Encyclopédie de la Nutrition Clinique Féline
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Description

Le comportement alimentaire comprend de nombreuses phases : depuis la recherche de nourriture, sa reconnaissance, son acceptation jusqu’à son ingestion. Il commence donc avec l’exploration et se termine avec la déglutition. Si le comportement alimentaire est très bien étudié chez les animaux de rente, les données relatives aux animaux domestiques sont cependant souvent empiriques ou anthropomorphiques. La plupart des études scientifiques disponibles ont été principalement réalisées par les fabricants d’aliments pour animaux. Les habitudes sociales et le comportement alimentaire des chats diffèrent beaucoup de ceux des chiens. Les besoins nutritionnels particuliers et le mode de vie des chats sont à l’origine d’un type de communication différent à l’intérieur de l’espèce ainsi qu’entre les chats et leurs propriétaires. Il est plus facile de bien répondre aux exigences nutritionnelles des chats si l’on connaît leurs attentes en matière d’environnement alimentaire et si l’on comprend comment ils communiquent à l’intérieur d’une structure sociale donnée.

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Publié le 24 août 2011
Nombre de lectures 343
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Exrait

E n c y c l o p é d i e d e l a Nutrition CliniqueFéline
Pascale Pibot Vincent Biourge Denise Elliott
DÉdMitVi,o Rnse sSpcoiennstaiblqe udese,s Communication, Groupe Royal Canin
DMV, PhD, Dipl. ACVN, Dipl. ECVCN Directeur Scientifique Nutrition-Santé pour le Centre de Recherche Royal Canin
BVSc (Hons) PhD, Dipl. ACVIM, Dipl. ACVN Directrice Scientique Royal Canin aux États-Unis
Debra HORWITZ
DMV, Dipl. ACVB
Yannick SOULARD
Eng
Ariane JUNIEN-CASTAGNA Eng
Caloimmepnotrtaierement  du chat
1. Facteurs affectant le comportement alimentaire du chat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 441
2. Description du comportement alimentaire du chat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 448
3. Déterminisme et régulation de la consommation alimentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 454
4. Troubles du comportement alimentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 458
5. Consommation d’eau chez les chats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 466
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 469
Questions fréquemment posées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 470
Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 472
Informations nutritionnelles Royal Canin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 474
439
Comportement alimentaire du chat
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Debra HORWITZ DMV, Dipl. ACVB Debra Horwitz est diplômée du collège vétérinaire de l'Université du Michigan. Après avoir exercé plusieurs années en clientèle généraliste, elle a peu à peu limité son activité à la pathologie comportementale des animaux de compagnie. Elle est devenue membre de l’American College of Veterinary Behavioristsen 1996. Debra Horwitz exerce aujourd’hui dans sa clientèle privée de cas référés et consulte égale-ment dans le cadre duVeterinary Information Network(VIN). Elle fait régulièrement des conférences en Amérique du Nord ainsi que dans d'autres pays. Elle est éditeur et auteur de plusieurs livres traitant du comportement des chiens et des chats. Debra Horwitz est éga-lement présidente de l’American College of Veterinary Behaviorists.)8(6002002-
Yannick SOULARD Ingénieur en agriculture et ayant obtenu un mastère de gestion de l'innovation en biotechnologie et agro-industrie, Yannick Soulard rejoint la filiale canadienne de Royal Canin en 1999 en tant que support technique pour l'équipe commerciale. Il prend en suite en charge la for-mulation des aliments pour l’Amérique du Nord jusqu'en 2001. De retour au Centre de Recherche de Royal Canin (Aimargues, France), il s’occupe du développement de l'appétence pendant 6 ans. Il est aujourd’hui responsable de l'unité de recherche en Nutrition.
