La Réparation d’Ève (Tiqqûn Hawwâ)

La Réparation d’Ève (Tiqqûn Hawwâ)

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Présentation du rituel kabbalistique appelé le Tiqqûn Hawwâ ("Réparation d’Ève") qui purifie la femme de la "Pollution du Serpent" (i.e. le Péché Originel). C'est la première fois qu'est présenté ouvertement ce rituel à un lectorat francophone.

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Publié le 28 juillet 2017
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Langue Français
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a
Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn na‘asè wenaṣlîḥ

Tiqqûn Ḥawwa– La “Réparation d’Ève”

1
La tradition qabbalistique est friande detiqqûnîmdivers. Parmi lestiqqûnîmdont le nom
2
est associé à une Matriarche biblique, en plus des célèbresTiqqûn Râḥél etTiqqûn Lé’â, il
existe également leTiqqûn Ḥawwa(litt. “la Réparation d’Ève”, TḤ dans tout le texte ci-après),
moins connu que ses analogues. Nous exposerons ici succinctement les spécificités de ce
tiqqûnsi particulier et les modalités de son accomplissement.
Le TḤ est également appelé dans certaines sources rabbiniquesTiqqûnâ Rabbâ(le “Grand
Tiqqûn”, en araméen), car il permet de réparer ce qu’aucun autretiqqûnne peut : la
«Zohomat han-Nâḥâsh(“Souillure du Serpent” ou “Pollution du Serpent”) » chez la femme. Il nous
a été transmis sous la forme que l’on possède aujourd’hui par R ‘AmrâmḤâsîdâ (lePieux)
3
[IIIe siècle EC], qui l’a reçu lui-même de l’Ange Râzî’él (l’Enseigneur des Secrets).
Toute femme est intrinsèquement souillée par laZohomat han-Nâḥâsh– insufflée en elle
4
depuis la faute d’Ève (Ḥawwade laquelle il est important qu’elle se purifie afin qu’elle) –,
devienne un réceptacle (kelî) sanctifié pour la semence (zèra‘) de son époux. Bien que nos
Sages ont affirmé (T.Shabbât146a) qu’Israël «shè-‘âmedû ‘al Har-Sinay pâseqâ Zohomâtân
(qui se sont tenus sur le Mont Sinaï, leur Souillure a cessé)» – tout cela au niveau collectif
(kelâlî) de laUmmâ(Nation), mais non au niveau individuel (perâṭî). Ainsi, toute femme juive
doit se purifier individuellement de saZohoma insuffléeen elle par le Serpent (qui n’est
5
autre que Semâ’él , incidemment). Et si cette Pollution n’avait pas été nettoyée au niveau
collectif, il aurait été impossible de l’enlever au niveau individuel. D’où la nécessité d’un
6
tiqqûn spécifique.D’autant plus que selon leSéfer hap-Pelî’â (leLivre de la Merveille) , la
Pollution du Serpent serait revenue collectivement sur Israël avec la Faute du Veau d’Or
(‘Èghel haz-Zâhâv).


1
Letiqqûn(au plurieltiqqûnîm) – littéralement “réparation, rectification” – est un rituel d’origine qabbalistique,
participant duTiqqûn ‘Ôlâm (Réparationdu Monde), qui permet à celui qui l’accomplit d’agir sur la
transgression spécifique d’unemiṣwa pouren réparer le dommage. Constitué de paroles et/ou d’actes
accompagnés dekawwânôtparticulières, il rend possible le (intentions)bérûr(la récupération) desnîṣôṣôt
(étincelles divines) dispersées parmi lesqelippôt(litt. “écorces, coques, pelures”,i.e. les forces de l’impureté).
2
Littéralement “Réparation de Rachel” et “Réparation de Léa”. Tous deux font partie duTiqqûn Ḥaṣôt, rituel de
lamentation récité à chaque minuit (ḥaṣôt-layla) en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, qui
est censé accélérer la Rédemption (Yeshû‘a,Ge’ulla).
3
Dont la source provient originellement d’Adam (Âdâm), bien sûr. Suite à la faute d’Ève (Ḥawwa) d’avoir goûté
au fruit défendu du‘Éṣ had-Da‘at (l’Arbrede la Connaissance), Adam prit une verge de l’Arbre même, et
l’utilisa pour fouetter les parties de sa femme qui avaient fauté – c.-à-d. sa bouche, ses fesses (autour de
l’anus) et sa vulve – du fait de son commerce charnel avec le Serpent. Ces 3 orifices sexuels sont nommés en
hébreu “bouche (pè)” –pî-hallâshônde la langue”, (“bouchesc. la bouche),pî-haṭṭabba‘atde (“bouche
l’anneau”,sc. l’anus) etpî-hârèḥem(“bouche de la matrice”,sc. le vagin). Incidemment, c’est après cet
évènement que fut donnée l’interdiction de frapper sa femme au visage avec autre chose que le plat de la main –
Dieu ayant prohibé alors à la descendance d’Adam de défigurer leurs épouses, afin que leur mari ne se
dégoûte pas d’elles (car c’est ce qui est arrivé à Adam, où il s’est abstenu d’Ève durant 130 années [cf. T.
‘Érûvîn18b], lui préférant la masturbation et la zoophilie).
4
Selon la mystique juive (cf.ZoharI, 36b, 52b, 63b,etc.), il est dit que le Serpent (Naḥash) a eu des rapports
sexuels avecḤawwapar ses “trois orifices (shelôsha piyyôt)” : la bouche, l’anus et le vagin (dans cet ordre). Il
est dit aussi que le Serpent a donné du plaisir à Ève d’abord avec sa bouche, puis avec son phallus – par les
trois orifices sexuels cités précédemment – ce sont les “six jouissances (shésh hanâyôt)”.
5
Connu aussi des traditions gnostiques, Samaël (Semâ’él) est le nom que prend le Serpent Originel (Nâḥâsh
Qadmôn) après que Lilith (Lîlît) l’ait choisi comme consort. Il est également l’Ange de la Mort (Mal’akh
hamMâwet) –cf. T.Bâvâ Batrâ16a.
6
Ouvrage qabbalistique sur le Livre de la Genèse attribué à R. Neḥunyâ ben haq-Qannâ (Ier siècle EC).

