La Mission
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Description

Le Pape François médite la Bible ! Des homélies inédites et exclusives du cardinal Bergoglio adressées à tous sur le thème de la mission des chrétiens dans le monde.
La découverte de la spiritualité d'un pape qui a laissé très peu d'écrits avant son élection.


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Informations

Publié par
Publié le 08 octobre 2014
Nombre de lectures 44
EAN13 9782728920952
Langue Français

Extrait

CARDINAL JORGE MARIO BERGOGLIO
PAPEFRANÇOIS
LaMission
Textes réunis par Federico WALS et traduits de l’espagnol par Laetitia DE ITURRALDE
PROLOGUE
Nous sommes témoins d’un moment historique. Nous sommes en train de vivre un moment unique. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, un pape venu d’Amérique latine – le continent catholique – est élu pour être l’évêque de Rome et successeur de Pierre dans la conduite de cette barque millénaire. Nous sommes nombreux à nous souvenir des moments qui ont suivi la fumée blanche en ce début de soirée romaine à la fois pluvieuse et froide, ce mercredi 13 mars 2013. Que de nervosité, d’anxiété, d’incertitude… mais aussi quelle profonde réjouissance, quelle joie ! Réjouissance à l’annonce d’un nouveau Saint-Père et joie parce que nous, catholiques, sans encore connaître celui que les cardinaux avaient élu, étions déjà heureux de la venue d’un nouveau pasteur. Lorsqu’en ce jour le cardinal protodiacre français, Jean-Louis Tauran, annonça au monde à 20 h 12 (heure de Rome) :« Annuntio vobis gaudium magnum. Habemus Papam ! », non seulement la place Saint-Pierre exulta de joie mais chacun de nous, en union avec tous ceux présents, fut bouleversé au plus profond de son être à l’idée d’avoir un pape. Puis, quelques secondes plus tard, le cardinal Tauran nous surprit tous en disant :« Eminentissimus ac Reverendissimus Dominum, Dominum Georgium Marium Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio. »
« Bergoglio ! » « Le pape est argentin ! » « Bergoglio est pape ! » voilà quelques-unes des réactions spontanées des Argentins et notamment de ceux qui eurent le privilège de le rencontrer et de travailler avec lui. Impressions qui, au fil des heures, se muèrent en un sentiment indescriptible de joie, d’émotion et de larmes pour ce nouvel évêque de Rome, cadeau de l’archidiocèse de Buenos Aires en particulier et plus largement de tout le peuple argentin, à l’Église universelle. Homme simple et austère, doté d’une profonde humilité et d’un grand sens du service, le père Bergoglio (comme il se présente lui-même) a su s’attirer la confiance et l’affection de ses fidèles car, même dans l’exercice des plus hautes charges ecclésiastiques, il ne cessa jamais d’être prêtre. Dans sa nature profonde, François nous montre qu’il a toujours été et qu’il demeurera un pasteur au milieu de son troupeau qu’il connaît et aime comme sa propre chair. Aussi, dès ses premiers gestes, il laisse présager un pontificat empreint de paternité et de présence auprès des plus démunis.
« Je voudrais tant une Église pauvre et pour les pauvres ! » s’exclame le pape François lors de son remarqué premier discours aux journalistes dans la salle Paul-VI, ne laissant pas le moindre doute sur la devise qui marquera son pontificat. Les plus nécessiteux et les plus démunis, dans tous les sens du terme, sont ceux que l’Église doit rejoindre. Une Église qui ne soit pas « autoréférentielle », mais qui donne un témoignage vivant du Christ, de la joie d’être catholiques, de la simplicité mais aussi de l’engagement qu’implique le message du Christ en chacun de nous, non seulement pour nous-mêmes mais aussi vis-à-vis des autres. C’est pourquoi le cardinal Tauran conclut en disant :« Qui sibi nomen imposuit Franciscum »(Auquel le nom de François s’est imposé)
Et pourquoi « François » ? Le pape lui-même nous raconte qu’à l’instant de son élection, le cardinal Hummes l’a étreint et embrassé en disant : « N’oublie pas les pauvres. » Ces paroles ont résonné si profondément en lui qu’il a immédiatement pensé à saint François d’Assise qui s’était consacré aux pauvres et qui, en même temps, avait été un homme de paix, un homme qui aimait et respectait la création.
