L'oasis de Kharga dans le désert libyque - article ; n°198 ; vol.35, pg 527-534

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Annales de Géographie - Année 1926 - Volume 35 - Numéro 198 - Pages 527-534
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1926
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Léon-W. Collet
L'oasis de Kharga dans le désert libyque
In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°198. pp. 527-534.
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Collet Léon-W. L'oasis de Kharga dans le désert libyque. In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°198. pp. 527-534.
doi : 10.3406/geo.1926.8532
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1926_num_35_198_8532OASIS DE KHARGA
DANS LE SERT LIBYQUE
PL VIII IX X.
Les observations qui suivent ont été faites occasion.de excursion
du Congrès International de Géographie du Caire oasis de Kharga
en 1925 dirigée par Mr Little Sous-Directeur du Service géolo
gique Egypte avec une compétence et une amabilité dont tous les
participants gardent le souvenir
Les oasis de Kharga et de Dakhia occupent une dépression du désert
Libyque par 30 de long de Greenwich et 24o25 -25o30 de lat
200 km de la vallée du Nil accès en est facilité par un chemin
de fer voie étroite construit par la Corporation of Western Egypt
terminé en 1909 et racheté parle Gouvernement égyptien
La dépression de Kharga que nous avons visitée mesure environ
200 km de longueur sur 65 km de largeur dans sa partie Nord Son fond
est altitude de 86m. après la carte officielle 50 000 tandis
que son bord Est se trouve une altitude variant généralement de
380m 400 Cette falaise peut même atteindre exceptionnellement
altitude de 600 est donc une dépression de 300m de profondeur
entaillée dans la Hämada ou désert rocheux bords abrupts au Nord
et Est coupés par des wadis Le désert Libyque possède plusieurs
de ces dépressions qui constituent un problème de géomorphologie des
plus intéressants
BIBLIOGRAPHIE BALL Kharga Oasis Ils Topography and Geology Le Caire
Government Press 1900 116 p. 19 pl BEADNELL An Egyptian Oasis An
account of the Oasis of Kharga in the Libyan Desert with special reference to ils History
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Vorzeit éd. Leipzig Quelle und Meyer 1912 342 p. 147 fig HARDING
KING The Nature- and Formation of Sand Ripples and Dunes Geographical Journal
1916 189-209 HARDING KING Study of Dune Belt
1918 16-33).- Mysteries of the Libyan Desert Londres
Seeley Service and Co 1925 348 49 fig. cartes
Cartes vt Survey ef Egypt Kharga and Dakhia Oases and their approaches
50000 Kharga Feuille xxiii-n SW 50 000 528 ANNALES DE GÉOGRAPHIE
La région de Kiiarga.
Ayant gagné l'oasis de Kharga par train spécial, nous avons eu la
bonne fortune de nous arrêter aux points intéressants.
De la vallée du Nil, la ligne gagne la Hamada en remontant le lit
d'un wadi, sur une distance de 40 km. On est frappé par les formidables
cônes de déjection dans lesquels les cours d'eau temporaires, dus à de
fortes, mais rares averses, ont creusé leur lit, formant ainsi de superbes
terrasses. Le wadi est entaillé dans des calcaires de l'Éocène inférieur,
crayeux à la base et contenant de grosses concrétions siliceuses au som
met. Nous ne tarderons pas à remarquer les formes curieuses que don
nent ces concrétions sous l'effet de l'érosion éolienne.
Au moment où la ligne atteint le rebord de la Hamada, au kil
omètre 40, on traverse une tranchée faite dans des conglomérats à
ciment rouge brique. Les éléments de ce conglomérat sont des silex
roulés, cassés par éclatement, et quelques cailloux de quartz. Ils repré
sentent certainement les alluvions grossières d'un ancien cours d'eau.
On n'en trouve pas d'autres traces sur le plateau, qui est une immense
table due à l'érosion, une pénéplaine, s'étendant sur une largeur de
100 km. environ jusqu'au rebord de la dépression Kharga-Dakhla.
Les effets de l'érosion éolienne s'y font sentir de façon particulièrement
remarquable, par des crêtes peu élevées, de 6 à 7 m. au maximum, dont
la direction N-S est donnée par le vent dominant. Quand la couche
de calcaire éocène qui contient des concrétions siliceuses forme la sur
face, de la Hamada, le vent erode plus facilement les parties calcaires.
Les silex, de la grosseur d'un melon, forment saillie et quelquefois sont
complètement déchaussés, puis arrondis par le vent. Les Arabes ont
donné à ces formes le nom de batik, qui veut dire melon (pi. VIII).
Comme la surface de la Hamada est assez régulière, ces curieuses formes
se rencontrent près des kilomètres 65, 72, 114, 128, et les plus belles,
entre les kilomètres 136 et 140.
