Ressortissants communautaires et étrangers originaires des pays tiers dans l'Europe des douze - article ; n°1 ; vol.8, pg 187-205

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Revue européenne de migrations internationales - Année 1992 - Volume 8 - Numéro 1 - Pages 187-205
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1992
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Langue Français
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Monsieur André Lebon
Ressortissants communautaires et étrangers originaires des
pays tiers dans l'Europe des douze
In: Revue européenne de migrations internationales. Vol. 8 N°1. L'Europe de l'Est, la Communauté européenne et
les migrations. pp. 187-205.
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Lebon André. Ressortissants communautaires et étrangers originaires des pays tiers dans l'Europe des douze. In: Revue
européenne de migrations internationales. Vol. 8 N°1. L'Europe de l'Est, la Communauté européenne et les migrations. pp. 187-
205.
doi : 10.3406/remi.1992.1041
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remi_0765-0752_1992_hos_8_1_1041187
Revue Européenne
des Migrations Internationales
Volume 8 - N° hors série
1992
CHRONIQUE STATISTIQUE
Ressortissants communautaires
et étrangers originaires des pays
tiers dans l'Europe des douze*
André LEBON
A une date comprise entre 1981/1982 pour les deux pays
fournissant les données les plus anciennes (le Luxembourg et la France) à 1987
pour huit autres et même 1988 pour l'Irlande, — le Royaume-Uni occupant une
position intermédiaire (1984/ 1986) — , la Communauté Economique Européenne
comptait près de 13 millions de personnes résidant régulièrement hors des fron
tières du pays dont elles possèdent la nationalité, soit 4 % de la population totale
de l'aire géographique formée par les douze Etats membres (323,3 millions d'habi
tants en 1987).
Ces 13 millions de personnes (nombre précis 12 965,5 mille) se répartissent
ainsi : 5,1 (soit 39,25 %) sont des résidents communautaires, nationaux
d'un des douze pays membres, et 7,9 millions (soit 60,75 %) des ressortissants
étrangers venus de pays tiers. Pour reprendre l'image répandue, du « treizième »
Etat, ce sont, en toute logique, ces derniers — et eux seuls — qui le forment avec
une taille numérique pratiquement identique à la population totale réunie du
Danemark et de l'Irlande (5,1 + 3,5 = 8,6 millions).
Ce premier dénombrement et ceux, beaucoup plus détaillés qui vont suivre,
soulèvent à nouveau la question de la dimension méthodologique et conceptuelle
de toute mesure de la présence étrangère, déjà abordée dans un précédent arti
cle [2]. S'il ne semble pas opportun de revenir ici sur ce point essentiel, il paraît en
revanche nécessaire d'apporter immédiatement un certain nombre de précisions
relatives aux grandeurs sur lesquelles on a travaillé.
Quant aux sources tout d'abord, et sauf pour l'Irlande et l'Italie, les informat
ions sur le nombre et la répartition par pays d'origine des étrangers proviennent 1 88 André LEBON
d'une publication Eurostat qui rassemble les renseignements transmis par les Etats
membres. Chacun les a préalablement collectés selon sa propre définition de la
population à considérer (voir, par exemple, le cas de la Grèce) et son mode particul
ier d'enregistrement. Les données qui faisaient défaut pour l'Irlande et l'Italie ont
été recherchées directement dans les statistiques nationales de ces deux pays. (La
note [1] décrit les sources utilisées et les problèmes rencontrés). Une même dépen
dance à l'égard d'Eurostat se retrouve dans le choix et le contour des cinq grandes
zones géographiques dans lesquelles sont regroupés les pays de provenance : la
CEE, l'Europe non CEE, l'Afrique, l'Amérique du Nord et les Autres pays.
La dimension comparative, ensuite, qu'introduit l'analyse simultanée de la
présence étrangère dans plusieurs Etats-membres, donne toute son importance au
rôle joué par le droit de la nationalité de chacun d'entre eux dans la fixation du
niveau de cette présence [3]. Le nombre d'étrangers évalué à un moment donné est
en effet fonction non seulement du volume des entrées et des naissances (diminuées
des sorties et des décès) mais aussi du temps nécessaire pour que ces étrangers
acquièrent la nationalité du pays d'accueil. Un Etat qui accorde une large place au
droit du sol (comme la France) naturalise plus rapidement, — et accélère ainsi la
fonte du stock d'étrangers au profit de la catégorie des nationaux — , qu'un autre
(comme l'Allemagne) privilégiant le droit du sang.
