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¾ "La VAE : besoins, enjeux et incidences sur la politique de formation des établissements et services du secteur personnes âgées". Nous présentons ici, une analyse psychosociologique des éléments recueillis sur ce sujet, auprès des éventuels candidats, des responsables d'établissements et de services ainsi que des différents acteurs du plan de formation. Ce secteur, confronté à de nombreuses difficultés (pyramide des âges vieillissante, manque de professionnels qualifiés, une certaine dévalorisation des emplois) doit répondre aujourd’hui à une réelle demande de personnel qualifié. Le dispositif de validation des acquis arrive dans ce contexte porteur et préoccupant. La VAE serait alors un moyen de répondre aux besoins, tant qualitatif que quantitatif. L’augmentation des qualifications dans ce secteur, pour répondre entre autres aux exigences réglementaires dans le cadre des démarches qualité, pourrait trouver une réponse relativement rapide ou on peut l’espérer, plus rapide en passant par la VAE. La VAE pourrait éventuellement permettre de résoudre les questions de la stabilité du personnel en valorisant leur parcours et en réfléchissant à la question de la progression professionnelle. Dans le secteur « personnes âgées » les établissements et services rencontrés remplissent tous des missions de formation dans le cadre du plan de formation. La formation est un outil important et utilisé très régulièrement. Elle s’inscrit dans le projet ...

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Langue Français
"La VAE : besoins, enjeux et incidences sur la politique de formation des
établissements et services du secteur personnes âgées".
Nous présentons ici, une analyse psychosociologique des éléments recueillis sur ce sujet,
auprès des éventuels candidats, des responsables d'établissements et de services ainsi que des
différents acteurs du plan de formation.
Ce secteur, confronté à de nombreuses difficultés (pyramide des âges vieillissante, manque de
professionnels qualifiés, une certaine dévalorisation des emplois) doit répondre aujourd’hui à
une réelle demande de personnel qualifié. Le dispositif de validation des acquis arrive dans ce
contexte porteur et préoccupant. La VAE serait alors un moyen de répondre aux besoins, tant
qualitatif que quantitatif.
L’augmentation des qualifications dans ce secteur, pour répondre entre autres aux exigences
réglementaires dans le cadre des démarches qualité, pourrait trouver une réponse relativement
rapide ou on peut l’espérer, plus rapide en passant par la VAE.
La VAE pourrait éventuellement permettre de résoudre les questions de la stabilité du
personnel en valorisant leur parcours et en réfléchissant à la question de la progression
professionnelle.
Dans le secteur « personnes âgées » les établissements et services rencontrés
remplissent
tous
des missions de formation
dans le cadre du plan de formation. La formation est un outil
important et utilisé très régulièrement. Elle s’inscrit dans le projet stratégique général de
l’entreprise. L’élaboration du plan de formation, est dans la majorité des situations
rencontrées un « savant mélange » entre les évolutions impulsées par la politique de ce secteur
(l’actualité du secteur), les priorités de l’établissement ou du service, les propositions faites
par les représentants du personnel, et les demandes individuelles. Tout cela bien sûr au regard
des possibilités budgétaires.
En faisant le choix de formations en Intra, l’employeur cherche à (r)établir une culture
commune et une plus grande cohésion d’équipe, un effet fédérateur.
Les formations en Inter, quant à elles, apportent un regard extérieur, « tiers » qui favorise la
prise de recul sur sa pratique professionnelle.
La façon d’envisager la formation semble liée au parcours de formation des directeurs. Il
semble, que s’ils ont eux-mêmes bénéficiés de formation « tout au long de leur vie », ils
seront davantage sensibilisés à la problématique de la formation.
Analyse des éléments recueillis sur la VAE
Validation ; interface entre individu et collectif :
Dans toutes les catégories d’acteurs interviewées sur la VAE, on retrouve ce questionnement
classique en psychosociologie, science du conflit entre les intérêts individuels et les intérêts
collectifs.