Ariane JUNIEN-CASTAGNA Diplômée de l'Université de Technologie de Compiègne en 1996 (génie des procédés agro-alimentaires), Ariane intègre Royal Canin en 1997, où elle travaille d'abord en production. Elle rejoint le Centre de Recherche en 1997 où elle travaille d'abord au pilote industriel. Depuis 2001, elle est en charge des projets de développement liés à l’appétence.
comportement alimentaire comprend de nombreuses L aerhcreedupsil phases:  e,naecrea  se,ssainncon ed ehcrutirruo son acceptation jusqu’à son ingestion. Il commence donc avec l’exploration et se termine avec la déglutition. Si le comportement alimentaire est très bien étudié chez les animaux de rente, les données relatives aux animaux domestiques sont cependant souvent empiriques ou anthropomorphiques. La plupart des études scientifiques disponibles ont été principalement réalisées par les fabricants d’aliments pour animaux.
Les habitudes sociales et le comportement alimentaire des chats diffèrent beaucoup de ceux des chiens. Les besoins nutritionnels particuliers et le mode de vie des chats sont à l’origine d’un type de communication différent à l’intérieur de l’espèce ainsi qu’entre les chats et leurs propriétaires. Il est plus facile de bien répondre aux exigences nutritionnelles des chats si l’on connaît leurs attentes en matière d’environnement alimentaire et si l’on comprend comment ils communiquent à l’intérieur d’une structure sociale donnée.
1 - Facteurs affectant le comportement alimentaire du chat
Déterminants héréditaires
> Aspects sensoriels
Le goût chez le chat Chez le chat, le goût est présent 5 jours avant la naissance(Beaver, 1980)et est l’objet d’une matura-tion. La sensibilité gustative concerne les 4 saveurs de base, avec des degrés de réactivité classés comme suit (selon la réaction du chat lors de simple application sur la langue de vinaigre, sel, quinine, sucre…) :
acide > amer > salé > sucré
(Le chat domestique n’est ni attiré, ni repoussé par le goût sucré et par le pouvoir sucrant des édulcorants). La connaissance du goût a progressé grâce à l’étude des signaux neurologiques véhiculés par les nerfs crâniens après stimulation des bourgeons du goût par différentes substances. T rois nerfs crâniens sont impliqués dans le goût. Les nerfs faciaux, en particulier la corde du tympan(chorda tympani)ont été particulièrement étudiés. Les recherches sur le goût ont ainsi donné naissance à plusieurs théories. Par exemple,Boudreau1977) suggère qu’il existe chez le chat des systèmes récepteurs spécifiques(1973, pour la saveur acide, pour les acides aminés et pour les nucléotides. Cette théorie n’est pas confi rmée par d’autres auteurs.
Le nombre de bourgeons du goût est estimé à environ 475 chez le chat(Figures 1 et 2): c’est bien moins que chez le chien (1700) et que chez l’homme (9000). Chez le chien, les cellules gustatives se renouvellent en moyenne tous les 4 jours. Il n’existe pas de données chez le chat, mais le délai est sans doute du même ordre. Ces données sont importantes pour anticiper la récupération de l’appétit consé-cutive à une blessure de l’épithélium buccal.
FIGURE1 - LOCALISATION DES RÉCEPTEURS DU GOÛT SUR LA LANGUE DU CHAT
1. Papilles foliées 2. Papilles circumvalées 3. Papilles coniques 4. Papilles filiformes kératinisées
Les récepteurs du goût ne sont pas répartis uniformément sur la langue. Ils sont principalement concentrés sur deux petites protubérances, appelées “organes foliacés”.
Membrane cellulaire
FIGURE2 - DIFFÉRENTS TYPES DE RÉCEPTEURS GUSTATIFS
Na+
H+
Salé
Amer Sucré K+(inactif) Acide
Umami
Le sens du goût du chat semble similaire à celui des autres mammifères à l’exception d’une insensibilité à la saveur sucrée, due au fait qu’un des gènes encodant pour les récepteurs au sucre (Tas1r3) est déficient (pseudogène). La délétion observée dans la séquence Tas1r2 des chats empêche la synthèse du récepteur au goût sucré(Li et coll, 2006).
441
Goût amer Le goût amer est produit par une grande variété de composés (tanins, alcaloïdes, acide malique, qui-nine, acide phytique, acides aminés [tryptophane, isoleucine, leucine, arginine, phénylalanine], etc.).
