De l

De l'Eglise Catholique et des Sectes

-

Documents
85 pages
Lire
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres

Description

DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET DES SECTES
La multitude de mouvements, soi-disant tous plus bibliques les uns que les autres, ne doit pas nous amener à tenter de dépasser les schismes par un œcuménisme à la mode.
Si l'unité chrétienne doit être chérie, cette unité doit passer par un amour et un engagement pour la vérité.
La vérité biblique sur Jésus-Christ et son œuvre. Mais la vérité doit être dite, aussi, sur l'origine et la nature d'un grand nombre de dénominations hélas plus aptes à la sagesse charnelle que chrétienne.

Sujets

Informations

Publié par
Publié le 26 juin 2014
Nombre de visites sur la page 836
Langue Français
Signaler un problème

De l'Eglise Catholique
et des sectes
1De l'Eglise Catholique et des sectes
T. R. Bucerian
2Cet ouvrage est protégé par le code de la propriété intellectuelle
3"Si tous ceux sur lesquels le nom de notre Dieu et Sauveur Jésus-
Christ a été invoqué voulaient bien ne rien tenter contre la vérité de
l'Evangile, mais se contenter de la tradition des apôtres et de la
simplicité de la foi, nous n'aurions pas besoin de parler aujourd'hui,
mais nous aurions à coeur, maintenant encore, d'observer tout à fait
le silence que nous avons respecté depuis toujours".
S. Basile de Césarée
Contre Eunome I: 1.
4AVANT PROPOS
Cet ouvrage n'est pas un recueil d'expériences individuelles. Pourtant, avant de
commencer, je tenais à partager un témoignage, l'histoire d'un certain Jonas, qui illustre
quelques-uns des errements que j'espère (contribuer à) éviter aux âmes pieuses, en les
arrachant aux "tromperies des hommes" (Ephésiens 4: 14) avides de chimères et de sectes (2
Timothée 2: 23).
* * *
La mère de Jonas fréquentait une Eglise Pentecôtiste, mais s'en était peu à peu éloignée
en raison du fait, notamment, qu'elle ne parlait pas "en langues" et que cela la rendait de
plus en plus suspecte aux yeux des "baptisés du Saint-Esprit" tout autour d'elle...
Avec le temps, les rares contacts avec d'anciennes connaissances (Pentecôtistes) avaient
fini de convaincre la famille de Jonas de rester éloignée de ces milieux. Par exemple, à
une certaine époque, il était question qu'un "vin nouveau" vienne enivrer les Chrétiens
(Matthieu 9: 17// Actes 2: 13), les mener à des crises de rires hystériques (Dieu ne
devait-il pas rire en eux? selon Jean 14: 23 et Psaume 2: 4), se rouler à terre, pousser des
grands cris, etc.
Jonas a donc grandi attaché à la Bible, dans une foi toute simple et dans la prière jusqu'au
jour où l'enfant a commencé à laisser place à l'adulte (cf. 1Corinthiens 13: 11) et où des
questions se sont posées (et même imposées) à son esprit: était-il vraiment fidèle aux
Ecritures? Avait-il raison de les comprendre comme il le faisait? Que penser des
objections de toutes les dénominations contraires?, etc.
L'étincelle est venue, surtout, lorsque, âgé de 15 ans, Jonas est "tombé" sur une vieille
ebrochure Adventiste qui, après quelques éloges sur la Réforme Luthérienne au XVI
siècle, accusait toute la Chrétienté d'avoir apostasié en raison de son refus d'observer le
sabbat. La Loi ne devait-elle pas durer toujours (Matthieu 5: 17-18)?
Dès ce moment, Jonas se mit à fouiller l'Ancien Testament... et fut vite indigné par toute
l'apostasie qu'il découvrait (ou croyait découvrir) dans le Christianisme! C'était au point
que, lors de la fête pascale, on trouvait dans les boulangeries des "Brioches de Pâques au