A El Tundaba (kilomètre 92), à 20 m. au Nord de la ligne, Beadnell
a trouvé une dépression d'une certaine profondeur contenant un séd
iment argilo-sableux qu'il pense avoir été déposé dans la dépression à la
suite de fortes pluies. Un échantillon de ce sédiment que j'ai pris en
place a été analysé par un de mes assistants, Mr Romieux. Sa composit
ion chimique est la suivante :
Matières solubles dans l'acide chlorhydrique
Carbonate de chaux (et carbonate de strontium). 41,19 p. 100
Carbonate de magnésie 4,02 —
Chlorure de sodium 0,97 —
Sulfate de chaux —
46,18 p. 100 ni. êî ëï UMI XXXV PL VIII ANNALES
LEX DE EOCEMi DECHAUSSES L.V
Df hui ile otmaüon des muions
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Clichés L.-W Collel OASIS DE KHARGA 529
Ces chiffres paraissent donner raison Beadnell car le carbonate de
chaux et le carbonate de magnésie proviennent certainement de la cor
rosion des calcaires tandis que la partie insoluble dans acide représente
en majeure partie du quartz origine éolienne
Si on compare ces résultats ceux que je donne plus loin des ana
lyses des dépôts lacustres de Kharga on remarque absence de sulfate
de chaux et la faible teneur en carbonate de magnésie par rapport celle
du carbonate de chaux
Beadnell fait remarquer de plus un puits été fore dans ces
sédiments probablement avec intention arriver de eau qui aurait
pu accumuler sur le fond calcaire de la dépression après de fortes
pluies Des restes de poteries et des tombes indiquent en effet on
habité là dans des temps relativement modernes Cette dépression me
paraît être origine karstique
partir du kilomètre 146 la ligne quitte la Hämada pour enga
ger dans le Wadi Refuf une longueur environ 20 km. qui permet
atteindre le fond de la dépression de Kharga-DakhIa Dans la partie
supérieure du wadi nous observons les tufs signalés par Beadnell Leur
patine noire les fait ressembler des coulées de lave Ces tufs ont une
extension considérable sur les flancs et le fond du wadi Ils ont par
places une épaisseur de Le fait que des empreintes de feuilles de
chêne Quercus ilex ont été trouvées indique un climat plus humide
qui dû précéder les conditions désertiques actuelles
oasis ou zone fertile de Kharga ne couvre une faible partie de
la dépression Elle étend sur une distance de 150 km. et sa largeur ne
dépasse pas 15 km elle comprend une quinzaine de villages représentant
environ huit mille habitants est donc au sens algérien un groupe
oasis limité Ouest par un cordon de dunes direction N-S
La raison être de oasis de Kharga réside dans les conditions géo
logiques de la région Le plateau libyque est formé par les calcaires de
Eocène inférieur apparaissant la partie supérieure de escarpement
qui limite Est et au Nord la dépression de Kharga tandis que
le Crétacé supérieur affleure la base Le fond de la dépression est
constitué par des argiles crétacées Campanien imperméables une
épaisseur de 75 Elles recouvrent des grès poreux qui forment hori
zon aquifère Les puits artésiens sont forés facilement au travers des
argiles crétacées La température de eau de la nappe souterraine que
nous avons mesurée un des puits est de 27 La Corporation of
Western Egypt comptait développer les cultures en forant de nombreux
puits Elle avait certainement pas pensé une nappe eau souter
raine dans un pays désertique de cette importance ne peut être utilisée
au delà de certaines limites sans nuire aux nombreux puits existant
déjà De plus la situation des terrains de cette compagnie était mau
vaise car ils étaient pas protégés contre le sable amené par les vents
DE XXXVe 34 ANNALES DE OGRAPHIE 530
du Nord Au contraire les cultures du village de Kharga sont abri des
vents dominants du Nord au pied Sud du Djebel el Téir croupe de
km delongueur km de largeur atteignant une altitude de 319 m.
est-à-dire dépassant le niveau de la dépression de près de 250
Ce est pas la seule butte-témoin que on rencontre sur le fond de
la dépression de Kharga Au Nord-Ouest de cette croupe se trouve une
autre plus étendue le Djebel Taaref dont le sommet en forme de pla
teau atteint altitude de 423 extrémité Nord de cette butte est
une distance de 12 km de la paroi Nord de la dépression long de
la paroi Est se présentent deux formes analogues bien que étendue
beaucoup moins considérable le Djebel Umel Ghenneiem 388 m. et
le Djebel Ghennihma 383 m.)
ANCIENNE LAGUNE DE KHARGA
Sur le fond de la dépression Ouest du kilomètre 180 au Sud de
la ligne du chemin de fer on remarque innombrables monticules
étroits ne dépassant pas une longueur de 30 et une hauteur de 10
pi Il agit suivant Beadnell un ancien fond de lac desséché
et erode depuis par le vent Les sédiments lacustres occupent après le
distingué géologue une superficie de 40 50km2 orientation de ces
monticules est donnée par les vents dominants Elle est donc N-S
et leur extrémité Nord est abrupte tandis que la pente est douce vers
le Sud Hobbs remarqué dans ces sédiments lacustres un sys
tème orthogonal de fissures qui aurait dirigé érosion éolienne et facilité
la formation des buttes-témoins Quand on examine de près ces formes
pi B) on voit elles possèdent une stratification et dans certaines
entre elles ai reconnu des couches de gypse de cm épais
seur avec des cristaux en fer de lance une manière générale ce sédi
ment est sableux est dire que les différents éléments sont faiblement
cimentés Cette formation paru ressembler étrangement certains
ss que ai vus dans des barrancos des Pampas de Argentine cons
tatation qui ne va pas encontre des belles observations de Beadnell
Comme lui je pense que nous nous trouvons en présence un sédiment
lacustre mais le caractère aurait été modifié par des sables amenés dans
le lac
Il agirait une grande lagune peu profonde plutôt que un
véritable lac
analyse chimique effectuée par Mr Romieux de quatre échantil
lons prélevés dans le monticule qui se trouve le plus près de la ligne
du chemin de fer donné les résultats suivants
Ayant eu la bonne fortune de rencontrer dernièrement le savant géologue la
Société Royale de Géographie Londres ai pu me rendre compte il était arrivé
la même conclusion ABALES ni. GEOGRAPH ii. N198 XXXV
BU TES-TLMOINS DE TS LACUSTRES KlLRGA
STRATIFICATION DANS uiE JT E- EMOIN DE DEPOTS LACUSTRES KlIARGA
Clichés L.-W .olivi