Des contraintes supplémentaires sur les filières agricoles en 2010
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En 2010, les prix à la consommation augmentent de 1,6 % en Martinique. Après la baisse constatée en 2009, les prix repartent à la hausse à cause notamment de l'augmentation du prix des produits pétroliers. Cette hausse des prix reste inférieure à celle connue en 2008. Les prix en Martinique progressent moins vite qu'en Guadeloupe (2,8 %) mais plus qu'en Guyane (0,2 %).

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Langue Français

Exrait

Agriculture
Des contraintes supplémentaires
sur les filières agricoles en 2010
constitution d’instituts techniquesprès la détente sur le prix desDans un contexte
multifilières, de dimension inter-Amatières premières, et notam-économique morose,
régionale, pour accompagner le déve-ment des céréales, durant ces deux
l’année 2010 débute par un loppement de l’élevage et des pro-dernières années, les cours rejoignent
carême remarquable par ductions légumières, maraîchères etles records atteints en 2007. La forte
fruitières locales.dépendance des exploitations agrico-des records de
A l’instar de l’hexagone, la Martiniqueles et notamment des élevages auxtempératures élevées et par
a aussi bénéficié du plan de soutienintrants ajoute des contraintes supplé-
un grand nombre de jours exceptionnel aux exploitations agri-mentaires dans un contexte de prix
consécutifs sans pluie. Elle coles par la prise en charge, par l’État,modérés des produits alimentaires
d’une partie de l’endettement de cesaux consommateurs.se termine par le passage
dernières. Les exploitants sinistrés ded’un cyclone générant des
2009 ont également perçu les indem-Les professionnels vents qualifiés d’une nités dues suite aux inondations dese réorganisentintensité assez forte sur une cette même année. Ces crédits excep-
tionnels versés en 2010 représententLes professionnels réagissent endurée inhabituelle. Ces
une somme de 3,380 millions d’eurosaccentuant au sein de leurs structuresconditions sont peu
de subventions et 0,15 million d’eu-l’organisation des mises en marché et
favorables aux productions ros de prêts de trésorerie à taux boni-de l’encadrement technique. À cet
végétales. La hausse du prix fiés venant en sus des soutiens habi-effet, en fin d’année, cinq des sept
tuels au secteur agricole.coopératives d’élevage se regroupentdes intrants contraint les
pour constituer une union, Madivialprofessionnels à s’organiser.
couvrant les trois quarts de la produc- Des prix de ventes
tion locale de viande. Cette structure de la banane
a pour objectif de soutenir l’encadre-
globalement stablesment technique des éleveurs, et de
valoriser au mieux la production
S’agissant de la production de lalocale. Cette nouvelle organisation
banane export, les organisations dedevrait générer des économies
producteurs de la Martinique et de lad’échelle telle que la réduction des
Guadeloupe ont commercialisé enfrais logistiques de mise en marché.
Europe continentale 238 877 tonnesPar ailleurs, l’ensemble des acteurs
de bananes vertes au prix moyen dedes filières végétales de diversification
628,27 euros la tonne. Comparé à(autres que les secteurs de la banane
2009, le tonnage s’accroît de 3,9 % etexport et de la canne à sucre) ont mis
le prix moyen connaît une modesteen place une interprofession permet-
progression de 0,45 %. À regarder detant à terme à ce que la production
plus près, la Martinique accroît sa partlocale ne soit plus considérée par la
dans la production antillaise degrande distribution comme un com-
banane, passant de 77 à 82 %. Laplément aux importations de fruits et
Guadeloupe a connu un arrêt de sesde légumes. La production végétale
exportations d’avril à mai suite auxlocale devrait ainsi retrouver une
retombées des cendres de Montserratplace prépondérante dans le régime
sur les plantations, rendant les fruitsalimentaire des Martiniquais. Enfin,
impropres à la vente.un large consensus se dessine pour la
16 N° 74 - Martinique - Juillet 2011Agriculture
Le diagramme comparatif des deux Des exportations de bananes qui tendent à devenir saisonnières
années précédentes sur les quantités Quantités de bananes exportées en 2009 et en 2010
exportées de banane montre que le
Unité : en tonnepic de production de fin d’année
30000 s’accentue un peu plus en 2010.
Période de l’année où la banane est
très fortement concurrencée sur le 25000
marché européen par les fruits de sai-
son : raisin, pomme, kiwi, pêche,
20000 nectarine, fraise.
La remontée des prix de vente en
15000
2010 a permis de compenser assez
largement des cours atones du début
10000 de la campagne, avec des tonnages
