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Introduction à la Bioclimatologie. Sensibilités aux changements de temps et au fœhn - article ; n°3 ; vol.67, pg 349-358

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Revue de géographie alpine - Année 1979 - Volume 67 - Numéro 3 - Pages 349-358
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Publié le 01 janvier 1979
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Langue Français

Gian Gensler
Claude Buchot
Introduction à la Bioclimatologie. Sensibilités aux changements
de temps et au fœhn
In: Revue de géographie alpine. 1979, Tome 67 N°3. pp. 349-358.
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Gensler Gian, Buchot Claude. Introduction à la Bioclimatologie. Sensibilités aux changements de temps et au fœhn. In: Revue
de géographie alpine. 1979, Tome 67 N°3. pp. 349-358.
doi : 10.3406/rga.1979.4206
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1979_num_67_3_4206GENSLER - Claude BUCHOT Gian
Introduction à la Bioclimatologie
Sensibilités aux changements de temps
et au fœhn
Mots clés : bioclimatologie, fœhn, changements de temps.
On sait que le vent sec et chaud descendant d'un col, appelé
« fœhn » dans les vallées alpines, intéresse particulièrement la Suisse et
l'Autriche, quelque peu la Bavière et la France. Ses conséquences clima
tiques et écologiques ont fait l'objet de nombreuses études dans les pays
germaniques, mais son influence sur la bio-pathologie humaine est
toujours discutée. C'est pourquoi G. Gensler, de l'Institut suisse de
Météorologie, confrontant son expérience avec celles de ses devanciers,
a tenté d'effectuer une synthèse de ces recherches, en l'élargissant vers
les sensibilités aux changements de temps en général, puis aux bioclimats
suisses et européens. C'est donc à une relation entre géographie et météo-
ropathologie alpines que nous invitons les lecteurs en leur présentant la
traduction — quelque peu abrégée — de ce texte, paru en 1974 dans les
« Annalen » de la Météorologie suisse, avec l'accord et des compléments
de son auteur que nous remercions ici bien vivement.
1. Situation de fœhn
Rappelons brièvement sa chronologie et ses effets sur les principaux
paramètres météorologiques :
Lorsqu'il se déclare, sa vitesse atteint, en moins d'une heure, de
50 à 70 km/h (pointes maximales de 120 à 150), la température s'élève
de 10° en moyenne et l'humidité chute de 30 à 50 %. Ces conditions se
maintiennent, en semestre hivernal (novembre à avril), en moyenne de
10 à 14 heures par jour, et peuvent durer de 3 à 7 jours.
Les quelques exemples suivants permettent de mieux situer ce vent
turbulent dans son intermittence :
A Bad Ragaz (vallée du Rhin supérieur), 800 heures par an, répart
ies sur 70 jours. 350 GIAN GENSLER ET CLAUDE BUCHOT
Zone d'influence de sensibilité au fœhn alpin par courant génér
alisé de secteurs S.-E. à S.-W. : souvent en altitude (au-
dessus de 1 000 m), mais pas au fond des vallées (couche d'air
froid stagnant).
Principales vallées à fœhn, canalisé. S Extrémité de la flèche : fin d'influence habituelle.
Prolongation occasionnelle vers la plaine. / з au-dehors (moins certaine) restreinte aux cas de
fœhn bien développé.
Fig. 1. — Extension possible d'une situation de fœhn.
A Altdorf (vallée de la Reuss), 450 heures réparties sur 50 jours
en moyenne, de 30 à 80 suivant les années.
A Bourg-Saint-Maurice (vallée de l'Isère), 600 heures réparties sur
40 jours (de 24 à 64), avec un maximum de 1 013 heures.
Notons qu'au Colorado (U.S.A.) — où sa dénomination locale est
chinook — , la température peut s'élever de 25° et sa vitesse atteindre
180 km/heure.