Ce que l’individu peut attendre de la validation :
¾
Une promotion ou une qualification dans sa fonction : Une différence apparaît entre
les deux secteurs professionnels représentés dans cette étude .
Dans les établissements, la VAE semble intéressante dans l’optique d’une promotion
Dans les services à domicile, la VAE semble intéressante pour se qualifier sur son
poste.
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Une reconnaissance en tant que « professionnel » : La VAE peut être considérée
comme un moyen de se faire reconnaître dans son activité.
¾
Une valorisation salariale : Cela s’articule avec les modifications de classification
prévues dans l’aide à domicile par l’aménagement de la convention collective.
¾
Un nouveau sens donné à son travail : La reconnaissance
du travail à travers la
démarche de validation peut alors participer de la revalorisation de ces activités.
¾
Validation et image de soi : Derrière les pressions sociales et familiales motivant à
aller vers la validation, se dévoile rapidement une revanche à prendre pour soi-même.
La place de la reconnaissance pour l’autre devient toute relative et on voit apparaître
une recherche de revalorisation « narcissique ». La démarche de validation peut être
considérée comme un outil de construction du sujet comme sujet se pensant et
pensant son travail.
¾
Changement dans les relations avec l’employeur : Parler de son projet de validation,
tactiquement, c’est parler d’une recherche de changement, d’une certaine dynamique
d’évolution. C’est la possibilité également de participer aux évolutions prévues dans
l’organisation.
¾
Une nouvelle motivation face à la formation : La démarche qui engendre une
« restauration narcissique », une reconnaissance, peut motiver le candidat à aller plus
loin. Ainsi, si une formation complémentaire s’avère nécessaire, elle sera facilitée par
ce regain de motivation à apprendre, ce nouveau dynamisme pédagogique. Le rapport
au savoir sera modifié et peut ré-enclencher un dynamisme d’apprentissages.
Ce que l’individu peut en craindre :
¾
Complexité de la démarche : La plus grande crainte émise concerne la complexité de
la démarche de validation. Un problème récurrent, évoqué dans les discours, est
la
difficulté face à l’écrit pour le dossier et pour certains la difficulté de la présentation à
l’oral de leur activité devant un jury. Ce n’est pas une démarche habituelle de parler de
ses compétences et de ses activités souvent considérées comme
« banales, familières à
tout un chacun ».
La majorité des emplois sont tenus par des femmes, mères de
famille, dites « peu qualifiées », différents freins sont évoqués.
¾
Légitimité face aux pairs : Les salariées émettent également certaines craintes sur cette
possibilité de validation, à savoir des interrogations quant à la reconnaissance par leurs
pairs de ce parcours de qualification atypique. La V.A.E. correspond à une
reconnaissance et certification d’acquis personnels, mais ces acquis se développent
lors de travail en équipe pour le personnel travaillant en
établissement. Cette logique
individualiste peut susciter des tensions vis à vis des pairs. Cette interrogation ne se
pose pas pour le personnel travaillant à domicile.
Ce que peut en attendre l’organisation :
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Professionnaliser les acteurs, pour répondre à leurs souhaits de reconnaissance, et en
même temps faire face aux exigences de qualification du secteur.
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Une manière de rendre attractif le secteur et de fidéliser son personnel :
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Effet de « halo », d’encouragement des acteurs, nouvelle motivation au travail . Le fait
que la validation encourage des professionnels à se qualifier, se remettre en question,
est vu comme pouvant avoir un effet positif sur l’ensemble du personnel.
Ce que peut en craindre l’organisation :
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Effet d’annonce : l’information médiatique sur la validation interpelle vivement mais
explicite peu.
