Revue des périodiques
In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 21. N°91, 1935. pp. 301-315.
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Revue des périodiques. In: Revue d'histoire de l'Église de France. Tome 21. N°91, 1935. pp. 301-315.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhef_0300-9505_1935_num_21_91_2743REVUE DES PÉRIODIQUES
59e année, tome Revue CLXXHI, historique. 1934. Paris, Alcan.
Augustin Fliche : la Primatie des Gaules depuis l'époque carolingienne
jusqu'à la fin de la Querelle des Investitures (876-1121), p. 329-342. Ar
ticle destiné à éclairer le problème de la primatie sénonaise et lyonnaise.
Le terme de primatie des Gaules apparaît la première fois au concile
«le Pontion du 21 juin 876, connu d'après deux versions quelque peu
différentes. La version sénonaise d*Odoran, du xie siècle, fait attribuer
par le pape Jean VIII, la primatie des Gaules et de Germanie à Anségise,
archevêque de Sens, et à ses successeurs. D'après les Annales de Saint-
Bertin, dues à l'archevêque de Reims Hincmar, membre du Concile, les
évêques, après avoir en vain demandé communication de la bulle de
Jean VIII, auraient refusé, sauf un, d'adhérer à la primatie d'Anségise,
malgré l'empereur Charles le Chauve. Malgré leurs divergences, les deux
sources s'accordent pour reconnaître que le pape avait désigné Anségise
comme primat des Gaules et de Germanie. Or la lettre de Jean VIII que
nous avons conservée, institue Anségise « vicaire apostolique » et non
primat. La primatie des Gaules n'aurait-elle jamais existé ? Il semble
bien que de l'étude des sources et aussi de la critique à l'égard de leurs
auteurs, la conclusion soit la suivante : pour Odoran comme pour Hinc
mar vicariat apostolique et primatie sont synonymes. Pourquoi Jean VIII
a-t-il donc évité de prononcer le mot de primat ? Par usage de la no
menclature traditionnelle qui ne fait pas mention du mot de primat; par
•crainte aussi de voir la primatie devenir, par transmission, le point de
départ d'une église nationale; pour ne point blesser au vif Hincmar. Le
but de Jean VIII était, non de constituer un titre nouveau, mais de con
trebalancer l'autorité d'Hincmar par celle d'un représentant permanent
du Saint-Siège, chargé d'affermir la centralisation pontificale. Cette vue
4tait partagée par Charles le Chauve, désireux de restaurer l'unité im
périale, que la primatie des Gaules et de la Germanie favorisait. Aussi
l'empereur, au lieu du terme de vicaire contenu dans la bulle, a-t-il usé
de celui de primat, qui servait mieux ses projets.
La papauté d'ailleurs, n'entendait pas attribuer à un siège déterminé
les prérogatives accordées à Anségise. Dès 878, c'est Rostaing, archevê
que d'Arles, qui est revêtu du titre de primat. La crise terrible qui s'ou
vre après Jean VIII, explique que pendant le cours du xe siècle les bulles
pontificales ne parlent plus de la primatie. Celle-ci cependant suivit :
il la fin du xe siècle, Seguin, archevêque de ■ Sens, porte le titre de pr
imat — des Gaules seulement et non plus de Germanie. Loin d'être dis
cuté par les évêques, le primat Seguin a une autorité sans conteste, parce
que chef de l'Église des Gaules. Seraient-ce les premières annonces de
tendances gallicanes ? Sans doute Grégoire VII sentit le danger : sa
réforme de l'Église comporte, en Gaule, une transformation de la pri
matie. Les bulles du 19 avril 1099 décernent à l'archevêque de Lyon,
Gebuin le titre de primat, mais sur quatre provinces seulement, et sans
lui conférer la présidence des conciles nationaux qui appartient au lé
gat pontifical. Le déplacement de la primatie a été inspirée à Gré
goire VII par la crainte de l'archevêque de Sens qu'il redoutait comme
métropolitain du domaine royal, alors que l'archevêque de Lyon rési
dait dans une ville quasi-autonome. REVUE D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE FRANCE 302
La décision de Grégoire VII ne rencontra aucune opposition senonaise.