Le chat est très sensible à l’amertume(Houpt, 2005). Il la détecte à une plus faible concentration que le chien. Il peut repérer une substance amère à une dilution quatre cents fois plus forte que celle per-çue par les hamsters(Carpenter, 1956 ; Houpt, 1991). Cette sensibilité lui permet d’éviter de consom-mer beaucoup de substances toxiques (comme la strychnine), qui sont souvent amères. Les composés de cette catégorie déclenchent d’ailleurs facilement des aversions. Goût sucré Le chat ne semble pas s’intéresser aux aliments sucrés : les récepteurs sont désactivés car le gène cor-respondant a été remplacé par un pseudogène(Brandt, 2006), lors des processus d’adaptation phylogé-nique(Li et coll, 2006). Le chat a tendance à rejeter les sucres de synthèse comme la saccharine ou le cyclamate car ils sont perçus comme étant amers(Bartoshuk et coll, 1975). Le goût sucré de l’antigel attire les chiens mais pas les chats. Ces derniers peuvent quand même s’intoxiquer mais c’est généra-lement en nettoyant leurs pattes après avoir marché dans le pro duit. Goût acide Les saveurs acides sont largement utilisées par les fabriquant d’aliments pour chats : de nombreux pro-duits industriels disponibles contiennent en effet de l’acide phosphorique. Une consommation exces-sive d’aliments acides et riches en phosphore doit cependant être évitée chez les chats dont la fonction rénale est perturbée. Goût salé La perception est plutôt positive chez le chat et peut stimuler la consommation d’aliment ou d’eau. Des essais anciens ont montré que des récepteurs gustatifs réagissent à l’eau distillée. Ces réponses électro -physiologiques sont en fait le résultat d’un phénomène adaptatif entraînant une neutralité perceptive du goût à la salive saline.
Acides aminés Les bourgeons gustatifs connectés au nerf facial sont très sensibles aux acides aminés : un acide aminé isolé est capable de stimuler les fibres nerveuses du goût. Cette spécialisation semble être liée à une adaptation au régime carnivore, riche en protéines(Bradshaw et coll, 1996). La sensibilité orale n’est pas seulement d’ordre gustatif : FIGURE3 - CIRCULATION DE LAIR DANS LES CAVITÉS NASALES DES CHATSperception somesthésique (via les ligaments dentairesla ou par le nerf lingual) est également importante pour Contrairement au goût, -apprécier la granulométrie et la température de l’ali il n’y a pas de spécialisationac nE .tnemél ànoitil sodemcaiui s dteo  u àaldonoateladie pars de mal-buccons  peualesl segâ,easits ne des récepteurs olfactifs.es Aucune donnée publiée nemodifiées par des lésions gingivales ou den-vent être prouve qu’une expositiontaires, affectant ainsi l’appétence d’un aliment. prolongée à une odeur en particulier augmente le seuilLa perception gustative d’un l’aliment n’est pas simple-de détection chez les chats.ment due à la détection de ses différentes propriétés 1. Nasopharynx les messages sensoriels se coordon-organoleptiques : 2. Sinus frontalnent pour créer une image cérébrale qui est comparée à 3. Volutes de l'ethmoïde 4. Cornet nasal dorsaldes schémas de préférences innés ou acquis(Gallouin, 5. Méat nasal moyen1987). Il n’existe pas de données spécifiques à ce sujet 6. Cornet nasal ventralchez le chat. 7. Méat nasal ventral 8. Narine Olfaction du chat
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L’olfaction est présente chez le chaton nouveau-né et augmente jusqu’à l’âge de 3 semaines. Le chat est moins sensible que le chien aux odeurs. Il possède moins de cel -
lules olfactives (60 à 70 millions par rapport aux 80-220 millions du chien), même si leur densité au sein de la muqueuse est du même ordre. Certaines études suggèrent que seulement 1 % des composés volatils entrent dans la muqueuse nasale(Figure 3), mais aucune donnée ne concerne directement le chat.
Le chat est très sélectif et précautionneux. L’olfaction est LE facteur clé qui conditionne l’appétence d’un aliment. Une anosmie entraîne l’arrêt de la consommation alimentaire et cette anorexie dure aussi longtemps que le chat ne retrouve pas son odorat(May, 1987). Le renouvellement de la muqueuse olfactive et le retour de l’appétit demandent 4 à 5 jours.
