Quelle éthique pour le travail social ?
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Quelle éthique pour le travail social ?
Une approche éthique de la relation d’aide
dans le cadre du travail social
Pour aider à la poursuite d’une réflexion engagée à Fougères le jeudi 5 juin
2008 : quelques éléments de l’exposé.
Ce qui importe le plus n’est pas seulement de vivre mais de bien vivre or ce bien vivre passe
nécessairement par une vie partagée avec les autres en société car aucun homme ne se fait
seul. C’est en ce sens qu’Aristote déclare que « l’homme est un animal politique » considérant
que l’homme ne peut être homme qu’en société et que c’est en société qu’il a quelque chance
de se réaliser et de satisfaire ainsi son désir le plus fort : être heureux. Encore faut-il, et
Aristote le savait bien, que les conditions sociales et politiques indispensables à ce bonheur
soient réalisées. Or cela n’est pas possible s’il manque la justice et la liberté et c’est là un des
problèmes majeurs de notre temps. Mais comment concilier justice et liberté ? Ces idéaux de
justice et de liberté sont en effet sans cesse en tension ; Choisir d’accorder la priorité à l’idéal
de justice c’est à la fois dénoncer les inégalités injustes et rechercher l’égalité mais au risque
d’une part de renforcer le pouvoir autoritaire de l’Etat et de réduire le dynamisme
économique ; Choisir de donner la priorité à la liberté c’est prendre le risque d’accroître les
inégalités et l’injustice. Si aucune de ces deux orientations n’est à elle seule, éthiquement
souhaitable, pourtant c’est bien dans le cadre de cette tension entre liberté et justice qu’il nous
faut penser les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui dans nos sociétés. Or l’option
privilégiée aujourd’hui tant au niveau politique qu’au niveau économique c’est celle de la
liberté. Par le fait même les inégalités se développent, se renforcent et l’Etat-Providence est
fortement sollicité pour venir en aide aux personnes les plus défavorisées, celles qui
« victimes » des injustices, connaissent la précarité, la pauvreté, l’exclusion. C’est dans ce
contexte qu’il nous faut penser les actions « réparatrices » entreprises pour une part par les
travailleurs sociaux. Le travail social, dit le sociologue Pierre Bourdieu « doit compenser…les
effets les plus intolérables de la logique du marché » ; à quoi il faut préciser : en devant faire
face, sur le terrain, à des difficultés qui le dépassent, faute de pouvoir disposer des moyens
personnels et institutionnels nécessaires ; sollicité par une demande d’aide individualisée dans
le cadre d’une situation complexe, il ne peut plus, comme autrefois, identifier la demande et la
traiter en l’inscrivant seulement dans le cadre de catégories institutionnelles de droits et
d’ayants droit. Dès lors se pose aujourd’hui la question : que faire pour bien faire ? Question
de nature éthique.
Si le travail social a changé c’est d’abord parce que la société a changé. Nos sociétés
« occidentales » sont aujourd’hui toujours plus marquées par l’individualisme.
L’individualisme contemporain, caractérisé par un égocentrisme exacerbé, une revendication
de liberté sans limites, un repli sur ses propres intérêts, un relativisme des valeurs…a pour
effet de distendre les liens sociaux et de fragiliser les moyens traditionnels d’intégration
sociale. C’est donc dans un contexte de crise du lien social et de la solidarité, que la pratique
du travail social doit se réaliser. Comment dans une situation de plus en plus complexe, qui
dans ce contexte est aussi de plus en plus individualisée, pratiquer une aide qui permette de
progresser dans la recherche des solutions, tout en favorisant la plus grande autonomie
possible ? Une telle question nous conduit à réexaminer ce que peut être une véritable relation
d’aide dont la finalité serait de permettre à l’aidé mais aussi à l’aidant de grandir en humanité.
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