1

Le TḤ consiste en un rituel (tiqqûn) de mortification corporelle, à l’instar d’autres du
même genre (jeûne [ṣôm],gilgûlé-shèlegh [rouladesdans la neige],malqût [flagellation],
etc.), mais spécifique à la femme. Il lui permet d’accoucher sans douleur, car il la fait sortir
du “décret d’Ève (pitqâh shèlle-Ḥawwa)”, et l’assure d’avoir des enfants sains (shelémîm,
tammîm) et saints (qedôshîm,yeré’ê-shâmayim) –ḥakhâmîmet (sages)ṣaddîqîm (pieux)
a
comme Josué (Yehôshû ‘ bin-Nûn). La tiqqounée (si j’ose ce néologisme) devient comme une
nouvelle créature (berî’a ḥadâsha) purifiée de toutes ses fautes, qui bénéficiera d’un corps
de lumière (gûf shèkkullô ôr) lors de la Résurrection des Morts (Teḥâyat ham-Métîm). Le TḤ
est également équivalent au mérite d’avoir réalisé toutes les 613miṣwôtdurant une année
7
entière .
LeSéfer hap-Pelî’âGenèse III, 1) explique que «la (surZohomat han-Nâḥâshdivisée est
a a
en 4 “forces (koḥôt)” :l’Esprit de Folie (Rû ḥ-Sheṭût), l’Esprit de Fornication (Rû ḥ-Zenût),
a a
l’Esprit de [mauvais] Désir (Rû ḥ-Ḥimmûd) et l’Esprit de Péché (Rû ḥ-Ḥaṭṭât). » De ce fait, la
Pollution du Serpent est purifiée par les 4 parties du TḤ : 1.tiqqûnde la bouche de la femme,
2. de son anus, 3. de son vagin, et 4. sa copulation demiṣwaavec son mari (par ses 3 orifices
cités précédemment).

Succinctement ici, lakawwâna (intentiondévotionnelle) à avoir est celle d’extirper le
couple masculin-féminin primordial (de l’ordreÂdâm-Ḥawwa) du niveau bassement matériel
8
(de l’ordreSemâ’él-Lîlît) pour l’élever vers le couple sacré (de l’ordreΚ-Išša). Que laBerît
(l’Alliance) du Mari (lasefîra deTif’èret) –i.e. saMîlason sexe – soumette (circoncision),
l’Épouse (lasefîradeMalkhût) par ses 3 orifices (bouche, anus et vagin), éliminant d’elle la
Zohomat han-Nâḥâshet sanctifiant ainsi tout le Corps duṢaddîq(lasefîradeYesôd).

1.La réparation au niveau de la bouche (tiqqûn hap-pè) s’effectue pour la tiqqounée par
le jeûne (ṣôm,ta‘anît) depuis le matin (avant l’aube), et par la lecture du rituel liturgique du
TḤ, consistant essentiellement en divers Psaumes (Mizmôrîm) et prières de repentance
(widdûy,nefîlat-appayim,taḥanûnîm) –cf. appendices à la fin.
Avant de continuer, dès qu’arrive l’heure appropriée des réparations suivantes (voir les
détails plus bas), afin d’exprimer les intentions adéquates, la femme récite cette invocation :
«Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn, Èlôhé-Yisrâ’él, Èlôhîm ḥayyîm, Él Shadday râm
w
wenissâ, shôkhén-‘ad weqâdôsh shemô, ketaqqén ha‘ôlâmukhyaḥéd shém Yôd-Hé
bew
Wâw-Hé yéḥûd shâlém, be’ahavâ weyir’âuvyir’â we’ahavâ, ‘al-shém kol-Yisrâ’él, harêni
bâ’â lefânèkhâ leqayyém èt Tiqqûn Ḥawwâ ‘al-da‘at Râzî’él ham-Mal’âkh, lehâsîr èt Zohomat
w
han-Nâḥâsh mimmènni, lehashrôt èt-ôrâkh battaḥtônîmulqaddésh èt-nafshî, kâ’âmûr
“qedôshîm tihyû, kî qâdôsh Anî Adônây Èlôhékhèm”; wenè’emâr “qâdôsh, qâdôsh, qâdôsh
Adônây Ṣevâ’ôt, melô khol-hâ’âreṣ kevôdô”; wenè’emâr “we‘âsû lî miqdâsh, weshâkhanti
w w
betôkhô”. Wîhî no‘am Adônây Èlôhénu ‘âlénu,uma‘asé-yâdénu kônenâ
‘âlénu,uma‘aséyâdénu kônenéhu. Wîhî no‘am Adônây[etc.[Au nom de l’Éternel, Dieu source-de-]. »
clémence et source-de-grâce, Dieu d’Israël, Dieu vivant (…), en unissant le nomY-H avecle

7
Les 613miṣwôt supplantentles 612qelippôt (écorces),qui sont lesôdde « (secret)Berît Semâ’él we-Lîlît
(Alliance de Samaël avec Lilith) » (qui vaut 612 en guématrie).
8
Selon laderâsha(enseignement allégorique) connue, l’homme fut appeléîshet la femmeišša. En hébreu, on
écritîshles lettres avecâlef,yôd etshîn; etišša avecâlef,shîn ethé. On peut remarquer queîsh etišša
contiennent chacun une lettre du Tétragramme (YHWH), soityôdpourîshethépourišša, qui forment le Nom
divinYâh. Si l’on enlève ces deux lettres fondamentales (YH) des noms deîshet deišša, il nous resteâlefet
shîn quiforment le motéshCe feu ( (feu).ésh) – pollué par laZohomat han-Nâḥâshreprésente la force –
d’unification au niveau duDa‘at– c.-à-d. de la réalisation du verset (Genèse II, 24) «wehâyû levâsâr èḥâd(et
ils seront une seule chair). »

2

nomW-H d’uneunité parfaite (…), au nom de tout Israël, je viens devant Toi accomplir la
Réparation d’Ève selon l’Ange Raziel, afin d’ôter de moi la Souillure du Serpent, afin d’infuser
Ta lumière ici-bas et de sanctifier mon âme, comme il est dit (Lévitique XIX, 2) : “Soyez saints,
car Moi, le Seigneur votre Dieu, Je suis saint.” Et il est dit (Ésaïe VI, 3) : “Saint, saint, saint est
l’Éternel des Armées ! toute la terre est pleine de Sa gloire !” Et il est dit (Exode XXV, 8) : “Ils
Me construiront un Sanctuaire, et Je résiderai parmi eux.” – Que la grâce de l’Éternel, notre
Dieu, soit sur nous! Affermis l’ouvrage de nos mains, oui, affermis l’ouvrage de nos mains
(bis) ! (Psaumes XC, 17)]