C’est pourquoi nous avons souhaité intituler cet ouvrageLa Mission. La sélection d’homélies et de lettres pastorales de l’ancien cardinal Bergoglio, qui est aujourd’hui entre vos mains, est un reflet fidèle de la pensée simple et claire, profonde et engagée, cohérente entre le dire et le faire, d’un pasteur qui nous appelle à être missionnaires en annonçant la Vérité, la Beauté, la Bonté qui sont le Christ lui-même, qui sont Dieu le Père qui, dans son infinie miséricorde, nous aime sans conditions et nous pardonne sans nous juger. Comme les trois autres volumes rassemblant les enseignements du cardinal –La Miséricorde, Le Témoignage, La Missioncelui-ci est un appel de l’ancien – archevêque de Buenos Aires à agir comme les catholiques que nous voulons être.
S’agissant deLa Mission, nous avons voulu approfondir l’appel de Dieu à annoncer sa Parole. C’est Lui qui nous appelle et nous choisit pour assumer la mission évangélisatrice de l’Église. « Que veut dire annoncer ? C’est plus que dire que raconter quelque chose. C’est plus qu’enseigner quelque chose. Annoncer, c’est affirmer, crier, communiquer, c’est transmettre par toute notre vie.
C’est exposer au regard de l’autre notre acte de foi personnel qui, parce qu’il est un acte intégral, se fait geste, parole, visite, communion… Et nous n’annonçons pas un message froid ou un simple corpus doctrinal. » Quelle belle et ardente définition donnée aux catéchistes par le cardinal Bergoglio, en 2005 ! Annoncer, c’est « crier » sa foi. Ce n’est pas un message froid à garder dans le huis clos des paroisses, de nos maisons ou de nos cœurs. C’est précisément un appel à sortir dans la rue, à nous rendre présents en ces lieux qui sont à la périphérie de notre cœur ; non pas ceux qui nous sont proches, mais les plus éloignés, ceux qu’il nous coûte le plus d’atteindre. Puissent ces pages nous permettre d’éprouver le bonheur d’être missionnaires, d’annoncer joyeusement le message de Jésus, pour pouvoir marcher dans l’espérance sur le chemin de la foi.
Au-delà du prologue de rigueur, nous avons souhaité partager avec vous ces textes originaux sans commentaires éditoriaux pour que résonne toute la richesse de la parole et de la pensée du cardinal Bergoglio : à chacun de nous de prendre le temps de la méditer, de la laisser décanter et de la faire fructifier. Spirituellement proche de son peuple et profondément priant, le pape François a semé en abondance et avec de nombreux fruits tout au long de sa vie, et il continue de le faire. Sans que personne le voie, avec l’humilité et la générosité que nous demande l’Évangile, il n’a cessé de cheminer et d’être proche de son frère qui avait besoin d’un geste, d’une parole, ou simplement d’un regard. Faisons honneur à son œuvre pastorale en la prolongeant par nos actes, en ouvrant notre cœur à Dieu et au frère qui est notre prochain, et surtout en nous laissant AIMER par Dieu.
Un télévangélique avec qui j’ai cultivé une amitié fraternelle au fil des années – amitié vivifiée par le dialogue interreligieux et l'œcuménisme ancré dans notre cher peuple argentin – avait l’habitude de clore son émission en disant : « Nous nous retrouverons la prochaine fois, si Dieu le veut, et je vous salue avec les mots de Jésus de Nazareth : “Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux.” » Qu’il en soit ainsi.
Federico Wals Responsable du bureau de presse Archevêché de Buenos Aires
APPESPOURSERVIR ETPOURANNONCER
Mc3,13-14
«Puis, il gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle […] »