significatifs durant les périodes de
prix plus favorables qu’habituelle-
5000
ment.
Tonnages Total Antilles Tonnages Martinique
Source : Observatoire des marchés du Cirad
Des prix de vente plus favorables en fin d’année 2010L’évolution des cours de la banane de
Evolution des prix à l'exportation de la banane en 2009 et en 20102010 est à mettre en relation avec
les conditions météorologiques en Unité : en %
1 Europe (printemps et été frais et
humides moins favorable aux fruits 0,9
habituels de saison) et à la moindre
0,8 disponibilité en banane des pays tiers.
0,7
0,6
0,5
0,4
Source : Observatoire des marchés du Cirad
17
N° 74 - Martinique - Juillet 2011
janv .-09
mars-09
mai-09
juil.-09
sept.-09
nov.-09
janv .-10
mars-10
mai-10
juil.-10
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nov.-10
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juil.-09
sept.-09
nov.-09
janv.-10
mars-10
mai-10
juil.-10
sept.-10
nov.-10 Agriculture
Une mauvaise année Un rendement hectare encore à la baisse en Martinique
Comparaison des rendements entre les DOM de 2000 à 2010 pour la canne à sucre
Pour le secteur de la canne, l’année Unité : en tonne/ha
90 2010 avec une production de
202 228 tonnes de cannes à sucre 80
récoltées fait partie des trois plus
70
mauvaises années de la décennie en
60 ce qui concerne les rendements et la
production récoltée. Le manque de 50
production s’est plutôt fait au détri- 40
ment de la sucrerie du Galion. La
30
proportion de canne à sucre destinée
20 à cette dernière oscille généralement
entre 38 et 40 %. Cette année, et 10
pour la première fois depuis 10 ans,
0
pas plus de 35 % de la production a
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
été livrée pour produire du sucre.
Années
Cette baisse de production est direc-
Martinique Guadeloupe Réunion tement imputable aux fortes précipi-
tations, suivies d’une longue période
Source : DDAFsèche.
L’analyse des rendements sur les dix
dernières années montre que la ten-
dance est encore à la baisse.
Alors que la Guadeloupe connaît une Cette tendance n’est pas des plus nombre de planteurs en 2010 (-8 %
hausse moyenne de ses rendements favorables pour faire face au entre 2009 et 2010).
de près de 2 % par an, les planteurs renchérissement des intrants des
Une situation de Martinique connaissent une baisse cultures. On constate d’ores et
moyenne de près de 3 % par an. déjà une plus grande défection du contrastée
pour l’élevage
Seulement une progression des abattages de porcins
Le secteur de l’élevage connaît une
Abbatages contrôlés de 2008 à 2010
progression des abattages contrôlés
de 3,4 % en poids par rapport à
Unité : en tonne
1400 2009. Cependant, ce chiffre doit être
nuancé suivant les filières. L’élevage
1300 hors-sol tout particulièrement porcin
progresse notablement, tandis que
1200 l’élevage d’herbivores se dégrade, en
particulier pour les bovins (-9% en
1100
trois ans). Cette situation tend à fragi-
liser un peu plus la société qui gère
1000
l’abattoir du Lamentin.
900
L’augmentation des abattages de por-
cins (+94 tonnes sur 3 ans) compense800
2008 2009 2010 à peine la diminution des abattages
de ruminants (-113 tonnes sur 3 ans).
Ruminants Volailles Porcin
données des abattoirs du Lamentin et du François
18 N° 74 - Martinique - Juillet 2011Agriculture
Légère baisse du tonnage des viandes importées
Evolution des tonnages de viande importé
Unité : en tonne
40000
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
2008 2009 2010
Total Volailles Porcins Ruminants
Source : DDAF
Le secteur de surface en tubercules (patate, igname, Les premiers résultats du recense-
Une production
la diversifica- dachine, manioc) se serait accrue de ment agricole en cours permettront,
maraîchère tion végétale façon notable ces deux dernières en 2011, de mieux mesurer l'évolu-
est un des années. Les productions vendues de tion des secteurs de production desti-en progression
plus difficiles légumes, de racines et de fruits (hors nés au marché local.
à appréhender. Une multitude de banane export) sont respectivement de
producteurs réalisent la production 16 400 tonnes, de 5 200 tonnes, et de
de manière plus ou moins formelle. 18 600 tonnes en 2010. Cet accroisse-
De plus, ils écoulent une grande par- ment est pour partie lié au manque Eric ROUX
tie de cette dernière en circuit court. d’emploi salarié. Les ruraux retrouve- DAF Martinique
Néanmoins, il semble que la tendance raient le chemin des cultures pour
est à un regain d’activité dans les pro- palier à la contraction de leurs revenus
ductions maraîchères et vivrières. La salariaux.
19
N° 74 - Martinique - Juillet 2011

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