9
2.La réparation au niveau de l’anus (tiqqûn hak-karkèshetouhaw-wèred) se réalise avec
10
une sodomie par un chien élevé spécifiquementà cet effet, appelékèlev metaqqén.
Celuici doit être assez grand pour posséder un pénis au diamètre suffisamment important. Cette
pédication canine va aspirer la Pollution par le rectum, en la remplaçant par une souillure
moindre que celle du Serpent – le sperme du chien étant considéré n’être que juste de l’eau
(mayim be‘âlemâ), et la femme n’être queqarqa‘-‘ôlâm (litt.“terrain du monde” ou “sol
11
perpétuel” ).Nos Sages affirment (Midrâsh Rabbâ) d’ailleurs que «shenê qinyânîm[ṭôvîm]
kôlevîm lô lâ’âdâm: kalbô we’ishtô[bonnes] acquisitions sont fidèles à l’homme: son (2
12
chien et sa femme). »
Cette sodomie s’effectue la tiqqounée se mettant à quatre pattes (mais sur les coudes), et
l’étalon canin la couvrant dans la position dite du « char (merkâva) » (appelée la « levrette »
dans la culture française). Pour des raisons de pudeur (ṣenî‘ût), seules les fesses de la femme
13
sont dénudées, en remontant sa jupe/robe et en baissant sa culotte. De l’huile d’olive
(shèmen-zayit) est utilisée traditionnellement comme lubrification (seḥîma) de l’anus pour
14
faciliter l’intromission du membre. Pour que letiqqûncomplet, suite au chevau- soit
chement du chien (une vingtaine de mouvements de va-et-vient), il est nécessaire de laisser
15
le “lien”s’opérer normalement – c.-à-d. de laisser le “nœud” pénien se former puis se
résorber (ce qui prend 15 à 20 mn) dans l’orifice anal féminin, jusqu’à l’éjaculation complète
16
de l’animal. Il est bon, durant tout le déroulement de l’opération, que la tiqqounée récite
w
litaniquement le verset (Deut. XXIII, 19): «Lô tâvî ètnan zônâumḥîr kèlev bêt Adônây
(YHWH)lekhol-nèder, kî tô‘avat Adônây Èlôhèkhâ(YHWH)gam shenêhèm Èlôhêkhâ (tu
n’apporteras pas dans la maison de l’Éternel, ton Dieu, le salaire d’une prostituée ni le prix

9
Wèred(la rose) est le nom poétique de l’anus (karkèshet,ḥalḥolet) que lui donnent les Hébreux.
10
Par un maître-chien (ba‘al kelâvîm) spécialisé, souvent un rabbin. Celui-ci assiste à l’accouplement de son
animal, afin d’aider au bon déroulement dutiqqûn. Les races préférées sont (non-exhaustivement, dans le
désordre) : le Bouvier des Flandres, le Bouvier Bernois, le Mâtin des Pyrénées, le Berger du Caucase, le Grand
Anglo-Français, le Grand Bleu de Gascogne, le Foxhound, le Lévrier Irlandais, le Dogue Allemand, le Mastiff, le
Berger Charplaninois, le Terre-Neuve,etc.
11
C.-à-d. que la femme est passive durant le coït, et ne se rend pas coupable de bestialité/zoophilie (hérâve‘ût).
12
Dans cet ordre ! Ceci dit, le nom du chien en hébreu (kèlev) provient de la racinek-l-bqui exprime l’idée de
fidélité, et que l’on retrouve dans le prénom biblique Caleb (Kâlév).
13
Elle garde tous ses vêtements, dont ses bas et son foulard (ou sa perruque) couvrant ses cheveux.
14a
C’est une discussion (maḥ loqet) entre nos Décisionnaires si la femme doit réciter à ce moment-ci cette
bénédiction – «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh hâ‘ôlâm, shehèḥeyânu weqiyyemânu wehiggî‘ânu
lazzemân hazzè(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a faits vivre, et
qui nous a maintenus [en vie], et qui nous a amenés [jusqu’]à ce moment-ci). » – si plus de 30 jours se sont
écoulés depuis son dernier TḤ.
15
Lorsque les chiens se retrouvent “collés” fesses contre fesses, après que le mâle passe une patte au-dessus
du dos de la femelle et se retourne.
16
Les chiens de grande taille peuvent émettre jusqu’à six fois plus de sperme que les hommes, sachant qu’ils
éjaculent dès l’érection et ne cessent qu’à la fin du coït.

3

d’un chien, pour l’accomplissement d’un vœu quelconque; car l’un et l’autre sont en
abomination à l’Éternel, ton Dieu). » – qui contient de nombreux Noms Saints
(Shemôt-haqQodesh) dans sonsôd(lecture ésotérique).
Certaines femmes peuvent éprouver un orgasme involontaire lors de ce rituel – elles
17
doivent alors jeûner un jour supplémentaire. La tiqqounée a désormais son rectum rempli
de sperme canin qu’elle doit garder en elle jusqu’à la fin du TḤ. Le chien ne doit pas être
18
présent pour la suite du rituel.

