86 Silva Belgica 2005-3 - Vous avez dit audit
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86 Silva Belgica 2005-3 - Vous avez dit audit

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CERTIFICATIONVous avez dit audit ?par Olivier Toubeau et Grégory Reinbold,responsables Certification Forestière PEFC à la SRFBDepuis trois ans, nombre de propriétairesont accueilli des « auditeurs » au sein de leurforêt certifiée PEFC. Mais qui sont-ils donc ?Quel est leur mandat ? Est-ce encore là uneperte de prérogative pour les propriétaires ?Quid du vieil adage « chacun chez soi… et lesforêts seront bien gérées » ?n n UNE ÉTONNANTE PERCEPTION UNE CRÉDIBILITÉDE LA RÉALITÉ… INDISPENSABLEqui nuit à l’image du bois et de la forêtComment donc donner cette garantie au consommateur ?D’abord, en vérifiant la qualité de la gestion des forêts certi-Selon une enquête Ipsos (novembre 2004), 60 % de nos voi-fiées. Ensuite, en contrôlant la façon dont les entreprises sui-sins français pensent que la surface forestière européennevent les flux de bois certifiés lors de leur transformation, de laest en recul. Cette fausse opinion a notamment pour origineforêt au rayon du magasin.une actualité événementielle quotidienne et souvent dramati-L’audit est ainsi une opération visant à vérifier que tout seque qui relate les dangers liés à l’effet de serre, à la destruc-passe dans les règles de l’art. C’est lui qui permet de rassu-tion de la couche d’ozone, aux changements climatiques et àrer le consommateur. Il est le garant de la crédibilité dula déforestation dans certaines parties du monde.système de certification et est donc indispensable.Nombre de ...

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Langue Français
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Article rédigé grâce au soutien de la Région wallonne et du Fonds Européen de Développement Régional,
dans le cadre des programmes Interreg III France – Wallonie «Eurowood» et
ENO «Proholz-Problois»
n
UNE ÉTONNANTE PERCEPTION
DE LA RÉALITÉ…
qui nuit à l’image du bois et de la forêt
Selon une enquête Ipsos (novembre 2004), 60 % de nos voi-
sins français pensent que la surface forestière européenne
est en recul. Cette fausse opinion a notamment pour origine
une actualité événementielle quotidienne et souvent dramati-
que qui relate les dangers liés à l’effet de serre, à la destruc-
tion de la couche d’ozone, aux changements climatiques et à
la déforestation dans certaines parties du monde.
Nombre de consommateurs hésitent ainsi à utiliser du bois
de peur de détruire la forêt. N’est-ce pas malheureux lorsque
l’on sait que le bois est une ressource naturelle renouvelable,
contrairement à d’autres matériaux tels que le PVC ou l’acier ?
Ne faut-il donc pas encourager le consommateur à se rap-
procher du matériau bois ? Bien sûr, mais
en répondant à
ses craintes, en lui garantissant que le produit à base de
bois qu’il achète provient d’une forêt gérée durablement
.
Voilà l’enjeu de la certification forestière.
Vous avez dit audit ?
par Olivier Toubeau et Grégory Reinbold,
responsables Certification Forestière PEFC à la SRFB
D
epuis trois ans, nombre de propriétaires
ont accueilli des « auditeurs » au sein de leur
forêt certifiée PEFC. Mais qui sont-ils donc ?
Quel est leur mandat ? Est-ce encore là une
perte de prérogative pour les propriétaires ?
Quid du vieil adage « chacun chez soi… et les
forêts seront bien gérées » ?
n
UNE CRÉDIBILITÉ
INDISPENSABLE
Comment donc donner cette garantie au consommateur ?
D’abord, en vérifiant la qualité de la gestion des forêts certi-
fiées. Ensuite, en contrôlant la façon dont les entreprises sui-
vent les flux de bois certifiés lors de leur transformation, de la
forêt au rayon du magasin.
L’audit est ainsi une opération visant à vérifier que tout se
passe dans les règles de l’art.
C’est lui qui permet de rassu-
rer le consommateur.
Il est le garant de la crédibilité du
système de certification et est donc indispensable
.