Le texte de Marc nous place dans la perspective de celui qui est appelé. Derrière chaque catéchiste, derrière chacun de vous, il y a un appel, une élection, une vocation. C’est une vérité fondatrice de notre identité : nous avons été appelés par Dieu, choisis par Lui. Nous croyons et proclamons qu’à l’origine de ce que nous sommes, il y a une initiative d’amour. Nous reconnaissons que nous sommes un don, une grâce. Nous avons été appelés pour être avec Lui. Voilà pourquoi nous nous disons chrétiens, nous reconnaissons que nous sommes en étroite relation avec le Christ… Nous pouvons dire avec l’apôtre Paul :« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »(Ga 2, 20) Cette vie avec le Christ est vraiment une vie nouvelle : la vie chrétienne ; et elle engage tout notre être et tous nos actes. Ainsi, tout catéchiste doit essayer de demeurer dans le Seigneur (Jn 15, 4) et veiller, par la prière, sur son cœur transformé par la grâce, car c’est tout ce qu’il a à offrir et c’est là que se trouve son vrai « trésor » (Lc 12, 34). Certains sont peut-être en train de se dire en eux-mêmes : « Mais ce qu’il nous dit là pourrait s’appliquer à tous les chrétiens. » Oui, c’est exact. Et c’est justement ce que je voudrais vous partager ce matin, chaque catéchiste est, avant tout, un chrétien. Cela pourrait paraître presque évident. Pourtant, un des plus gros problèmes de l’Église et qui hypothèque bien souvent son œuvre évangélisatrice, c’est que nous, agents pastoraux, qui sommes souvent plus au fait des « choses de Dieu », mieux introduits dans le monde ecclésial, nous oublions souvent d’être de bons chrétiens. Cela fait naître la tentation d’absolutiser les spiritualités spécifiques : la spiritualité du laïc, du catéchiste, du prêtre…, avec le grand danger de perdre notre originalité et notre simplicité évangélique. Et une fois perdu de vue l’horizon chrétien commun, nous sommes soumis à la tentation du snobisme, de l’affectation, de ce qui nous occupe et nous enfle, mais qui ne nourrit pas et ne nous aide pas à grandir. Les parties deviennent des particularités et, à trop les privilégier, nous oublions un peu vite l’ensemble, avec qui nous formons un seul peuple. Commencent alors les mouvements centrifuges qui n’ont rien de missionnaire, bien au contraire : ils nous dispersent, nous distraient et, paradoxalement, nous emprisonnent dans nos luttes intestines et nos « sectarismes » pastoraux. Ne l’oublions pas : le tout est supérieur à la partie. Il me semble très important d’insister sur cela, car c’est une subtile tentation du Malin que de nous faire oublier notre appartenance commune, qui trouve sa source dans le baptême. Et lorsque nous perdons notre identité de fils, frères et membres du peuple de Dieu, que nous nous affairons à cultiver une « pseudo-spiritualité » artificielle, élitiste… nous cessons de parcourir les verts pâturages pour nous retrouver parqués dans les sophismes paralysants d’un « christianisme de laboratoire ». Nous ne sommes déjà plus des chrétiens, mais des « élites éclairées » avec des idées chrétiennes. En tenant bien compte de cela, nous pouvons insister sur quelques points particuliers. 1 Le catéchiste est l’homme de la Parole. La Parole avec une majuscule. C’est précisément par la Parole que Notre Seigneur conquit le cœur des gens. Et pour l’écouter,« de partout, on venait à lui » (Mc 1, 45). Les gens émerveillés buvaient son enseignement (Mc 6, 2). Ils sentaient qu’il leur parlait
comme quelqu’un qui détient l’autorité (Mc 1, 27). C’est par la Parole que les Apôtres,« qu’il institua pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle […] » (Mc 3, 14), attirèrent tous les peuples à l’Église (Mc 16, 15-20).
Ce lien du catéchiste avec la Parole n’est pas tant de l’ordre du « faire » que de celui de l’« être ». Il ne peut pas faire une authentique catéchèse s’il ne se recentre pas sur la parole de Dieu, vraie référence qui anime, soutient et féconde tout son agir. Le catéchiste s’engage devant toute la communauté à méditer et ruminer la parole de Dieu pour que ses propres paroles en soient l’écho. C’est pourquoi, il l’accueille avec la joie donnée par l’Esprit (1  1, 6), il l’intériorise et la fait chair et actes comme Marie (Lc 2, 19). Il trouve dans la Parole la haute sagesse propice au discernement opportun et pénétrant, sur le plan personnel et collectif.
« Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. »(He 4, 12)
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