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Gain ou perte pour l’organisation ? Certains se posent la question de savoir dans quel
intérêt l’établissement doit inciter le personnel à cette démarche. Les salariés ont les
compétences nécessaires aux postes tenus. Quelle serait la plus-value pour
l’établissement ou le service, générée par la validation d’une qualification ? Selon les
conventions collectives ou les accords de l’entreprise il peut ou non y avoir une
reconnaissance. Le problème de ce secteur est qu’il dépend largement des financeurs
et autorités de « tarification » qui décide des budgets et comme nous l’avons vu plus
haut, les politiques évoluent mais des incertitudes persistent quant aux financements
futurs. La question de la montée en qualification du personnel soulève de suite la
question de l’augmentation de la masse salariale.
¾
Craintes vis à vis de la démarche : ou quid de la validité de la certification ?Certains
employeurs s’interrogent sur l’évaluation des compétences de leurs salariés par des
personnes extérieures. Ils se demandent quel rôle ils peuvent jouer dans cette
démarche. Ils se demandent si leur personnel sera reconnu à sa juste valeur par le jury.
L’oral et le montage de dossier seront-ils représentatif du travail sur le terrain ?
REFLEXIONS ET ANALYSE PSYCHOSOCIOLOGIQUE
La réglementation de la démarche de validation et le jury certificateur comme tiers :
Dans le processus de certification, le regard tiers du jury évaluateur a pour fonction de
garantir la légitimité nationale du titre ou diplôme délivré. Il permet d’objectiver une pratique,
de prendre du recul, et d’observer des compétences généralisables et transversales à d’autres
organisations de travail. L’évaluation et la certification par un tiers, sont la garantie d’une
relation institutionnalisée entre l’individu et le collectif . Elles ont comme fonction de
réglementer le transfert d’objet. L’objet dans le cadre de la VAE sera la délivrance du titre ou
diplôme. La valeur sociale de la validation va venir de la triangulation de cette relation et de
la « tiercéité » du regard évaluateur.
Pour les aides à domicile qui travaillent seules sur le terrain et qui ne peuvent avoir le regard
d’une équipe professionnelle, hormis lors des temps de réflexion avec leur association, le
regard externe prendra ici toute son importance.
Validation, projet et dynamique de changement :
Que viennent nous dire les projets de validation :
Les motifs poussant à la VAE sont
multiples. Que la démarche parte de la personne dans le cadre d’un droit individuel ou des
acteurs économiques, la V.A.E. n’est pas une finalité en soi ; elle s’inscrit dans une logique de
projet. Ces projets résultent souvent d’une articulation entre des exigences externes
(environnement) et des aspirations internes liées à sa trajectoire socioculturelle. Ces projets
singuliers peuvent répondre à une logique de
légitimation professionnelle
(s’affirmer dans
une fonction, faire face aux évolutions du métier, aux nouvelles technologies, se
perfectionner, obtenir un niveau supérieur) ou à une logique de
régulation
biographique
(réorienter sa vie ou sa carrière,« effacer » un échec scolaire). La capacité de la
personne à se mobiliser dépend donc largement de l’enjeu, du sens, que représente la
certification pour elle et pour son environnement. Le sens donné à cette démarche sera celui
qu’elle lui donne et que son environnement lui renvoie. Le sens entendu ici comme
signification et direction.
La validation nous parle d’identité, de reconnaissance :
Le concept d’identité est entendu ici comme étant l’image que l’on se construit de soi-même à
partir de ce que nous renvoie l’Autre (l’autre comme miroir ou « renvoi social »). C’est ce
mouvement qui constitue le « sujet ». L’identité est une construction sociale, le fruit d’un
processus. C’est la dialectique de la reconnaissance de soi articulée à la reconnaissance
sociale. Les sphères du travail, de l’emploi et de la formation constituent alors des domaines
essentiels de l’identité sociale. La VAE sera également un élément participant de l’identité
sociale.
Dans le secteur visé par cette étude, pour les emplois de bas niveau de qualification, on est en
droit de se poser la question de l’identité professionnelle. Ces emplois sont généralement peu
reconnus socialement (assimilés à du travail domestique ou à des tâches peu gratifiantes).
