Rescrit des empereurs Justin et Justinien, en date du 1er Juin 527 - article ; n°1 ; vol.17, pg 501-520
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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1893 - Volume 17 - Numéro 1 - Pages 501-520
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1893
Nombre de lectures 9
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

Charles Diehl
Rescrit des empereurs Justin et Justinien, en date du 1er Juin
527
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 17, 1893. pp. 501-520.
Citer ce document / Cite this document :
Diehl Charles. Rescrit des empereurs Justin et Justinien, en date du 1er Juin 527. In: Bulletin de correspondance hellénique.
Volume 17, 1893. pp. 501-520.
doi : 10.3406/bch.1893.3760
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1893_num_17_1_3760DES EMÊEREUÎIS JUSTIN ET JUSTINIEN bOl fcESCRIT
χρι 14, 400 αρχαίων δραχμών, — ποσόν γενναϊον δια, την εποχην εκεί-
νην δτε η άξια του αργύρου ητο κατά πολύ ανωτέρα της νυν, — εις
εσθην (ρουχικό), οικήματα è/z ποΜι και ί/ι προασκώ, καΐ εις θερα-
παινίδας.
ΙΩΑΝΝΗΣ Ν. ΣΒΟΡΩΝΟΣ
RESGRIT DES EMPEREURS JUSTIN ET JUSTINIEN
EN DATE DU 1" JUIN 527
L'inscription gréco- latine que nous publions ici a été dé
couverte en Septembre 1889 par M. G. Cousin, qui a bien
voulu, avec une obligeance dont je tiens à le remercier, m'au-
toriser à faire connaître ce curieux document. II a été trouvé
près du village d'Ali-faradin, district d'istanos, sur la limite
des anciennes provinces de Pisidie et de Cibyratide, et un peu
au N. du Sôgud-Gôi, l'antique lac Garalitis (1). A quelque
distance du hameau turc, à mi-chemin entre le petit et le
grand Ali-farad in-Yaïla, s'élèvent, à l'endroit appelé Bitchin,
quelques ruines de médiocre importance: là, parmi des débris
d'édifices, on rencontre, posé sur un soubassement circulaire
de 0ra-20 de hauteur, un bloc de pierre carré, dont trois faces
sont couvertes par le texte bilingue de notre inscription. Mal
heureusement, un éclat, entamant l'un des angles de la pierre,
a partiellement endommagé les faces A et B\ il a enlevé la partie
supérieure droite de l'une et la partie supérieure gauche de
l'autre ; la portion gauche de la face A a été emportée tout en-
(1) C'est le point appelé Ali-Fachreddin-koi dans la carie de Kiepert jointe
au tome I des Reisen. Il est situé à 1Ό. d'Islanos"et il faut se garder de le
confondre avec un autre Ali-Fachreddin qui se trouve au N.B. de cette même
ville. Cf. sur l'endroit que nous signalons, Reisen in Lyhien und Carien, II,
p. 168-170. 502 ftESCRif DES EMλEREUîté
tière par une large cassure ; le haut de la face C est légèrement
écorné sur toute sa largeur; enfin la face D, extrêmement en-
dommagée,porte quelques traces de caractères grecs, aujourd'hui
indéchiffrables, et qui ne formaient d'ailleurs que trois lignes
en tout. Malgré cette dernière lacune, l'inscription gravée sur
les faces ABC nous a conservé le document presque entier ;
et il est facile d'en restituer les lacunes.
La gravure est fort médiocre et très irrégulière : dans le
texte latin, l'alphabet cursif du VI0 siècle se mêle constam
ment aux formes plus anciennes (1); les lettres plus ou moins
serrées se répartissent dans chaque ligne d'une manière si iné
gale, que des lignes complètes varient entre 30 et 35 lettres
(1. 24, 26), des fragments d'égale longueur (1. 13, 10) entre
19 et 26 lettres.
Face A.
. UARICO..ÀT
NCSAAU€.€RA
NlTIAPOSTOLIIO.AN
PROUIAÊNTIA OPOR 5
cmemoRATASPRiCibus
EORUmCOLONOSVELAASCRIP
URATOR€SAUTCONAUCTOR€SS.
