Remèdes à la fatigue de croire

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Sortons d'une foi fatiguée et ennuyeuse ! Un ouvrage juste, lumineux, percutant et nécessaire pour remédier à la fatigue de croire, qui s'appuie sur la conviction de Pierre que tout le monde cherche le Christ "Tout le monde te cherche" (Mc 1, 37). Une réflexion profonde sur les sacrements qui nourrissent la foi chrétienne. Une parole adressée à tous les catholiques dans un style très facile et très agréable.
Préface de Monseigneur Le Saux.


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Publié le 24 juillet 2015
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EAN13 9782728921416
Langue Français
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Paul-Antoine Drouin

Remèdes à la
fatigue de croire

Préface de Mgr Yves Le Saux

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PRÉFACE

Ce livre est en premier lieu une invitation à la joie, la joie d’être chrétien, comme en écho aux premiers mots de l’exhortation apostolique du pape François. « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours1. »

La joie d’être aimé, la joie d’être pardonné, la joie de la vie fraternelle, la joie du salut, est le premier témoignage dont les hommes et les femmes de notre temps ont besoin. Tous, nous cherchons le bonheur. Dans un monde qui, ces dernières décennies, a vu se développer une « désertification spirituelle », « c’est le vide qui s’est propagé2 », avec ce que cela engendre de désespérance et de tristesse. Nous avons à témoigner du bonheur d’être chrétien. Au premier temps du christianisme, les philosophes athées étaient littéralement fascinés par la joie qu’ils repéraient dans les premières communautés chrétiennes, cette joie d’être ensemble, le bonheur de croire. Cette joie s’enracine dans le mystère de la croix du Christ, elle est la vie jaillissante de la victoire sur le mal et la mort.

 

Ce livre est aussi une invitation à entrer dans la miséricorde de Dieu. Dieu s’est fait homme pour nous rétablir dans la communion avec lui, pour nous réconcilier avec lui et les uns avec les autres. « Comme [l’homme] avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver. […] Tu as tellement aimé le monde, Père très saint, que tu as envoyé ton propre Fils, […] pour qu’il soit notre Sauveur », dit admirablement la quatrième prière eucharistique. Tout le mystère du salut est ainsi résumé. Dans ta miséricorde ! La miséricorde est la clé de compréhension du mystère de l’Incarnation et de la rédemption. Certains s’interrogent et se demandent ce que signifie être sauvé. Sauvé de quoi ? Mais si nous n’avons pas besoin du salut, de recevoir le pardon, d’être guéri, alors la mort de Jésus sur la croix et la résurrection n’ont aucun sens. Nous, chrétiens, nous croyons que Jésus est Sauveur. Nous croyons qu’il est la miséricorde de Dieu, qu’en lui la vie véritable est donnée, qu’en lui le pardon des péchés est accordé.

 

Être chrétien n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu. Mais c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui nous aime. Être chrétien est la rencontre avec un événement, l’événement pascal, la passion, la mort, la résurrection du Christ et le don de l’Esprit Saint. C’est la rencontre avec la personne de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, vivant parmi nous, rencontre qui transforme l’existence.

 

Par les sacrements de l’initiation chrétienne, baptême, confirmation et eucharistie, nous sommes plongés dans l’événement pascal. Nous entrons dans cette transformation. Par le baptême, nous sommes devenus une créature nouvelle, participant de la nature divine. Nous avons reçu le pardon des péchés. Par la confirmation, nous sommes marqués de l’Esprit Saint, enracinés plus profondément encore dans la filiation divine. Nous recevons les dons de l’Esprit Saint. Ce sacrement nous accorde une force spéciale pour être témoins du Christ. Nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’eucharistie, qui porte l’initiation chrétienne à sa plénitude. Je ne suis pas sûr que nous ayons tous saisi la nature et la portée, la profondeur de ce que nous avons reçu. La sainteté consiste à laisser se déployer en nous la grâce reçue dans les sacrements de l’initiation chrétienne. Que cette lecture nous y aide et nous renouvelle dans l’adhésion aux dons de la grâce de Dieu.

 

Ce livre se situe dans la perspective du synode sur la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne, et de l’exhortation apostolique La Joie de l’Évangile, qui constitue comme un programme de mise en œuvre d’un nouvel élan missionnaire. On a beaucoup dit sur l’expression « nouvelle évangélisation ». Pourquoi nouvelle ? En réalité, il s’agit d’accueillir de manière renouvelée la nouveauté radicale du salut dans le Christ et de le proposer à un monde lui-même en profonde mutation.

La nouvelle évangélisation est en premier lieu une invitation à la conversion pour les chrétiens eux-mêmes, pour qu’ils vivent de manière plus authentique l’exigence de l’Évangile et que soit ravivée en eux la conscience missionnaire. Pour que nous devenions, comme l’exprime le pape François, des « disciples missionnaires ». « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes “disciples” et “missionnaires”, mais toujours que nous sommes “disciples-missionnaires3”. » Être missionnaire fait partie de l’identité chrétienne.

La nouvelle évangélisation s’adresse aussi aux personnes baptisées qui, pourtant, ne vivent pas des exigences du baptême, souvent plus par ignorance que par hostilité, personnes que je me permets d’appeler, sans doute de manière excessive, des « baptisés non croyants ». Il s’agit de leur permettre une rencontre personnelle, nouvelle avec le Christ.

Enfin la nouvelle évangélisation est la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ. Beaucoup d’entre eux cherchent Dieu secrètement.

 

Au cœur de la dynamique d’un renouvellement missionnaire de l’Église, dans lequel nous sommes déjà engagés, il y a la place centrale des sacrements de l’initiation chrétienne. Le document préparatoire au synode (Instrumentum Laboris) allait jusqu’à affirmer que « c’est de la façon dont l’Église saura gérer la révision en cours de ses pratiques baptismales que dépendront le visage futur du christianisme dans le monde, surtout en Occident, et la capacité de la foi chrétienne de parler à la culture actuelle4 ». Dans son homélie finale, le pape Benoît XVI retient la place des sacrements de l’initiation chrétienne parmi les trois lignes pastorales qui ont émergé du synode. « La première [ligne] porte sur les sacrements de l’initiation chrétienne. L’exigence d’accompagner la préparation au baptême, à la confirmation et à l’eucharistie avec une catéchèse appropriée a été réaffirmée. L’importance de la pénitence, sacrement de la miséricorde de Dieu a été aussi rappelée. À travers cet itinéraire sacramentel passe l’appel du Seigneur à la sainteté5. »