L’éventail d’odeurs perçues par le chat est large mais certaines sont particulièrement attractives pour lui : - origine minérale : eau de javel - origine végétale : herbe à chat, bois d’olivier, valériane, asperge, menthe, papyrus, clou de girofle, mimosa - origine animale : phéromones (bien qu’elles n’aient aucune signification avec la nourriture, mais uni-quement une signification territoriale ou sexuelle), foie, viande, viscères, etc. Une capacité à détecter un composé particulier ne signifie pas que l’odeur associée soit préférée et aucune donnée n’existe sur les variabilités individuelles. Certaines odeurs inhabituelles ou l’émission de phéromones entraînent un comportement spécifique, appelé réaction de Flehmen, pendant laquelle le chat retrousse sa lèvre supérieure et inspire l’air à travers l’organe voméro-nasal (organe de Jacob-son) situé dans le palais dur.
Les fabricants d’aliments pour animaux travaillent bien sûr beaucoup sur les composés volatils capables de séduire à la fois les chats (lorsqu’ils approchent de leur bol) et les propriétaires (lorsqu’ils ouvrent le sac de croquettes). Mais ce domaine de recherches reste très confidentiel et encore peu publié.
Vision du chat Lott-Brown et coll.les chats sont incapables de différencier des longueurs d’onde(1973) montrent que comprises entre 520 et 570 mm. Ils ne peuvent donc reconnaître le blanc du jaune ou du vert. Pour le chat, il s’agit de la même « tonalité ». En revanche le rouge et le bleu sont clairement distingués. En conséquence, la couleur des aliments est plus importante pour le propriétaire que pour le chat.
La vision du chat est très panoramique et mieux adaptée à distinguer les mouvements que les diffé-rences de ton. Ceci est d’une grande aide pour la prédation.
> Aspects comportementaux
Expérience prénatale Certaines préférences sont acquises très tôt au cours l’existence, même pendant la gestation. Les fœt sont entourés par le liquide amniotique dont certain composés sont assimilésin utero (Thorne, 1994 Ceci est permis par un système gustatif fonctionne dans les derniers jours de la gestation(Tichy, 1994)
Comportement de succion Grâce à un réflexe d’enfouissement qui persiste jusq 8ejour après la naissance, les chatons nouveau-nés une mamelle pendant les deux premiers jours d’exis nue la compétition dans la portée et stimule le d (Foucault, 1992). A ce stade, les stimuli thermique olfactifs (obtenus à partir des sécrétions des gla situées autour des mamelles) sont les plus importan
Le réflexe de succion apparaît vers le 50ejour de gestation et disparaît au cours du 23ejour d’existence.
Le moment où un chaton consomme son premier repas solide marque un point de départ important pour son comportement alimentaire futur, particulièrement si cela se passe en présence de la mère.
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Jusqu’au 10ejour après la naissance, le comportement alimentaire est d’abord basé sur la stimulation orale fournie par le lait. Progressivement, les stimuli péri-oraux prennent de l’importance dans les méca-nismes régulateurs (quel que soit la quantité d’aliment ingéré). L’effet de la distension stomacale appa-raît en effet vers l’âge de 3 semaines seulement.
Le temps accordé à la tétée évolue au cours du premier mois selon un schéma relativement constant. De 10 % du temps pendant les 2 premières semaines, le temps de tétée augmente jusqu’à 60 % à 3 semaines puis revient aux alentours de 10 % à la fin du premier mois(Foucault, 1992). Les chatons nouveau-nés passent d’ailleurs également du temps à téter sans absorber de liquide.
Les liens des chatons avec la mère autour de la nourriture évoluent aussi beaucoup au cours du temps. Pendant la première quinzaine, 75 % des succions sont initiées par la mère. Pendant les deux semaines suivantes, la proportion chute de 50 à 5 %. La mère commence ensuite à éviter ses chatons et leur accorde seulement 20 % de son temps. Le sevrage qui commence va impliquer des bouleversements comportementaux et digestifs.