NILA6SION eP€RMAN€ReTAnn
LITUnnV€LVIOLE.NTIAEPROHlblT 10
AmAblLLISnMLITIbUSQUI S€A€S
S Δ Err» Ρ Ο SSESSIONESHAb€R€NOS
ν υ LLoeoR υ ηη α υ δ e ν T6CLU ο
εδαρπνοεχ. · . c u nacLueoccASi
AAFLIGERES ESUERAESUNT 15
1SORACULISA Τ Ι Ο Ν Ε Δ ECER
CTORPRoUINCI A € . Ν A C U m
(t) Je note ici les formes de lettres les plus caractéristiques: b Δ e L m
H. τ u U. Certaines lellres apparaissent sous une double forme: ε et e, Τ
et τ, ν et u. JUSTIN ET JUSnNIKN 503
Face B.
bUSOb..R.AR€EF..
OENALICONAE Cd Ν
. rriEAEFUTURACONT 20
unnAPicunnomN lObR
NTiunnsiuePERSACRunn
RJCEmPOSTULATION.-
ALIOQ_UO....TMOAOFACTAIAnnUEL
• UTURACESSAN . EAATAKALENAASI U NIAS 25
CONSTANTIN Ο POLlnn A UORTI OU IR.CLARISSI
nnocoNSUL€+ nni rescripsi + reco
G NOVI + ΑΠΟΤΕΚΑΙΑΛΛΟΚΑΖΗΜΙΟΥΟΠΡΟ C H Κ . .
TOYCHM€T€POYC.YAATT€CeAICYNT€A€C
ΤΑΟΜΑΛΚτΑΤΑΟΚΤΗαεκτΑοτωαεπτωεγ 30
KTH PI ωΤΟΥΑΠΟΥΑΓΚΧΤΟΛΟΥΙ ω A Ν NO mPOC
HKOYCACTAYTHCTHCnPONOIACAnOAAY
CAIXPHKAIAIATOYTOTAC0€POMENAŒNT€C
EIKETHPIESKTHC€ICKAITOYCTOYTG)NrEU)P
ΓΟΥΟΚΑΙΕΝΑΠΟΓΡΑΦΟΥςΚΑΙΦΡΟΝΤΚΤΑΟ 35
Face C.
ωτωΝ ο
TOYT. NTWN. ΡΙΘΜωΝΟΙΤΙΝΕΟΠΛΗΟΙΟΝΤΟΥ
.OONTCONKTHCeGdNEIAPYMENOinNWCKONTE..
.ΕΝΟΟΕΚΤΟΥ.ωΝΤΟΛΜωΝΤΟΟΟΙΑΔΗΠΟΤΕΖ. 40
. .AEZOIACOY. . PO<I>ACE(OCTOYTOYCCYNTRI
BINEIAAHQEICEICINAIAEHCICAIATHCnPOCHKOY
CHC©IACNOMO9ECIAC©ECniZOMENONTINAT.
HONTHCHMETEPACGEOTHTOCOAAMnPOTATOC
APXCONTHCEnAPXIACMETATHCEIAIACTAZEGJ. 45
AnACI Ν ΤΡΟΠΟΙ ΟΠΑΡΑΦΥΛ ATT ΕΟΘΑΙΦΡΟΝ
ΤΙΕΙΒΑΡΥΤΑΤΗΟΦΟΙ Ν . COYAAMOKEAAIYOYC. .
ΚΑΤΑΤωΝΠΡΟΠΕΤΕΥΟΜΕΝωΝΚΑΤΑΤωΝΗΜΕ..