Il faut enfin souligner la situation tout à fait particulière du Royaume-Uni
qui, par l'intermédiaire d'Eurostat, livre des données harmonisées avec celles des
autres Etats-membres, — c'est-à-dire réparties selon le clivage national/
étranger — , alors que dans ce pays la ventilation habituelle s'effectue d'après le lieu
de naissance sans autre indication sur la citoyenneté de ceux qui sont nés à l'exté
rieur. Ainsi, au recensement de 1981 dénombrait-on 150 000 personnes nées dans
l'Ancien Commonwealth, 1,5 million nées dans le Nouveau Commonwealth et au
Pakistan et 1,1 million nées dans les pays étrangers, soit au total 2,75 millions
d'individus [4], nombre à comparer à celui des étrangers (1,7 million) porté dans le
tableau 1.
Toutes ces précisions doivent être présentes à l'esprit au moment de prendre
connaissance de cette chronique dont la base statistique est contenue dans les
tableaux 1 à 3, et illustrée dans les graphiques 1 et 2.
Sans rien dire de plus désormais sur la qualité des données utilisées ni, en
amont, sur la définition du non-national retenue par chaque pays, on voudrait
exposer tout simplement les résultats de quelques exercices sur le thème de la
présence étrangère, et ses variations, dans l'Europe des Douze ; pour conclure, on
comparera quelques-uns de ces résultats avec les indications d'un sondage récent
réalisé auprès de ressortissants de la CEE sur leur perception de l'« étranger » [5].
LES VARIATIONS DU TAUX
DE PRÉSENCE ÉTRANGÈRE
Les valeurs prises par cet indicateur « classique » pour mesurer la proportion
de non-nationaux dans la population totale d'un pays varient fortement selon que
l'on se place dans une perspective nationale ou d'un point de vue communautaire. Ressortissants communautaires et étrangers originaires des pays tiers dans l'Europe des douze 189
TABLEAU A : Part des étrangers, et parmi eux des originaires des pays tiers,
dans la population de chaque Etat-membre
% de présence % de présence
Pays de étrangère Pays de étrangère
résidence résidence non CEE totale totale non CEE
7,6 Italie Allemagne 5,3 1,0 (0,7)
Belgique 8,6 3,2 26,25 2,0 Luxembourg
Illustration non autorisée à la diffusion Danemark 2,5 2,0 Pays-Bas 3,9 2,8
Espagne 0,9 0,4 Portugal 0,9 0,6
6,75 3,9 Royaume-Uni France 3,1 1,75
Grèce 1,9 0,8
Irlande 2,4 0,5 Taux moyen CEE 4,0 2,45
Date de saisie de l'information pour la population étrangère et la population totale,
légende, voir tableau 1 et note [1]
Dans le second cas, bien entendu, les taux décroissent mais surtout ils dimi
nuent avec une intensité différente d'un pays à l'autre, si bien que la hiérarchie du
niveau de présence étrangère dans les Etats-membres de la CEE apparaît radical
ement bouleversée :
— dans la présentation habituelle, « hexagonale » pourrait-on dire en prenant
ce qualificatif au sens figuré sans référence au dessin des frontières de chaque pays,
le Luxembourg vient très largement en tête (26,25 %) loin devant la Belgique
(8,6 %), l'Allemagne (7,6 %), la France (6,75 %) que suivent les Pays-Bas, le
Royaume-Uni, etc.
— une vision européenne (communautaire) qui ne retient comme étranger
que celui qui est extérieur à la CEE aboutit au classement suivant : l'Allemagne
devient le principal pays d'accueil (5,3 %), précédant la France (3,9 %), la Belgique
(3,2 %), les Pays-Bas (2,8 %) ; le Luxembourg rétrograde au cinquième rang avec
un pourcentage d'étrangers, tels que l'on vient de les définir, au sein de sa populat
ion de 2 %, identique à celui du Danemark et à peine supérieur à celui du Royau
me-Uni (1,75 %).