Les effets du fœhn sont limités dans l'espace : de 20 à 60 km dans
nos vallées alpines, très atténués au-delà. Il n'est perçu que 3 à 4 jours
par an à Zurich (carte). SENSIBILITÉ AUX CHANGEMENTS DE TEMPS ET AU FŒHN 351
Au point de vue synoptique, il est provoqué par une perturbation
de Sud-Ouest dont l'air chaud et humide franchit les crêtes alpines par
vent de Sud (le Sudfôhn) et ciel nuageux. Lorsque, plus rarement, il
souffle de Nord-Est, il est moins chaud, plus sec et le ciel plus ensol
eillé (Nordfôhn). Cette précision, en dehors de toute analyse technique,
n'est destinée qu'à éviter la confusion parfois entretenue en langage
populaire, tendant à appeler fœhn tout vent chaud par air limpide et
ciel changeant.
Les malaises causés par une « situation de fœhn » ont été remarqués
chez de nombreuses personnes, aussi bien des autochtones, des résidents
temporaires en vacances que des habitants des villes proches ou éloignées.
Les principaux se résument en : migraines, énervement, perte d'attrait
au travail, sommeil le jour, insomnie la nuit ; auxquels s'ajoutent les
douleurs des opérés, des cardiaques, des asthmatiques.
Avant toute autre extension, il est possible de formuler une première
conclusion : le fœhn est un conditionnant.
2. Biotropie du temps
Les recherches sur les effets et les changements du temps sur
l'organisme constituent la biométéorologie humaine. Le fœhn n'étant
au'une manifestation — spectaculaire mais partielle — d'un changement
de temps, on étudie en premier lieu les influences générales avant leur
localisation. Deux questions : Pourquoi le climat et le temps influent-ils
sur l'organisme ? Quelles sont ces réactions ?
Le passage d'une dépression amène aux « sensibles » une succession
relativement rapide de conditions opposées : tout d'abord la baisse de
pression atmosphérique, des précipitations (donc de l'humidité), une
température en hausse, un phénomène d'inversion en moyenne altitude,
puis une baisse de température concomitante de l'instabilité au passage
du front froid, enfin le retour à une situation anticyclonique. Ne serait-ce
que la transition entre un temps sec et chaud vers le froid humide (ou
l'inverse) image fort bien le malaise subi au passage d'un front.
Des zones de tolérance individuelles ont été approximativement
établies : les personnes sensibles au temps se dénombrent ainsi : 20 %
en montagne, 30 à 40 % en plaine, 50 % en ville ; 50 % au retour
d'âge, 30 à 50 % au-dessus de 60 ans ; 60 à 90 % chez les opérés,
dépressifs, névrotiques. La meilleure faculté d'adaptation se situe entre
20 et 30 ans, et chez les mâles, elle tombe après 50 ans.
Il y a lieu enfin de sérier les différentes influences sur l'organisme.
On peut établir ce classement :
— Thermiques (influence des températures, humidités, vents, inso
lation, radiations infra-rouges, réfractions) ; 352 GIAN GENSLER ET CLAUDE BUCHOT
— Photoactiniques (effets chimiques du rayonnement, ultra-violets,
pollution, nébulosité) ;
— Chimiques de l'air ambiant (aérosols, degré de pureté, aérobiol
ogie, pollens, fleurs, virus et bactéries) ;
— Electromagnétiques (radioactivité, champs électriques, orages,
fréquences du rayonnement solaire).
3. Phases spécifiques du temps
par régime d'Ouest sur les Alpes
Le Centre d'études médico-météorologiques (Bad Tolz, R.F.A.)
distingue 6 phases et 10 types de temps, impliquant ou non le fœhn :
Ph. 1. Beau, froid, anticyclonique. Sec avec bise de Nord, belle inso
lation, peu nuageux. Inversion de températures en altitude.
Ph. 2. Beau ensoleillé, plus doux, orages possibles isolés l'été. En hiver,
couche de stratocumulus vers 800 m (brouillard).
Ph. 3. Assez beau fœhnique. Nébulosité en augmentation, par alto-
cumulus lenticulaires, mur de fœhn aux cols, mais vallées
couvertes en hiver par nuages bas en l'absence de fœhn.
Ph. 4. a) Début de changement. Pression en baisse au Nord, nuages
élevés ;
b) Front chaud, arrêt du fœhn, précipitations ou orages.
Ph. 5. a) Mauvais. Vent et passage de front froid, reprise passagère de
fœhn, baisse de température ;
b) Froid, rafales de vent, éventuellement orages.