Ce n'est qu'en 1097 que Richer de Sens protestera, à l'instigation de
Philippe Ier, excommunié depuis octobre 1094 pour son mariage adulté
rin avec Bertrade de Montfort.En 1121, Louis le Gros, après une apparente
soumission de Sens qui durait depuis 1098, renouvelle le débat, protes
tant contre la primatie des Gaules exercée par « Lyon, ville d'Empire,
c'est-à-dire d'un royaume étranger ». Le roi d'ailleurs ne présentait pas
les anciennes prétentions de Sens. Nous ne possédons pas la réponse de
Calixte II, mais nous constatons que, sagement, la papauté ne rouvrit
pas la lutte. La centralisation ecclésiastique fit le reste — en réduisant la
primatie à une dignité honorifique. Le débat n'était pas tranché. Et c'est
ainsi que de nos jours, l'archevêque de Sens et celui de Lyon peuvent
s'honorer tous deux du titre de primat des Gaules.
Cécile Roudil.
Revue d'histoire moderne. Paris, 1934.
R. Durand : le Monopole universitaire et la concurrence ecclésiastique
dans les C6tes-du-Nord sous le premier Empire, p. 16-47. Reproduit, d'a
près la série Ft 8345 des Archives nationales, quatre lettres adressées
par le préfet des Côtes-du-Nord au ministre de la Police générale (26
oct. et 22 déc. 1810) et au comte Real, directeur du 1er arrondissement de
Police (11 janv. et 20 déc. 1811). Elles prouvent, mieux que n'avait pit
le faire le résumé de Ch. Schmidt (la Réforme de l'Université impériale
en 1811, Paris, 1905), l'âpreté de la lutte engagée dès cette époque, sur
tout en Bretagne, entre l'enseignement de l'Église et celui de l'État (les
premiers champions de la liberté d'enseignement seront précisément deux
Bretons, Jean-Marie et Félicité de Lamennais, « sans compter que l'un
d'entre eux, Jean-Marie, a été à partir de 1812 le secrétaire et le confl-^
dent de l'évêque de Saint-Brieuc, Mgr Caffarelli »).
R. Schnir : Un épisode du ralliement : contribution à l'étude des
rapports de l'Église et de l'État sous la troisième République, p. 193-226
et 317-339. Étude critique de la déclaration des cinq cardinaux de France
au président de la République (16 janvier 1892) telle qu'elle fut rédigée
par Mgr d'Hulst et- publiée dans la Croix du 27 janvier). Elle comprend
deux grandes parties : — 1° la liste des griefs de l'Église à l'égard de la
République (laïcisation de l'État, articles organiques et réductions bud
gétaires, religieux expulsés, neutralité scolaire, loi militaire (15 juillet
1889) « impie », divorce rétabli (loi Naquet, 17 juillet 1884),laïcisation
de la bienfaisance (21 mai 1873 et 5 août 1879), mesures diverses, sou
vent « exorbitantes » et toujours vexatoires), et cette enumeration, que
M. Schnir qualifie de « virulente », est appréciée par lui avec âpreté ;:
— 2° une acceptation, qui n'est ni « franche » ni « loyale », des insti
tutions politiques, car si l'épiscopat français voulait adhérer à la Répub
lique, c'était « pour mieux l'accaparer » : il s'agissait d' « engager une
lutte électorale sur le terrain constitutionnel, le principe du gouverne
ment étant admis ». Mais le pape Léon XIII désavoua la déclaration des
cardinaux (encyclique de février 1892) et le gouvernement s'orienta vers-
une politique anticléricale qui devait trouver sa conclusion quelques,
années plus tard avec la loi de 1905. « Ainsi la séparation, réclamée par
les radicaux, souhaitée par les républicains qui n'osaient s'y résoudre,,
a été l'œuvre du clergé qui ne le désirait pas. »
Louis Villat. DES PERIODIQUES 303> REVUE
Revue d'histoire littéraire. Paris, 1934.
J. Pommier : les Lectures de Renan au séminaire d'après un « Re
cueil » inédit, p. 87-105. D'après un manuscrit déposé à la Bibliothèque
nationale. Beaucoup de Pères de l'Église et une forte prédominance des
écrivains religieux, l'Imitation de Jésus-Christ, le Lycée de La Harpe,.
Montesquieu, Cyprien Desmarais (dont deux écrits politiques paraissent
en 1833), les Paroles d'un croyant (lues sans doute à la faveur des va
cances), etc. Rien à coup sûr dont on puisse tirer des conséquences dé
cisives sur le bagage intellectuel du jeune séminariste avant son arrivée
à Issy.
Louis Villat.
