4 pages
Français

Le sel de la terre

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le sel de la terre

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 144
Langue Français

Exrait

Saint-Bonaventure – Coeur de Lyon
Église : place des Cordeliers, 69002 Lyon
Rectorat : 26 rue de la République, 69002 Lyon
04 78 37 83 55 –
http://saintbonaventure-lyon.catholique.fr
n°7 – 17 octobre 2010
Le sel de la terre
«
Allah miséricordieux !
». C’est ainsi que dimanche dernier, sous la
coupole de la basilique Saint-Pierre de Rome, nous pouvions entendre
cette prière. Qui s’exprimait ainsi ? Certains chrétiens, venus du Moyen-
Orient. En effet, ce mot d’ « Allah » ne se circonscrit pas au seul monde
musulman ; il traduit simplement dans la langue arabe, le vocable de Dieu.
Or, il existe des chrétiens de langue arabe. Latin, araméen, hébreu, arabe et
farsi sont autant de langues par lesquelles s’exprime la foi des Églises du
Moyen-Orient. Nous l’ignorons parfois, mais l’Église catholique ne se
définit pas uniquement par sa latinité.
Le synode des Églises du Moyen-Orient, intitulé « Communion et
témoignage », ouvert dimanche dernier pour quinze jours d’échanges et de
délibérations autour de Benoît XVI, est un moment important pour l’Église
universelle. Le Moyen-Orient est la région où le christianisme est né, où il
a des racines et des traditions très anciennes et d’une grande richesse
culturelle et spirituelle. Ces Églises, minoritaires en nombre, nous
transmettent un témoignage précieux quant à la manière d’entendre et de
vivre l’Évangile. Elles peuvent davantage comprendre la complexité du
dialogue interreligieux, car elles sont aux premières loges, tant avec le
monde juif qu’avec le monde musulman. Mieux encore, elles s’expriment,
dans l’un et l’autre cas, en hébreu ou en arabe. C’est-à-dire qu’elles
comprennent de l’intérieur la circulation de la pensée s’écoulant dans des
langues qui nous sont bien souvent, nous les latins, étrangères. Jusqu’au 24
octobre, il sera question de l’avenir des sept Églises catholiques d’Orient,
soit 5,7 millions de fidèles, auxquelles il faut ajouter les 10,7 millions de
chrétiens orthodoxes. Au total, donc, 16,5 millions de chrétiens, c’est-à-
dire une toute petite minorité parmi les 360 millions d’habitants, très
majoritairement musulmans, de la région.
Or, la situation de ces Églises aujourd’hui est préoccupante. Elles
traversent des défis qu’elles ne peuvent, par leurs propres forces, relever.
Le premier d’entre eux concerne l’émigration, véritable hémorragie, des
chrétiens d’Irak, d’Israël et de la Palestine, d’Égypte ou de Turquie (en un
siècle, la Turquie est passée de 25% à 0,13% de chrétiens). La montée des