Pape François - La famille au coeur de l'Église

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Les joies et les difficultés de la famille contemporaine, le pape François les connaît bien. Depuis son élection comme successeur de Pierre, il a fait de la famille l’un de ses chantiers prioritaires, annonçant à temps et à contretemps qu’elle est une bonne nouvelle pour le monde d’aujourd’hui.
Dans cet ouvrage de référence se trouvent réunies et présentées par grands thèmes toutes les allocutions importantes de François sur la famille, complétées par la catéchèse donnée lors des audiences du mercredi, de décembre 2014 à juin 2015.
De façon originale, la parole du pape est mise en perspective avec des textes du magistère qui éclairent et complètent ce parcours, permettant au lecteur d’aller plus loin dans la réflexion.
Avec un style familier et direct, s’inscrivant dans le sillage de ses prédécesseurs, François rappelle à tous que la famille est au cœur de l’Église !


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Publié le 23 octobre 2015
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EAN13 9782728922499
Langue Français
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9782728920747_couv

PAPE FRANÇOIS

LA FAMILLE AU CŒUR
de l’ÉGLISE

Textes réunis et présentés
par Denis Metzinger

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INTRODUCTION

Depuis son élection comme successeur de Pierre, le pape François a fait de la famille l’un de ses chantiers prioritaires. Prêtre depuis 1969, évêque-auxiliaire depuis 1992 puis archevêque de la mégapole de Buenos Aires en 1998, ce parcours sacerdotal lui aura permis d’acquérir une très longue expérience pastorale. Il connaît donc bien les joies et difficultés de la famille contemporaine. D’un bout du monde à l’autre, les crises arrivent différemment mais en ce monde globalisé, il est facile de repérer que les mêmes maux produisent les mêmes effets et viennent contaminer et abîmer la famille : relativisme, sécularisation, culture de mort, idéologie imposée, problèmes économiques, pauvreté, etc.

*

En fait, la dernière grande réflexion de l’Église catholique sur la famille date de 1981 avec l’exhortation apostolique Familiaris Consortio du saint pape Jean-Paul II.

À notre époque, la famille, comme les autres institutions et peut-être plus qu’elles, a été atteinte par les transformations, larges, profondes et rapides, de la société et de la culture. De nombreuses familles vivent cette situation dans la fidélité aux valeurs qui constituent le fondement de l’institution familiale. D’autres sont tombées dans l’incertitude et l’égarement devant leurs tâches, voire dans le doute et presque l’ignorance en ce qui concerne le sens profond et la valeur de la vie conjugale et familiale. D’autres enfin voient la réalisation de leurs droits fondamentaux entravée par diverses situations d’injustice1.

Voici trente ans, le constat était déjà posé.

Cette exhortation était donnée à la suite de la Ve Assemblée générale du synode des évêques sur la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui (octobre 1980). Elle irriguera tout l’enseignement du saint pape durant ses vingt-sept années de pontificat.

Saint Jean-Paul II a été le Pape de la famille. Lui-même a dit un jour qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui comme du Pape de la famille. Cela me plaît de le souligner alors que nous vivons un chemin synodal sur la famille et avec les familles, un chemin que, du Ciel, certainement, il accompagne et soutient2.

*

En trente ans, le monde a bougé bien évidemment. Les transformations au sujet de la famille se sont précipitées, approfondies et ont touché tous les continents. D’un continent à l’autre, à l’ère du numérique tout se sait et tout se voit. Le meilleur comme le pire. C’est dans ce monde que l’Église poursuit sa mission. Se pose alors la question : Comment annoncer le Christ-Sauveur au monde d’aujourd’hui ?

La renonciation du grand théologien Benoît XVI a précipité la réflexion. Les cardinaux rassemblés en Congrégation générale avant d’entrer en conclave (mars 2013) ont pu échanger entre eux, c’est de là qu’est venue notamment la priorité à donner à la famille, dira celui qui est devenu le pape François :

[…] Tout, vient du côté des Congrégations générales des cardinaux. Il y avait des choses que nous, cardinaux, avons demandées à celui qui serait devenu le nouveau Pape. Je me rappelle que j’ai demandé beaucoup de choses, pensant que ce serait un autre3 […]

*

C’est ainsi que, rapidement après son élection comme successeur de Pierre, le pape François a souhaité redéployer l’institution synodale dans son ministère :

[…] Le synode des évêques. Il a sans aucun doute été l’un des fruits du concile Vatican II. Grâce à Dieu, en ces près de cinquante ans, ont pu être constatés les bénéfices de cette institution qui, de façon permanente, est placée au service de la mission et de la communion de l’Église, comme expression de la collégialité. Je peux en témoigner également sur la base de mon expérience personnelle, ayant participé à diverses assemblées synodales. Ouverts à la grâce de l’Esprit Saint, âme de l’Église, nous sommes certains que le synode des évêques connaîtra des développements supplémentaires pour favoriser encore plus le dialogue et la collaboration entre les évêques, et entre eux et l’Évêque de Rome4.