Revue historique de droit français et étranger.
IVe série, 13e année, 1934, Paris.
Roger Grand : Un épisode de la restitution des biens d'église usurpés
par les laïques dans le haut Moyen Age, p. 219-275. L'abbaye de Saint-
Amant de Boixe, au diocèse d'Angoulême, était subordonnée à celle d'Au-
rillac, dès la première moitié du Xe siècle, conséquence d'une fondation
directe ou d'une donation. Vers 950, Géraud de Saint-Céré, qui occupait
le siège abbatial d'Aurillac, fit des largesses à de puissants avoués et
telle fut, sans doute, l'aventure qui mit Saint-Amant entre les mains
des comtes d'Angoulême. L'un d'eux, aux environs de l'an mil, voulut
restituer ce bien d'église, et c'est à l'évêque d'Angoulême qu'il l'aban
donna : une Vita sancti Amantii fut alors composée pour établir l'anti
quité de cette dépendance et de l'établissement restauré. Quand l'abbaye
d'Aurillac, stimulée par la réforme grégorienne et soucieuse de réparer
ses pertes, retrouva ses titres angoumois, elle les fit reconnaître par la
papauté, peut-être avec l'aide opportune du légat Girard de Blaye, en
1119. Les moines de Saint-Amant ne se soumirent point de bon gré. Il
fallut une sentence arbitrale pour fixer, en 1197, les rapports juridiques
de l'abbaye-mère et de sa fille. Cette sentence, très intéressante, fut ob
servée au moins jusqu'en 1297 ; ses dispositions tombèrent en désuétude
au cours du xive siècle. — Du cartulaire de Saint-Amant de Boixe, dont
une copie, inédite, est à la Bibliothèque nationale, M. Grand tire dix-
neuf pièces justificatives.
Paul Rolland : Comment la commune de Tournai devint son propre
seigneur justicier, p. 276-314. Tournai, avec sa banlieue, passa sous forme
d'immunité d'abord (898), puis sous forme de fief direct de la couronne
de France, à l'église cathédrale, personnifiée par l'évêque. En face de
l'échevinage immunitaire, s'organise, dès 1147, une commune jurée dont
les progrès seront importants au xme siècle. En décembre 1340, « la col
lectivité tournaisienne devient son propre seigneur justicier pour tout
l'ancien ressort episcopal urbain ».
Compte rendu de la Semaine d'histoire du droit normand tenue à
Caen du 11 au 15 juin 1934.
Gabriel Le Bras : le Contrôle de la pratique religieuse dans le diocèse
de Rouen sous l'épiscopat de Colbert, p. 732-733. Nicolas Colbert, coad-
juteur, puis archevêque de Rouen (1679-1707), par une enquête, des vi
sites, des calendes, s'informe de l'état de son diocèse et notamment de
la pratique pascale et dominicale : la première est presque unanime, la
seconde irrégulière. Les précisions sont suffisantes pour rendre compte
de la vie religieuse en Normandie vers la fin du règne de Louis XIV.
J. Dauvillier : l'Affinitas superveniens en Normandie, p. 735-736. Un REVUE D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE FRANCE 304
jugement de l'échiquier, avant 146% montre la persistance du droit an
térieur à Innocent III.
J. F. Lemarignier : le Pontificat d'Urbain II (Î088-Î099) et le dévelop
pement de l'exemption monastique en Normandie, p. 737-738. Étude des
faux de Bellême et de Fécamp, fabriqués pour soumettre directement à
Rome ces deux monastères.
R. Jouanne : les Communaux, les droits d'usage et la dîme dans les
cahiers du bailliage d'Exmes, p. 742. Protestation contre la dîme des
prairies artificielles.
P. Andrieu : l'Institution décanate dans les conciles anglais des xir\
xme et xive siècles, p. 743-744. Les doyens ont une véritable juridiction
ordinaire qui s'étend jusqu'aux causes majeures. Ils visitent, citent aux
calendes. Leur dépendance envers l'archidiacre est étroite.
M. Baudot : les Prénoms de l'époque révolutionnaire dans le départe
ment de l'Eure, p. 749-750. Noms de saints jusqu'alors peu usités, puis
dénominations morales, enfin à partir d'août 1793, prénoms révolution
naires, qui furent, d'ailleurs, assez peu nombreux.
Gabriel Le Bras.
Revue catholique des institutions et du droit. Paris, 1934.
