Marie de Nazareth
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Publié le 01 avril 2015
Nombre de lectures 23
EAN13 9782728921294
Langue Français

Exrait

G UILLAUME DE M ENTHIÈRE
M ARIE
DE N AZARETH
Préface de Mgr Marcuzzo
* Récit *
Table des matières
Avertissement
Préface
Les Préparations
Au Temple
Mariage
Annonciation
Le Messie
Voyage
Visitation
L’arche d’Alliance
La naissance de Jean
Le songe de Joseph
Le recensement
Bethléem
Nativité
La circoncision
Les Manifestations
Les mages
La Présentation
La fuite en Égypte
Retour d’Égypte
Vie cachée à Nazareth
Le recouvrement au Temple
Mort de saint Joseph
Baptême et vie publique
Les noces de Cana
À la synagogue de Nazareth
Qui est ma mère ?
Les Consommations
La Cène
Procès
Le Calvaire
La Pietà
Le matin de Pâques
La Pentecôte
Éphèse
Mort de la Vierge
Assomption de la Vierge
Carte : la Palestine au temps de Jésus
Notes
Du même auteur
Copyright
Avertissement
Le récit qui va suivre présente une vie de Marie, la mère de Jésus. Il se veut suffisamment fluide pour être accessible à un grand nombre de lecteurs qui ne sont pas versés dans les Saintes Écritures, les traditions anciennes juives et chrétiennes ou les données de l’histoire du premier siècle. Il a été écrit pour l’essentiel d’une traite, « à main levée », durant l’été 2013, les notes et références ayant été ajoutées postérieurement et reportées à la fin du livre ainsi qu’une carte de la Terre sainte. Il se veut fidèle aux données bibliques et au dogme catholique. Mais cela étant tenu, la part reste très large à l’interprétation, aux hypothèses, à l’imagination. L’auteur ne s’est pas privé de cette liberté. Il assume ses choix qui ont été guidés par sa connaissance de diverses sources :
Les écrits apocryphes et notamment le Protévangile de Jacques ( II e siècle), texte vénérable auquel emprunte la liturgie de l’Église. Mais aussi les quelque soixante-dix textes anciens ( VI e - X e siècle) sur le Transitus Mariae , sa Dormition et son Assomption. Les vies de Marie, souvent imposantes et très fouillées, écrites par des dévots et des mystiques : la vénérable Marie d’Agreda (†1665) ; l’abbé Orsini (†1875) ; Maria Valtorta (†1961) et surtout la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (†1824) qui fournit nombre d’hypothèses crédibles sur le séjour de la Vierge à Éphèse. Les travaux des exégètes et des historiens les plus récents (l’Américain John P. Meier ; le Français Jean-Christian Petitfils ; l’Espagnol José Antonio Pagola). Ils sont loin d’être d’accord sur tout. Par exemple, Nazareth au temps de Jésus comptait-il 1 600 à 2 000 habitants (Meier) ou 150 à 200 tout au plus (Pagola, Petitfils) ? Mais ils fournissent tout de même un cadre historique crédible indispensable. La géographie de la Terre sainte que l’auteur eut la grâce de sillonner bien souvent comme pèlerin ou comme guide.

Le récit laisse affleurer de temps à autre ces diverses sources. Il met en lumière le « pèlerinage de la foi » (Vatican II) qu’accomplit Marie tout au long de son parcours terrestre. Il cherche aussi à situer la « Fille de Sion » dans son enracinement juif. Aussi les références explicites ou implicites à l’Ancien Testament et à ses commentaires rabbiniques (Midrash, Targum…) sont-elles très présentes. Le va-et-vient entre l’un et l’autre Testament constitue une des précieuses clefs de lecture des Saintes Écritures que les Pères de l’Église nous ont léguées.
Mais en deçà de toutes considérations théologiques ou techniques, le texte qui va suivre veut simplement donner à connaître et à aimer au tout-venant Celle qui est « bénie entre toutes les femmes ». Tous en ont entendu parler, beaucoup l’invoquent aux temps de détresse, mais bien peu savent quelle fut son histoire et comment, par un destin singulier, elle devint la Mère de Dieu et notre Mère.

