//img.uscri.be/pth/f4fbd1c8b5e4063c394f21938ca7b040549b0c93
La lecture en ligne est gratuite
Le téléchargement nécessite un accès à la bibliothèque YouScribe
Tout savoir sur nos offres
Télécharger Lire

Cours de Psychologie

De
19 pages
Note de Cours de Psychologie Licence 2 Semestre 4 Année 2006/2007 Explication causale des événements en psychologie sociale C.M. U.E : PSY41B Cours Magistraux Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Introduction : Il nous arrive souvent dans la vie quotidienne de chercher des explications à ce qui se passe, à ce qui s’est passé, voir à se qui pourrai se passer dans un futur proche. Cette recherche des explications va constituer l’objet de ce cours ; on va s’intéresser aux explications que nous donnons des événements psychologiques, c'est-à-dire les explications de ce que font les gens ou de ce qui leur arrive. On verra comment, à partir de l’information dont on dispose, on arrive à inférer de nouvelles informations, on parle dans ce cas là d’inférence causale en matière d’événement psychologique. On va voir comment la psychologie sociale a abordé ce qu’on appel la psychologie du sens commun qui nous permet d’expliquer notre comportement et/ou celui d’autrui et qui nous permet d’interpréter ce qui nous arrive et ce qui arrive aux autres. C’est HEIDER qui a ouvert cet intérêt pour l’explication naïve ou profane des événements psychologiques quotidiens. Il ressort de cette théorie l’idée que l’homme cherche sans cesse à expliquer, à comprendre, à organiser la perception qu’il a de son environnement et de lui-même. On distingue deux grands ...
Voir plus Voir moins

Note de

Cours de Psychologie



Licence 2

Semestre 4



Année 2006/2007




Explication causale
des événements en psychologie sociale
C.M.





U.E : PSY41B

















Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Introduction :



Il nous arrive souvent dans la vie quotidienne de chercher des explications à ce qui se passe, à
ce qui s’est passé, voir à se qui pourrai se passer dans un futur proche.
Cette recherche des explications va constituer l’objet de ce cours ; on va s’intéresser aux
explications que nous donnons des événements psychologiques, c'est-à-dire les explications
de ce que font les gens ou de ce qui leur arrive.
On verra comment, à partir de l’information dont on dispose, on arrive à inférer de nouvelles
informations, on parle dans ce cas là d’inférence causale en matière d’événement
psychologique.
On va voir comment la psychologie sociale a abordé ce qu’on appel la psychologie du sens
commun qui nous permet d’expliquer notre comportement et/ou celui d’autrui et qui nous
permet d’interpréter ce qui nous arrive et ce qui arrive aux autres.
C’est HEIDER qui a ouvert cet intérêt pour l’explication naïve ou profane des événements
psychologiques quotidiens.
Il ressort de cette théorie l’idée que l’homme cherche sans cesse à expliquer, à comprendre, à
organiser la perception qu’il a de son environnement et de lui-même.
On distingue deux grands courants :
 Le premier consiste à décrire les processus par lesquels les individus expliquent et
interprètent a posteriori les événements précis auxquels ils sont confrontés. HEIDER,
en 1958, est à l’origine de ce premier courant, JONES et DAWIS, en 1965, ont repris
ces théories et également KELLEY, en 1967. Ils sont associés aux champs de
l’attribution, qui va prendre un essor considérable dans les années 70.
 Le second axe de recherche porte sur l’explication a priori des événements
psychologiques par l’étude de variable de personnalité initié par ROTTER, en 1966,
dont la théorie s’agit de rendre compte des différents degrés de relation causale que les
gens établissent entre l’obtention d’un renforcement donnée (positif ou négatif) et leur
propre comportement.
Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Théorie de la psychologie naïve: Théorie de Heider


C’est HEIDER qui est à l’origine du concept d’attribution, vers 1944-1958, son objectif étant
d’élaborer une théorie de l’attribution qui permettrait de rendre compte de certaines
cognitions (connaissance, information) à partir de l’observation des comportements.
Ce travail se réaliserait par inférence.

Inférence : processus permettant d’élaborer une nouvelle information à partir d’information
initiale.
Exemple : On demande à des sujets de lire un texte et ensuite de rappeler certains
éléments de ce texte. Le professeur distrait n’avait pas ses clés devient Le professeur
distrait a, encore, oublié ses clés.

