Lois de la Femme Menstruante (Nidda) dans le Judaïsme

Lois de la Femme Menstruante (Nidda) dans le Judaïsme

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Lois (halakhot) de la femme menstruante (nidda) dans le judaïsme séfarade, surtout vis-à-vis des rapports intimes conjugaux.

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Publié le 28 juillet 2017
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a Beshém Adônây Él raḥûm weḥannûn na‘asè wenaṣlî
ABRÉGÉ DESLOIS DENIDDA[cf.Shulḥân ‘Ârûkh,Yôré Dé‘a183-200]Estnidda[au sens large] toute femme qui a un écoulement sanguin sortant de son vagin (règles [nidda au sens spécifique,dâwa], écoulement inhabituel (métrorragie) [zâva],etc.) jusqu’à sa purification. Tant qu’il n’y a pas eu de purification, même plusieurs semaines après la fin de l’écoulement, elle est toujoursnidda. Les cultures traditionnelles moyen-orientales de la haute Antiquité ont considéré la femme niddatrès impure, lui imposant un éloignement strict de toutes ses activités comme domestiques habituelles. Son simple regard était même jugé comme dangereux, son crachat était cru mortel, et des gouttes rouges ressemblant à du sang étaient censées apparaître sur tout miroir qu’elle fixait. Cette distanciation excessive arbitrairement imposée était une source d’humiliation et de souffrance inutiles chez la femme. Pour compenser cet éloignement exagéré, et pour se différencier de la culture idolâtre environnante, laTôrapour la institue nidda des rapprochements permis en restreignant son impureté (ṭum’a) vis-à-vis du monde, et en statuant que seul son vagin est interdit à la jouissance de son mari éventuel, pas le reste de son corps. Les Rabbins sont ensuite venus établir une barrière (gâdér) autour de ces interdictions bibliques afin de ne pas arriver à les transgresser facilement. La femmenidda: 1. La “petite impureté” (deux sortes d’impureté  comporte ṭum’a qalla) – la ṭum’adeniddabibliqueper se– qui rend impur toute personne, aliment (solide ou liquide) ou objet qu’elle touche (neghî‘a), sur lequel elle s’assoit (mishkâv) [même sans contact direct, comme à travers un matelas], ou qu’elle déplace (hasséṭ) [même sans le toucher directement, comme à l’aide d’un bâton] ; et 2. La “grande impureté” (ṭum’a ḥamûra) – celle de son vagin vis-à-vis de son époux. Les époux qui transgressent intentionnellement la “grande impureté” sont passibles dekârét(“retranchement” de l’âme). Au niveau humain – si la transgression est connue –, un tribunal rabbinique leur applique diverses sanctions communautaires d’exclusion (nezîfa,niddûy,ḥèrem) jusqu’à leur repentir. De nos jours, les lois bibliques concernant la “petite impureté” deniddane s’appliquent plus, par consensus général depuis la destruction du Temple, à l’instar des autres catégories d’impureté (telle celle du mort (mét), du “rampant” (shèreṣ), du lépreux (meṣorâ‘),etc.). De ce 1 fait, il n’existe aucune interdiction de contact physique avec unenidda, fut-elle son épouse ou non. Être ou nonniddapour une femme mariée est donc essentiellement pertinent vis-à-vis des rapports vaginaux avec son mari. 2 3 Ainsi, le mari qui a eu des rapports sexuels anaux (licitesa priorioua posterioriselon les cas) 4 avec sa femmenidda, indépendamment du fait qu’il ait éjaculé ou non , est appelébô‘él nidda: il est impur, et doit procéder à une purification rituelle appeléereḥîṣa(traditionnellement en se 5 versant sur le corps au moins 9qabbîm d’eau [environ 11 litres ]) avant de pouvoir prier ou étudier laTôranormalement. Toutefois, à la différence d’une purification suite à un coït avec sa femme “propre”, lareḥîṣa dubô‘él nidda ne s’effectue qu’à partir du soir suivant ses rapports
1 Comme par exemple : serrer la main, faire la bise, ausculter (dans le cas d’un médecin),etc. 2 Dès l’intromission du gland. Nos Sages nomment cel a poétiquementkammakhḥôl bash-shefôfèret (litt. “comme l’écouvillon dans le flacon [de collyre]”). 3 Voir note 13 ci-dessous. 4 Dans le cas d’un coït avec sa femme “propre”, le m ari ne se contraint à lareḥîṣaque s’il éjacule. Tant qu’il n’y a eu aucune émission de sperme, il suffit à l’homme de s ’essuyer le sexe avec un linge humide, puis de proc éder à une neṭîlapour pouvoir vaquer à ses obligations religieuses. 5 Leqavvaut entre 1,2 et 1,3 litre.
