le marché monétaire pour éviter toute nouvelle dégradation de la devise. La
mise en place du système monétaire européen et l'annonce de ce plan offrirent l'une
des rares occasions de convergence monétaire entre les deux rives de l'Atlantique,
10. On retrouvera de manière récurrente la dialectique des États-Unis, agents fondateurs et acteurs
malgré eux du processus de la construction monétaire communautaire, et cela de la Conférence de Rome en
1971, véritable Europe's dollar Tea Party, aux excès de la politique monétaire de l'administration Reagan.
11. Sur le SME et l'irritation anti-Carter du chancelier Helmut Schmidt, voir: Roy Jenkins, European
Diary, 1977-1981, Collins, 1989; Helmut Schmidt, Men and Powers, a political perspective, New York,
Random House, 1987; Valéry Giscard d'Estaing, Le pouvoir et la vie, Paris, 1989; Jonathan Story, «The
launching of the EMS: an analysis of change in foreign economic policy», Political Studies, vol. 36, 1988.
Le chancelier Schmidt s'était risqué à soutenir le président sortant Ford lors de l'élection de 1976. L'arrivée
du président démocrate coïncida avec l'accumulation de plusieurs sujets de contentieux entre les États-Unis
et l'Allemagne. Au blocage de l'exportation d'équipements nucléaires allemands au Brésil, puis l'annulation
du projet de bombe à neutrons par Jimmy Carter, prenant de revers Helmut Schmidt lequel s'était prononcé
en faveur du projet par souci de solidarité transatlantique, contre sa propre majorité, s'était jointe l'irritation
allemande face aux multiples tentatives américaines, du sommet de Rambouillet au sommet de Hanovre, de
forcer la relance de l'économie de la RFA.
HES 2003 (22e année, n° 1) 128 Histoire Économie et Société
après la rupture du système de Bretton Woods. Deux préoccupations majeures guidè
rent la manière dont les officiels américains appréhendèrent le SME: le rôle joué par
l'or dans un premier temps, ensuite la nature de la devise d'intervention au sein du
mécanisme de change européen. L'objectif des pouvoirs publics américains fut de
s'assurer de la neutralité du dispositif pour le dollar. Pourtant, au sein de l'administra
tion américaine, la mise en place du SME donna lieu à une véritable passe d'armes,
notamment entre le Département du Trésor et le Département d'État. La position de la
Réserve fédérale fut certainement affaiblie par l'impossible succession du Chairman
Arthur Burns u. Dans l'ensemble, les observateurs américains ont reconnu la significa
tion politique de l'initiative européenne 13; l'impact du SME fut considérable au cours
de l'année 1978, y compris auprès des milieux financiers américains, alors lésés par la
spirale baissière du dollar 14.
Sous la présidence Carter, le processus d'unification monétaire européen continua
d'être perçu dans sa double finalité de nécessité économique et comme étape de la
construction européenne. La présidence Reagan marqua une rupture nette. Les difficultés
de mise en œuvre du système monétaire européen conduisant au report de l'entrée en
fonction du SME au second trimestre de 1979 et la suspension du projet de fusion
d'une partie des réserves monétaires européennes, discréditèrent les ambitions euro
péennes. Peut-on à ce moment faire abstraction de la nouvelle orientation de la polit
ique monétaire américaine, scellée par l'arrivée de Paul Volcker à la présidence de la
Réserve fédérale ? L'utilisation de nouveaux indicateurs de suivi de la masse monétaire
comme outil de lutte contre l'inflation, couplée à un programme de réduction massif
d'impôts alors que les dépenses de l'État furent maintenues à un niveau élevé, provo
qua la situation originale que connut l'économie américaine jusqu'au début des années
1990, soit un déficit public important et un cours élevé du dollar avant stabilisation.