Pendant la lactation, la composition du lait varie avec le régime de la mère. Les chatons peuvent développer certaines préférences à ce moment de leur vie mais peu d’articles décrivent ce phéno-mène(Thorne, 1994)sevrage a en revanche été mieux étudiée.. La période de
Comportement alimentaire au sevrage Lorsqu’ils prennent leur premier repas solide, les chatons imitent le comportement de la chatte, même si cet aliment est inhabituel pour les chats(Wyrwicka et Chase, 2001). Les préférences alimentaires ne sont donc pas toutes innées et les influences sociales après la naissance jouent un rôle important.
Des chatons au sevrage, dont les mères sont conditionnées à manger des bananes (normalement non consommées par les chats !), marquent une préférence pour cet aliment même s’ils ont accès à une nourriture plus conventionnelle, comme des croquettes(Wyrwicka et Long, 1980). Les chatons tendent à imiter tous les détails du comportement alimentaire de leur mère : ils préfèrent manger dans la même assiette et à l’endroit exact où elle a mangé. Il existe aussi une corrélation entre le niveau de consom-mation alimentaire de la mère et celle de ses chatons. Dans l’essai cité ci-dessus, les chatons qui man-gent le moins de bananes sont ceux dont la mère en a également mangé le moins. Les préférences ali-mentaires acquises pendant le sevrage persistent chez les chatons même après le sevrage et la sépara-t Long, 1980).
© Yves Lanceau/RC/Mau Égyptien
s à manger un aliment ateson, 2000). Un autre le de la mère dans l’ac-e par les chatons(Wyr-1). Dix-neuf chatons de ont étudiés. Dix chatons résence de leur mère, ence. Le temps d’accep-el aliment est différent es :
ant en présence de leur pour qu’ils acceptent de ent. 4 à 8 jours aux chatons ère pour consommer le ent. s de la séparation peut de e évidence intervenir s l’acceptation d’une ation nouvelle.
Une bonne partie des habitudes alimentaires se mettent donc en place avant l’âge de 6 à 8 semaines. L’éducation alimentaire doit donc se faire pendant cette période. Pendant les premières semaines qui suivent l’adoption, il est recommandé de distribuer aux chatons le même aliment que celui qu’ils rece-vaient à l’élevage pour faciliter l’adaptation à la maison. Quelques apprentissages sont encore possibles le 3emois.
Différences individuelles et raciales Les chatons nourris par intubation gastrique ont une expérience gustative très limitée en comparaison de ceux nourris par voie orale. Lorsque des chatons préalablement nourris par sonde stomacale sont soumis à des exercices comportementaux dont la réussite est récompensée par de la nourriture, ils réus-Comparer l’appétence de deux sissent moins vite et refusent même de manger la récompense(Stasiak et Zernicki, 2000). L’absence d’ex-aliments implique de proposer aux périence alimentaire précoce influence donc le comportement alimentaire futur . Les expériences sen-chats le choix entre deux gamelles. sorielles ou digestives initiales sont à l’origine d’une variabilité individuelle des préférences alimen-Il arrive que certains chats choisissent taires. L’apprentissage entraîne un rejet des aliments dangereux ou déplaisants et pousse à recherchertuoc tô,ép ojru snute lalieu importneml às inatch Cr.taer des aliments intéressants d’un point de vue nutritionnel ou sensoriel.tndarei sesautet ders auch!sreitiord serétniueir onc g
Le sexe n’a pas d’effet connu sur la perception alimentaire chez le chat, même si le comportement ali-mentaire est affecté indirectement par la compétition territoriale entre chattes et par la saison de repro-duction chez les mâles.
La race peut avoir une certaine influence, bien que cela reste difficile à prouver et demeure certaine -ment un terrain de recherche future.
Le comportement alimentaire se mo difie beaucoup moins avec l’âge que chez le chien(Peachey et Har-per 2002)un âge avancé pour que l’accumulation des expériences alimentaires et le. Il faut attendre déclin des capacités olfactives et gustatives tendent à rendre le chat plus difficile. Des inversions de préférences peuvent même se manifester.