Dans cette perspective les individus vont donc au-delà des données de la situation, il cherche
à donner un sens aux événements et aux conduites en produisant de l’information à partir des
différents éléments d’observations de ces événements ou de ces conduites. Cette information
supplémentaire et plus particulièrement produite quand elle manque au sujet. Pour HEIDER
l’attribution est le processus par lequel l’homme appréhende la réalité et peut la prédire et la
maitriser.
Dans cette perspective, l’attribution permet de concevoir l’environnement comme un
ensemble stable et cohérent et l’attribution permet aussi de décrire de façon économique ce
qui nous arrive. L’attribution est donc la recherche par un individu des causes d’un
comportement ou d’un événement, c'est-à-dire la recherche d’une structure permanente mais
non directement observable qui sous-tend les manifestations ou les effets directement
perceptives.
Pour HEIDER cela revient à remonter des effets au cause autrement dit du proximal au
distal.
En ce sens, FISHER en 1996, l’attribution peut être défini comme un processus d’inférence
causale qui consiste à comprendre le sens des actions d’autrui par une recherche d’élément
stable, d’invariant que HEIDER appel le distal qui permettent d’expliquer des événements
particuliers changeant et directement perceptible, ce que HEIDER appel le proximal.

Finalement, pour HEIDER, l’attribution causale du monde sociale est réalisée par les
individus selon une sorte d’analyse factorielle implicite dans la mesure où on recherche les
facteurs responsables de ce que l’on observe.
Dans ce cadre, l’individu procède à une analyse dans laquelle certains facteurs vont se
rattacher aux personnes et d’autres facteurs vont prendre leur origine dans l’environnement de
ces personnes. Dans ce sens il existe donc une grande importance à évaluer la source.

Il y a deux types de causalité possible à l’origine des conduites, une causalité personnelle
(forces personnelles ou forces/attributions dispositionnelles), d’une part, et une causalité
situationnelle (forces environnementales). cf. schéma
L’attribution réalisée par la personne à la suite de cette analyse causale dépendra de la
contribution relative des forces environnementales ou personnelles au résultat final.

Exemple : un professeur décide de savoir pourquoi un étudiant a obtenu une très bonne note à
un examen difficile. Afin d’émettre l’action, la réussite à l’examen, il devait y avoir intention
de la part de l’étudiant ; pour HEIDER, l’intention est le facteur central de la causalité
personnelle, dans la mesure où on peut penser qu’on ne réussit pas l’examen sans le vouloir.
Dans un deuxième temps, l’étudiant doit avoir déployé une certaine énergie, c'est-à-dire tous
les efforts développés au travail pour cet examen. Ces deux facteurs se combinant pour
former, pour définir la motivation de l’étudiant. L’étudiant doit avoir une certaine capacité à
Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 résoudre la tâche, ce qui signifie que l’habileté de l’étudiant devrait être suffisamment
grande pour lui permettre de vaincre la difficulté de la tâche. Ce dernier point implique donc
une relation entre un élément de force personnel, l’habileté, et un élément de force
environnementale, la difficulté de la tâche, ce qui signifie que si les forces personnelles se
montrent plus puissantes que les forces environnementales, l’étudiant peut donc accomplir la
tâche avec succès. Par contre si la personne ne possède pas l’habileté nécessaire, cet étudiant
ne pourra pas réussir peu importe l’effort déployé.

HEIDER note que les individus ont tendance à situer les causes d’un événement chez les
personnes plutôt que dans l’environnement.

En s’inspirant des travaux de FAUCONNET (1920), HEIDER aborde la question de
responsabilité avec une distinction qui peut être émise entre la notion de causalité et celle de
reté, la première s’employant davantage dans le cadre du travail scientifique, alors
que la seconde est davantage employée dans le cadre de l’explication quotidienne.
En ce sens un observateur peut assigner à un acteur la responsabilité d’un acte si certaines
conditions sont respectés, c'est-à-dire :
- si l’action peut être associée à l’acteur
- si l’acteur est une condition nécessaire à la production de cet acte, c'est-à-dire que la
personne est jugé selon les résultats de son action, qu’elle les ait prévu ou non
- si l’acteur a la possibilité de prévoir et d’empêcher l’action
- l’action a été commise intentionnellement par l’acteur
- l’action produite ne doit pas être interprétée comme produit de l’environnement





























Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Modèle de Jones et Davis : modèle des inférences correspondantes