Le mandat Reagan s'effectua dans un contexte de véritable affrontement monétaire
avec les alliés européens. La question de la surévaluation du dollar émailla la plupart
des discussions économiques transatlantiques 15. Il faudra attendre que les efforts de
lobbyisme des milieux industriels soient fructueux ainsi que le remplacement de
l'équipe monétaire Sprinkel-Regan par James Baker en 1985, pour que l'administra
tion américaine prenne conscience des distorsions majeures induites par la politique du
dollar fort. Ce sera surtout au travers de la représentation du dollar comme safe haven
que la ligne libérale affirmée avec force va trouver une correspondance au niveau des
représentations générées par le SME. Lorsque l'on considère l'analyse américaine du
SME sous le premier mandat de Reagan, le vocabulaire employé à l'égard du
mécanisme de change européen est éloquent: rigide, bureaucratique. Dans l'univers
lexical reaganien le système monétaire européen incarne à lui seul les difficultés de
l'économie européenne. Alors que les déséquilibres du curieux dosage monétaire et
12. Face au Département du Trésor, inquiet de voir les prérogatives du dollar entamée par la mise en
place d'un modèle réduit de FMI au niveau européen, le Département d'État est parvenu à jouer son rôle
d'avocat de la construction européenne, par l'activisme du Représentant auprès des Communautés
Européennes Deane Hinton et par l'entremise de Fred Bergsten, ancien du Trésor, passé en 1977 au
Département d'État au poste ď Under Secretary for International Economics. Du Sommet de Copenhague
en mars 1978 à Brème en septembre 1978, le Trésor a défendu au quotidien les intérêts monétaires américains.
13. Johnattan Spirak, «Europe's move toward stable currencies causes enthusiasm, and concern in US»,
Wall Street Journal, 30/10/1978.
14. Charles N. Stabler, «Ripple effects, decline of the dollar poses broad threats to American Economy»,
Wall Street Journal, 18/08/1978.
15. Robert Putman et Nicholas Bayne, Hanging together, cooperation and conflicts in the seven power
summit, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 1987.
HES 2003 (22e année, n° 1) américains sur l'unification monétaire européenne 129 Regards
fiscal érodent les convictions de l'administration Reagan, la voie européenne fait tou
jours figure de repoussoir 16. Le mécanisme du SME est alors un symbole fort de ce
contre quoi s'insurgent les architectes de la politique monétaire américaine. Le rejet de
l'intervention de l'Etat dans l'économie demeure un axe central de la philosophie éco
nomique endossée par l'administration 17.
On peut donc affirmer qu'avec le SME, les États-Unis cessent de percevoir la
construction monétaire européenne sous l'angle exclusif de l'économie et en tant que
projet d'intégration européenne. Le SME, notamment sous l'administration de Reagan,
a véhiculé des représentations de l'Europe économique et politique.
Avec la négociation du traité de Maastricht et la mise en place d'une monnaie
unique, cette évolution s'affirme encore. Pourtant, les réactions américaines vis-à-vis
de l'UEM marquent une véritable rupture. Elles suscitèrent un intérêt fort limité au
regard des implications potentielles pour les États-Unis et pour les relations économi
ques internationales. Toutefois, c'est l'essence même des déclarations vis-à-vis de
l'UEM et des stratégies des différents acteurs de la politique économique extérieure
américaine qui constitue l'élément le plus novateur de l'attitude américaine.
Les États-Unis restent en retrait du processus
Avec le règlement du contentieux sur la contribution britannique au budget euro
péen, la signature de l'Acte Unique en 1986 clôt une période morose pour la construc
tion européenne; clin d'oeil à l'histoire communautaire, le Livre blanc sur l'achève
ment du marché intérieur, d'inspiration libérale, relance de manière spectaculaire
l'entreprise communautaire. Sans effets directs sur la croissance européenne, l'Acte
Unique catalyse l'intégration. D'ailleurs, le succès du SME est un autre signe du
renouveau Deux indicateurs de la réussite du mécanisme de change
européen: après 1987, les modifications de parités sont minimes, tandis que l'ECU
connaît un développement inattendu sur le marché financier international. Le contraste
est tel avec la période antérieure, que les observateurs n'hésitent pas à parler de
«nouveau SME». Ces développements ne passent pas inaperçus aux Etats-Unis où les
déséquilibres du dollar fort exacerbent les tensions au sein de l'équipe économique.
Du Council of Economie Advisers (CEA), Martin Feldstein, l'un des artisans du pr
ogramme économique de 1981, appelle de ses vœux une politique d'intervention pour
stabiliser le dollar I8. Après l'ascension fulgurante du dollar dans la première moitié
des années 80, les autorités monétaires américaines ont éprouvé d'énormes difficultés
à en stabiliser la valeur. Dans la mesure où les tentatives de stabilisation montraient
rapidement leurs limites, l'éventualité d'une réforme du système monétaire dans son
ensemble gagna du terrain 19. Les autorités monétaires américaines éprouvèrent de
sérieuses difficultés à contrer les tentatives de réorganisation monétaires avancées
parle Congrès. Le SME cesse d'être un repoussoir20. Le développement de l'ECU
16. Voir mémorandum d'Arthur Burns à Donald T. Regan, International harmonization of monetary
politics, 13/04/1983, carton 163, Subject Files, President's Economic Policy Board, Donald T. Regan Papers,
Library of Congress, Washington.