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6 sexuels (c.-à-d. par exemple, si la copulation a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, la purification s’opère le samedi soir après le coucher du soleil). Exceptionnellement, avant sa 7 reḥîṣa, en ne procédant qu’à une ablution (neṭîla), le maribô‘él niddaest autorisé à prier [mais 8 uniquement à voix basse ] et à réviser saTôrail ne peut étudier de nouvelles choses ni [mais psalmodier son étude à voix haute]. La fellation, qui constitue un rapport mineur (bî’a qalla), n’entraîne pas l’impureté du mari. Chez les Séfarades, il existe deux manières de compternidda: A. Dès le début des règles (wèset), la femme compte 7 jours (indifféremment “sanglants” ou “propres”), puis elle se purifie le soir du septième. Par exemple, si elle voit du sang lundi, elle se purifie le dimanche au soir suivant, indifféremment du jour où ses règles ont cessé. C’est la manière professée par laTôra. B. Le femme attend la fin des “jours sanglants” (de 1 à 5 jours en général), puis compte 7 “jours propres” et se purifie le soir du septième. Par exemple, si elle voit du sang lundi et mardi, puis rien à partir de mercredi inclus, elle se purifie le mardi au soir suivant. C’est uneḥumra(austérité) que certaines femmes ont prise sur elles-mêmes à l’époque talmudique. Nos Maîtres penchent en faveur de A, et la majorité des Décisionnaires normatifs penchent en faveur de B. Toute femme se doit de respecter les lois deniddases premières pertes sanguines, dès indépendamment de son âge ou de son statut marital. Ainsi, les jeunes filles et les femmes non-mariées doivent également procéder à une purification au sortir de leur période denidda, au même titre que les autres. Il est coutume à la femmeniddade porter un indice vestimentaire ostentatoire de couleur rouge pour rappeler son état (surtout à son mari, si elle est mariée), le plus souvent un ruban rouge dans les cheveux. Elle continue à s’embellir, à se maquiller, se parfumer, comme avant ses règles. Il n’y a aucune honte à avoir pour une femme de faire savoir (aux autres) qu’elle estnidda, au contraire. Pour les jeunes filles, porter l’indice rouge constitue un signe de fierté d’être entrée dans le monde des adultes. La femmeniddaprie et récite lesberâkhôt(bénédictions) – mais uniquement à voix basse durant ses “jours sanglants [yâmîm dôwîm]” (toutefois, elle doit se nettoyer l’extérieur de sa vulve de toute trace apparente de sang, et procéder à uneneṭîla, avant d’effectuer cette activité). Elle peut également entrernidda (mêmedôwa) dans une synagogue. Mais elle ne peut toucher le séfer Tôra(rouleau de laTôra) qu’une fois dans ses “jours propres [yâmîm neqiyyîm]” – ce qui lui était quand même interdit à l’époque du Temple. La femme qui a l’habitude (minhâgh) de mettre lestefillîm, doit attendre ses “jours propres” [yâmîm neqiyyîm] pour pouvoir le faire. Il est interdit d’utiliser des tampons périodiques qui entreraient dans le vagin (protections 9 hygiéniques extérieures seulement) .