L. Riboulet : l'Instruction au Canada sous le régime français, 1H36-
1760, p. 252-274, 297-307. On a trop insisté sur l'ignorance des premiers
Canadiens français. Malgré les difficultés particulières à l'époque et aux
lieux, l'instruction fut une des préoccupations des premiers colons et de
leurs chefs spirituels et civils; et on indique les résultats auxquels ils
étaient arrivés. On remarquera en particulier les détails sur l'école d'hy
drographie fondée à Québec par les Jésuites.
Nota. — Plusieurs des articles de la Revue sont des discours ou des
rapports faits au 50e Congrès des Jurisconsultes catholiques à Avignon
en 1933, qui traitent du socialisme juridique dans le droit privé.
U. Rouziès.
PÉRIODIQUES DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS
Revue d'ascétique et de mystique.
Tome XV> 1934. Toulouse, 9, rue Mont plaisir.
Ferdinand Cavallera : Antoine Le Maistre, hagiographe, et non Pasc
al, p. 187-191. Dans un article publié par la Revue d'histoire littéraire
de la France (1933, p. 566-579), M. P. Tisseau a cru apercevoir une allu-
tion très claire à Pascal dans la préface mise par Godefroy Hermant à
la Vie de saint Jean Chrysostome qu'il publia en 1664 sous le pseudo
nyme de Ménart. Il résulterait de là que Pascal avait en hagiographie
et en histoire de l'Église des connaissances fort étendues. En réalité l'é-
rudit qui fit part de ses lumières à G. Hermant n*est autre qu'Antoine
Le Maistre, neveu du grand Arnauld.
M. Viller et G. Joppin : Un inédit de Saint-Cyran, p. 257-289. Dom
Clémencet, dans son Histoire littéraire de Port-Royal mentionne parmi
les ouvrages perdus de Saint-Cyran un Règlement de vie pour M. Pelle
tier des Touches. Le P. Viller a trouvé une copie de cet opuscule dans un
manuscrit du xvme siècle, originaire de Troyes, et appartenant à la Bi
bliothèque du scolasticat d'Enghien (Belgique). Il en publie le texte, avec REVUE DES PÉRIODIQUES 306
une Introduction. Voici le titre exact : Conduite journalière dressée par
Messire Jean du Verger de Hauranne, abbé de Saint-Cgran, pour M. R*
Pelletier-Destouches, en novembre 16i2.
Recherches de science religieuse.
Tome XXIV, 1934. Paris (VIIe), 15, rue Monsieur.
Joseph Lecler : Qu'est-ce que les Libertés de l'Église gallicane? p. 47-
85 (fin). La doctrine des juristes et des Parlements sur les Libertés de
l'Église gallicane reste immuable depuis la fin du seizième siècle.
Elle n'en fut pas moins soumise à de vigoureuses critiques dans le cou
rant du siècle suivant. La discussion porte sur trois points principaux :
quel rapport y a-t-il entre les libertés gallicanes et les canons des an
ciens conciles ? -entre les libertés gallicanes et les théories conciliaires?
quelle part ces mêmes font-elles en matière ecclésiastique à
l'autorité du roi et à la juridiction des cours séculières ? Remarquables
critiques de P. de Marca, du P. Thomassin, d'A. Charlas et de l'auteur
anonyme d'un Traité des libertés de l'Église gallicane (B. N., f. fr. 23462).
Le clergé se divise sur les deux premières questions, mais il retrouve
l'unanimité pour protester avec énergie contre l'intolérable développe
ment des appels comme d'abus.
Études.
Tomes 218 à 221. Année 1934. Paris, 15, rue Monsieur.
Joseph Lecler : Camille Jullian (1859-1933). Quelques idées chères à
l'historien de la Gaule (20 février, p. 484-496). M. C. Jullian aime la terre
de France et toute son œuvre est pénétrée de ce sentiment. Son sens très
affiné des valeurs spirituelles n'est pas moins remarquable. Il a fort bien
•écrit des origines de l'Église de France. En dépit de son protestantisme,
il ne cache pas ses sympathies pour le culte des saints, surtout lorsqu'il
s'agit de l'admirable évêque de Tours, saint Martin.
Joseph Huby : Ernest Renan séminariste. Sa première année à Saint-
Sulpice (18M-18U) (5 mai, p. 337-348). Fine étude psychologique sur le
jeune séminariste, à propos de la thèse de M. Pommier, la Jeunesse clé
ricale d'Ernest Renan. Saint-Sulpice.