Il s’applique à la perception des causes des actions d’autrui, on parle d’hétéro-attribution.
Les hétéro-attributions se distinguent des auto-attributions, c'est-à-dire les attributions que
l’on fait sur son propre comportement.
Ce modèle a été élaboré dans la ligné des travaux HEIDER dans la recherche du distal au
proximal, autrement dit la recherche des invariants à partir du manifeste, du variable, des
éléments directement perceptibles.
En ce sens le modèle de JONES et DAVIS est centré sur la recherche d’attribution à autrui de
dispositions personnelles stables, par exemple un trait de caractère, à partir des actions
observées.
Ce modèle est donc restreint par rapport à celui de HEIDER, les auteurs ne s’intéressent
qu’aux attributions faites par un observateur et non aux auto-attributions, ils se limitent au les
attributions de type dispositionnelle et non au type situationnelle et ils analysent les
attributions faites à partir d’une seule observation.

Le concept central de ce modèle est celui de correspondance et ce concept attrait au lien qui
est établi entre un comportement et à ses effets, d’une part, et les attributs susceptibles de les
expliquer, par exemple les intentions, les traits de caractère, d’autre part.
L’observateur pense que le comportement de l’individu va être causé par une disposition
personnelle, autrement dit, par exemple, un trait de caractère.

Pour que les observateurs puissent expliquer ses inférences correspondances, cinq conditions
sont requises:
 il faut que l'observateur pense que l'acteur est conscient des effets de son action
 il faut que l'observateur pense que 'l'acteur doit posséder les capacités pour réaliser cette
action
 la liberté de choix de l'acteur
 les effets distinctifs
 la désirabilité sociale

C’est à partir du moment que les deux premières conditions sont réunis, conscience de l'acte
et capacité à réaliser cet acte, qu'un acte et ses effets peuvent apparaître à l'observateur comme
dû à l'acteur et non au hasard ou aux circonstances.
Si ces deux conditions sont réunis un observateur supposera que l'acte des effets qu'il a vu
sont bien dû à l'action de l'acteur et non au hasard ou aux circonstances, c'est à partir de ce
moment là qu'on parle de disposition.
A ces conditions ils en ont rajouté trois autres, la liberté de choix de l'acteur, dans ce cas les
auteurs postulent que ce n'est que si l'acteur a le choix entre plusieurs actions possibles que
l'observateur peut être sur que l'acte est bien le fait de la volonté de l'acteur et qu'il n'est pas
dû aux exigences de la situation qui contraindrait l'acteur à un rôle déterminé.

Les auteurs proposent qu'un acte puisse avoir plusieurs effets différents et plusieurs actes
peuvent avoir des effets communs.
Comment un observateur peut attribuer avec certitude une intention spécifique à un acteur,
pour cela l'observateur se fiera aux effets non-communs à deux actes et ce sont ces effets qui
correspondent à une intention spécifique.
En examinant les effets distinctifs à ces actes il est possible d'effectuer des attributions
dispositionnelles.

Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Pour JONES et DAVIS l'observateur est plus sensible aux effets qu'il perçoit comme
désirable, ce qui va influencer l'attribution dispositionnelle, c'est la croyance de l'observateur
à propos de ce que d'autres gens feraient dans la même situation. Selon les auteurs, seuls les
comportements indésirables socialement vont apporter une réelle information sur l'acteur.
Si la personne fait ce qu'il est convenu de faire dans une situation alors elle donne peut
d'information à son sujet alors que si elle se comporte de manière peut commune elle donne
beaucoup plus d'information sur sa personnalité.

Dans l'étude de désirabilité sociale, des sujets devaient notés des individus postulant à un
emploi soit d'astronaute soit de sous-marinier, en manipulant l'information les chercheurs ont
amené les sujets à percevoir ces emplois à des normes de désirabilité sociale. Le poste
d'astronaute nécessite des qualités permettant à la personne de travailler seule (qualité
d'introversion) et qu'un poste de sous-marinier implique un contact étroit et soutenue avec les
autres (qualité d'extraversion).
Les sujets visionnaient ensuite des vidéos dans lesquels des postulants se présentaient et
décrivaient leurs qualités soit de manière au rôle soit de manière non conforme au rôle.

Selon la théorie des inférences correspondantes, les attributions devraient être plus extrêmes
dans la condition non conforme au rôle dans la mesure où l'on s'attend à ce que les postulants
se présentent de façon conforme aux exigences du poste.
Les résultats montrent effectivement que dans la condition non conforme au rôle, les
postulants sont perçus de façon conforme à leur présentation d'eux-mêmes. Quand les
personnes agissent de façon contraire aux exigences, les sujets pensent avoir obtenu plus
d'information sur ce qu'est la véritable personnalité des postulants.