Guillaume de Menthière +
Préface
Le livre Marie de Nazareth m’a conquis. Une fois ma lecture terminée, je me suis surpris à penser : « C’est merveilleux, voilà le genre de livre que j’aurais aimé écrire. » C’est donc avec joie que je me livre à la préface de ce récit, qui m’a définitivement touché.
J’avoue qu’il m’a vraiment passionné par sa simplicité, sa beauté et sa profondeur. En tant qu’évêque de Nazareth, j’ai lu bon nombre de livres sur la Très Sainte Vierge Marie. Tous m’ont intéressé et quelques-uns m’ont littéralement enthousiasmé. Celui du P. Guillaume de Menthière fait décidément partie de ces derniers. Son livre, dans un style limpide, m’a particulièrement plu par sa capacité à me faire admirer la personne la plus sublime, la Vierge Marie, ainsi que ses vérités les plus dogmatiques et les plus éminentes. En somme, avec tout le respect que je dois au sujet du livre, « il se lit comme un roman ».

De fait, l’ouvrage m’a aidé à mieux comprendre la vie de Marie : j’ai pu rentrer dans son quotidien et ainsi contempler d’encore plus près ses vertus. Ce livre m’a permis de passer d’un amour pour Marie théologique, intellectuel ou pieux, à un amour de vie incarnée, d’imitation et d’admiration. D’emblée, je désirerais vivement inviter le P. Guillaume à penser à l’écriture d’un second récit, Joseph de Nazareth , dans le même style et la même pensée biblique. Ce souhait me vient en repensant à douze livres publiés en différentes langues par le P. Juan Maria Vernet, offrant les mêmes caractéristiques intéressantes que le présent récit et portant ces titres emblématiques : Toi, Marie ; Toi, Joseph ; Toi, Jésus …

C’est un livre que je n’hésiterai pas à qualifier de vrai et de sincère. Vrai, parce qu’il se conforme d’une manière authentique à la vie concrète de Marie de Nazareth. Sincère, parce qu’il exprime clairement, avec des paroles simples, à partir du quotidien de l’époque, des vérités constructives. Combien je voudrais qu’un grand nombre de lecteurs puissent le découvrir et en tirer les meilleurs fruits !

Le récit est fascinant surtout parce qu’il est « incarné ». Marie y est dépeinte dans toute sa réalité, intérieure et extérieure, naturelle et surnaturelle, historique et éternelle, culturelle et existentielle. Elle y est décrite comme « Marie de Nazareth » et, en même temps et sans contradiction, comme « Mère de Dieu », Théotokos. Ce livre s’adresse aux adultes, aux jeunes et aux enfants, mais je l’emploierai également volontiers dans mes classes de théologie, au séminaire et à l’université. En effet, Marie de Nazareth est fondé sur des arguments et des vérités théologiques sûrs.

Je compare ce livre, dans un certain sens, aux magnifiques activités multimédia du Centre international Marie de Nazareth, construit au cœur même de la ville de l’Annonciation. Dans les deux cas, Marie de Nazareth est le point de convergence de tout l’Ancien Testament et le point de rayonnement du Nouveau. Un effort similaire y a été déployé pour « contextualiser » Marie dans ses coordonnées divines et humaines, personnelles et communautaires. Dans le livre comme dans le Centre, des méthodes modernes et des dispositifs captivants ont été employés avec le plus grand succès. Loin d’être des musées et de l’histoire froide, les Lieux saints et les livres bibliques deviennent ainsi porteurs de vie et de messages actuels : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture » (cf. Luc 4,21).

Les sources de Marie de Nazareth font appel, bien sûr, à la Bible et à la théologie, au Mystère et à la logique, mais aussi à une solide tradition vivante et aux écrits apocryphes, à la géographie et à l’histoire, à la faune et à la flore, à l’imagination et à la psychologie. Tout est vrai dans ce livre, et pourtant, beaucoup d’éléments semblent imaginaires. Mais même ce qui est inventé – par exemple : mille détails concrets, circonstances, réactions, sentiments, allusions, citations, dialogues, descriptions du temps et des lieux, animaux et fleurs, climat, mentalité, vie quotidienne – reste vraisemblable et au service d’une meilleure compréhension de la vérité historique et théologique, dans la mesure où cela aide à comprendre le bien-fondé et l’authenticité de la réalité.
Ce qui m’a finalement séduit le plus dans ce livre, c’est son orientation conceptuelle générale : tout, en Marie de Nazareth, est en fonction et en vue de Jésus. Toute sa personne est tournée vers Jésus. Toute son action, directement ou indirectement, est au service de Jésus. Ce livre est comme une belle icône où la Sainte Vierge, sous la plume du P. Guillaume de Menthière, est « écrite » dans les manières les plus diverses, mais toujours inséparablement de Jésus. C’est d’ailleurs le goût ultime que vous laisse la lecture de ce livre, car il vous porte vers Jésus de Nazareth et vous vous retrouvez en sa compagnie, en train de savourer ses paroles et de garder fidèlement toutes ces choses dans le cœur (cf. Luc 2,51).