BULL. DE CORBESP. HELLÉNIQUE, XVII. &f>4 ftESCRlT DBS EMPEREURS
ATTOTG)NENANTIC0NKATACKEYAZOM Ε Ν . . 50
ΚΑΤΑΘΙΟΝΫΗΦΟΝ ΕΙΤΕΚΑΤΑΑΛΛΗ ΝΑ
ΗΚΑΙΑΛΛωΟίωΔΗΠΟΤΕΤ ΡΟΠ ω Γ
MENHCHAHHMEAAOYCHCMNEC
CXOAAZOYCHC +
[Impp. Justinus et Justinianus AA. Arche-
lao pr. pr. Or. Quia omnes con^·
venit nostros ser]vari co[ll]at[ores, prae-
cipue possessiojnes ad ve[n]era[bile ora-
torium sajncti Apostoli Jo[h]an[nis per
tinentes ea] providentia [frui] opor[tet. 5
Propter.ho]c memoratas precibus [pos-
sessiones] eorum colonos vel adscrip-
[ticios et c]uratores aut conductores s[e-
curos ab om]ni laesione permanere, tarn
[a transitu mi]litum Yel violentiae prohibit- iO
[oribus qu]am ab illis militibus qui sedes
[prope ea]sdem possessiones habere nos-
[cuntur], nullo eorum audente quo-
[cumquje damno ex [quajcumque occasi-
[one eos] adfligere, s[i precjes verae sunt, 15
[competentjis oraculi sa[cra sancjtione decer-
[nimus : quam rejctor provinciae una cum
[officio suo modis omnilbus ob[se]r[va]re ef[fi-
[ciet severissima pjoenali condemn-
[atione minimje defutura cont- 20
[ra YÎolatores nostrorjum apicum, omni obr-
[eptione Jntium sive per sacrum
[apicem, sive pe]r [v]icem postulation[is,
aut] alio quo [libe]t modo facta jam vel
futura cessante. Data Kalendas Junias 25
Constantinopoli, Mavortio vir[o] clarissi-
mo consule +· Rescripsi t· Reco-
gnovi +
.'Από re και άλλως άζγΐ(Αΐους προσήκει] . ... JUStlN ET JUSTlNlEN j)05
τους ημετέρους [φ]υλάττεσθαι συντελεσ- · " ' .·
ευ- 30 τάς, μάλιστα τας κτήσεις τας τω σεπτφ
κτηρίω του αγίου 'Αποστόλου 'Ιωάννου προσ
ήκουσας ταύτης της προνοίας άπολαύ-
σαι χρή' και δια τούτο τας φερομένας εν τες
είκετηρίες κτήσεις και τους τούτων γεωρ
γούς και εναπογράφους και φροντιστας . . 35
[και μισθωτας αβλαβείς μένειν άπό τε στρατί-]
ωτών [παρόδου η βίοκωλύτων, άπό τε]
τούτων των [ά]ριθμών οίτινες πλησίον το
ύτων των κτήσεων είδρύμενοι γινώσκοντε, [μη
δενός εκ τού[τ]ων τολμώντος οιαδήποτε ζ[η- 40
{aîjo1 ίξ οίας ου[ν π]ροφάσεως τούτους συντρί-
βιν, ει άληθόίς είτίν at δόήσις, δια της προσηκού
σης θίας νομοθεσίας θίσπίζομεν δν τίνα τ[ύ]-
πον της ήμετε'ρας θεότητος ό λαμπρότατος
άρ/ων της επαρχίας μετά της ειδίας τάξεω[ς] 45
άπασιν τρόποις παραφυλάττεσθαι φρον-
τιεΐ, βαρύτατης [π]οινης ουδαμώς ελλιψούσ[ης]
κατά των προπετευομένων κατά των ήμε[τέ]-
ρων βασιλικών ψήφων, πάσης συναρπαγ[ης]
άπο τών εναντίων κατασκευαζομέ\[ων] 50
κατά θιον ψηφον είτε κατά άλλην α ....
η και άλλω οίωδήποτε τρόπφ γ[εγενη]-
μένης ήδη ή μελλούσης γίνεσ[θαι παραυ-
τίκα] σχολαζούσης. +
11 est aisé de déterminer le caractère et la date de l'acte gravé
en double expédition l'une latine et l'autre grecque, sur la
pierre d'Alifaradin. Les formules inscrites à la fin de l'exem
plaire latin (1. 25-28) montrent que c'est un rescrit impérial, et
dans un récent article sur le décret de Scaptoparène,M.Mom-
•msen a fort nettement établi le sens et la valeur des termes res-
cripsi et recognovi, dont le premier atteste que l'acte a été sou
mis à la signature impériale, le second que les bureaux de la
chancellerie ont fait prendre, pour la conserver aux archives, DES
(i).' L'indicaune copie du document collationnée sur l'original
tion de la date est donnée par le nom du seul consul Mavortius:
comme ce personnage n'est ni le consul de 355, qui fut assisté
d'un collègue (2), ni celui de de 486, qui ne fut jamais r
econnu en Orient (3), il doit être identifié avec Vettius Agorius
Basilius Mavortius, consul de l'année 527 reconnu en Ori
ent (4). Le rescrit datant du 1er juin 527 appartient donc aux
tout derniers mois du règne de Justin I, au moment où Jus-
tinien, associé à son oncle en qualité d'Auguste, gouvernait
déjà en réalité l'empire romain d'Orient.