Ph. 6. a) Début de retour au beau : averses, hausse de pression, éclair-
cies ;
b) En cas de front froid secondaire, retour temporaire à des
conditions cycloniques atténuées ;
c) Forte remontée de pression, averses, insolation, réchauffement,
éventuel fœhn de Nord, rapide éclaircie et retour à Ph. 1.
Phases biologiquement favorables : 1, 2, 6a et с défavorables : 3, 4, 5, 6b.
— Les plus fortes attaques chez les sensibles en 3.
— En 3 également, le plus d'accidents de la route.
— Les cas légers de « maladie du fœhn » en 4 et 5.
— Par inversion (chaud au-dessus de 500 m) : + 50 % malades.
— Par « fœhn d'altitude » ou en préfœhnique en ville : + 50 %. SENSIBILITÉ AUX CHANGEMENTS DE TEMPS ET AU FŒHN 353
— En fin de période, les fréquences tombent de 40 à 10 %.
— En 5, avec rotation des vents de S.S.W. h W., les cas 3 et 4
cessent rapidement, mais aussi longtemps que l'air froid maint
ient son influence (jusqu'à 6b), on rencontre coliques, angines,
rhumes, bronchites, grippes. Dès l'arrivée du froid sec (6a) les
cas tombent au-dessous de la normale.
Cette vue d'ensemble permet de s'attarder maintenant sur les phases
critiques, 3 à 5, biologiquement stimulantes.
4. Biotrope fœhn et « air chaud »
En général, l'air chaud ne provoque pas une activité biologique
lorsqu'il stagne, en dehors d'une perturbation. Mais à l'approche d'un
changement de temps, par vent descendant sec — le fœhn — , cette
sensation opère sur l'organisme comme un changement de lieu ou de
climat.
D'autre part, il existe différents vents secs et chauds, sans être tous
catabatiques, dont les effets sont semblables. Citons le levache, le samum
(« empoisonné ») d'Afrique du Nord ; le chinook des Rocheuses et de
Californie, le Zonda d'Argentine ; le sirocco méditerranéen (« maledetta
levante ») ; les vents désertiques du Proche-Orient (sharav, khamsin).
On rencontre enfin de sérieux malaises, voire des cas de mort par vent
chaud, ailleurs que dans ces secteurs (Hamburg, Rome, Paris) au passage
de fronts chauds, avant le changement de temps.
Quelles sont donc les affecťons apportées par ces approches de
secteur chaud, sec, mais parfois humide ?
Effets physiques : céphalées, vertiges, cilles des yeux, nausées, fatigue,
faiblesse, asthme, allergies, allongement des temps de réaction,
embolies, thromboses, infarctus (+ 30 % ?).
Effets psychiques : irritabilité, perte d3 vitalité, « songerie », insécurité,
apathie, états dépressifs chez les 40-50 ans, manque d'attrait au
travail (classes intenables pour les enseignants), effets sur les dro
gués, suicides (+ 20 %).
Effets biologiques : perte de potassium (relâchement des muscles, manque
de concentration, rendement cardiaque moindre), modifications du
métabolisme du calcium, du magnésium, excédent d'ions positifs
dans l'air réduisant la pression respiratoire et sanguine.
Mais on doit dire qu'il n'y a pas de « maladie du fœhn » spécifique
sans un changement de temps. Un brutal réchauffement en février, par
exemple, peut activer les rayons ultra-violets et modifier les échanges
oxygène-hormones en « fatigue de printemps »... Le fœhn ne provoque
pas de maladies nouvelles, mais peut accentuer des faiblesses psycho-
ou physiologiques latentes. GIAN GENSLER ET CLAUDE BUCHOT 354
5. Causes possibles de la sensibilité au temps
12 à 48 heures avant le changement de temps, aussi bien à l'air
libre qu'à l'intérieur des maisons, la discontinuité verticale de l'atmos
phère . (frais et humide en basses couches, rapide courant chaud en
altitude) en phases 3 et 4 se manifeste par :
— de brèves variations périodiques de pression, de 0,1 à 1 millibar
en 5 à 20 minutes de période, — de très rapides modifications de champ
électrique (de 1 à 10 kHz de portée) sensibles à grande distance.