Facteurs environnementaux
> Environnement social
Le chat est un chasseur solitaire, mais les sujets errants qui vivent e des zones d’alimentation et de reproduction. Le concept de territ son périmètre varie dans le temps et dans l’espace. Un chevauch entre deux individus mais à des moments différents de la journée. donc régie par un véritable agenda spatio-temporel de dominance Puisque la hiérarchie dépend de la place et du moment, on parle tions d’agressivité et des bagarres peuvent se produire.
Contrairement au chien(Tableau 1), le chat ne semble pas obéir sociales strictes au moment des repas : ils mangent généralement et ne semblent pas affectés par la présence d’un congénère(Ho
TABLEAU1 - PRINCIPALES DIFFÉRENCES ENTRE LES COMPORTEMENTS ALIMENTAIRES CANIN ET FÉLIN
Chat
Carnivore strict
12 à 20 repas/jour
Mange le jour comme la nuit
Consommation régulière
Repas sans valeur sociale
Chien
Omnivore
1 à 3 repas/jour
Mange pendant la journée
Glouton
Repas avec valeur sociale
En collectivité, une certaine compéti -tion peut exister. Les bagarres sont cependant rares si la nourriture est dis-ponible en grandes quantités.
445
2005). Certains chats acceptent de partager leur gamelle avec un autre chat, alors que d’autres s’as-soient calmement et attendent leur tour. Les femelles en chaleur ont le droit de manger en premier. Cependant, certaines études suggèrent qu’il existe des rapports hiérarchiques dans les foyers où coha-bitent plusieurs chats : les chats mieux placés dans la hiérarchie tendent à écarter les autres de la nour-riture(Knowles et coll, 2004). Lorsque des groupes de chats sont nourrisad libitumseulement 20 % des repas (définis comme tels s’ils sont séparés d’au moins une minute), se font en duo(Mugford, 1977). Pour les propriétaires de chats vivant à l’extérieur , le repas est un moment privilégié pour les contacts. Bien souvent, la personne qui nourrit l’animal a des relations sinon meilleures du moins plus faciles avec lui.Geering(1989) montre que nourrir le chat contribue à renforcer le lien avec lui, mais ce n’est pas suffisant pour le conserver. D’autres interactions, (caresser, toiletter, jouer, parler) sont nécessaires au maintien d’un lien nouvellement établi(Bateson et Turner, 1989). Lorsqu’il s’agit d’un chat restant à l’intérieur , le rythme des repas reflète souvent le style de vie du pro-priétaire. Deux ou trois repas sont souvent donnés pendant la journée : le matin avant d’aller travailler, le soir au retour, et le dernier juste avant d’aller se coucher afin de garder le chat silencieux ! L’acceptation de l’aliment est largement conditionnée à l’environnement psychologique, affectif et matériel du chat(Figure 4).Wolter(1982) mentionne divers facteurs susceptibles de modifier le com-portement alimentaire : tension entre les membres d’une famille, changement de luminosité, bruit sou-dain du matériel HiFi, nouvelle odeur du produit servant à nettoyer la gamelle, arrivée d’étrangers, etc. La qualité de l'aliment n'est alors pas en cause. Observer le comportement alimentaire d’un chat en période de convalescence peut également entraîner le refus de l’aliment ou une moins bonne accep-tance. Cette situation se produit aussi lorsque le propriétaire vient d’acheter un nouvel aliment (nou -velle marque ou variété) et veut vérifier si l’animal l’accepte bien. En présence d’une anorexie, il est important d’analyser tous ces facteurs simples et souvent ignorés. Les troubles du comportement ali-mentaire sont détaillés à la fin de ce chapitre.