EUROPÉENS DE LA COMMUNAUTÉ
LES UNS CHEZ LES AUTRES
Au prix de quelques approximations ne portant que sur des effectifs relativ
ement faibles (un peu moins de cent mille sur un total supérieur à cinq millions, soit
moins de 2 %) et localisés essentiellement dans deux pays (l'Irlande surtout puis
l'Italie), on est parvenu à construire un tableau croisé complet (tableau 2) indi
quant pour chaque Etat-membre :
— le nombre de ressortissants communautaires qu'il accueille lorsqu'on le
considère comme pays de résidence (données en lignes) ; TABLEAU 1 : Résidents étrangers dans les pays de la Communauté Economique Européenne
Unités : millier et
d' parmi lesquels, venus Pays de résidence dont ressortissants dont étrangers Total raï + fbï
et date de de la CEE non CEE Europe Afrique Amérique Autres
l'information Effectifs (a) (b) du nord pays %(*)
7,6 2 549 149,2 97,7 456,8 Allemagne (1987) 4 630,3 (100) 1 377,6 (29,75) 3 252,7 (70,25)
8,6 12,25 47,5 Belgique (1987) 95,15 160,3 853,3 (100) 538,1 (63,1) 315,2 (36,9)
31,7 Danemark (1987) 2,5 59,6 5 5,3 128,2 (100) 26,6 (20,75) 101,6 (79,25)
0,9 23 18,5 17,2 81,7 Espagne (1987) 334,9 (100) 193,3 (57,7) 141,6 (¥Z3J
6,75 298,8 1 573,8 22,7 206,9 France (1982) 3 680,1 (100) 1 577,9 (42,9) 2 102,2 (57,1)
1,9 11 31,7 Grèce (1987) 193,4 (100) 19,45 20,3 110,95 (57,4) 82,45 (¥2,5j
2,4 Irlande (1988) 83,6 (100) 66,5 (79,55) 17,1 (20,45) (1,2) (0,3) (10) (5,6)
66,4 141,2 Italie (1987) 1,0 91,6 572,1 (100) (173) (30,2) (98,7) (399,1) (59.SJ
26,25 3,8 0,6 0,8 2 95,8 (100) 88,6 (92,5) 7,2 f7,5j Luxembourg (1981)
3,9 185 136,6 12,8 73,9 Pays-Bas (1987) 568 (100) 159,7 (28,1) 408,3 (71,9)
0,9 1,8 38,8 8,5 16,6 Portugal (1987) 89,8 (100) 23,9 (26,6) 65,9 (73,0
Royaume-Uni 3,1 142 622 1 736 (100) 121 99 752 (43,3) 984 (56,7)
Illustration non autorisée à la diffusion (moyenne 1984-1986)
Ensemble des 12 1 717,6 4,0 12 965,5 (100) 5 088,15 (39,25) 7 877,35 (00,75J 3 456,5 2 284,7 415,95
(*) et notes par pays placés en fir données détaillées dans le tableau 3 de chronique [1] voir tableau 2
Source principale : Eurostat (sauf Irlande et Italie). TABLEAU 2 : Ressortissants communautaires par pays d'origine et de résidence dans la Communauté Economique Européenne
Unité : millier
Pays d'origine Ensemble (a du Espag. France Grèce Irlande Italie Allem. Belg. Danem. Luxem. P.-Bas Portug. R.U. Pays de résidence tableau 1)
— 19,8 13,8 147,1 78,7 279,9 8,2 544,4 5,1 109,3 79,2 92,1 1 377,6 Allemagne (1987)
— 92,7 19,2 1,3 24,3 2 50,8 251,8 5 60,2 9,9 20,9 538,1 Belgique (1987)
— 0,9 2 8,3 0,3 0,9 1,7 0,5 1,7 0,3 10 26,6 Danemark (1987)
— 39,1 9,7 5,5 23,6 0,6 1,7 13 13,8 31,0 55,3 193,3 Espagne (1987)
— 50,2 2,4 321,4 7,9 1,9 333,7 14 43,8 3,5 764,9 34,2 1 577,9 France (1982)
0,4 9 1 0,9 0,7 5,2 72,3 5,7 2,2 0,25 13,3 Grèce (1987) 110,95
— 66,5 Irlande (1988) (4) // (1,5) // (2,5) // (6,5) // (2,0) // (50)
— 15,6 28,3 31,4 44,6 32,7 Italie (1987) (5,2) (1,9) (1,4) (0,3) (7,2) (4,4) (173)
— 8,9 7,9 0,8 2,1 11,9 0,2 0,3 22,3 2,9 29,3 2 88,6 Luxembourg (1981)