6 Selon le principe de «nidda kenèghed nidda ([l’impureté de]niddaentraînée par [le coït majeur avec] une est nidda) ». 7 Laneṭîlae intime),ds. Elle est obligatoire au lever (après la toilett consiste au lavage des mains, du visage et des pie et avant chaque occupation religieuse (si l’on s’es t sali) – prière, étude de laTôra,etc. Elle fut instituée par le Roi Salomon (Shelômô ham-Mèlekh) à l’instar desKôhanîm(Prêtres) du Temple lors de leur Service sacerdotal. 8 Il ne peut êtreshelîaḥ-ṣibbûr(officiant liturgique), par exemple. 9 La raison avancée dans leursresponsales par Ge’ônîm: « (sommités rabbiniques de Babylonie) est ham-mokh “sôfégh” èt had-dâm (lemokh“aspire” le sang).  [tampon] sont données chez les» Deux explications en Commentateurs : 1. le tampon “aspire” le sang en am ont, et donc on ne le voit pas lors de labedîqa(vérification)
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Jusqu’à sa purification, la femme mariée ne doit pas avoir de rapports sexuels vaginaux. LaTôrapunit dekârét(“retranchement” de l’âme) l’homme et son épouse qui ont copulé vaginalement (de plein gré) durant la période deniddale premier écoulement sanguin) avant la (depuis purification. La pénitence requise pour quelqu’un(e) ayant transgressé intentionnellement cet interdit, est – en plus du repentir (teshûva) sincère – de jeûner 3 jours consécutifs (nuits et jours), et de donner un dixième de son salaire mensuel à la charité (ṣedâqa) [en plus du dixième (ma‘asér) habituel]. Les Maîtres font la différence entre les “jours sanglants [yâmîm dôwîm]” (durant lesquels tout 10 contact sexuel majeur [bî’a ḥamûra] autre que vaginal esta prioriet les “jours propresinterdit ) [yâmîm neqiyyîm]” (durant lesquels toutes les relations sexuelles non-vaginales sont autorisées). Le mari se comporte selon ce que lui annonce sa femme : si elle lui dit « je suisnidda», il doit se comporter comme tel. Si elle lui dit « je suis “propre” » (même tout de suite après), il doit la croire et se comporter comme tel avec elle. L’épouseniddacontinue tous ses travaux domestiques comme d’habitude, et sert son mari sans 11 ne rien changer, sauf : 1. lui verser du vin dans son verre (il le fait lui-même) ; 2. lui laver sa face, 12 ses mains et ses pieds ; et 3. faire le lit (en sa présence) – afin de lui rappeler son statut de nidda. Même durant les “jours sanglants”, les époux peuvent (et doivent) continuer de se montrer de l’affection mutuelle, de dormir dans le même lit (avec les parties génitales couvertes), caresses (sans toucher par devant en dessous du nombril jusqu’aux genoux), baisers, enlacement (mais les bas du corps de face doivent rester éloignés),etc. Par contre, durant les “jours propres”, les 13 époux peuvent profiter sexuellement l’un de l’autre , tant qu’ils s’abstiennent du coït vaginal – le mari devenant alors impur en tant quebô‘él niddas’il a pénétré l’anus. En cas de désir sexuel trop pressant du mari durant les “jours sanglants [yâmîm dôwîm]”, pour lui éviter une perte séminale (zèra‘ levaṭṭâla) ou un rapport sexuel illicite, la femmeniddaaccomplit une grande charité (ḥésed) en lui laissant assouvir son désir (oralement [elle doit
alors qu’il coule toujours, et cela fait croire à l anidda qu’elle estneqiyyaqu’elle ne l’est pas encore ; 2. le alors tampon “attire” plus de sang dumâqôrqu’il ne s’en serait écoulé normalement, et donc prolonge les règles. 10 C’est un interdit rabbinique – c.-à-d. une barrièr e (gâdérue de) contre une transgression plus grave – car on risq pénétrer par mégarde le vagin de son épouse en voulant juste la sodomiser, à cause de la proximité ana tomique de ses deux orifices sexuels, et du fait de sa timidité (bûshâ) féminine naturelle, n’osant pas parler durant l’a cte sexuel et restant passive en s’offrant juste à la pénétrat ion masculine. Cependant, la transgressiona posterioricet de interdit n’entraîne que l’impureté du mari en tant quebô‘él nidda. 11 Si elle verse avec unshinnûyreconnaissable, comme avec la main ga  (changement) uche plutôt qu’avec la droite, cela devient permis. 12 Cet interdit n’existe que lorsqu’elle ou son époux s’apprête à aller dormir – il est donc licite de faire le lit après que le mari se soit réveillé, même devant lui. La raiso n de cette prohibition est parce qu’en voyant sa femme faire ainsi, il pourrait comprendre ce geste comme une invitation à un rapport sexuel. 