> Environnement physique
FIGURE4 - FACTEURS CONTRIBUANT À LACCEPTATION DE LALIMENT
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Environnement (homme, habitat…)
Animal (race, individu…)
Aliment (saveur, texture…)
Les chats ont besoin de se sentir en sécurité dans leur environnement. Les propriétaires doivent donc leur permettre d’extérioriser leur étho -gramme normal : manger, dormir, jouer, et ’a s ssu-rer que le chat a la possibilité de se cacher et de se mettre en position de retrait en cas de stress. Lorsque le mobilier de l'habitation où vit le chat est intégré et que tout est très bien rangé, le chat dispose de très peu d'endroits où se cacher en cas de danger. En conséquence il se retrouve exposé et vulnérable. Il faut donc veiller à favoriser son bien-être en aménageant spécialement son envi-ronnement. Celui-ci doit être constant et prévi -sible pour lui, à la fois en terme de structures phy -siques et d’odeurs ; l’accès à des plateformes de repos en hauteur et à des places sécurisées dimi-nue le risque de voir apparaître des comporte -ments soupapes visant à soulager l’anxiété, tels que l’excès de toilettage et la surconsommation alimentaire. Si tous les meubles de la maison sont intégrés, il est souhaitable de fixer des étagères pour le chat ou de libérer une partie d’un placard ou d’un rangement afin de lui offrir un endroit où il se sent en sécurité(Dehasse et coll, 1993).
Influence de l’aliment sur le comportement alimentaire
Lorsque des études sont réalisées sur les préférences et les réactions alimentaires des chats(Van den et coll, 2000), deux types de réponses comportementales sont observés, pouvant être reliés aux rés tats d’appétence observés. Un chat qui est attiré par l’aliment offert commence souvent par lécher renifler le bol, se lécher les babines et se toiletter la face. En revanche, si l’aliment proposé est p attractif, le chat lèche et/ou renifle l’aliment et se lèche le nez. L ’appétit du chat influence son ch surtout s’il s’agit d’un aliment peu attractif qui n’est consommé qu’en cas de faim prononcée ; à l’i verse, un aliment très appétent est en général goûté même si le chat n’a pas faim.
Après avoir mangé, la plupart des chats se toilettent, quelle que soit l’appétence de l’aliment. Ceci considéré comme un réflexe neurophysiologique inné car l’alimentation par sonde gastrique entraîne le même comportement post-prandial, alors que les lèvres et les joues ne sont pas salies.
Les chats préfèrent souvent manger un nouvel aliment plutôt qu’un aliment familier. L’intensité du com-portement néophilique dépend de l’appétence relative des aliments proposés et de la durée de l’exposi-tion à l’aliment habituel. Si le nouvel aliment est moins appétent que l’aliment habituel, l’effet dure peu. Vingt quatre chatons ont reçu le même aliment pendant 16 semaines puis ont eu le choix pendant plusieurs jours entre cet aliment et un autre d’appétence équivalente. Le premier jour, les chatons ont systématiquement choisi le nouvel aliment. Passé le deuxième jour, la différence de consommation entre les deux produits n’était plus signifi cative(Mugford, 1977). L’effet nouveauté dure donc seulement quelques jours (rarement plus de 5 à 6 jours), après quoi la préférence alimentaire se stabilise.
A la maison, les changements alimentaires réguliers pratiqués par beaucoup de propriétaires entraînent l’augmentation de la consommation par le chat, celle-ci étant favorisée par le renouvellement et l’al -ternance des régimes(Rabot, 1994) transfor- : «. Ce phénomène est appelé métaphilie (du grec, meta mation ») et correspond à l’effet pro duit par le régime “cafétéria”. Cette tendance comportementale incite d’ailleurs certains fabricants à proposer des conditionnements multi-portions contenant plusieurs variétés.
Il faut garder en mémoire qu’un changement d’aliment peut s’accompagner d’une suralimentation tem-poraire après introduction du nouveau régime. Dans le premier mois, le chat peut manger jusqu’à 100 kcal/kg. Puis l’effet se dissipe et la consommation se stabilise autour de 60 kcal/kg après deux mois (Nguyen et coll, 1999). Il est donc important qu’après avoir changé l’alimentation de leur chat, les pro -priétaires mesurent la quantité de nourriture consommée pour contrôler que l’apport calorique est adé-quat.
