Soupçons d
3 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Soupçons d'espionnage généralisé chez les opposants au nucléaire

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
3 pages
Français

Description

Soupçons d'espionnage généralisé chez les opposants au nucléaire

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 96
Langue Français

Exrait

Soupçons d'espionnage généralisé chez les
opposants au nucléaire
Par Fabrice Arfi, Fabrice Lhomme
Mediapart.fr
Depuis la mise en cause d'EDF dans une affaire d'espionnage visant l'association écologiste Greenpeace,
plusieurs experts, consultants, anciens conseillers ministériels et militants associatifs opposés à la politique
nucléaire de la France ont raconté au cours d'entretiens avec Mediapart avoir aujourd'hui des soupçons sur les
mobiles, voire les auteurs, de cambriolages, vols d'ordinateur ou surveillances diverses dont ils ont été la cible
ces dernières années.
Tous rapportent des anecdotes jusque-là oubliées, mais qui ont resurgi avec la révélation, fin mars par
Mediapart, de la mise en examen par un juge de Nanterre d'un responsable de la sécurité d'EDF, d'un
hacker
et
d'un ex-agent de la DGSE impliqués dans le piratage informatique, en septembre 2006, de l'ordinateur de
Yannick Jadot, ancien directeur des campagnes de Greenpeace France.
Les faits rapportés ne constituent en aucune manière une preuve de l'implication d'EDF dans une série de
nouveaux scandales d'espionnage, mais leur accumulation vient singulièrement jeter le trouble s'ils sont mis en
rapport avec les méthodes utilisées par certaines officines.
Au coeur de l'affaire EDF-Greenpeace, l'une d'elles, Kargus Consultants, sous-traitante de l'entreprise publique
depuis 2004, vient d'accéder à une notoriété dont elle se serait sans doute bien passée. Son patron, l'ancien
agent secret Thierry Lorho, vient d'assurer, dans un entretien au site lerenseignement.com,
«assumer
complètement»
les actes illégaux qui lui valent d'être désormais poursuivi par la justice.
Réputé pour ses positions critiques sur le nucléaire français, le physicien et économiste Benjamin Dessus
(
photo
), ancien directeur des services techniques de l'Agence française de l'énergie et ancien directeur de
recherches au CNRS, se demande depuis quelques semaines si, comme Yannick Jadot, il n'a pas été l'objet
d'une attention «particulière» d'EDF.
Il rapporte à cet égard un fait remontant à l'automne 2005 qui prend pour cadre le débat public organisé par le
gouvernement sur la question des déchets nucléaires. Expert auprès de l'organisation écologiste Global Chance,
qui travaille en collaboration avec Greenpeace, Benjamin Dessus explique avoir assisté à
«une drôle de scène»
lors d'une table ronde organisée le 8 octobre 2005 à la Cité des Sciences, à Paris.
«Vous savez, à EDF, on obtient tout ce qu'on veut»
M. Dessus avait rédigé pour l'occasion un mémento d'une quarantaine de pages sur les déchets nucléaires pour
briser
«l'opacité, l'à-peu-près, l'amalgame, la contrevérité, voire le mensonge»
qui entoure, selon lui, le débat sur
le nucléaire.
«Au cours de la table ronde, j'ai été stupéfait de voir qu'un participant, un responsable d'EDF, a pu
exhiber l'impression du PDF de mon mémo»
, affirme-t-il. Selon lui, seules
«trois ou quatre»
personnes étaient
alors en possession du petit ouvrage, sorti des presses la veille, comme a pu le confirmer à Mediapart un ancien
responsable de l'imprimerie JV Impression, documents à l'appui.
«Je suis sûr à 99,9% qu'il s'agissait d'un tirage imprimante du PDF et pas d'un exemplaire imprimé»
, assure M.
Soupçons d'espionnage généralisé chez les opposants au nucléaire
http://www.mediapart.fr/print/39704
1 sur 3
12/05/09 15:11