Faut-il en avoir peur ? En aucune façon puisque la certifica-
tion est
une action volontaire
. Le volontaire se donne les
moyens de satisfaire aux exigences de la certification.
Pour le propriétaire forestier, rappelons que ces exigences
consistent, en Région wallonne, à signer et à mettre en oeuvre
la « Charte pour la gestion forestière durable ». Celle-ci com-
prend 14 engagements sylvicoles
concrets et raisonnables
à intégrer dans sa gestion.
Ces engagements sont
des lignes de conduites plutôt que
des contraintes
, ce qui donne au propriétaire
une grande
liberté de décision
dans ses choix sylvicoles.
© 2004 Jean-Michel Clajot + 32-477 345 985 All rights reserved
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CERTIFICATION
n
QUI AUDITE EN RÉGION WALLONNE ?
La SRFB audite en
interne
. Elle est en effet responsable de
la promotion et de la mise en oeuvre de la certification PEFC
en forêt privée wallonne. A ce titre, elle observe la façon dont
les propriétaires forestiers privés mettent en oeuvre la charte
PEFC. Cela lui permet notamment d’identifier des difficultés
récurrentes auxquelles seraient confrontés ces propriétaires,
et de les aider à les résoudre. En forêt publique, c’est la
Divi-
sion de la Nature et des Forêts
qui joue ce rôle.
La SRFB audite chaque année un nombre de propriétés cor-
respondant à la racine carrée du nombre de propriétés certi-
fiées. Pour l’année 2004, 12 propriétés ont été auditées, dont
3 en audit de «contrôle». Il s’agissait pour ces derniers de
vérifier si les remarques formulées lors d’un audit précédent
avaient été prises en compte. Les 9 autres propriétés ont été
choisies de manière aléatoire.
]
L’auditeur externe est un ingénieur forestier qui connaît les réalités
de terrain.
Un organisme certificateur indépendant audite en externe
.
Il est le garant de la crédibilité du système de certification.
Son rôle est de comparer les engagements du propriétaire et
la mise en oeuvre concrète de ces derniers. Actuellement,
c’est la Société Ecopass qui est responsable de ces audits.
Elle mandate chaque année pour ce travail, un ingénieur fo-
restier dûment qualifié et
très au fait de la réalité forestière
et de ses contraintes.
Pour l’année 2004, Ecopass a audité 5 propriétés certifiées,
par échantillonnage aléatoire. La SRFB participe à ces audits
aux côtés du propriétaire ou du gestionnaire.
n
UNE AMBIANCE SEREINE ET CONSTRUCTIVE
Le rôle de l’auditeur est de vérifier la prise en compte des
engagements de la charte de gestion durable par le proprié-
taire signataire.
En aucun cas il n’est là pour juger ce der-
]
Les audits se déroulent dans une ambiance sereine et constructive.
LE COÛT DES AUDITS
Les audits annuels externes sont menés par un bureau de
certification indépendant. Les prestations de ce bureau sont
intégralement couvertes, en forêt privée, par les cotisations
PEFC payées annuellement par l’ensemble des proprié-
taires certifiés. Celles-ci sont mutualisées et couvrent les
frais d’audit des propriétés annuellement échantillonnées.
Ce système d’audit par échantillonnage permet de réduire
les coûts au maximum.
La cotisation annuelle PEFC s’élève à 10
de frais de
dossier + 0,50
/ ha. La cotisation est gratuite pour les
forêts de moins d’un hectare tandis qu’un plafond de coti-
sation est fixé à 250
.
La SRFB introduira prochainement à la Région wallonne
une demande de subvention destinée à couvrir une partie
des frais d’audit, et ainsi à limiter au maximum la cotisa-
tion PEFC.
nier
. Il apprécie le travail accompli à travers les discussions
et ce qu’il voit en forêt, sur base de quoi il peut demander des
actions correctives et vérifier leur prise en compte lors d’un
audit ultérieur. Cette demande s’accompagne de conseils de
gestion qui peuvent apporter au propriétaire un regard nou-
veau sur son travail.