Deux critiques de ce modèle :
 Il peut y avoir inférence dispositionnelle sans avoir nécessairement intentionnalité
(maladresse)
 On peut trouver des comportements qui confirment l'attente qui soient tout autant
informatif que des comportements qui infirment l'attente (stéréotype)

Ce qui ressort des travaux actuels sur les inférences dispositionnelles, c'est que les individus
vont tout d'abord identifier les traits de personnalité impliquée dans un type de comportement.
Les individus vont attribuer ces traits à un acteur dont ils ont vu produire le cment, il
semble donc que ces inférences soient réalisées automatiquement, une correction par la
situation qui constituerai un troisième temps, paraît être un processus non-automatique
exigent du temps et de l'effort.














Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 KELLEY, le modèle de la covariation et les schémas causals.



 Le modèle de la covariation (1967)

Comme pour HEIDER, pour KELLEY, le processus d'attribution est un processus permettant
d'analyser les propriétés stables des objets à partir de leurs manifestations variables.
On cherche donc à inférer des causes à partir des effets.
Cet auteur souligne le caractère motivationnel de ce processus d'attribution, l'individu est
motivé à effectuer des attributions pour donner un caractère stable à son environnement.
Pour KELLEY l'individu est motivé a effectué des attributions pour donner un caractère
stable à l'environnement.
KELLEY se préoccupe avant tout de l'attribution externe, la seule capable de permettre au
sujet d'atteindre les propriétés stables de l'environnement.
On distingue ainsi les attributions externes des attributions internes.
Dans le cas des attributions externes : le comportement est expliqué en dehors de l'individu
par des causes situationnelles ou environnementales, il ne dépend pas de l'individu.
Dans le cas des attributions internes : le comportement est dépendant de la personnalité, du
caractère, des goûts, etc. de l'individu.

Le modèle de la covariation permet d'expliquer comment des attributions sont émises lorsque
plusieurs sources d'informations sont à dispositions.
Ce principe de la covariation suppose qu'un effet est attribué à l'une des causes plausibles
avec laquelle il covarie.

Par exemple si chaque fois que l'on met un pull rouge tout le monde se retourne sur notre
passage et que dès qu'on ne le met plus, personne ne se retourne nous en déduisons que c'est
le pull qui attire l'attention.

Dans ce modèle la variation des effets qui peuvent être des sensations, des réponses, des
expériences est examiné en fonction de trois facteurs que sont :
 Les objets
 Les personnes en interaction avec ces objets
 Les modalités spatio-temporelles d'interaction avec ces objets

L'évaluation de ces trois facteurs s’effectue selon trois dimensions respectivement le
consensus, la distinction et la consistance.

 La dimension de consensus
Le comportement de la personne étudiée est comparé à celui d'autres personnes, cela
renvoie au facteur personne.

 La dimension de distinction
Le comportement de la personne étudiée est comparé à son comportement en interaction
avec des entités ou activités autres que celle en causes.

 La dimension de consistance
Dans ce cadre le comportement de la personne étudiée dans la situation en cause est
comparé à son comportement adopté à d'autre moment dans le temps ou dans d'autres
circonstances : évaluation du facteur spatio-temporel.

Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 Exemple: Pierre rigole de l'imitateur. Le fait que Pierre rigole peut être provoqué par quelque
chose qui vient de la personne de Pierre, il rit à toutes les blagues, c'est une attribution interne,
ou cela peut être provoqué par l'objet de l'environnement, c'est à dire l'imitateur qui est
particulièrement bon, attribution externe.
Pour effectuer cette attribution et expliquer le comportement de Pierre, on analyse la situation
selon les différents facteurs en fonction des trois dimensions.
En fonction des sources relatives aux personnes on va évaluer s'il y a faible ou fort consensus
entre les personnes présentent dans la salle ; les sources relatives aux objets où dans ce cas on
va évaluer s'il y a faible ou forte distinction lié à l'objet (l'imitateur) ; les sources relatives aux
modalités spatio-temporelles où on va évaluer s'il y a faible ou forte consistance dans le temps
en fonction des circonstances.

Le principe de covariation postule donc que l'effet est produit par le facteur avec lequel il
varie ainsi si Pierre est le seul à rire, on dira qu'il y a faible consensus lié au personne, si tous
les imitateurs font rire Pierre de la même façon, il y aura faible distinction lié à l'objet, si
Pierre rit tout le temps dans beaucoup de situation on dira qu'il y a forte consistance dans le
temps et selon les circonstances, on fera donc une attribution de type interne.