Jacques Hérissât : Pages religieuses de la Révolution. Les dernier^
Bénédictins de Saint-Martin-des-Champs (5 juillet, p. 17-31). Le prieuré
de (aujourd'hui, le Conservatoire des Arts et
Métiers) ne comptait plus en 1789 que vingt-trois religieux. Le 28 sep
tembre de cette même année, treize moines du prieuré, se disant inter
prètes de la presque unanimité de leurs frères, se présentaient à l'A
ssemblée Nationale pour offrir à la nation tous les biens non seulement
de leur prieuré, mais de toute la congrégation de Cluny ! En dépit des
protestations du cardinal de La Rochefoucauld, abbé de Cluny, cette
offre grotesque fut retenue par l'Assemblée. Dès la fin de l'année, une
partie des bâtiments du prieuré fut transformée en magasins à blé.
Après le vote de la loi qui supprimait les Ordres monastiques, la dis
persion des religieux commença. En 1792, il ne restait plus que trois
moines qui avaient obtenu l'autorisation de garder un logement. Ils as
sistèrent impuissants à la ruine de leur monastère et à la profanation
des reliques. Le 29 mars 1794, Dom Meiffre, Dom Courtin et Dom Adam
montaient sur l'échafaud.
Joseph Lecler : l'Étude de notre passé chrétien. Le I" Congrès d'His-
toire de l'Église de France (5 juillet, p. 32-40). Rappel des communica-
20 REVUE D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE FRANCE 306
tions les plus importantes, en particulier de celles qui ont été consacrées-
à la vie chrétienne dans les campagnes françaises au dix-huitième siè
cle. Nécessité de réaliser entre les érudits qu'intéresse l'histoire de l'É
glise de France une collaboration toujours plus étroite et plus méthod
ique. Le Congrès représente en ce sens un nouvel effort.
Joseph Leclbr.
PÉRIODIQUES FRANCISCAINS.
Études franciscaines. 30° année. Tome XLVI. Paris, 1934.
P. Godefrov, O. M. C. : Notes et documents pour servir à l'histoire dur
P. Pacifique de Provins, p. 194-217, 469-491 (suite). Le P. Pacifique re
venu de Perse (1630) séjourna en France avec le titre de procureur des-
Missions. Il n'avait qu'un désir : repartir. Mais le P. Joseph du Tremb
lay, avec qui il ne s'entendait plus, estimait qu'il était indésirable aux. Pacifique s'intéressait néanmoins à ses fondations du Levant
et de Perse. Il en rédigea la narration qui fut imprimée sans son auto
risation par un ami en 1631; désavouée par lui, elle fut réimprimée avec
quelques corrections en 1632 à Lille et approuvée. Une troisième édition
parut en 1645. A la mort du P. Joseph, il obtint (1638) d'être inscrit sur
une liste de missionnaires et ne put s'embarquer qu'en 1645 avec le-
titre de préfet des Missions de l'Amérique septentrionale et des Antilles.
Il a maille à partir avec les Dominicains établis à la Guadeloupe et les
Jésuites à la Martinique. De retour dans la métropole, en 1646, il écrit,
le récit de ses voyages et après avoir reçu une nouvelle nomination de
préfet des missions capucines d'Acadie (1647), il repart en mars 164&
avec deux compagnons sur un navire qui échoua le 26 mai 1648 dans
une île des Antilles et où l'on suppose qu'il fut dévoré par les Caraïbes.
R. M. Mauriac : Un réformateur catholique, Thomas Illyricus, Frère
Mineur de l'Observance, p. 329-347, 434-456, 584-604 (à suivre). Ce Franc
iscain, dalmate de naissance, réfugié en Italie avec sa famille appar
tient aussi à la France dont il évangélisa les régions méridionales de
1516 à 1522. On le voit tour à tour à Grenoble, Condom, Nérac, Montau-
ban, Toulouse, Cahors, Villefranche-de-Rouergue, Bordeaux, Foix, Ra-
bastens, Lyon. Avant Luther, il dénonce les abus et prêche la réforme
des mœurs non seulement en un langage hardi, mais aussi par une vie
très austère et pieuse. Plusieurs fois dans ses sermons, qui duraient
quatre heures sans lasser ses milliers d'auditeurs, il annonça les trou
bles et les maux qui devaient naître des conflits religieux.