En pratique, l’audit se déroule comme suit : après une brève
présentation des intervenants, une introduction est menée
autour d’une table, afin de préciser l’objet de la demi-journée,
et de préparer au mieux la visite en forêt. A l’aide d’un plan de
la forêt et du document simple de gestion du propriétaire,
l’auditeur prend connaissance de la physionomie de la pro-
priété, de son étendue, et de ses objectifs de gestion. Cela lui
permet d’établir un circuit visant à couvrir les diverses carac-
téristiques du domaine forestier. C’est au fil du cheminement
sur le terrain que tous les points de la Charte sont passés en
revue par le biais des questions posées par l’auditeur.
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1
En 2004 cependant, un propriétaire a été écarté de la certification PEFC
pour une période de cinq ans, suite à un audit ciblé, hors campagne annuelle
d’audits.
2
Silva Belgica 2/2004 : Sylviculture et aménagement du territoire, quelles sont
les règles ? Le Sylviculteur et le Code Wallon de l’Aménagement du Terri-
toire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (CWATUP). pp 46-53.
n
LES AUDITS 2004
Si des efforts restent à faire, le sentiment général est très
encourageant !
D’abord, aucune «
non-conformité » pouvant justifier une
exclusion du système n’a été constatée dans les 17 proprié-
tés auditées par échantillonnage
1
, en interne ou en externe.
Ensuite, les demandes d’actions correctives formulées du-
rant la saison d’audit 2003 ont toutes été prises en compte en
2004 par les propriétaires. Ces derniers se montrent donc
soucieux d’appliquer chez eux le principe d’amélioration con-
tinue de leur gestion.
Enfin, peu de recommandations ont été formulées durant la
saison d’audit 2004. Cela traduit une bonne prise en compte
des engagements de la charte par les propriétaires engagés
dans la démarche de certification.
Les recommandations, toujours bien comprises par les pro-
priétaires, concernent 3 aspects principaux :
-
la création de petites carrières
afin d’entretenir les voi-
ries existantes. Rappelons que ce type d’opération est sou-
mis à autorisation (cf. 1
er
point de la charte). Un article paru
dans
Silva Belgica
2
fait le point sur cette question.
-
les retards d’éclaircie
(cf. 6
ème
point de la charte). Les pro-
priétaires justifient ces retards par le contexte de mévente
des premières et secondes éclaircies en résineux ou par
manque de suivi des peuplements. Soulignons que ces re-
tards risquent de juguler le potentiel de croissance de leurs
essences (notamment en douglas et mélèze) et de retar-
der leur terme d’exploitabilité, sans compter le retard de
mise en lumière des peuplements, nécessaire à l’installa-
tion de la biodiversité.
-
l’équilibre forêt-grande faune
(cf. 12
ème
point de la charte).
Nous avons constaté dans 1/3 des propriétés auditées d’im-
portants dégâts occasionnés par le trio chevreuil-sanglier-
cerf. Ce problème est difficile à résoudre pour le proprié-
taire dans la mesure où cette faune migre d’une propriété à
l’autre. Si des solutions doivent être trouvées au niveau ré-
gional, le propriétaire peut cependant mettre en place des
techniques visant à éviter les trop grandes concentrations
de faune au sein de ses peuplements. Rappelons à ce su-
jet que la SRFB organise régulièrement, en partenariat avec
d’autres structures, des formations sur la mise en place de
gagnage et la protection des peuplements contre la grande
faune. La dernière formation a eu lieu à Libin, le 21 mai
dernier.
La campagne d’audits 2004 fut également l’occasion de rele-
ver de nombreux points forts, dont la réalisation chez chaque
propriétaire audité d’un
document simple de gestion
(14
ème
point de la Charte). Il a été pour beaucoup l’occasion de se
rendre compte de l’intérêt d’un tel document. Il permet d’abord
de coucher sur papier la philosophie de gestion de son patri-
moine afin de la transmettre à ses héritiers. Il permet ensuite
au propriétaire, qui gère trop souvent sa propriété « le nez
sur le guidon », de prendre du recul par rapport à sa gestion,
de l’analyser sur base d’une cartographie et d’objectifs clairs,
et de prendre les meilleures décisions.
