S'il on en croit une certaine littérature du XIXème siècle (je ...

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1
L’HABITAT DES PERSONNES ÂGÉES SOUS L’ANCIEN RÉGIME
Claude GRIMMER MCF Université de Clermont Ferrand, Laboratioire Celis
S’il on en croit une certaine littérature du XIXème siècle (je pense tout
particulièrement à Frédéric Le Play) et même au XXème siècle, l’Ancien
Régime est la période bénie des personnes âgées, la vie en famille, le respect de
l’ancêtre. Je voudrai très rapidement
vous montrer la grande diversité des
conditions de vie à cette époque. Les lieux (ville ou campagne), les structures
(en couple, veuf, veuve ou célibataire) le niveau de vie (pauvres et riches)
modifient les manières d’habiter et de vivre sa vieillesse.
Pour cette intervention, je mettrai l’accent sur l’habitat des personnes âgées
dans une partie du sud-ouest de la France : plus particulièrement le sud de
l’actuel département du Cantal, le Rouergue et le Quercy. Ces régions partagent
une culture commune : pays rural d’élevage, pays de droit écrit préciputaire,
pays où le modèle de la famille souche est la norme, tout au moins en théorie.
La vieillesse : une préoccupation constante
Dans ces pays du Sud,
on pense très tôt à sa vieillesse. En fait au mariage de
celui qu’on a choisi pour héritier. On a donc moins de 50 ans. Lors du contrat de
mariage de l’héritier choisi, le couple ou le survivant prévoit de donner des
biens : la moitié des biens ou la totalité, plus rarement la nue-propriété. Tandis
que l’autre époux apporte une dot (en argent ou en nature). L’essentiel ici est la
clause de cohabitation car si les parents se délestent d’une partie de leurs biens,
il faut qu’ils assurent leur devenir. La belle-fille ou le gendre vient donc vivre
dans la famille et ils vont devoir partager leur maison dans la plupart du temps.
Le 13 mars 1737 Jean Lintilhac procureur à Aurillac et sa femme Marie
Maisonobe marient leur fils Pierre à Elisabeth Costes, elle apporte 6000 livres
en dot. Les parents Lintilhac donnent « par donation pure, simple et irrévocable
à leur fils tous leurs biens, ils gardent 2800 livres pour légitimer les autres
enfants non mariés et le reste, ils en disposeront pour leurs plaisirs à condition
d’être nourris, entretenus et habillés par les dits futurs époux et leurs
descendants ».
1
S’ils sont veufs ou veuves lors de ce choix. Une distinction apparaît rapidement
entre hommes et femmes
2
.
Les hommes se remarient souvent ou tout au moins l’espèrent, ils se
dessaisissent moins facilement de la totalité de leurs biens, se gardant au moins
leur maison, un domaine, parfois beaucoup plus. C’est ainsi qu’Hugues de
1
A.D.Cantal 3 E 42/23
2
Communication faite par moi-même au Colloque
« Les vieilles » : la vieillesse au féminin
dans la ville en Europe du Nord-
Ouest depuis le XVI
e
siècle
organisé par Lille3 en Mars 2006 intitulée « le destin des femmes âgées dans le Massif
Central Sud sous l’Ancien Régime»