17. Voir mémorandum d'Edwin L. Harper à Donald T. Regan, The markets- Common and free, 06/07/
1983, carton 50, Donald T. Regan Papers, Library of Congress.
18. Martin Feldstein, «Depressing the dollar, gently», Wall Street Journal, 09/11/1984.
19. Jacob A. Frankel, «The International Monetary System: should it be reformed», American Econo
mic Review, vol. 77, issue 2, Papers and Proceedings of the 99th Annual Meeting of the Economic
Association, 05/1987.
HES 2003 (22e année, n° 1) Histoire Économie et Société 130
financier séduit les milieux financiers américains. Finalement, l'amélioration de la
conjoncture économique européenne et le renforcement des contacts entre Washington
et la Commission Européenne après la mise en place de la Task Force on Internai
Market, contribuèrent à populariser aux États-Unis l'idée du renouveau de l'intégration
économique21. C'est donc dans un contexte extrêmement favorable que l'UEM fit son
retour sur l'agenda politique européen. Ainsi, les travaux de la Commission Delors
reçurent un écho favorable aux États-Unis; la logique contenue dans le slogan de la
Commis-sion 22: «un marché, une monnaie», séduit les observateurs américains.
L'UEM apparaît désirable pour l'Europe et les États-Unis prennent part également au
climat de quasi euphorie communautaire. Pourtant, le renforcement de la Communauté
européenne ne suscite pas uniquement l'admiration américaine. La négociation du traité
de Maastricht coïncida avec une forte récession économique qui vit le président George
Bush renier sa promesse de ne pas augmenter les impôts. Ainsi, à l'admiration pour
l'emballement du processus d'intégration économique et politique européen, se mêla
l'inquiétude pour l'économie américaine.
Dans l'opinion américaine, le processus de négociation menant au Traité de Maast
richt est vécu dans la confusion et l'inquiétude. Sans vouloir exagérer le rôle de la
conjoncture, il est toutefois indéniable que la confusion entre les discussions sur le
grand marché et le retournement conjoncturel de 1990-91 a façonné les premières per
ceptions de l'UEM. La chute du Mur de Berlin et le basculement des pays d'Europe
de l'Est ne devaient en rien altérer la conviction américaine, bien ancrée à l'orée des
années 90, d'un déclin global affirmé 23.
Les États-Unis perdent confiance dans le processus d'UEM
La technicité du projet d'UEM, le télescopage des calendriers furent des éléments
importants de distanciation. Le temps de la négociation et de la ratification du proces
sus de Maastricht voit s'agréger d'autres facteurs expliquant le désintérêt américain. À
partir de ce moment, les réactions négatives se font de plus en plus nombreuses. Elles
émanent surtout du milieu académique. Le regard porté par le milieu académique amér
icain s'étend de l'analyse constructive des projets monétaires européens à des attaques
virulentes sur les formes et les implications internationales de l'UEM. Par ailleurs,
l'horizon lointain du projet pour le secteur privé, conjugué à la récession économique
de l'Europe continentale après le boom provoqué par la réunification de l'Allemagne,
confirme dans les milieux d'affaires américains l'absence d'urgence à préparer ce qui
semble de plus en plus improbable.
Les derniers mois du compte à rebours pour l'achèvement du marché unique furent
redoutables pour l'UEM. Ainsi, la première crise du SME et la sortie de la Livre
sterling du mécanisme de fluctuation européen (ERM) furent une très mauvaise opéra-
20. Voir Francesco Giavazzi et Alberto Giovannini, Can the European Monetary System be copied
outside Europe ? Lessons from the ten years of monetary policy coordination in Europe, NBER Working
Paper Series, Working Paper № 2786, National Bureau Of Economic Research, 12/1988.
21. Voir Hobart Rowin, «Europe 92, not just trade», Washington Post, 18/06/1992.
22. Commission Européenne, «Un marché, une monnaie», European Economy, 44, octobre 1990.
23. Les fluctuations erratiques du dollar font figure de baromètre du déclin américain; voir surtout les
débats sur le succès de l'ouvrage de Paul Kennedy, The rise and fall of great powers, New York, Random
House, 1987. Le débat fut ardent entre les «déclinistes» à l'instar de Kennedy et les «relativistes», tels
Samuel Huntington et Charles Wolf, contestant la réalité de ce déclin. Voir Samuel P. Huntington, «The US
decline, illusion and reality», Wall Street Journal, 12/05/88, et H.R. Nau, The myth of America's decline,
New York, Oxford University Press, 1990.