Les théories de la covariation sont généralement effectuées de façon plus simple que celles
décrites dans le modèle de KELLEY.
Par la suite KELLEY reconnaît que cette théorie de la covariation se révèle pertinente dans
certaines situations mais qu'elle ne serait être représentative de tous les comportements
attributionnels.
Il s'agit donc d'un modèle idéalisé, cette analyse causale complète ne peut-être réalisée faute
de temps ou d'information.
Ainsi en 1972, il propose un autre modèle en suggérant que nous faisons plutôt appel à des
raccourcis qu'il appel schéma causal.

La théorie du schéma causale (1972) :

Le schéma causal représente de l'information stocké en mémoire concernant les relations
causales dans notre environnement social.
Cette information est tirée de nos expériences passées et elle permet d'émettre rapidement des
attributions sans passé par une analyse exhaustive de la situation.
Exemple : Si on considère que prêter de l'argent c'est généreux et que notre ami prête de
l'argent pour payer le loyer à la fin du mois, on estimera que cet ami est généreux.

« Le schéma causale permet d'intégrer et d'utiliser des informations acquises à des occasions,
spatialement et temporellement, distinctes »
Le schéma causal aide à faire des attributions lorsque l'information est incomplète, il permet
d'effectuer rapidement et facilement des inférences.
Il existerait plusieurs types de schéma dont deux, qui sont les plus cités dans la littérature, le
schéma des multiples causes suffisantes et le schéma des multiples conditions nécessaires.
Chaque schéma fait référence à un principe, le schéma des multiples causes suffisantes renvoi
au principe d'ignorement, et le schéma des multiples conditions nécessaires renvoi au principe
d'augmentation.

Le principe d'ignorement : ce principe concerne des situations dans lesquelles un effet donné a
de multiple cause possible. « Il se produit dans la mesure où le rôle d'une cause donnée dans
la production d'un effet est ignoré si d'autres causes possibles sont également présentes.
Exemple: On cherche à comprendre pourquoi Marie a accepté de participer à une expérience
en psychologie sociale. On peut penser que Marie a accepté de participer à cette expérience
Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 par intérêt personnel puisqu'elle même suit des études de psychologie. Cependant cette cause
sera minorée voir même ignorée si l'on sait d'avance que la participation à cette expérience
était rémunérée.

Le principe d'augmentation : ce principe se produit généralement lorsque, pour un effet
donné, une cause inhibitrice et une cause facilitante sont présentes.
Dans ce cas, le rôle d'une cause facilitante est augmenté en présence d'une cause qui devrait
inhibée l'effet.
Si un étudiant fiévreux réussi un examen, on attribuera son succès à son intelligence et cela
encore plus que s'il avait réussit l'examen en bonne santé.
La cause inhibitrice qui est la maladie a pour effet de rendre la cause facilitante qui est
l'intelligence encore plus évidente.

Ce modèle possède aussi ses limites et l'une des principales critiques envers ce modèle, via du
fait que dans les expériences qui vise à tester ce modèle, on propose aux sujets des
informations que ces sujets ne seraient pas aller chercher dans les circonstances quotidiennes.
KELLEY propose que l'individu soit vu comme un statisticien naïf qui utilise pour raisonner
des modes de connaissances et des démarches scientifiques comme s'il allait de soit que nous
utilisons ce type de raisonnement.

Les champs théoriques présentés sont extrêmement important puisqu'ils ont ouvert un grand
champ de théorisation concernant le mode de connaissance, d'appréhension et d'explication de
la réalité quotidienne des individus.
Ces théories ont tenté de répondre à des questions et finalement elles en ont posé de
nouvelles.