D'autre part, si le froid est un stimulant et le chaud un adoucissant,
la prolongation d'un temps sans engendre un retard d'adap
tation et un plus grand danger de contagion. Par fœhn, et en phase 3
généralement, il y a peu de stimulant, de même en 4a. Or les individus
sensibles au fœhn et aux changements de temps ont un système nerveux
instable, et ne supportent pas longtemps les rapides fluctuations de
pression et de champ électrique, les végétatifs de même.
S'il n'y a pas de « maladie du fœhn », ces attaques peuvent aussi
bien provenir d'autres causes. Il n'y a donc pas de médicament spéci
fique contre les malaises de sensibilité, mais celui qui combat les maux
de tête, les arythmies cardiaques, etc..
Est-il possible d'éviter ou de réduire ces sensibilités ? En présence
d'un système dépressionnaire intéressant un continent, il apparaît imposs
ible de se protéger de ses attaques. Tout au plus peut-on envisager le
changement de domicile — de vallée à plateau, de ville à montagne —
et, pour les moins atteints, se garder des périodes sans soleil, des froids
brumeux (novembre à février), des refroidissements. Il est toutefois
ahurissant pour le climatologiste d'entendre décrier par certaines vieilles
personnes ces « insupportables îles de fœhn » ou ce « microclimat » que
constituent une rue de ville, un hameau ou les abords d'une entreprise,
alors que ces conditions ne sont dues qu'à de mauvaises odeurs, des
vibrations...
Les mesures conventionnelles peuvent seulement localiser les « effets
du milieu » : — beaucoup de stimulants en sommets, plateaux et zones
d'eaux souterraines, — peu de en vallées, défilés et secteurs
de sous-sol sec.
6. Bioclimats suisses et limitrophes
Etant bien entendu que les méthodes les plus modernes de mesures
du climat d'un lieu ne peuvent être qu'objectives devant les réactions
corporelles et psychiques de chaque individu, qui sont en ce domaine
primordiales, on peut distinguer :
— Sans fœhn, toute la période estivale sur le domaine alpin, l'Ouest
du Léman et le Jura, l'Engadine et le Sud des Alpes. AUX CHANGEMENTS DE TEMPS ET AU FŒHN 355 SENSIBILITÉ
— Zones défavorables aux « sensibles » : les vallées, le plateau au
Nord des Alpes, le lac de Constance (air froid du Nord, brouillard
environ 100 jours par an, inversions à 300 m) et toutes les villes polluées.
— Zones recommandées : le Jura en altitude, les Préalpes de 700
à 1 000 m (les brouillards d'hiver sont souvent au-dessous) où l'air est
pur et sec, où la bise de Nord est stimulante, la neige et le fort rayon
nement solaire bénéfiques.
— L'altitude au-dessus de 1 500 m demande une acclimatation d'au
moins 2 semaines (les 3 ou 4 premiers jours critiques, danger de
collapsus), la meilleure période étant la troisième semaine de vacances.
Sur les cols et sommets : vent fort, température basse à l'ombre, air pur,
forte conductibilité électrique, 15 % d'oxygène en plus, mais les chan
gements de temps plus heurtés, et la pression plus basse donnent
tension et respiration plus rapide. Pour les malades du cœur, ne pas
dépasser 800 à 1 000 m.
— Le Sud des Alpes : Aoste, Tessin, Grisons, Tyrol, Carinthie,
sont tributaires du fœhn de Nord, plus de 50 jours par an, irritant et
froid. Les lacs sont les plus orageux, temps lourd de 800 à 1 000 m,
mais les moins nuageux l'hiver.
— Les vallées intra-alpines : Valais, Grisons, Savoies, les plus
sèches, à ciel clair fréquent (asthme, bronchite, arthrite), toutes à fœhn,
sinon froid avec inversion en altitude. Au-dessus de 1 200 m, fœhn doux
et stimulant. Les changements de temps sont ici plus atténués qu'en
plaine.
— Ouest et Jura : sans fœhn, venté par Ouest et Nord (bise ou
mistral) humide, frais, stimulant.
— Nord-Ouest et Nord : le fœhn ne se remarque que par les
nuages lenticulaires et l'adoucissement. Les changements de temps sont
plus accusés.
6b. Extension à d'autres latitudes
— Plaine nord-européenne : chaud et humide par dépression. Froid
humide par régime de Nord, hivers malsains.