19
3.La réparation au niveau du vagin (tiqqûn hap-pôtouhash-shôshân) s’accomplit par 40
coups dereṣû‘a (lanièrede cuir, ceinture en cuir) sur la vulve de la femme. Celle-ci doit
s’installer à genoux, les cuisses bien écartées, les mains posées sur les talons et le buste bien
20
cambré vers l’arrière. Pour des raisons de pudeur (ṣenî‘ût, en), seul son sexe est dénudé
21
relevant sa jupe/robe par devant (sa culotte a été retirée avant). Son mari (ou toute autre
personne effectuant letiqqûn) se place perpendiculairement de manière à ce qu’il puisse la
flageller convenablement de sa main droite. Pour le bon déroulement dutiqqûn, il est très
important de frapper de toutes ses forces, et de compter chaque coup à voix haute (si
possible en hébreu) afin de ne pas se tromper (c.-à-d. de ne pas ajouter ni retrancher au
nombre de 40). Il existe chez certaines communautés la tradition (minhâgh) que la femme
compte en même temps que le flagelleur, mais d’une voix plus faible. Celle-ci est autorisée à
pleurer – chaque larme participant dutiqqûn–, mais doit retenir ses cris en serrant les dents.
Il est primordial que le flagelleur (le mari, ou toute autre personne effectuant letiqqûn),
lors de l’administration des coups sur la vulve de la tiqqounée, conçoive deskawwânôt
22
appropriées .Il doit prendre à cet effet le temps qui lui est nécessaire.
Il est normal qu’après une telle correction, la vulve de la tiqqounée – en plus d’être rouge
et tuméfiée – présente de nombreuses contusions sanglantes, la peau étant spécialement
fragile à cet endroit et sujette à se fendre sous les coups. Incidemment, au niveau de la
douleur et des lésions, les femmes excisées sont avantagées du fait de leur absence de
23
nymphes et de clitoris.
Bien que le mari remplisse préférentiellement le rôle du flagelleur, la tiqqounée (avec
l’accord de son époux) peut choisir d’honorer quelqu’un par cette fonction – souvent un
talmîd-Ḥakhâmîm (érudit)réputé, un qabbaliste renommé, le rabbin du couple, ou un
24 25
membre éminentde la famille. Celui-ci doit alors également assister à la saillie canine du


17
Celui de son choix avant 30 jours écoulés. Si elle est habituée de jeûner les lundis et jeudis (yemê-shénî
waḥamîshî), elle doit choisir un autre jour de la semaine (sauf leshabbât, bien sûr).
18
Son éleveur le ramène à son chenil.
19
Shôshân(le lys) est le nom poétique donné par les Hébreux à l’ouverture du vagin (pôt,‘erwa,ḥomesh). La
vulve est aussi élégamment surnomméekaftôr wâfèraḥ(litt. “bouton et fleur”, c.-à-d. le clitoris et le joli
déploiement des nymphes).
20
La femme juive orthodoxe (sauf chez les Ashkénazes) possède une vulve (et des aisselles) glabres (c.-à-d.
épilées ou soigneusement rasées), comme il est rapporté (T.Sanhédrîn 21a): « Râva commente (dârash) le
verset suivant (Ézéchiel XVI, 14) : “Wayyéṣé lâkh shém baggôyîm beyofyékh(ta renommée se répandit parmi
les nations quant à ta beauté)” – Ce sont les filles d’Israël, qui n’ont pas de poils ni au pubis ni aux aisselles. »
21
Comme précédemment, elle garde tous ses vêtements, dont ses bas et son foulard (ou sa perruque) couvrant
ses cheveux.
22
Explicitées dans tous les recueils (siddûrîm) qabbalistiques contenant le TḤ. Les éditions modernes sont bien
soignées, particulièrement au niveau de la clarté de la mise en page.
23
Voir à ce propos l’article intitulé «Lois de la Circoncision des Femmes (dans le Judaïsme)».
24
Père, oncle, grand-père, grand-oncle,etc.
25
Tant du côté de la femme que de son mari.

4

tiqqûn hak-karkèshetqui précède. Si ce spectateur masculin devient excité sexuellement à la
vue destiqqûnîm pratiqués,il se trouve alors dans l’obligation d’éjaculer (dans un orifice
féminin) de peur de transgresser l’interdit dezèra‘ levaṭṭâla (litt.“semence en vain” ou
26
“gaspillage de sperme”). Dans ce cas-là, la tiqqounée doit lui pratiquer une fellation dite
27
« defaveur » (pillûr-ṭôva) avantde passer à la dernière partie du TḤ. Il est coutume
d’exécuter ce service buccal à l’écart du regard du mari (derrière un paravent, ou dans une
chambre à part, par exemple) pour préserver la pudeur de l’homme fellationné.

4.à ces 3 rituels – appelés souvent Suitetiqqûnê ham-mishkâvîmdes (rectifications
orifices) dans les recueils (siddûrîm) qabbalistiques –, on procède désormais à la dernière
réparation nomméetiqqûn haz-ziwwûgh(réparation de l’accouplement). Contrairement aux
précé-dentes, celle-ci s’effectue dans l’intimité de l’alcôve conjugale, la tiqqounée et son
époux devant être totalement nus (‘arummîm). Avant d’opérer, une fois son pénis en
28
érection ,le mari récite les bénédictions suivantes : «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu Mèlekh
hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-habbî’â (Tues
source-debénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Tes
29
commandements et qui nous a ordonnés le coït).» Puis: «Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu
Melekh hâ‘ôlâm, mahanè vesar hâ’Âdâm(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu,
30
Roi du monde, [qui] réjouit la chair de l’Homme). »
Le mari commence d’abord sa copulation demiṣwapar la bouche de sa femme (haflâra–
irrumation), puis continue par son anus (kirkûsh –pédication), puis termine par son vagin
(hafâtâfutution) dans lequel il doit éjaculer, mélangeant sa semence ( –zèra‘) avec le
31
sperme canin provenant du rectum. Il accomplit ceci en prenant la tiqqounée selon les
positions qui lui sont (à lui) les plus agréables : le char (merkâva), la roue (ma‘agâl), le paon
(ṭâwôs), la charrue (maḥrésha), la paume (kaf), la chamelle (nâqa), l’ânesse (atôn), le puits
(bôr), le palmier (tâmâr),etc. Il est courant que la copulée ressente un certain inconfort,
surtout lors de la pénétration vaginale, mais cela participe dutiqqûn, et elle doit demander à
son époux de ne pas en tenir compte. Certaines, justement grâce aux ecchymoses de leur
vulve, arrivent à l’orgasme – sur elles, il est dit (Juges V, 24) : «minnâshîm bâ’ohel tevorâkh
(elle est plus bénie que les femmes de la tente) » – « Elle est plus bénie que nos Matriarches
Sarah, Rebecca, Rachel et Léa réunies (T.Hôrâyôt10b, T.Nâzîr23b). »
32
La tiqqounée procède ensuite à uneneṭîlaablution) aprèsavoir essuyé (petite
33
l’extérieur de ses parties intimes avec un linge humide (comme après avoir fait ses besoins).