13 LeTalmûd (T.NiddaLorsqu'une femme constatera un: « enseigne à partir des versets suivants  32b-33a) écoulement sanguin, elle restera sept jours dans so n isolement (nidda), et quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir » (Lévitique xv, 19) ; et : « Mais si un homme vient à cohabiter [sexuellement] avec ell e de sorte que son impureté se communique à lui, il sera impur sep t jours, et toute couche sur laquelle il reposera s era impure. » (Lévitique xv, 24) – Nos Sages demandent : Quelle est cette “cohabitation” que laTôrapermet (et qui rend impur 7 jours), alors que le verset suivant interdiraita prioriles relations sexuelles (Lévitique xviii, 19) : « Lorsqu'une femme est isolée par son état denidda, n'approche point d'elle pour découvrir sa nudité. » ?! Réponse : Ce sont les relations vaginales avec laniddaque laTôrainterdit par “retranchement” (kârét;cf. Lévitique xviii, 29) ; tout autre coït majeur (anal) est permis par laTôra, mais rend le mari impur (en tant quebô‘él nidda). Car il n’existe aucune interdiction biblique de se rendre impur.
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14 15 avaler, sinon c’estzèra‘ levaṭṭâla] ou analement ). Nos Sages disent, à propos du verset minnâshîm bâ’ohel tevôrâkh (Juges V, 24 – “elle est plus bénie que les femmes de la tente”) : c’est la femmeniddaqui sauve son mari de la faute, qui est plus bénie que nos mèresSâra,Rivqa, RâḥéletLé’aréunies. Il est interdit à la femmenidda[ (“sanglante dôwa]” ou “propre [neqiyya]”) de provoquer chez elle-même un orgasme (et si elle a eu un orgasme, d’elle-même ou déclenché par une excitation 16 extérieure, elle doit alors jeûner 1 jour ). Toute femme réglée possède unwèset [cycle], c’est-à-dire un intervalle particulier entre deux flux menstruels qui fixe la date des règles à l’avance. En général, lewèsetest de 26 à 32 jours. Certaines femmes ont unwèsetqui tombe tel jour fixe dans le mois lunaire. Certaines femmes ont unwèsetfluctuant, elles doivent alors considérer le plus court pour leurs vérifications (yôm haflâgha). Dès l’approche de la date de ses règles (wèset), la femme doit vérifier la présence (ou l’absence) 17 de sang à l’aide d’un tissu blanc de 8cm x 8cm (mokh) dans son vagin afin de savoir si elle est niddaou non. La femmeniddadoit vérifier quotidiennement son état (matin, midi et soir) à l’aide d’unmokhdans son vagin, afin de savoir précisément la fin de ses “jours sanglants” [pour commencer à compter ses “jours propres” par exemple, dans le cas B ; ou pour permettre à son mari des contacts sexuels]. La jeune fille doit faire attention lors de ses vérifications vaginales à être suffisamment douce afin de ne pas déchirer son hymen. La taille de la trace de sang sur lemokh doit être supérieure ou égale à celle d’une lentille (kâ‘adâsha) ; moins que cela, la femme est “propre [neqiyya]”. Tant qu’il n’y a pas présence de sang, même si la femme éprouve la sensation de l’écoulement de ses menstrues, elle n’est pasnidda. Si les règles surviennent brusquement durant un rapport sexuel (vaginal), il est permis au mari de finir son coït là où il l’avait commencé (a fortiori s’il s’agit d’un coït anal), puis il doit se dégager immédiatement après son éjaculation. Il devient alors impur en tant quebô‘él nidda. En dehors duwèset, lorsqu’une tache de sang (qui pourrait provenir de sa vulve) est découverte, la femme devient immédiatementnidda. Mais ceci est vrai seulement, et seulement si, les 3 conditions suivantes sont réunies : 1. Si la surface de la tache est plus grande que la taille d’une pièce de 10 cents, 2.etsi elle est trouvée sur des sous-vêtements ou sur les drapsblancsou sur la peau, 3.etsi cette tache est clairement rouge, rose, rougeâtre, bronze ou marron-rose. La femme doit alors vérifier la présence de sang à l’aide d’un tissu blanc (mokh) dans son vagin. Si cet écoulement sanguin dure plus de 3 jours, alors la femme doit se comporter comme si celui-ci était des menstrues, et compter 7 jours à partir de la découverte, puis se purifier le soir. Sinon (rien sur lemokh, ou moins de 3 “jours sanglants” consécutifs), la femme n’est quezâva, et peut se purifier le soir même dès qu’elle est “propre”.