— Mer du Nord : bon rayonnement solaire, vents froids abaissant
la température, stimulant. Les rapides variations équivalent à un
changement d'altitude de 1 000 m.
— Méditerranée : stabilité, étés secs et endormants, sans contrastes
jour/nuit, lourdes chaleurs, pas assez de vent, danger pour les
maladies de cœur.
— Déserts tropicaux : secs, contrastes jour/nuit, vents de sable. 356 GIAN GENSLER ET CLAUDE BUCHOT
— Tropiques : chaud, humide, lourd.
— Polaire : Scandinavie, stimulant, vents forts équivalant aux hautes
Alpes. Froid et chaud contrasté ( — 50 à + 20°).
7. Quelques Indications de climathérapie
— Altitudes avoisinant 1 200/1 500 m : refroidissements, asthme,
allergie asthmatique, rhume « des foins », cœur et circulation, artério
sclérose, maladies du sang, anémies, diabète, tuberculose pulmonaire,
maladies de la peau : acné, psoriasis, eczéma...
— Altitudes avoisinant 700/1 000 m : bronchites, arthrite, asthme,
circulation, tension, myocardie musculaire, rhumatismes, maladie de
Basedow, distonie végétative...
— Côtes (mer et 30 km à l'intérieur) : catarrhe sèche, bronchite sur
Méditerranée, tuberculose non pulmonaire, asthme, scrofulose, système
nerveux végétatif (mer du Nord).
8. Simplifications et conclusion
Les médicaments pour « maladie du fœhn » ou autres sensibilités
sont individuels et spécifiques de chaque malaise (aspirine, vitamines,
etc.). En Israël, par temps chaud et vent sec, on prescrit des comprimés
abaissant le taux de sérotonine et une préparation équilibrant histamine
et adrénaline, associés avec « Ionotron » tendant à créer des ions
négatifs ; mais ces correctifs sont surtout destinés aux touristes : les
autochtones sont adaptés et souffrent rarement de dépression ou d'épui
sement, leur taux de sérotonine reste normal... En vallées fœhniques
alpines, rares sont les malades du fœhn après 5 à 10 ans de résidence.
Tout au plus doit-on surveiller sucre et sel dans l'alimentation, ainsi que
la soif par air sec chez les alcooliques.
La météoropathologie est encore en enfance.
En Allemagne de l'Ouest (R.F.A.), depuis plusieurs années, existe
un service de biométéo-pronostic, où médecins et hospitaliers surveillent
quotidiennement les attaques en fonction des phases du temps attendues.
La recherche est centralisée au Deutschen Wetterdienst D.605. Offen-
bach/Main (bioclimatologie).
En Suisse, Dr Primault, Institut suisse de Météorologie, CH 8044,
Zurich.
La « sensibilité au temps » n'est pas une maladie, mais un bon
indicateur des réactions de l'organisme. Cependant, si les indications
cliniques ne sont pas sans valeur, elles restent insuffisantes malgré les
statistiques : chaque céphalée n'est pas fœhnique ! SENSIBILITÉ AUX CHANGEMENTS DE TEMPS ET AU FŒHN 357
Fœhn et changements de temps stimulent le système nerveux. S'il
est robuste et intact, il n'y a pas de réaction. Chez les sensibles, la
typologie de leur constitution et leur mode de vie doivent être analysés,
des temps de repos harmonisés (entre corps, esprit, « âme », climat,
environnement). Celui qui peut habiter au calme de la nature et soigner
son unité psychosomatique se régénère.
On doit intensifier la recherche météoropathologique : le temps et le
climat ne sont pas seulement un destin à négocier, mais une permission
d'élever la génétique de l'homme.
G. GENSLER (Zurich, déc. 1973).
In Beiheft zu Annalen der Schw. Météorol. Zentral Amstalt fur das
Jahre 1972. Klimatologie der Schweiz. Teil II. 1974. sous le titre
original : « Fôhn und Wetterfiihligkeit ».
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE RÉCENTE
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Bioklim. Physiologie des Hohenclimas. Bern 1968.
Sur le fœhn : Voir les thèses de Widmer, Guttermann, Richner, et les commun
ications de M. Bouët.
Institut suisse de Météorologie. 8044 Zurich.