26
Voir à ce propos l’article intitulé «Préservatif et Gaspillage Séminal (Zèra‘ le-Vaṭṭâla) dans le Judaïsme».
27
Pour laHalâkha(Loi juive), la fellation ne constituant pas un coït à proprement dit – même si la bouche est
l’un des trois orifices féminins (appelésmishkâvîm) dans lequel il est licite d’éjaculer – sa pratique avec une
femme interdite n’est pas de l’adultère (né’ûf) ni de l’inceste (qérûv) mais une promiscuité lascive (perîṣût),
toujours moins grave que le péché dezèra‘ levaṭṭâla.
28
En hébreu, l’érection reçoit de nombreux noms :ziqpa,qiššûy,yerîmaet‘ippûl, entre autres.
29
Nos Qabbalistes s’opposent ici aux Législateurs exotériques, car selon ces derniers, on ne dit cetteberâkha
(bénédiction) qu’à l’occasion d’uneḥuppad’une (mariage),ṭevîla (sortiedes menstrues) ou d’unyibbûm
(lévirat). Ce à quoi ces premiers répondent qu’il n’y a pas de plus grandemiṣwaque celle du TḤ.
30
Les Décisionnaires s’accordent ici que le mari récite additionnellement la bénédiction de «shehèḥeyânu» (cf.
note 14 ci-dessus) si plus de 90 jours se sont écoulés depuis sa dernière relation sexuelle avec son épouse.
31
Dont des traces sont restées sur son phallus après la sodomie de sa femme.
32
Laneṭîlaconsiste au lavage des mains, du visage et des pieds. Elle est obligatoire au lever (après la toilette
intime), et avant chaque occupation religieuse (si l’on s’est sali) – prière, étude de laTôra,etc. Elle fut
instituée par le Roi Salomon (Shelômô ham-Mèlekh) à l’instar desKôhanîm (Prêtres)du Temple lors de leur
Service sacerdotal.

5

Une fois rhabillée, elle récite l’invocation suivante : «Yehî râṣôn millefânèkhâ Adônây Èlôhay
w
w-Êlôhé avôtay, kî zekhût kol-ashèr qiyyamti lefânèkhâ,uvifrâṭ èt Tiqqûn Ḥawwâ ‘al-da‘at
w
Râzî’él ham-Mal’âkh, ta‘amod lîulkhol-Yisrâ’él, lehâsîr èt Zohomat han-Nâḥâsh mimmènni
w
ulmahér èt-Tiqqûn hâ‘Ôlâm be’ahavâ. Yihyû lerâṣôn imré-fî wehèghyôn-libbî lefânèkhâ,
w
Adônây ṣûrî weghô’alî. uma‘asé-yâdénu kônenâ ‘âlénu,Wîhî no‘am Adônây Èlôhénu ‘âlénu,
w
uma‘asé-yâdénu kônenéhu. Wîhî no‘am Adônây[etc.].» [Qu’ainsi soit Ta volonté, ô Éternel
mon Dieu et Dieu de mes pères, que le mérite de tout ce que j’ai accompli devant Toi, et
spécialement la Réparation d’Ève selon l’Ange Raziel, rejaillisse sur moi et sur tout Israël, afin
d’ôter de moi la Souillure du Serpent et afin d’accélérer la Réparation du Monde en/par
amour. Reçois favorablement les paroles de ma bouche et les sentiments de mon cœur, ô
Éternel, mon rocher et mon libérateur ! (Psaumes XIX, 15) – Que la grâce de l’Éternel, notre
Dieu, soit sur nous! Affermis l’ouvrage de nos mains, oui, affermis l’ouvrage de nos mains
(bis) ! (Psaumes XC, 17)] La femme peut ensuite rompre son jeûne.

34
Le TḤ ne peut être accompli que par une femme majeureet sexuellement active de
35
manière licite – c.-à-d. mariée. Le TḤ ne se peut être réalisé que par une femme pure au
36
sortir de son état denidda, soit par l’immersion dans unmiqwè (bainrituel, rivière, lac,
37
mer,etc.), soit par lareḥîṣa(grande ablution)– en versant sur son corps en entier au moins
38
9qabbîmd’eau (environ 11 litres).
La femme dans sa période post-couches – suite à saṭevîla (purification)du 7ème jour
après l’accouchement (pour un garçon), ou du 14ème (pour une fille) – peut procéder au TḤ
39
sans nécessiter plus d’ablution qu’uneneṭîla, même si du sangs’écoule encore de sa
matrice, tout cela tant qu’elle allaite. Dès l’allaitement terminé (même après plusieurs
années) – si se sont écoulés plus de 33 jours (pour un garçon), ou 66 (pour une fille), après sa
purificationpost-partum–, elle redevient sujette à l’impureté denidda. De même, celle qui
fait une fausse couche (néfel) possède 14 “jours de pureté”, suite à saṭevîladu 7ème jour,
durant lesquels elle peut procéder au TḤ, même si elle « voit du sang (rô’a dâm) ».
40
Unezôna (prostituée– répondant aux conditions de pureté – peutjuive) célibataire
réclamer son droit d’effectuer le TḤ ; dans ce cas, sonmaznè(souteneur, proxénète) doit lui
trouver un client (de préférence untalmîd-Ḥakhâmîm) qui réalisera avec elletiqqûn
hazziwwûgh(les 3 premiers rituels ne posant pas de problème spécifique).
Le TḤ ne s’exécute que la nuit,a priori avantḥaṣôt-laylaastronomique), sinon (minuit
jusqu’à l’aube (‘ammûd hash-shaḥar). Le TḤ ne s’effectue ni unshabbât (samedi,depuis
vendredi soir), ni unyôm ṭôvde fête chômé), mais il est possible durant le (jourḥol
ham


33
Elle peut désormais expulser le sperme canin de son rectum si elle ressent le besoin de déféquer.
34
Les conditions de la majorité religieuse chez la femme sont d’être âgée de 12 ans et d’avoir au moins 2 poils
pubiens.
35
Parnissû’îmou parpîlaghshût. Lazôna(prostituée juive) célibataire, bien que non mariée, rentre également
dans ce cas de licité. Ses prescriptions sont traitées plus loin.
36
Estnidda(au sens large) toute femme qui a un écoulement sanguin sortant de son vagin (menstrues [nidda
au sens spécifique], écoulement inhabituel (métrorragie) [zâva],etc.) jusqu’à sa purification. Tant qu’il n’y a
pas eu de purification, même plusieurs semaines après la fin de l’écoulement, elle est toujoursnidda. Voir à
ce sujet l’article intitulé «Lois de la Femme Menstruante (Nidda) dans le Judaïsme».
37
Lareḥîṣaet laneṭîlasont à l’origine, respectivement, dughuslet duwuḍû’en islam.
38
Leqavvaut entre 1,2 et 1,3 litre – mais entre 2,3 et 2,4 litres selon R. Avrohom Yeshaya Karelitz, dit leḤazôn
Îsh(1878-1953). De nos jours, une douche remplit parfaitement ce rôle (Minḥat Yiṣḥâq, tome III, XV, 11).
39
Cet écoulement sanguinpost-partumest considéré comme dudam-ṭohar(sang pur).
40
Voir à ce sujet l’article intitulé «Lois de la Prostitution des Femmes dans le Judaïsme».