14 Voir à ce propos l’article intitulé «Préservatif et Gaspillage Séminal (Zèra‘ le-Vaṭṭâla) dans le Judaïsme». 15 Le mari devient alors impur en tant quebô‘él nidda. 16 Celui de son choix avant 30 jours écoulés. Si elle est habituée de jeûner les lundis et jeudis (yemê-shénî waḥamîshî), elle doit choisir un autre jour de la semaine (sauf leshabbât, bien sûr). 17 Pluriel :mukkîm(et nonmôkhîmcomme le prononcent erronément les Ashkénazes).
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Si la femme trouve une tache sur son vêtement extérieur, sur sa chemise ou sur une zone de ses vêtements qui n’aurait pas pu être atteinte par le sang provenant de sa vulve, elle n’est pas nidda. Tout sang trouvé dans le vagin (ou autour de son ouverture) qui ne provient pas de l’utérus (mais d’une plaie, par exemple), ainsi que tout sang de l’utérus dont la cause peut être attribuée à une plaie, rend la femmeniddaseulement jusqu’au soir [comme lazâvatoraïqueper se], où elle peut procéder directement à la purification. Ainsi, si une femme porte un stérilet, tout écoulement sanguin peut être attribué à la présence de celui-ci dans son utérus ; elle ne compte donc jamais 7 jours comme unenidda réglée, mais procède à la purification le soir même dès l’arrêt de ses écoulements. Le sang des hémorroïdes n’entraine aucune impureté. Une femme qui a trouvé du sang dans ses urines est considérée comme “propre”. Le sang de l’hymen (d’une vierge) n’entraine pas d’impureté (dam-betûlîm,dam-ṭohar). Les jeunes mariés peuvent continuer leur cohabitation intime normalement. La jeune fille prépubère (n’ayant pas encore 2 poils pubiens, indépendamment de son âge) qui a un écoulement sanguin, quelles que soient sa durée et sa fréquence, ne compte jamais 7 jours [à l’instar lazâva]. Elle procède à la purification le soir même dès l’arrêt de ses écoulements, mais sans réciter de bénédiction. 18 La purification doit s’effectuer par l’immersion dans unmiqwè(bain rituel, rivière, lac, mer), ou 19 éventuellement (quand aller aumiqwècomplet du corps dans unedifficile) par un lavage  est salle de bain domestique (soit en remplissant la baignoire avec assez d’eau pour s’y immerger complètement, soit en versant sur le corps au moins 9qabbîm[environ 11 litres]). La femme doit faire très attention que rien ne vienne faire obstacle entre son corps et l’eau de purification (verni à ongle, nœud dans les cheveux,etc.). Pour cette raison, les poils du pubis (et raie des fesses) et des aisselles sont soigneusement rasés. La purification ne s’effectue qu’à partir du soir (c.-à-d. le soir du septième jour depuis le début des règles dans le cas A, ou le soir du septième jour propre dans le cas B) après le coucher du soleil [même plusieurs jours après, et alors même durant la journée]. Si la purification a été faite avant, elle n’est pas valable [mêmea posteriori], il faut recommencer après le coucher du soleil. La femme ne doit pas se purifier dans un endroit où elle craint que les gens vont la voir nue, car à cause de cela elle va se presser et elle ne sera pas méticuleuse quant à son immersion. Avant de se purifier, la femme récite laberâkhasuivante :Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu mèlèkh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu bemiṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-haṭṭevîlâ(Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié(e)s par Tes commandements et qui nous a ordonné(e)s l’immersion/la purification). Une purification valide effectuée inconsciemment (comme en se baignant dans la mer par divertissement, ou en nageant dans une piscine par entraînement sportif) est valablea posteriori. Pour une femme mariée, les rapports sexuels vaginaux sont obligatoires la nuit après la purification (lêl ṭevîla), une fois qu’elle retourne à son mari [mais si celui-ci le désire, il peut tout à fait commencer ou finir son coït par une sodomie]. Il est interdit à la femme de nettoyer le sperme de son vagin (ou de son anus) avant qu’une heure se soit écoulée (certains Décisionnaires interdisent jusqu’à 12 heures), mais elle peut en essuyer l’extérieur avec un tissu humide [c’est une loi qui concerne tous les rapports sexuels, pas