HES 2003 (22e année, n° 1) américains sur l' unification monétaire européenne 131 Regards
tion de relations publiques. Alors que le SME se montrait vulnérable aux attaques
spéculatives, qu'en serait-il d'une union monétaire européenne que la majorité des
économistes américains s'accordait, de fait, à déclarer non optimale ? Mais au-delà de
la nécessité de réformer le SME pour assurer sa survie, l'échec de la Livre sterling à
se maintenir dans le SME affaiblit durablement le camp des pro-UEM américains.
Dans les milieux financiers américains, cet échec exerça une onde de choc considéra
ble avec le jeu des solidarités naturelles de la presse anglo-saxonne. Cet adjuvant br
itannique eut des effets collatéraux importants liés à la suprématie de la place
financière de Londres par rapport à l'Europe continentale. L'UEM aurait certainement
reçu une meilleure couverture aux États-Unis si la Grande Bretagne avait été partie
prenante du processus.
La deuxième crise du SME à l'automne 1992 suscite peu d'intérêt aux États-Unis.
Notons d'ailleurs que la faiblesse du dollar durant l'été 1992 fut la cause principale
des difficultés récurrentes du SME. Les péripéties monétaires européennes n'étaient
pas la priorité de l'administration Bush. À ce moment, la politique économique exté
rieure américaine amorce un désengagement économique relatif de l'Europe occidental
e 24. Le bouclage de Г Uruguay Round et la préparation d'une forme d'intégration
continentale à travers le NAFTA sont les priorités. Au niveau politique, l'obsession de
l'administration Bush est d'ancrer définitivement l'Allemagne réunifiée au sein de
l'OTAN. Le processus d'UEM revêt un caractère secondaire pour l'administration
Bush. Au passage, le Président Bush confirme l'intérêt des États-Unis pour la progres
sion de l'unification européenne; après le Sommet de Maastricht, il déclare:
« The United States has long supported European unity because of our strong conviction
that it was good for Europe, good for the Atlantic partnership, and good for the world. I
have made clear from the very outset of this administration my view that a strong, united
Europe is very much in America's interest. A more united Europe offers the United States a
more effective partner, prepared for larger responsibilities»25 .
En vérité, l'administration Bush peina à se prononcer véritablement sur le projet
monétaire européen 26. Acceptant la finalité politique du projet d'UEM, il eût fallu
qu'elle fût disponible pour débattre des ressorts économiques du projet européen. Les
sources d'inquiétudes potentielles pour les États-Unis ne manquaient pas, notamment
le mécanisme de représentation extérieure de la zone monétaire et le biais défla
tionniste inhérent à l'adoption de critères de convergence monétaire. Aussi bien, les
remises en cause répétées de l'architecture institutionnelle de la politique monétaire
américaine 27 affaiblirent certainement les velléités de participation au débat européen.
24. L'Europe de l'Est est alors une priorité. Néanmoins, on peut noter le faible activisme des États-Unis
lors de la création de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD). Le débat sur
la participation soviétique masqua en fait une véritable contrainte financière. Préoccupé par l'objectif de
réduction des déficits publics dans le cadre du mécanisme Gramm-Rudman, le président Bush faisait face
aux pressions du Congrès lequel souhaitait accroître la participation américaine à la reconstruction économi
que de l'Europe de l'Est. Voir «House approves an aid package for Poland», New York Times, 17/11/1989.
Les États-Unis participèrent à la fondation de la BERD à hauteur de 10 % de son capital, la part de la C.E.E
atteignant 51 %, Voir European Bank for Reconstruction and Development, Committee on Foreign Rela
tions, US Senate, 101th Congress, 2nd Session, 1990.
25. Public Papers of the Presidents. George Bush, 1991, p. 1591-92.
26. Sur la politique européenne de l'administration Bush, voir Robert L. Hutchings, American dipl
omacy and the end of the cold war, an insider account of US policy in Europe, Washington, Woodrow Wilson
Center Press, 1997.
27. Voir le débat lancé par la publication de l'ouvrage de William Greider, Who will tell the people, et
au Congrès, les tentatives de réforme de la Réserve Fédérale, Monetary Policy for 1993, Joint Economie
Committee, 102nd Congress, 30/12/1992.
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