(A)levain" alors que Dieu avait proscrit le levain pour Pâque (Exode 12: 15) . Grâce à
Dieu, Jonas n'est pas devenu un subbotnik.
(A): Jonas n'avait pas trouvé cette histoire dans la brochure Adventiste. mais puisque la Loi était en vigueur,
pourquoi faire les choses à moitié?
5Pourtant, sa démarche aurait pu le mener très loin dans cette direction. Une démarche
parfaitement cohérente (aussi ridicule qu'elle puisse sembler!) et qui procédait d'un
"mauvais aiguillage". Mauvais aiguillage que je voudrais éviter à beaucoup, par ce petit
ouvrage.
25 juin 2014
6INTRODUCTION
33 000, c'est environ le nombre de dénominations "évangéliques" qui existeraient,
(1)aujourd'hui, aux Etats-Unis .
Si ce chiffre est sans doute exagéré par une certaine propagande, il n'en traduit pas moins
une navrante réalité: celle du morcellement "évangélique".
Je ne parle pas ici de découpages administratifs, comme ce qui existe en France entre
l'Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine et l'Eglise Protestante Unie de
France.
Je ne parle pas non plus des variétés comme celles qui existent, par exemple, dans la
dénomination romaine, entre les maronites et les autres. Il s'agit là, en effet, de diversité de
rites et de cultures et non de contrariété doctrinale. L'unité n'est pas la même chose que
l'uniformité.
Ici donc, lorsque je déplore le morcellement, je vise des dénominations dont les
principes s'excluent mutuellement et qui rendent impossible, en pratique, la communion.
Ainsi, les uns sont Réformés, les autres, Adventistes, les autres Pentecôtistes... et ce n'est
rien dire des Baptistes, Mennonites, Darbystes et autres Méthodistes... la liste serait
(2)longue, jusqu'à la funeste "Eglise aux serpents" retranchée derrière Marc 16: 18 en
attendant, peut-être un jour, une Eglise d'auto-mutilés (Matthieu 5: 30).
Ces fractures nous confrontent à un problème: puisque deux affirmations
contradictoires ne peuvent pas être vraies simultanément et selon les mêmes termes (le
baptême des enfants est biblique/ le baptême des enfants est diabolique), il est
nécessaire que 99% de ces dénominations se trompent magistralement sur ce qui fait leur
caractéristique même!
Ainsi, d'une part, des milliers d'âmes sont vainement tourmentées et emportées par le
sectarisme en cherchant à satisfaire des critères vains (cf. Actes 15: 19).
D'autre part, les ennemis de l'Evangile prennent occasion de ces graves troubles pour
(3)dénigrer la vérité .
(1): http://catholiclane.com/the-bad-evangelist-club-33000-denominations/
(2): COVINGTON Dennis, trad. fr. France Camus Pichon, L'Eglise aux serpents, Albin Michel, Paris, 2003.
(3): Hier, Bossuet, avec son "Histoire des variations des Eglises protestantes". Aujourd'hui, de même, les apologètes
papistes. Voir par exemple: http://www.calledtocommunion.com/2012/09/i-fought-the-church-and-the-church-
won/
7Or, le scandale est d'autant plus grave que ces oeuvres de la chair sont menées, tambour
battant, au nom de Dieu et de Sa Parole (Exode 20: 7// Galates 5: 19-21). Nous
sommes donc fondés à mener notre enquête pour démêler le vrai du faux, écarter les
affirmations et revendications fausses, illégitimes, et exhorter tout un chacun à s'édifier
dans la paix et la joie.
C'est pour cela que, dans un premier temps, j'ai eu à coeur de mettre en avant les articles
fondamentaux de notre foi et de témoigner de la scripturalité de la doctrine que nos
pères ont unanimement professée sur ces points (Foi et Unité des Chrétiens Protestants).