Jean de Cognin, O. M. C. : le P. Charles de Genève. Contribution à
l'histoire des Capucins de Savoie, p. 348-364. L'Histoire abrégée des mis
sions des Pères de Savoie fut rédigée d'abord en latin (1657)
par le P. Charles de Genève et traduite en français par le P. Fidèle de
Talissieu (1680). L'excellente étude du P. Jean de Cognin démontre la
haute valeur critique de l'Histoire abrégée des travaux accomplis par les
Capucins aux côtés et sous la direction de saint François de Sales.
P. Godefroy, O. M. C. : le P. Archange Ripaut et les Capucins dans
l'affaire des illuminés français, p. 541-558 (à suivre). L'abbé Bremond
au chap. II du tome XI de son Histoire littéraire du sentiment religieux
en France insinuait que l'affaire des illuminés a été grossie sinon inven
tée comme à plaisir par les capucins Archange Ripaut et Joseph du
Tremblay. Le P. G. établit dans ce travail que l'illuminisme n'était pas
un mythe. Il vint d'Espagne en France vers 1623 et fut immédiatement
combattu par le P. Archange Ripaut, fils d'un président à mortier du.
parlement de Paris, entré chez les Capucins en 1601. REVUE DES PÉRIODIQUES 307
P. Marie-Benoît, O. M. C. : le P. Thomas de Charmes, p. 698-701.
Courte notice sur ce Frère-Mineur capucin (1703-1765) de la province de
Lorraine, auteur d'un manuel de théologie qui par la clarté, l'ordre et
la concision de son exposé joint à un ensemble doctrinal excellent (sans
se rattacher à aucune école le P. Thomas de Charmes est ordinairement
thomiste) eut de nombreuses éditions. La dernière due à l'abbé Desorge
parut chez Vives en 1886.
1 La France franciscaine.
2e série, tome XVII. Paris, 1934.
F.-M. Delorme, O. F. M. : Olivier Maillard et le b. Duns Scot à Tou
louse, p. 347-365. Documents tirés des archives de la Haute-Garonne et
relatifs à une controverse qui eut lieu à Toulouse en 1495 entre Olivier
Maillard célèbre prédicateur franciscain et l'un de ses confrères au sujet
de la doctrine de Scot sur la difficulté de la confession.
P. Gratien, O. M. C.
PÉRIODIQUES BELGES.
Revue d'histoire ecclésiastique.
34* année, tome XXX, 1934. Louvain, 40, rue de Namur.
Ch. Mercier : l'Esprit de Calvin et la démocratie, p. 5-53. A ne con
sidérer que ses idées politiques, on serait certes en droit de conclure
que Calvin n'est pas un précurseur de la démocratie moderne; « néan
moins pour juger de l'influence exercée par lui sur le mouvement des
idées démocratiques modernes, il faut nécessairement prendre en consi
dération la doctrine religieuse du réformateur; or, celle-ci est essen
tiellement individualiste ». Par son Institution chrétienne, sa discipline
ecclésiastique, il parvint à inculquer à ses disciples, à défaut de prin
cipes de vie religieuse collective, des habitudes de collaboration et de
self-government aristocratique qui, les circonstances et les conditions
économiques aidant, viendront renforcer, dans une certaine mesure, chez
les premiers emigrants de la Nouvelle-Angleterre, les vieilles traditions
politiques anglo-saxonnes. « Au fond, Calvin a ouvert « toute grande la
brèche par où devait se répandre l'esprit des temps nouveaux : esprit
d'indépendance et d'autonomie absolue de l'individu. »
G. Constant : le Réveil religieux en France au début du xix" siècle,
p. 54-84. Fin d'une étude signalée l'an dernier.
J. Duhr : A propos du « De Fide » de Bachiarius, p. 85-94. Répond
aux difficultés objectées par le P. Lambert et surtout par le P. d'Alès
touchant la date (fin de l'année 383 ou début de 384) de la profession de
foi de Bachiarius. « Puisque saint Jérôme n'est resté en charge à Rome
que jusqu'à la fin de l'année 384, c'est-à-dire jusqu'à la mort du pape
Damase, il nous faut bien conclure que le De Fide se place en 383 ou en
384. »
J. de Ghellinck, S. J. : la Carrière de Pierre Lombard. Nouvelle pré
cision chronologique, p. 95-100. Entre autres, les souvenirs de Hubert de
Boseham, secrétaire de l'archevêque de Cantorbéry rappelés à l'archevê
que de Sens, touchant P. Lombard.