A la suite du texte latin se trouve, une traduction grecque
du document, le rescrit concernant des populations de langue
hellénique. On se demandera quelle est la valeur de cette tra
duction, si elle a été faite à Constantinople même par les scri
bes de la chancellerie ou bien dans la province où fut expédié
le rescrit. A ne considérer que l'incorrection de l'orthographe,
on inclinerait tout d'abord à refuser à la traduction tout carac
tère officiel : plusieurs fois, en effet, ε y remplace la diphthongue
αν (1. 33, τες ; 1. 3i είκετηρΰτς; 1.39 γινώσκον-rfi); constamment
ι et ει se substituent l'un à l'autre (1. 34 «κεπορίες ; 1. 39 el-
Spufuvoi; 1. 45 £ίδίας ; 1. 42, συντρίβ<ν ; 1. 42 δ&ήσ«ς ; 1, 43 θί'ας;
1. 47 ίΧΚι^ούοής ; 1. 51, ΟΓον); et malgré l'extrême négligence
du graveur, qui lui a permis en un endroit (1. 47) de mettre
φοινής pour ποινής, il est difficile d'admettre qu'il ait à ce point
altéré un exemplaire correctement écrit. Mais on sait aussi
comment, dès ce moment, sous l'influence du langage parlé,
la correction de l'orthographe disparaît jusque dans les actes
officiels; et, si l'on considère d'autre part le style de cette tra
duction, la singulière maladresse qui s'y montre paraîtra assez
significative. Dans ces phrases lourdes et compliquées, dans
ces tournures parfois étrangères au génie de la langue grecque,
(1) Mommsen, Gordians Dekret von Skaploparene (Zeitschrifù der Savigny-
Stiftung, XII, Romanistîsche Abth., 1892), p. 252, 253-255. Sur le sens du
mot data, cf. ibid., p. 259, n. 2.
(2) Goyau, Chronologie de V empire romain, p. 461,
(3) Bid., p. 629.
(4) Ibid., p. 633. Cf. Cod.' Just., I, 31, 5. ET JUSTINIEN ' 50? JUSTIN
on sent le soin méticuleux qu'a apporté le traducteur à rendre
mot pour mot les termes de l'original, le désir qu'il a eu de
reproduire par un calque aussi exact que possible la teneur
même du document. Or un traducteur provincial de pure ori
gine hellénique eût sans doute apporté dans son travail, sinon
moins de précision, du moins plus d'élégante facilité; au lieu
que cette langue un peu lourde et gauche s'accorde à merveille
au tour peu aisé que prend, par exemple dans les Novelles,
le grec ordinaire de la chancellerie impériale. D'autre part, un
traducteur provincial n'eût point négligé, ce semble, de tra
duire soigneusement les formules finales portant, avec la date
du document, les garanties de son authenticité; la chancellerie
impériale au contraire ne sentait point le besoin de cette répé-<
tition inutile et se bornait à traduire les dispositions significa·»
tives de l'acte (1). Enfin, expédier à des populations de lan
gue grecque un rescrit uniquement rédigé en latin eût été chose
quelque peu étrange et peu conforme aux habitudes de la
chancellerie de Justinien. Qu'on examine en effet les actes
législatifs de cet empereur: sans doute le latin y est encore
considéré comme «la langue des ancêtres», πάτριος φωνή (2),
mais sans cesse on néglige de l'employer pour se servir «de
cette langue grecque commune à tous et qui rend plus aisée
pour tous l'intelligence des documents (3).» La plupart des
Novelles de Justinien ont été originairement rédigées en grec;
quelques-unes ont été publiées à la fois en grec et en latin ;
quant au latin, il n'apparaît seul que dans les actes exclus
ivement destinés aux provinces occidentales de l'empire (4).
Dans ces conditions, il est déjà fort remarquable qu'ayant à
répondre à des Grecs, l'empereur ait fait libeller en latin, par
(1) Cf. sur la façon dont ces indications seront données dans les actes of
ficiels, Nov. , 47, 2. Nous citerons toujours les Novelles d'après l'édition don
née par Schœll dans le Corpus Juris Civilis de Mommsen et Krueger, Berl
in, 1884-1891.
(2) Nov., 7, 1.
(3) Ταύτη δη tîj κοιν îj τε χαι Ιλλάδι ώστε απασιν αυτόν ( τον νο'{ΐ.ον ) είναι γνώρι-
|χον 8tà το πρόχειρον της ερμηνείας.
(4) Krueger, Gesch. der Quellen des rœm. Redits^ p. 354. ' RESCRIT DEB EMPEREURS 508
un respect des antiques traditions romaines, le rescrit origi
nal; mais on ne saurait admettre que la chancellerie impériale
ait fait parvenir ce document aux intéressés sans l'accompa
gner d'une traduction.