Remarque concernant le processus d'attribution

Remarque concernant les notions d'auto-attribution et d'hétéro-attribution :
Pour KELLEY il n'y a pas de différence entre l'auto et l'hétéro-attribution et notamment
lorsqu'on dispose de la même information sur soi et sur autrui la perception de soi devrait être
identique à la perception d'autrui. Hypothèse que BEN partage.
Possède-t-on réellement autant d'information sur autrui que sur soi?
C'est l'exemple du biais acteur/observateur mis en évidence par NISBETT, CAPUTO,
LEGENT et MARACECK (1973) à l'aide du questionnaire de personnalité.
On s'aperçoit que les sujets attribuent plus de trait de personnalité dans la description d'autrui
que dans leur propre description.
JONES et NISBETT (1972) suggère que les acteurs ont tendance à attribuer leurs actions à la
situation alors que les observateurs ont tendance à attribuer ces mêmes actions à des
dispositions personnelles stables.
Exemple : si on observe une personne lors d'une réception et que l'on remarque qu'elle reste
seule dans son coin on aura tendance à en déduire qu'elle est timide etc... Par contre si on
exprime notre propre raison de retrait à cette même soirée la cause désigné serait de l'ordre du
contexte, l'ambiance ne nous plait pas, les personnes ne nous sont pas sympathiques.
On parle de biais acteur-observateur, que NISBETT explique par le fait que l'acteur n'est pas à
double de l'observateur et que trois points les différencies, ils n'ont pas les mêmes
informations sur le comportement émis, dans ce cas l'acteur connaît l'origine de sa conduite,
ses motivations ; les éléments de la situation n'ont pas la même importance pour l'acteur et
l'observateur, ils sont donc impliqué à des niveaux différents dans la situation ; le traitement
de l'information est différent, l'acteur évalue son comportement en rapport à d'autre
comportement qu'il a produit dans d'autre contexte (attribution situationnelle), l'observateur se
Cours Magistraux
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007 centre sur le comportement de l'acteur et non le contexte, il compare l'acteur à d'autre
personne placé dans la même situation (attribution dispositionnelle).

 Remarque concernant la distinction interne-externe
Selon HEIDER, plus l'attribution qui est fait est interne ou dispositionnelle, moins on
proposera des aspects externes ou situationnels comme explication du comportement.
Pour HEIDER, il y a donc un rapport de corrélation négative entre ces aspects internes-
externes.
Néanmoins, certaines recherches utilisant des échelles séparées pour mesurer l'interne et
l'externe ont révélé des corrélations positives ou seulement légèrement négatives (travaux de
Taylor et Kivumaki en 1976). A partir de ces recherches, il a même été suggéré que lorsqu'on
explique des situations complexes ont utilise un mélange d'attribution interne et externe.

Exemple : si je me suis quereller ce matin avec mon collègue, c'est parce que j'étais très
fatigué (interne), on venait de me voler mon sac (externe), on était très stressé (interne) par
cette journée à cause d'une réunion importante (externe) et que nos ordinateurs ne
fonctionnaient pas empêchant l'impression des documents important pour la réunion
(externe).

Par ailleurs un problème apparaît dans la formulation même de l'attribution interne-externe.
ROSS (1977) : Jacques achète la maison à cause de son isolement (externe) : implique une
certaine disposition pour l'isolement
Jeanne achète la maison parce qu'elle aime la solitude (interne) : implique que
la maison soit isolée

Une information qui dans la forme donne une explication dispositionnelle peut contenir
implicitement des éléments à propos de la situation.


 Remarque concernant la dimension sociale de l'attribution :

On envisage le processus dans le cadre des relations intergroupes, autrement dit en tenant
compte des appartenances sociales des individus.
Il semble qu'on explique différemment le succès et l'échec des membres de l'intragroupe et
des membres du hors groupe. On appel cela l'erreur ultime d'attribution.
On va demander à des sujets d'évaluer des comportements positifs et des comportements
négatifs.
Chacun des sujets va évaluer chacun des comportements pour un membre de chaque groupe.
Lorsqu'on doit évaluer un comportement positif d'un membre de son groupe on effectue une
attribution interne et inversement pour le comportement négatif. Pour ce qui est de
l'évaluation des comportements du membre de l'hors groupe il s'agit de l'inverse, c'est à dire
une attribution externe pour le comportement positif et interne pour le comportement négatif.
Ce parti pris dans les explications causales aurait pour objectif la protection de l'intragroupe et
de ses valeurs et la différenciation avec les membres du hors groupe. Il vise aussi au maintien
des stéréotypes et l'étude sur les catholiques et les protestants en Irlande du Nord mené par
HUNTER, STRINGER et WATSON (1991) met bien en évidence ces stéréotypes, l'exo-
groupe est associé à un stéréotype de violence qui est confirmé par l'attribution de causes
internes, si un membre de l'intragroupe émet un comportement violent, c'est contraire au
stéréotype l'attribution est donc situationnelle visant à diminuer l'aspect contre stéréotype du
comportement.

Cours Magistraux 10
Explication causale des événements en psychologie sociale Année 2006/2007