Pour les salariés il est alors difficile d’y trouver des sources de fierté, de sentiment d’utilité
sociale, de reconnaissance. Par ailleurs, beaucoup de ces professionnels, sont arrivés dans ce
type d’emploi « par défaut ». Pour ces personnes, il y a risque que par un mécanisme de
défense, plus elles se sentent en situation d’échec et plus elles dévalorisent l’objet. C’est ce
qu’on entend régulièrement, « le diplôme cela ne sert à rien ». Leur identité professionnelle
s’est forgée dans l’apprentissage « sur le tas » et les connaissances scolaires sont jugées
inutiles. Cela représente alors un frein à l’entrée en formation. Face à ce constat, la validation
pourrait trouver là des atouts incitateurs. La VAE
porte sur l’expérience un autre regard en
reconnaissant de manière forte le caractère formateur du travail et de l’expérience en générale.
Ainsi dans la démarche de validation, l’objet (la certification) n’est pas seulement désiré pour
lui-même, il trouve sa valeur, son sens dans et par le regard de l’autre (employeur, collègues,
famille…). Aujourd’hui dans notre société, le diplôme a encore une certaine « légitimité
sociale », il bénéficie d’une représentation sociale positive, on lui accorde une certaine valeur,
un sens. C’est le désir de l’autre qui en fait sa valeur et qui le désigne comme socialement
désirable.
Reconnaissance, re-connaissance, reconnais-sens et re-co-naissance
Dans la démarche de VAE, le mot reconnaissance peut prendre diverses significations et
diverses orthographes. Le processus de validation serait :
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Re-connaissances ; interroger l’expérience au regard de certaines connaissances,
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Reconnais-sens ; redonner du sens à son travail, à ses activités,
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Re-co-naissance ; renaître ensemble, avec l’Autre, recommencer à exister,
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Reconnaissance ; modifier la reconnaissance sociale, reconnaissance de soi.
Validation et formation
R. SAINSAULIEU
1
dans ses études a identifié 4 effets-formation majeurs ;
L’effet de sociabilité,
L’effet d’intégration
,
L’effet d’ouverture
L’effet sur « l’imaginaire ».
Pour cet auteur, l’addition de ces effets permet la « naissance de nouveaux acteurs sociaux ».
L’effet formateur de la VAE :
En complément de la reconnaissance, la VAE est également un processus formatif. La
démarche de validation et notamment le temps de réflexion et d’analyse nécessaire à la
constitution de son dossier « de preuves de compétences », peut constituer un réel temps
d’apprentissage .
1
SAINSAULIEU R.,-Sociologie de l’organisation et de l’entreprise- Paris-Presses de la fondation nationale des
sciences politiques/Dalloz, 1988 p304-306
Validation : outil de modernisation sociale ?
Des études sur la VAP ont montré que ce dispositif reflétait les inégalités que connaît l’accès
à la formation de manière générale. De récents chiffres sur la VAE montrent que les candidats
sont à 80% des actifs et à 20% seulement des demandeurs d’emploi et qu’il s’agit le plus
souvent de diplômés.
PISTES DE REFLEXION POUR LA POLITIQUE DE FORMATION
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La VAE, nouvel outil stratégique de management
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La VAE, outil de gestion des compétences
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Permettre une plus grande responsabilisation de l’employeur citoyen
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Amener une nouvelle gestion de la formation, de nouveaux montages financiers.
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Enjeux qualitatifs : répondre aux exigences des démarches qualités.
La V.A.E. peut alors devenir un outil supplémentaire à la FPC pour gérer la politique sociale
dans l’entreprise et valoriser les hommes. Le développement de la formation continue et de la
validation suppose l’articulation des projets de l’entreprise et des projets du salarié .
A l’instar de ce qui s’est passé en trente ans pour la FPC, l’attitude des employeurs, en
complément de celle des candidats, fera le succès ou non de la V.A.E.