Π
Quoi qu'il en soit, cette traduction grecque a pour nous, et
par ses défauts même, une fort réelle importance. Calque exact
de l'original latin, et mieux conservé que lui, elle fournit une
base solide aux restitutions et permet de reconstituer avec une
presque entière certitude l'ensemble du document. Le texte b
ilingue des Novelles nous a fourni* d'autre part d'utiles indica
tions: on sait en etïet qu'à côté des actes originairement pu
bliés en grec et en latin [Nov., 17, 18, 32, 111), la collection
de X Authentic on nous a conservé une traduction des novelles
grecques sinon tout à fait contemporaine de Justinien, du.
moins antérieure au commencement du VIIe siècle (1); et, bien
qu'elle soit parfois inexacte, pourtant elle fournit souvent des
équivalents latins satisfaisants pour les mots de la langue ju
ridique grecque. C'est à l'aide de ces textes que nous avons
tenté les restitutions suivantes.
Préambule. — II contenait, avec les noms des empereurs Jus
tin et Justinien (2), l'indication de la personne à qui l'acte était
adressé. Il se trouvait sans doute en tête de la face A : on r
emarquera en effet que, dans son état actuel, cette colonne ne
compte que 17 lignes, tandis que la face Β en a 18, et la face
C 19. Le rescrit était-il directement adressé aux intéressés qui
avaient fait parvenir une supplique (1. 6, 15) à l'empereur?
il semble que non, puisque le texte emploie les mots eorum
colonos (1. 7) et non point vestros colonos. L'acte n'est point
adressé au gouverneur de la province, puisqu'on y lit que le
ce rector provinciae una cum officio suo» (1. 17, 18) sera
chargé d'exécuter les décisions impériales. Il est donc fort pro
bable que le rescrit, suivant un usage dont les Novelles four-
(1) Krueger, ouvr. cité, p. 356-357.
(2) Cf. God. Just., I, 31, 5. ET JUSTINIEN' ' · 509 JUSTIN
nissent en des cas analogues maint exemple (1), fut adressé au
préfet du prétoire d'Orient (2). Or, à cette date de 527, nous
rencontrons le nom du préfet du prétoire (3), et nous savons
par Procope que ce personnage géra en effet la préfecture d'O
rient^). On restituera donc très vraisemblablement le préam
bule de la manière suivante: Impp. Justinus et Justinianus
AA. Archelao pr. pr. Orientis.
L. 1 . La restitution proposée ne prétend point à une abso
lue certitude, elle se borne à rendre par un à peu près la tour
nure vraisemblable de ce considérant. On a placé, par analo
gie avec la construction de la phrasç grecque (1. 28), indemnes
avant convertit: sur l'équivalence de indemnes et de άζιψίους
cf. Nov., 8, praèf.\ 28, 5; 80, 10, etc.
L. 2. Sur l'équivalence de collatores et συντελεστάς, cf. Nov.*
17, 9; 128, 15.
L. 3-4. Le mot ευκτήριου a été rendu par oratorium plutôt
que par ecclesia. Les Novelles font en effet la distinction fort
nette des deux termes [Nov., 67, 1; 120, 6, 1) et désignent
par ce mot une fondation pieuse faite avec l'autorisation de
l'évêque, par un particulier (Nov. 67; 131, 7), pourvue par
lui d'un clergé régulier (Nov., 123, 18; 120. 6) et dotée des
revenus nécessaires à son exirtence (Nov., 67, 2).
L. 10-11, 36-37. La restitution est assez difficile, les lignes
correspondantes du texte grec ayant disparu. Si l'on considère
l'ensemble du passage, on voit qu'une double protection y est
assurée aux terres et aux hommes de l'oratoire, d'une part
contre les soldats cantonnés dans le pays même(l. 11-13), de
l'autre contre des personnes que l'on, doit vraisemblablement
supposer — par opposition— de passage dans la région. Parmi
ces dernières, les unes sont bien connues : ce sont les agents
appelés violentiae prohibitores, en grec βιοκωλύτχι, dont le
(1) Nov., 83, 106.
(2) Plus tard il fut même décidé que tout rescril passerait par l'intermé
diaire du préfet du prétoire [Nov., 152).
(3) Cod. Just., 5, 3, 19. Cf. 7, 39, 7.
(4) Procope, de Bello Vand,, I, 11 (éd. de Boon, p. 360).