— 40,4 23 1,3 18,2 7,2 3,8 2,9 17 0,4 7,5 38 159,7 Pays-Bas (1987)
— 2,7 0,2 1 3,9 0,8 0,3 7 1,4 6,6 23,9 Portugal (1987)
Illustration non autorisée à la diffusion — Royaume-Uni 37 29 25 11 542 77 21 752 // // // (10)
(moyenne 1984-1986)
592,8 278,5 426,8 561,2 1 270,4 Total 265,8 121,9 28,9 14,3 235,7 936,75 355,1 5 088,15
Source principale : Eurostat (sauf Irlande et Italie) :
TABLEAU 3 : Etrangers non communautaires résidant dans les pays de la Communauté Economique Européenne
Unité : millier
Ensemble (b du Pays d'origine Pays européens non CEE Afrique Amérique du Nord Autres pays
Pays de résidence tableau 1) Total Turq. Cana. Youg. Autres Total Magh. Autres Total USA
2 549 1 481,4 456,8 3 252,7 Allemagne (1987) 597,6 470 149,2 n.d. n.d. 97,7 89,2 8,5
315,2 Belgique (1987) 95,15 76,1 4,65 14,4 160,3 142,1 18,2 12,25 10,95 1,3 47,5
101,6 Danemark (1987) 59,6 22,3 8,4 28,9 5 n.d. n.d. 5,3 4,4 0,9 31,7
23 0,2 0,3 22,5 18,5 n.d. n.d. 17,2 15,8 1,4 81,7 141,6 Espagne (1987)
298,8 123,55 64,4 1 573,8 1 416,4 157,4 22,7 17,7 5 206,9 2 102,2 France (1982) 110,85
82,45 Grèce (1987) 19,45 n.d. 1,3 18,15 11 n.d. n.d. 20,3 19 1,3 31,7
17,1 n.d. n.d. n.d. n.d. Irlande (1988) n.d. n.d. (10) 8,6 (1,2) (5,6) (0,3)
n.d. 19 n.d. 66,4 60,8 5,6 141,2 Italie (1987) 91,6 n.d. n.d. (98,7) (399,1)
3,8 0,1 0,1 2 7,2 1,5 2,2 0,6 n.d. n.d. 0,8 0,7 Luxembourg (1981)
73,9 408,3 Pays-Bas (1987) 185 160,6 11,6 12,8 136,6 n.d. n.d. 12,8 10,3 2,5
65,9 1,8 0,1 1,7 38,8 n.d. n.d. 8,5 6,2 2,3 16,6 Portugal (1987)
Illustration non autorisée à la diffusion
984 Royaume-Uni 121 12 109 99 n.d. n.d. 142 114 28 622 //
(moyenne 1984/1986)
Source principale Eurostat (sauf Irlande et Italie). ' ' - ',.-■*■ 4 ■■:':',' ■■■■*■. à fV
193 Ressortissants communautaires et étrangers originaires des pays tiers dans l'Europe des douze
GRAPHIQUE N° 1 : Taux de présence étrangère, global
et selon Vorigine communautaire ou non des étrangers,
dans les Etats membres de la CEE
6,75
4,0
CEE. Ail. Bel. Dan. Esp. France
26,25 Illustration non autorisée à la diffusion
1,9
Grèce lit Ital. Lux. P. Bas Port. R. U
ressortissants de pays ressortissants de la C.E.E.
tiers
Source : Tableau 1. André LEBON
GRAPHIQUE N° 2 : Répartition (en %) de la popu
selon l'origine, com
13,25%
C.E.E. 3,21%
39,24% Europe non
C.E.E.
17,62% Afrique
Am. Nord
Autres
26,68%
C.E.E.
Illustration non autorisée à la diffusion
1 ,44% 5,57% 9,87%
2,11% 29,75% 3,22%
18,79%
11,15% 63,06%
55,05%
Allemagne Belgique
20,75%
24,73%
24,48%
57,7%
46,49%
Danemark Espagne .
:
communautaires et étrangers originaires des pays tiers dans l'Europe des douze Ressortissants
lation étrangère dans les Etats membres de la CEE,
munautaire ou non
5.62% 16,39%
42,88% 10,50%
42,77% 57,37% 5,69%
10,06%
8,12%
France Grèce
30,24% 24,68%
11,61%
17,25%
16,01.. Illustration non autorisée à la diffusion
Irlande Italie
13,01%
28,12% 2,25%
24,05%
Luxembourg 92,48% Pays-Bas
18,53% 26,67%
35,83%
43,32%
9,49%
2,01%
8,18%
43,30% 5,70% 6,97%
Portugal Royaume-Uni Source Tableau l