6

mô‘éd(fête demi-chômée) dePèsaḥ(Pâque juive) et deSukkôt(Fête des Cabanes), ainsi que
durantPûrîmet les 8 jours deḤanukka.
Le TḤ est préférablement réalisé la nuit du jeudi au vendredi (lêl-šiššî). D’autres nuits sont
également recommandées même si elles ne tombent pas un jeudi soir : la nuit desnissû’îm
juste après laḥuppa(cérémonie du mariage) ; la nuit de laṭevîla(sortie des menstrues) ; la
nuit du 15âv; la nuit précédant la Fête deShâvû‘ôt(la Pentecôte juive) ;etc.
41
Il est une belle coutume (minhâgh) dans certaines communautés, lelêl-šiššî (nuitdu
42
jeudi au vendredi) des 10 Jours de Repentance (‘Asèret Yemê-Teshûvaque toutes les) ,
femmes actives sexuellement et pures (ṭehôrôt) – même leszônôt, à partir de 12 ans et plus
– fassent ensemble le TḤ (en jeûnant depuis le matin) et se retrouvent à la synagogue pour
accomplir collectivement letiqqûn hak-karkèshet etletiqqûn hap-pôt. À cet effet, tous les
ba‘alê-khelâvîm (éleveurscanins) et les meilleurs rabbins flagelleurs sont enrôlés
bénévolement pour répondre aux besoins de ces tiqqounées (par manque récurrent de chiens,
deux ou trois femmes peuvent raccourcir leur rituel anal en s’en partageant un tant qu’il
maintient son érection). Chacune rentre ensuite chez elle pour terminer son TḤ par letiqqûn
haz-ziwwûgh. La tradition est que lesniddôt neqiyyôt (lesmenstruantes “propres”, qui ne
saignent plus) se purifient pour pouvoir participer à ce TḤ collectif annuel, même si leurs 7
43
neqiyyîm. Cette coutume a toutefois presque complètement disparune sont pas terminés
de nos jours, et les rares témoins et participant(e)s évoquent avec émotion l’atmosphère
exceptionnelle de sainteté et de dévotion dans laquelle ce TḤ se déroulait.
Il est bon que la femme enceinte accomplisse un TḤ, de préférence au 5ème mois de sa
grossesse, ce qui est excellent pour la mère et son bébé.
44
Le TḤ ne s’effectue pas durant la période du‘Omerjours après (lesPèsaḥla) jusqu’à
veille deShâvû‘ôt, ni pendant tout le mois detammûzjusqu’à la veille du 15âv.
Le TḤ se réalise dans le foyer domestique de la femme. Cependant, dans certaines
conditions singulières, certaines de ses parties (la deuxième [tiqqûnde l’anus], mais surtout
la troisième [tiqqûndu vagin]) peuvent être accomplies à la synagogue – pour les 10 Jours de
Repentance (‘Asèret Yemê-Teshûva) –, ou sur le tombeau d’un Saint (Ṣaddîq) – pour sahillûlâ
45
(anniversaire de sa mort).
Idéalement, toute femme doit réaliser le TḤ au moins une fois dans sa vie, si possible au
tout début de son activité sexuelle – c.-à-d. lors de sa nuit de noce, juste avant sa défloration.
Les pieuses (ḥasîdôt) effectuent le TḤ au moins 1 fois par an, au même rythme que leta‘anît
46
hafsâqa– de préférence durant le mois d’èlûl.

Le TḤ a beaucoup souffert de la censure post-sabbataïste, du fait de ses composantes
sexuelles inhabituelles pour une certaine orthodoxie puritaine. Sabbataï Ṣevi (Shabbetay Ṣevî
– 1626-1676), le fameux pseudo-messie, a divisé la communauté juive à son époque, et a


41
Influencées par laQabbâla, comme en Terre Sainte, en Italie, au Maroc ou en Irak.
42
Les 10 jours entreRôsh hash-Shâna(le Nouvel An juif) etYôm hak-Kippûrîm(le Jour du Grand Pardon).
43
Cf. l’article «Lois de la Femme Menstruante (Nidda) dans le Judaïsme» pour l’explication des termes.
44
Exception faite pour le 33ème jour du‘Omer(Lagh bâ-‘Omer). Voir note ci-après.
45
LesṢaddîqîmles plus fameux sur le tombeau desquels s’effectue un TḤ la nuit de leurhillûlâsont : R. Shim‘ôn
bar-Yôḥay (fin Ier s. – début IIe s. EC) à Mêrôn (Haute Galilée) le 18iyyâr (Lagh bâ-‘Omer), et R. Yisrâ’él
Abîḥṣéra (1889-1984) – ditBaba Salé– à Netîvôt (Sud d’Israël) le 4shevâṭ.
46
Leta‘anît hafsâqa(litt. “jeûne de cessation” ou “d’interruption”) consiste à jeûner six jours consécutifs, nuits
et jours, depuis samedi soir (môṣâ’ê-shabbât) – après lase‘ôda(repas) demelawwé-malka– jusqu’à l’entrée
dushabbâtsuivant (au moment duqiddûsh). C’est la pratique de mortification la plus dangereuse de la
tradition mystique juive (qu’on ne peut réaliser sans entraînement préalable).