Un propriétaire peut choisir de ne pas tenir compte de cette tendance naturelle à la néophilie et de donner toujours le même aliment à son chat. Il est cependant possible qu’il observe alors un phéno-mène de lassitude, associé à une diminution de l’appétence (même si l’aliment est complet et bien équi-libré). Ce comportement rappelle l’état de ‘satiété orale’ constaté chez l’homme (manger trop souvent du chocolat ou des huîtres peut diminuer leur attrait). D’un autre côté, choisir de trop varier l’alimen-tation du chat et le nourrir avec un régime omnivore « humanisé » peut faire naître un état de néo-phobie et conduire au refus de nourriture.
Certains événements particuliers peuvent entraîner l’apparition d’une aversion alimentaire acquise vis-à-vis d’un aliment donné. Ce phénomène est discuté plus loin.
consommé. Ce comportement est relati-vement fréquent chez les carnivores, particulièrement chez les chats et les chiens. La néophilie permet aux ani-
447
Le chat domestique appartient à la famille des Félins ;Felis catusest un carnivore strict.
448
2 - Description du comportement alimentaire du chat
Prédation et chasse
Contrairement au chien domestique, la morphologie du chat domestique n’est pas éloignée de celle de ses ancêtres sauvages. Cependant, des différences de taille entre leurs proies respectives ont entraîné l’apparition de certaines différences comportementales : par exemple, les chats domestiques utilisent moins leurs incisives, les repas sont plus fréquents et ils consomment généralement leurs proies en com-mençant par la tête, alors que les gros félins mangent les viscères en premier.
> Instinct de chasse ou comportement acquis ?
Le comportement de prédateur est inné : tous les chats savent instinctivement comment chasser, mais l’apprentissage intervient également. L’approche et la poursuite sont stimulées par les congénères de portée. Le comportement de chasse est plus susceptible d’être observé chez les chatons ayant une mère qui chasse. Les chatons apprennent à attraper et tuer les mêmes proies que leur mère(Bateson et Bate-son, 2002).
La mère incite normalement à ses chatons à chasser à partir du sevrage selon un programme bien éta-bli : - 4e la mère apporte des morceaux de viande aux chatonssemaine :  - 5e elle mange des proies mortes devant ses chatonssemaine : - 6eou 7e elle les laisse manger les proies tuéessemaine : 8e elle apporte une proie vivante pour que les jeunes chasseurs apprennent à tuer .semaine : -
Les premières sessions de chasse commencent à 3 mois. A 4 mois, ce sont des chasseurs confirmés. L’ab-sence d’expérience de la prédation ne semble pas affecter les capacités motrices mais révèle souvent des problèmes dans la sélection des proies. Un chaton doit savoir qu’il peut manger une souris. Si cela n’est pas acquis avant l’âge de 3 mois, le chat peut rester impuissant face à une proie non reconnue. Cependant, même les chats qui n’ont pas eu l’occasion de chasser pendant leur jeune âge peuvent apprendre à devenir des chasseurs efficaces.
Il a été parfois dit que donner à manger à un chat peut réduire son désir de chasser mais cette obser -vation est controversée. Les chats nourris à la maison passent moins de temps à chasser que ceux qui ne reçoivent rien, mais tous chassent même si le nombre de proies réellement prises et consommées est difficile à quantifier(Fitzgerald et Turner, 2000). Session de chasse Contrairement aux chiens qui chassent en horde, les chats sauvages sont des chasseurs solitaires et opportunistes. Ils attrapent de petites proies qu’ils mangent seuls. Des études montrent qu’ils ratent sou-vent leurs proies : seulement 13 % des proies chassées seraient réel-lement prises(Kays et DeWan, 2004). Chaque succès représente environ 3 à 5 essais infructueux(Fitzgerald et Turner, 2000). Un chat apporte à la maison en moyenne 0,7 proie par semaine(Woods et coll, 2003).
Les sessions de chasse peuvent durer 30 mn, sur des distances allant de 600 à 1800 m à l’intérieur du territoire du chat. Une variation évidente existe entre les individus : par exemple, les mâles chassent plus longtemps et vont plus loin que les femelles.
Dans des conditions naturelles, les chats passent deux tiers de leur temps de veille à chasser et leur comportement se décompose en plusieurs séquences :
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