G. Barraclongh : Un document inédit sur la soustraction d'obédience
de 1398, p. 101-115. D'après les Archives Vaticanes, Collectories, 377, fol.
209-222.
J. Thomas : les Ebionites baptistes, p. 259-296. « Modeste contribu
tion » à l'étude de cette secte en examinant d'abord son apparition, puis REVUE D'HISTOIRE DE L'ÉGLISE DE FRANCE 308
son évolution d'après Epiphane, dans les écrits pseudo-clémentins. On
« trouve dans ces écrits des traces d'une évolution de la secte et de l'exis
tence d'une branche baptiste importante : à côté d'éléments simplement
ébionites, d'autres apparaissent qui révèlent un ébionisme proche de
Pessémisme
G. Mollat : les Débuts de l'occupation française à Rome en 18i-9, p.
334-360, 587-620. Voir ci-dessus, p. 266.
P. Galtier, S. J. : A propos de la pénitence primitive. Méthodes et con
clusions, p. 517-557, 797-846. L'auteur défend, surtout contre le Dr Posch-
mann, quelques critiques à son livre l'Église et la rémission des péchés
aux premiers siècles (Paris, 1932). Pour ce qui est de la méthode, il exa
mine l'effet propre de la réprobation sacerdotale accordée aux pécheurs
après pénitence, l'homélie de saint Grégoire sur le pouvoir des clefs,
l'édit d'indulgence de Tertullien, le « de fide et operibus » de saint Au
gustin et ses sermons, et enfin le rôle très exagéré des moines irlandais
en Espagne dans la diffusion de la pénitence privée. En défendant les
conclusions de son livre, le P. Galtier étudie à nouveau la notion de
celle-ci, le silence de l'antiquité chez les moralistes et les prédicateurs,
la pénitence avant et dans saint Augustin, la réconciliation des hérétiques,
l'absolution des clercs, des malades, des fidèles exclus de la pénitence
publique, les directions de saint Grégoire le Grand à ceux qui détien
nent le pouvoir des clefs. L'auteur conclut : « Pour remettre sacramen-
tellement le péché sans exiger l'enrôlement parmi les « pénitents », ni
saint Grégoire, ni saint Léon, ni saint Augustin n'ont eu à innover.
Ce mode de pardon se constate dans l'Église dès l'époque où s'y ob
serve l'organisation de la pénitence publique. Il procède du pouvoir que
s'est toujours reconnu l'Église de proportionner l'expiation du péché à
la malice de la faute et aux besoins ou aux capacités des coupables. »
J. Zeiller : le Montanisme a-t-il pénétré en Illyricum?, p. 847-851.
D'après une lettre d'Auxence, évêque de Moésie inférieure, au ivc siècle,
il semble qu'on puisse affirmer la diffusion du montanisme en Moésie
et dans les provinces immédiatement voisines.
Dom O. Lottin : Une question quodlibétique inconnue de Godefroid
de Fontaines, p. 852-859. D'après le ms. G. 30 de la bibliothèque de l'Uni
versité de Louvain. Quodlibet inconnu, l'examen des formules forment
« la confirmation de l'authenticité de la pièce ».
Analecta Bollandiana. Tomus LU. Bruxelles-Paris, 1934.
Maurice Coens, S. J. : la Vie de Christian de l'Aumône, p. 5-20. Ren
seignements biographiques : frère est un convers illettré, qui
après avoir mené la vie d'ermite dans le « désert » de Gastines, se pré
senta vers 1130 à l'abbaye de l'Aumône, au pays de Blois, puis passa à
l'abbaye de Landais, en Berry. La courte Vita, éditée ici, se présente
sous la forme d'une lettre adressée par Reginald, abbé de l'Aumône, à
l'abbé de Cîteaux. Le texte est extrait d'un florilège formé à la fin du
xiir siècle (Bibliothèque d'État de Munich, ms. n° 14682).
Recherches de théologie ancienne et médiévale.
Tome VI, 1934. Louvain.