La réalisation de ces documents simples de gestion par les
propriétaires certifiés constitue ainsi une réelle avancée en
terme de gestion forestière.
n
EN CONCLUSION…
« Chacun chez soi… et les forêts seront bien gérées » ?
oui, mais … personne ne le saura... et la mauvaise image
du bois persistera…
Notre filière forêt-bois souffre d’un réel problème de commu-
nication. Elle travaille avec un matériau de premier choix tech-
nologique, de surcroît écologique et renouvelable, et malgré
cela, n’arrive pas à convaincre le consommateur. Ce dernier
évite le bois, ce matériau « qui nécessite plus d’entretien et
d’attention… », « qui résiste moins bien aux intempéries et à
l’humidité… », et « qui est plus cher… ». Voilà ce que révèle
encore l’enquête Ipsos. Si le secteur de la transformation du
bois se doit de casser ces « clichés » technologiques, c’est
au propriétaire forestier de rappeler au consommateur les
vertus écologiques du matériau et sa provenance.
Montrons,
grâce aux audits, grâce à la certification forestière, que
nous gérons convenablement nos forêts. Le consomma-
teur s’y retrouvera et nous en bénéficierons !
*
* *
]
Les dégâts de la grande faune, un problème récurrent en Région
Wallonne.
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CERTIFICATION
n
ACTUALITÉ PEFC
n
1. PEFC COUVRE À PRÉSENT
1.
UNE SUPERFICIE DE PLUS
1.
DE 120 MILLIONS
1.
D’HECTARES DE FORÊTS
1.
DANS LE MONDE !
Créé en 1999 par les forestiers euro-
péens, le système de certification
PEFC s’étend aujourd’hui à d’autres
continents et est opérationnel en Aus-
tralie, au Chili, et depuis mars 2005
au Canada.
PEFC vient en effet de
reconnaître le système de certification
forestière canadien CSA (Canadian
Standards Association). Cette recon-
naissance permet à PEFC de devenir
le premier système de certification à
atteindre les 100 millions d’hectares
de forêts certifiés dans le monde.
En pratique, cela signifie notamment qu’un volume plus im-
portant de bois labellisé PEFC, issu de forêts gérées dura-
blement, est mis sur le marché. Le logo PEFC devient ainsi
plus visible, mieux connu et reconnu par le consommateur,
au bénéfice des propriétaires forestiers certifiés et du déve-
loppement durable.
n
2. RÉACTION UNANIME DU GROUPE DE TRAVAIL
2.
PEFC RÉGION WALLONNE À UN ARTICLE
2.
PUBLIÉ PAR «TEST-ACHATS».
Dans un article traitant de meubles en bois exotique paru
dans le mensuel « Test-achats » d’avril 2005, l’organisme de
défense des consommateurs a ménagé un encart consacré
à la certification forestière.
Le Groupe de Travail PEFC Région wallonne, chargé du dé-
veloppement et du suivi de la certification en Wallonie, a jugé
bon de réagir suite au manque de clarté de cet encart via un
courrier envoyé à la rédaction du journal.
L ’article « Test-Achats » et la lettre de réaction du Groupe de
Travail sont téléchargeables au format pdf sur notre site
www.pefc.be, ou disponibles sur simple demande à la SRFB.
n
3.
EN FRANCE, 100% DE BOIS CERTIFIÉ DANS
3.
LES MARCHÉS PUBLICS POUR 2010
Le Premier ministre français a approuvé le 5 avril 2005 une
circulaire qui détermine les moyens à mettre en oeuvre pour
promouvoir la gestion durable de tous les types de forêts,
qu’elles soient tropicales ou tempérées.
Cette circulaire prévoit notamment que tous les achats pu-
blics de bois tropicaux proviendront d’ici 2010 de forêts gé-
Pêcheurs - Chasseurs - Forestiers - Pisciculteurs - Cynologues
Agriculteurs - Cavaliers - Wateringues - Propriétaires ruraux
Patrimoine Historique Privé - Populiculteurs
Consultez notre site
www.unionrurale.be
Tél: 02/227.56.59 fax: 02/223.01.45 e-mail: info@unionrurale.be
]
Plus d’informations sur
www.pefc.be
rées de façon durable. Le texte a été publié au Journal officiel
du 8 avril 2005.
Chez nous, une telle circulaire est actuellement à l’étude
à l’instigation du Ministre Fédéral de l’Environnement Bruno
Tobback. Nous y sommes très attentifs.