7

provoqué une réaction rabbinique qui a changé la face du judaïsme jusqu’à nos jours. Entre
autres, Sabbataï avait perverti laHalâkhajuive), par une utilisation volontairement (Loi
erronée de certains concepts qabbalisto-sexuels, pour assouvir ses desseins personnels.
Cette réaction des autorités rabbiniques (Ashkénazes et Séfarades) au sabbataïsme par
l’autocensure s’est faite sentir dans tous les domaines qui ont un lien avec la sexualité: la
Qabbâla(dont l’étude fut interdite avant l’âge de 40 ans, à cause de son symbolisme sexuel)
et lestiqqûnîmqui y sont liées, les manuscrits de laIggéret haq-Qodesh(Épitre de Sainteté)
brûlés,etc. De nombreux Décisionnaires reprochent à ces réactions d’autocensure
excessives de donner au judaïsme une coloration trop chrétienne.
Accessoirement, pour répondre à des détracteurs potentiels qui s’abriteraient derrière un
excès de pudibonderie, le judaïsme – ou plutôt, laTôran’a pas “peur” du sexe ( –îshût), ni
d’en parler et de le légiférer ; il fait partie intégrale de laHalâkha(Loi juive), au même titre
que tous les autres éléments de la vie. Le sexe est central dans le cœur de l’être humain, car
c’est dans la sexualité que se trouvent ses paramètres véritables. Vu sa puissance
énergétique et mobilisatrice, le sexe est à la fois source de faute et de rédemption, outil de
47
péché et de réalisation spirituelle– du coup, nombre de réparations (tiqqûnîm) se situent à
48
son niveau. Le TḤ – et les autres de ce genre – peut paraître obscène et pervers aux yeux
de certains qui n’en comprennent pas les enjeux, et pour qui la mystique (et laQabbâla)
n’est qu’une élucubration irrationnelle. Ces enseignements spirituels – dont le but est
d’élever la matière, incluant ses zones considérées comme les plus obscures (dont le sexe) –
ne conviennent pas aux âmes grossières (neshâmôt gassôt) qui rabaissent tout (à l’image du
dicton : « donner de la confiture aux cochons »). Mais pour nous – ainsi que pour toutes les
Saintes (Ṣaddîqôt) qui l’ont pratiqué –, le TḤ constitue un outil puissant, transmis fidèlement
49
par nos Sages, dans lequel nous mettons toute notre confiance.

La femme effectuant le TḤ accélère leTiqqûn ‘Ôlâm(Réparation du Monde), à un niveau
50
plus élevé qu’aucune autremiṣwa).individuelle (à part celle de sauver la vie de quelqu’un
En s’attaquant à l’un des fondements mythiques de ce qui souille l’humanité (dans sa moitié
féminine), son impact est prépondérant – car 1. nous sommes tous liés (nous n’avons pas
d’existence propre ou séparée), comme il est dit (Sifrâsur Lévitique XXVI, 37 ; T.Sanhédrîn
51 52
27b) : «kol-Yisrâ’él ‘ârâvîmzè bâzèIsraël est (toutgarant/responsable l’un de l’autre). »
– et 2. nous sommes de l’ordre d’un‘ôlâm qâṭân(microcosme), c.-à-d. d’un monde entier de
taille réduite, correspondant au Macrocosme (‘Ôlâm), et agissant sur lui.
Le TḤ opère sur les 5 éléments (yesôdôt) et les 5 directions (rûḥôt) : 1. au niveau de l’Air
(Âwér) et de l’Est (Mizrâḥ) par les invocations (baqqâshôt) et les prières (teḥinnôt) ;2. au
niveau de l’Eau (Mayim) et de l’Ouest (Ma‘arâv) par le jeûne (ṣôm,ta‘anît) ; 3. au niveau de

47
Le sexe permet d’atteindre l’Union véritable – celle promise dans le verset (Genèse II, 24) : «wehâyû levâsâr
èḥâd» – en transcendant la dualité mâle-femelle pour retrouver la natureils seront une seule chair). (et
divine originelle, unique et androgyne. Cette pratique hautement spirituelle de l’acte sexuel est partagée par
les traditions tantriques d’Inde et par le taoïsme de Chine. Elle est exposée dans l’ouvrage intitulé «Iggèret
haq-Qodesh(Épitre de Sainteté) », dont les éditions sont très expurgées par rapport aux manuscrits (résultat
de la censure post-sabbataïste).
48
La plus connue étant la circoncision (mîla).
49
Voir les quelques témoignages de femmes rapportés à la fin de cet article.
50
Mishna (Sanhédrîn IV,5) :« Toutcelui qui sauve (meqayyém) une vie (néfesh aḥat) c’est comme s’il avait
sauvé le monde entier (‘ôlâm mâlé). »
51
Et non‘arévîm, comme le prononcent erronément les Ashkénazes (et les Sionistes dans leur sillage). Car ici,
le mot est‘ârâv(<*‘arrâv) qui signifie “garant, responsable”, et non‘ârévqui signifie “agréable, plaisant”.
52
Ici, il faut comprendre Israël selon son sens mystique d’être humain qui a réalisé son essence divine.

8

la Terre (‘Âfâr) et du Nord (Ṣâfôn) par la sodomie canine (kirkûsh ‘al-yedê khèlev) ;4. au
niveau du Feu (Ésh) et du Sud (Dârôm) par la flagellation de la vulve (halqâyat-happôt) ; et 5.
au niveau de l’Éther (Hayûlê) et du Centre (Merkâz) par la copulation des 3 orifices (be‘îlat
sheloshet-happiyyôt). Certains Commentateurs font aussi le lien avec les 5‘Ôlâmôt:‘Asiyya
(Action),Yeṣîra (Formation),Berî’a (Création), Aṣîla (Émanation) etÂdâm Qadmôn (Adam
Primordial).
53 54
Au niveau de la guématrie, par le TḤ,Ḥawwa (19) s’additionne avec le Tétragramme
55 56
YHWH(26 )pour retrouver son niveau originel,Âdâm, soit 45. Cette valeur est également
57
celle du motmâ: «(quoi), tiré du verset (Exode XVI, 7)wenaḥnu mâque sommes- (car
nous) ? »,qu’il faut lire en fait comme une affirmation et non comme une question: «car
nous sommes “quoi”.» Nous – les êtres humains – somme cette interrogation “mâ?” qui
nous fait progresser toujours, et qui se trouve aussi être la guématrie deYHWH
enmillûy58 5960
alfîn. De plus, si l’on calcule lemillûydemâ, on obtient 86, qui est la valeur deElôhîm
(Dieu).
Les Qabbalistes affirment que le TḤ est de l’ordre de la lettremêmde la sainte
triade’-M61 62
Š (âlef-mêm-shîn) ,dont parle leSéfer Yeṣîra (leLivre de la CréationLe) .mêm –dont la
valeur est 40, comme le nombre de semaines de la gestation – symbolise l’accouchement, la
63
transformation, l’engendrement, la maternité,etc., libérés de laZohoma. Leâlefet le
64
shînforment le motésh(feu) – celui des motsîsh(homme) etišša(femme) [voir la note 8,
ci-dessus p. 2] – et lemêm duTḤ s’intercale entre elles afin de les réparer, c.-à-d. afin de
a
purifier ce feu (qui représente la force d’unification [ko ḥ hay-yéḥûd] au niveau duDa‘at) de
la Souillure du Serpent.
Que le mérite des tiqqounées rejaillisse sur le Monde. Que Dieu guide l’humanité
(hâanušša) dans Sa lumière (ôr) et la nettoie de toutes ses fautes (ḥaṭâ’îm). Qu’Il la bénisse et
accélère sa Rédemption (Yeshû‘a).Âmén.