Dans le présent ouvrage (en développant certains points que je n'avais fait qu'effleurer
dans le précédent), mon propos sera de présenter l'Eglise pour y confronter sa
contrefaçon: la secte.
Ainsi, je décrirai succinctement l'Eglise et sa présence dans l'histoire, depuis son
établissement jusqu'aux temps de crise où ses marques distinctives ont été presque
entièrement étouffées (I). Puis, avant de repousser le Tridentinisme, je soulèverai les
deux grandes réponses (à prétention "biblique") qui ont été proposées en ces temps
troublés, afin de démasquer le caractère artificiel de l'une et indiquer la pertinence de
l'autre (II).
8PARTIE I
erL'Eglise, dans sa dispensation néotestamentaire, a été établie au I siècle de notre ère et
s'est développée organiquement depuis lors (I).
Malgré la faiblesse avérée de ses membres, cette Eglise, comme fait historique, a
constamment affirmé un témoignage dont la formulation solennelle est l'oeuvre de
conciles "oecuméniques", ou universels (II).
Pourtant, les assauts de faux docteurs au sein même de cette société (2 Pierre 2: 1) ont
conduit à un étouffement du rayonnement de l'Eglise et se sont soldés, à la fin du
Moyen Âge, par une nécessaire mise au point (III).
9Chapitre I
L'Eglise de notre Seigneur Jésus-Christ
1. Institution
Après la Chute, la volonté divine de faire grâce a été manifestée très tôt au pécheur
(Genèse 3: 15), pour devenir de plus en plus claire, "d'Adam à Noé, de Noé à Abraham,
(4)d'Abraham à David et cela jusqu'à l'Incarnation de Jésus-Christ" .
Quant à l'essence, il ne faut pas diviser l'Ancien et le Nouveau Testament. Les
Confessions Protestantes ont toujours insisté sur ce point. Ainsi, dans la Confession de
Westminster (VII: 6):
(...) il n'y a pas deux Alliances de grâce dont la substance serait différente, mais une seule et
même Alliance avec des dispositions diverses (Ga 3.14,16; Ac 15.11; Rm 3.21-23,30; Ps
32.1 avec Rm 4.3,6,16,17,23,24; Hé 13.8).
Néanmoins, nous parlerons dans cet ouvrage de l'Eglise telle qu'elle existe dans sa
dispensation définitive, telle qu'elle subsistera jusqu'au retour glorieux de Jésus-Christ, c'est-
à-dire, dans la dispensation néotestatemtaire, qui remonte à la Pentecôte suivant la
Résurrection de Notre Sauveur, où le Saint-Esprit est descendu sur l'assemblée des
disciples afin d'embraser leur coeur (Actes 2: 1-4).
Ainsi, logiquement, le corps-Eglise précède ses membres (individuels).
Le Salut et toute la vie Chrétiennes concernent l'Eglise, en chacun de ses membres
(1Corinthiens 12: 12-13; Ephésiens 5: 25-26) et non des membres disparates qui
devraient, ensuite, se débrouiller pour constituer un corps qui ne serait finalement
jamais autre chose qu'une juxtaposition d'individus séparés.
Il y a donc un corps, au sein duquel chaque croyant participe au Salut, ainsi que l'écrit
Luther dans son catéchisme:
"Dans cette chrétienté, il (le Saint-Esprit) me remet, chaque jour, pleinement tous mes
(5)péchés, ainsi qu'à tous les croyants"
Dans l'Histoire, ce corps commence par le cercle des Apôtres (et des premiers disciples)
auxquels s'agrègent ensuite, peu à peu, de nouveaux membres, un peu comme un feu
qui, une fois allumé, prend de l'ampleur et s'étend à de nouveaux lieux.
C'est ce que rapporte l'Ecriture, dans le livre des Actes (2: 47):
"Le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Eglise ceux qui étaient sauvés".
(4): Confessio Scotica, IV.
(5): LUTHER, Martin, Petit catéchisme: deuxième point fondamental (la Foi), § 3. La Foi des Eglises luthériennes,
CERF. Paris. 1991.
10