Giacinto-Boulos Marcuzzo Évêque à Nazareth Nazareth, le 11 février 2014.
Les Préparations
« Bénie entre toutes les femmes »
Au Temple
Elle ne s’était même pas retournée ! Non qu’elle n’eût point une tendre affection pour ses vieux parents, mais Marie semblait comme polarisée par ce temple vers lequel elle partait en courant. La petite fille avait gravi allègrement les quinze marches 1 qui menaient au sanctuaire et là, à l’approche de l’autel, elle avait même esquissé, dans sa joie, quelques pas de danse improvisés. Tout de même, ces transports étaient-ils bien convenables en un lieu aussi saint ? On en fit la remarque à Joachim, le père de la petite. Mais c’est Anne, son épouse, qui répondit :
« Le roi David n’a-t-il point dansé autrefois devant l’arche de Dieu ? »
Joachim se souvint en effet de cette page biblique où le grand roi s’était attiré les moqueries pour avoir tournoyé, ivre de bonheur, en la Sainte Présence de l’Éternel. À ses détracteurs, David avait alors répliqué magnifiquement : « Moi, c’est pour mon Dieu que je danse, je danserai devant le Seigneur et je m’abaisserai encore davantage 2 ! »
La joie exubérante de la petite Marie mit du baume au cœur de ses parents. Celle qu’ils avaient reçue de Dieu, ils la laissaient aller vers Dieu, en quelque sorte, en la présentant dans ce temple de Jérusalem. Le cœur un peu serré, bien sûr, mais dans la foi des pieux Israélites, ils priaient en disant :
« Que tes demeures sont belles, Israël, et combien désirablestes parvis 3 ! »

Il faut dire qu’il était impressionnant, ce temple ! Par sa superficie, il représentait environ le cinquième de la Ville sainte. Grandiose, gigantesque, colossal… on manquait d’adjectifs pour le décrire. Cette démesure avait de quoi en intimider plus d’un. Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que la petite Marie ne se laissa jamais impressionner par ce déploiement de splendeur et de prestige.

Elle eut pourtant bien l’occasion de connaître le somptueux édifice ! Elle y passa toutes les années de sa radieuse enfance. Depuis le jour où ses parents l’avaient confiée à la garde du sanctuaire, bien du temps, en effet, s’était écoulé. Et Marie, adolescente désormais, demeurait dans ce Saint Lieu qui lui était devenu si familier. On lui en avait souvent raconté l’origine. Elle connaissait par cœur l’histoire du grand roi Salomon, le bâtisseur du premier Temple. Sa vive imagination s’était bien des fois représenté tous les ors et les fastes qui avaient tant frappé à l’époque la reine de Saba. Tous les trésors de l’Orient avaient été mis à contribution. Pourtant, Salomon le Sage n’était pas dupe : Dieu excéderait toujours tous ses projets les plus pharaoniques. Le monument pour lequel il avait déployé tant d’art, d’efforts et de richesses n’était, somme toute, qu’une bicoque dérisoire devant Celui que les cieux et les cieux des cieux ne peuvent contenir 4 . Dieu pouvait-il être assigné à résidence ? Est-ce que le Très-Haut habitait sur la terre ? Le Tout-Autre avait-il une maison comme les enfants des hommes ?
Mais a contrario, si Dieu peut tout, pourquoi lui serait-il impossible de venir demeurer là, dans ce temple de pierre ? Le Tout-Puissant n’avait-il pas daigné, par le passé, habiter sous la tente, en camp volant 5 , durant le grand Exode ­d’Israël ?

À vrai dire, ce que Marie avait chaque jour sous les yeux, ce n’était plus l’édifice de Salomon. Ce premier temple avait été détruit cinq siècles auparavant par Nabuchodonosor. Depuis lors, c’est par tradition orale qu’on en vantait la splendeur. « Qui n’a pas vu le temple de Salomon, disait-on couramment, ne sait pas ce qu’est la beauté 6 . » On avait bien reconstruit quelque chose au temps de Zorobabel et du prophète Aggée. Mais c’était si dérisoire que les anciens, ceux qui avaient connu le monument primitif, en pleuraient 7 . Or voici que, cinq cents ans plus tard, ce mégalomane d’Hérode le Grand avait décidé de surpasser Salomon en entreprenant de gigantesques travaux pour rebâtir un temple enfin digne du Dieu d’Israël. Le chantier commença l’année de la naissance de Marie. C’était bien facile à retenir.

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