Moins de six mois après son accession au trône de Pierre, il annonçait ce long temps de travail de toute l’Église sur la famille.

Février 2014 : une rencontre exceptionnelle des cardinaux.

Durant ces jours, nous réfléchirons en particulier sur la famille, qui est la cellule fondamentale de la société humaine. Depuis le début, le Créateur a placé sa bénédiction sur l’homme et sur la femme afin qu’ils soient féconds et qu’ils se multiplient sur la terre ; et qu’ainsi la famille représente dans le monde comme le reflet de Dieu, Un et Trine.

Notre réflexion se souviendra toujours de la beauté de la famille et du mariage, de la grandeur de cette réalité humaine à la fois si simple et si riche, faite de joies et d’espérances, de peines et de souffrances, comme toute la vie. Nous chercherons à approfondir la théologie de la famille et la pastorale que nous devons mettre en œuvre dans les conditions actuelles. Faisons-le en profondeur et sans tomber dans la « casuistique », parce qu’elle ferait inévitablement abaisser le niveau de notre travail. La famille aujourd’hui est dépréciée, elle est maltraitée, et ce qui nous est demandé, c’est de reconnaître combien il est beau, vrai et bon de former une famille, d’être une famille aujourd’hui ; combien c’est indispensable pour la vie du monde, pour l’avenir de l’humanité. Il nous est demandé de mettre en évidence le lumineux plan de Dieu sur la famille et d’aider les conjoints à le vivre avec joie dans leur existence, en l’accompagnant dans beaucoup de difficultés, avec une pastorale intelligente, courageuse et pleine d’amour5.

Octobre 2014 : Assemblée extraordinaire du synode, c’est-à-dire ne réunissant que les présidents des conférences épiscopales du monde entier et les chefs de dicastères de la Curie.

Vous apportez la voix des Églises particulières, réunies au niveau d’Églises locales à travers les Conférences épiscopales. L’Église universelle et les Églises particulières sont d’institution divine ; les Églises locales ainsi entendues sont d’institution humaine. Cette voix, vous l’apporterez en synodalité. C’est une grande responsabilité : apporter les réalités et les problématiques des Églises, pour les aider à cheminer sur cette voie qu’est l’Évangile de la famille6.

Suivra une année entière pour mûrir la réflexion de l’Église :

Chers frères et sœurs, nous avons encore à présent une année pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et innombrables défis que les familles doivent affronter ; à apporter des réponses aux nombreux découragements qui assiègent et étouffent les familles7.

Octobre 2015, l’assemblée ordinaire du synode sur le thème : « La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain. »

La session extraordinaire du synode d’octobre 2014 comme l’assemblée ordinaire d’octobre 2015 aura été précédée d’une consultation de toute l’Église, afin de « permettre aux Églises particulières de participer activement à la préparation du synode8 ».

*

Beaucoup de commentateurs ou des gens qui parlent ont imaginé voir une Église en litige où une partie s’oppose à l’autre, en allant même jusqu’à douter de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unité et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui tout au long de l’histoire a toujours conduit la barque, à travers ses ministres, même lorsque la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs.

Et, comme j’ai osé vous le dire au début, il était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec une paix intérieure également parce que le synode se déroule cum Petro et sub Petro, et la présence du Pape est une garantie pour tous9.

La méthode de travail empruntée par le pape François était entièrement nouvelle pour tous. Membres de la Curie ; évêques et fidèles de par le monde ; mouvements familiaux ; groupes variés et médias ont été quelque peu surpris. Chacun cherchant à faire avancer son point de vue, à la manière d’une assemblée politique. De là des interprétations divergentes. C’est oublier un peu vite que la manière de travailler du Saint-Père est portée par sa spiritualité jésuite, célèbre dans l’art du discernement, afin d’ultimement prendre une décision reçue de Dieu.

Au cours du synode, les médias ont fait leur travail – il y avait beaucoup d’attente, beaucoup d’attention – et nous les remercions parce qu’ils l’ont fait aussi avec abondance. Beaucoup de nouvelles, beaucoup ! Cela a été possible grâce à la salle de presse, qui a fait un briefing chaque jour. Mais souvent, la vision des médias était un peu dans le style des commentaires sportifs ou politiques : on parlait souvent de deux équipes, pour et contre, conservateurs et progressistes, etc.

Aujourd’hui, je voudrais raconter ce qu’a été le synode.