18 Appeléeṭevîla. 19 Appeléreḥîṣa.
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seulement la nuit de purification] – puis procéder à une neṭîla pour vaquer à ses occupations religieuses. Avant le rapport sexuel de la nuit de purification, l’homme récite cette bénédiction (en plus de 20 celles régulières ) :Bârûkh attâ Adônây, Èlôhénu mèlèkh hâ‘ôlâm, ashèr qiddeshânu be-miṣwôtâw weṣiwwânu ‘al-habbî’â (Tu es source-de-bénédiction, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Tes commandements et qui nous a ordonnés le coït). Pour les couples qui ont des enfants, il est conseillé d’attendre que ceux-ci soient couchés pour que la femme se purifie dans de bonnes conditions. Il est conseillé au couple de prier avant et après l’acte sexuel pour que Dieu les bénisse par de beaux et bons enfants. Il est également important à garder ses intentions pures durant ce rapport sexuel ; les Maîtres conseillent de penser à des personnes saintes auxquelles le couple aimerait que ses enfants ressemblent. Il est bon de faire coïncider le coït dulêl ṭevîlaavec lamiṣwadeônâtâh(litt. “son moment [à elle]”,i.e.le droit de l’épouse au plaisir sexuel marital), où le mari doit s’efforcer de lui procurer 21 un orgasme . Incidemment, après les rapports sexuels avec sa femme (“propre” ounidda), seul le mari – rendu 22 impur par son éjaculation – est obligé de procéder à unereḥîṣa(traditionnellement en se versant sur le corps au moins 9qabbîm[environ 11 litres]) avant de pouvoir prier ou étudier la Tôranormalement. Quant à la femme, il lui suffit d’essuyer le sperme de l’extérieur de son vagin (ou de son anus) à l’eau (pas besoin de 9qabbîm) – comme après avoir fait ses besoins –, puis de procéder directement à ses ablutions (neṭîla). Après l’accouchement, la femme est interdite à son mari (impure commenidda des “jours sanglants”) 7 jours si elle accouche d'un garçon, 14 s'il s’agit d'une fille – puis doit accomplir une purification le soir. Ensuite s’ajoute une période dite “jours de pureté” (où tout sang est considéré comme pur [dam-ṭohar]) – de 33 jours pour un garçon, 66 jours pour une fille – durant 23 laquelle seuls les rapports anaux ou oraux sont licites, et au terme de laquelle la femme se purifie à nouveau, et un repas (se‘ôdat miṣwa) est offert à la communauté (en place duqorbân[sacrifice offert au Temple] des relevailles). Une femme qui fait une fausse couche estniddapendant 7 jours, puis elle se purifie le soir du 7ème. Ensuite elle ajoute une période de “jours de pureté” (où tout sang est considéré comme pur) de 14 jours, durant laquelle seuls les rapports anaux ou oraux sont licites, et au terme de 24 laquelle elle se purifie à nouveau pour être totalement permise. À l’occasion d’un voyage hors de la ville de plus de trois jours (et trois nuits) séparés, que ce soit le conjoint ou la conjointe qui voyage, il est obligatoire d’avoir des relations sexuelles avec son 25 épouse, qu’elle soitniddaou non , la nuit précédant le départ ainsi que le soir du retour. Durant les 7 semaines du‘Omer(dePèsaḥàShavû‘ôt) – bien qu’on ne pratique pas les coutumes 26 de deuil lourianiques tardives (écouter musique, acheter du neuf, se raser,etc.) – les femmes 20 C’est-à-dire «mahanè vesar hâ’Âdâm» avant tout coït, et «ashèr yâṣar èt hâ’Âdâm beḥokhmâ» après toute éjaculation. 