*****

Bârûkh Adônây le‘ôlâm âmén we’âmén


53
Chacune des 22 lettres de l’alphabet hébreu possède une valeur numérique (unités, puis dizaines, puis
centaines) :âlef 1,bêt 2,gîmel 3,dâlet 4,etc. –yôd 10,kaf 20,etc. –qôf 100,rêsh 200,etc. Leur calcul
s’appelle la guématrie (gêmaṭṭarya). Nos Sages disent (fin du IIIe chapitre desPirqê-Âvôt), au nom de R.
El‘âzâr Ḥassâmâ, que les guématries (gêmaṭṭaryôt) sont desparperâyôt(litt. “apéritifs, amuse-bouches”,i.e.
préliminaires, préludes) pour laḥokhma(sagesse, science).
54
Soit :ḥêt8 +wâw6 +hé5 = 19.
55
Soit :yôd10 +hé5 +wâw6 +hé5 = 26.
56w
L’Âdâmandrogyne du verset (Gen. I, 27) «bârâ ôtâmzâkhâr unqéva(mâle et femelle Il les créa), » avant sa
séparation en principes masculins et féminins. Etâlef1 +dâlet4 +mêm40 = 45.
57
Soit :mêm40 +hé5 = 45.
58
Lemillûy (litt.“remplissage”) est une manière de compter la valeur numérique du TétragrammeYHWH en
“remplissant” certaines de ses lettres parâlef (millûy-alfîn),hé (millûy-héhîn) ouyôd (millûy-yôdîn). Dans
notre cas:yôd [(yôd)10+(wâw)6+(dâlet)4] +hé [(hé)5+(âlef)1] +wâw [(wâw)6+(âlef)1+(wâw)6] +hé [(hé)5
+(âlef)1] = 45.
59
Soit :mêm[(mêm)40+(mêm)40] +hé[(hé)5+(âlef)1] = 86.
60
Soit :âlef1 +lâmed30 +hé5 +yôd10 +mêm40 = 86.
61
Ces 3 lettres sont appelées lesimmôt(mères).
62
LeSéfer Yeṣîra, l’un des ouvrages majeur de la littérature mystique, se présente comme une compilation
d’enseignements oraux transmis sous la forme demishnâyôt. Ses éditions sont particulièrement erronées.
63
Qui représente l’Unité (Éḥûd).
64
Qui représente la Vérité (Emèt).

9

Témoignages
Recueillispar laRabbânîtMazzâl O.

Léa B.(Beer-Sheva, 45 ans, Juive québécoise d’origine marocaine) :
Connaît le TḤ par sa grand-mère.
« Jeviens d’une famille marocaine très pieuse. Ma grand-mère, Mémé‘Alya, me parlait
toujours de son père (mon arrière-grand-père) qui élevait un gros chien spécialement
pour leTiqqûn Ḥawwafemmes des rabbins qabbalistes de la région (Tafilalet). Elle des
me racontait comment ces saintes femmes accouchaient tranquillement, sans aucune
douleur. Du coup, il y a quinze ans, quand leRav G.H. m’a proposé de faire unTiqqûn
Ḥawwa, j’ai tout de suite accepté. […] Je ne regrette rien, bien sûr, au contraire. Mes
derniers enfants sont sortis comme une lettre à la poste. Pourquoi ne m’a-t-on pas
proposé ça plus tôt, avant mes premiers accouchements ? Je demande toujours (elle rit).
[…] Je suis toujours très étonnée par l’atmosphère de sainteté qui se dégage de ce beau
rituel, complètement adapté à notre féminité. Je me sens tellement bien après. Même si
c’est assez douloureux, c’est avec plaisir que je fais désormais unTiqqûn Ḥawwaune fois
par an. »

Sylvie P.(Paris, 32 ans, Juive française d’origine algérienne) :
« La première fois que j’ai entendu parler duTiqqûn Ḥawwa, c’était par leRavM. A., lors
d’un de ses cours à notre synagogue, il y a de ça une dizaine d’années. J’ai tout de suite
été très emballée. Mon mari, un peu moins (elle rit). Pour lui, ça ressemblait plus à une
blague ou à un scénario de film BDSM. Mais il a été vite convaincu. […] Ça m’a pris un an,
avec l’aide de mon mari, pour organiser unTiqqûn Ḥawwachez nous. Le plus dur ça avait
été de trouver un chien dressé pour monter une humaine. […] Se faire enculer par un
chien, c’est bizarre au début. Mais à ma grande surprise, je n’ai pas pu m’empêcher de
jouir (elle rit, gênée). La honte, comme ça, devant tout le monde! […] Les coups sur la
chatte, ça fait très mal, mais c’est très efficace. On se sent super bien après. Je ne te
raconte pas la couleur de ma chatte après une semaine. Toute violette, et verte, et jaune.
Un vrai tableau de Picasso ! […] Depuis, j’ai accouché sans douleur de deux enfants, pas
pire que de faire un gros caca (elle rit). Qu’est-ce que je suis grossière ! Enfin, ça doit être
les hormones ; je suis enceinte de mon troisième. On va organiser unTiqqûn Ḥawwachez
nous dans un mois, avec la bénédiction de mon mari, cette fois-ci (elle rit). »

Rébecca T.(Jérusalem, 21 ans, Juive franco-israélienne d’origine italienne) :
A entendu parler du TḤ grâce à Internet.
« Tu cherches toujours un moyen pour échapper à la douleur de l’enfantement. Ou pour te
purifier du péché originel d’Ève. Et là, tu l’as. Garanti ! »



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