P. Glorieux : les Polémiques « contra Geraldinos ». Les pièces du dos
sier, p. 1-41. Étude remarquable sur le classement et la datation des
pièces qui forment le dossier de Gérard d'Abbeville, maître régent de la
Faculté de théologie de Paris, à la fin du xhi* siècle. Autour de lui vin^-
rent se grouper « la bande des maîtres séculiers qui menait à l'assaut
des ordres mendiants et de leurs privilèges » ; ces polémiques eurent REVUE DES PÉRIODIQUES 309
lieu particulièrement entre 1269 et 1272 et roulèrent sur le problème de
la perfection et des droits des religieux; prirent part aux luttes saint
Bonaventure, saint Thomas d'Aquin et Peckham. Une vingtaine de trai
tés de saint Thomas sur ces matières (quelques-uns encore inédits) sont
à rechercher, à classer selon leur affinité logique et enfin à dater. Le
travail délicat auquel l'auteur s'est livré aboutit aux quatre groupes sui
vants : Le premier groupe « se formerait assez facilement autour du
De perfectione vitae spiritualis de saint Thomas », il comprendrait, ou
tre ce traité, un Quodlibet de Gérard d'Abbeville; puis le Quodlibet III
de saint Thomas, un traité de Nicolas de Lisieux : De perfectione et ex-
eellentia status clericorum, enfin, une liste de 23 erreurs extraites par
ce Nicolas du traité et du Quodl. de saint Thomas. L'ensemble du groupe
daterait de 1269 et de 1270. Le second groupe roule sur le problème de
l'entrée en religion des enfants, comprend trois pièces : une question
disputée de Peckham, un Quodl. de saint Thomas et une question dispu
tée de Gérard d'Abbeville. La date approximative est février ou mars
1270. Dans le troisième groupe on pouvait retenir plusieurs écrits de
Nicolas de Lisieux, entre autres, son : De ordine preceptorum ad con-
silia, le Contra Peckham et Thomam, sa lettre d'envoi à Guillaume de
Saint-Amour, une questio disputée de Peckham, le Contra Retrahentes
de saint Thomas, une question, enfin, de Gérard d'Abbeville. La date
des pièces du dossier serait de juillet 1270 à février 1271. Le quatrième
groupe se compose d'écrits polémiques contre Gérard d'Abbeville, sans
qu'il y soit fait mention de saint Thomas; ils ont également rapport
aux problèmes de la perfection chrétienne et de la perfection religieuse;
comme le dit l'auteur « les passes d'armes sont extrêmement serrées ».
On pourrait dater le tout de juillet 1269 à juillet 1270.
Dom A. Ohlmeyer : Der gedrùckte Sentenzenkommentar Alberts des
Grossen. Wie verhaelt sich das vierte Buch zu den drei ersten Bùchern ?
p. 42-54, 425-427. Analyse de la dépendance réciproque des diverses par
ties de cette œuvre; il est à deviner, à l'heure qu'il est, que les trois
premiers livres du traité appartiennent à une rédaction antérieure, le
quatrième à une composition postérieure; ce quatrième livre n'appart
ient pas aux trois premiers « sondern setzt drei andere uns bisher noch
unbekannte Bûcher eines Sentenkommentars voraus ».
F. Stegmuller : les Questions du Commentaire des sentences de Ro
bert Kilwardby, p. 53-79. Robert Kilwardby est à la fois « grammairien
et logicien de Paris, théologien d'Oxford, provincial des Dominicains
et archevêque de Cantorbéry, promoteur de la condamnation des doc
trines thomistes, légat au concile de Lyon et cardinal de Sainte Rufine ».
On trouvera ici le relevé des manuscrits de son œuvre du Commentaire
des sentences avec renvoi aux manuscrits.
Dom O. Lottin : Un commentaire sur l'Ethica vêtus des environs de
1230-1240, p. 84-88. Il s'agit, d'après le ms. lat. 3804 de la Bibl. nat., d'un
commentaire de l'Ethica vêtus, conservée par fragment. C'est la rédac
tion d'un cours professé oralement; le commentateur est probablement
un maître de la Faculté des arts de Paris; la rédaction doit en être pla
cée entre 1230 et 1240; enfin « la technique de ce commentaire annonce
celle des grands théologiens du milieu du xm« siècle ».
Dom O. Lottin : les Ramifications des vertus cardinales avant saint
Thomas d'Aquin, p. •88-94. Détermine l'origine de la division tripartite
de saint Thomas antérieurement à ce dossier. On peut remonter à la
Summa de bono de saint Albert le Grand (peu après 1240) qui, « le
premier a frayé la voie aux précisions, et aux agencements dans la divi
sion des vertus cardinales ».