21 Cela au moins une fois par mois, afin d’être acquittéa minimade lamiṣwa. 22 Si sa femme est “propre”, il peut procéder à sa pu rification immédiatement. Par contre, si elle estnidda, il doit attendre le soir suivant pour effectuer sareḥîṣa. 23 Soit 40 jours après son accouchement pour un garço n, et 80 pour une fille. 24 Soit 21 jours après sa fausse couche. 25 Si elle estnidda, alors seuls les rapports anaux sont autorisés, et le mari devientbô‘él nidda. 26 Selon les enseignements mystiques de R. Yiṣḥâq Lur ia Ashkénazi (1534-1572) – dit leArî haq-Qâdôsh(le Saint Lion) – compilés dans les 8 sections du‘Éṣ Ḥayyîm.
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27 ne se purifient pas denidda(jusqu’à la veille deShavû‘ôtou). Seuls les rapports sexuels anaux oraux sont permis avec elles, et cea priori. ***** Ribbîa dit (T. Zéra Nidda 6a) Les femmes juives ont pris sur elles-mêmes de compter sept: « jours denidda, même si elles n’ont vu qu’une toute petite tache de sang (kâ‘adâsha; supérieure ou égale à celle d’une lentille). » Ribbîa dit ( Ḥalafta Bârayta NiddaHeureux sont ses enfants, son mari, sa famille, et: « I, 1) heureuse est la femme qui est attentive dans l’application des lois denidda. » Ribbî Elî‘èzer a dit (Bârayta Nidda: « III, 2) Bénie soit la rose [euphémisme pour l’anus] de la niddaaccueille le doigt [euphémisme pour le pénis] de son mari et le sauve de la faute du qui zèra‘ levaṭṭâla[litt. “semence en vain” ou “gaspillage de sperme”, c.-à-d. l’éjaculation hors d’un orifice féminin]. » Pourquoi l’Éternel a-t-il envoyé la plaie du sang aux Égyptiens ? Mesure pour mesure, car ainsi dit-Il à Abraham : « et même le peuple qui vous a réduit en esclavage, Je le jugerai » ; car les Égyptiens ne laissaient pas les femmes juives se tremper afin d’enlever leur impureté denidda, pour qu’elles ne puissent pas engendrer des enfants ; c’est pourquoi les eaux du Nil sont devenues du sang. (Shemôt Rabbâ9, 10) La raison pour laquelle Sara et Rébecca méritèrent la présence continuelle du nuage divin au-dessus de leur tente, témoignage de sainteté et de pureté, est qu’elles étaient attentives à se a purifier de leur état denidda; la pureté engendre l’Esprit Saint (haq-QodeshRû ḥ ). (Sifté Ḥakhâmîm,Beréshît24, 67) Ils ont demandé à Imma-Shâlôm (épouse deRibbî Elî‘èzer, et sœur deRabban Gamlî’él) : « Comment se fait-il que tes enfants soient spécialement beaux et sages ? » Elle leur a répondu : « Je fais très attention que mon mari me parle [euphémisme talmudique pour les relations 28 sexuelles] même quand je suisnidda; et quand il me parle, je l’excite jusqu’à ce qu’il saute sur moi comme un démon (shéd), afin qu’il ne donne pas ses yeux sur une autre femme. » (T. Nedârîm20a) ****** Bârûkh Adônây le‘ôlâm âmén we’âmén
27 Le mari devient quand mêmebô‘él nidda, bien sûr. 28 Il s’agit ici de sodomie bien évidemment, le seul rapport sexuel autorisé quand son épouse estnidda.
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