Généralités - compte-rendu ; n°1 ; vol.30, pg 848-858

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L'année psychologique - Année 1929 - Volume 30 - Numéro 1 - Pages 848-858
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1929
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1° Généralités
In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 848-858.
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1° Généralités. In: L'année psychologique. 1929 vol. 30. pp. 848-858.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1929_num_30_1_5016848 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
temps de réactions dans 9 /10e des cas, des temps au trémomètre
dans 64 % ; dans le test d'attention dans 4 /5e des cas ; les erreurs
augmentent, sauf dans le test d'attention, où il y a au contraire,
diminution dans 2 /3 des cas. Les promenades sous la brise ont pour
conséquence d'allonger les temps dans deux tiers des cas environ
pour chaque test, les erreurs ne présentent pas de variation systéma
tique très nette.
Il semblerait en somme que les bains de mer et de soleil provoquent
une excitation motrice de courte durée, bientôt suivie d'une fatigue,
avec inhibition simultanée des fonctions mentales supérieures ;
Faction du vent se traduirait par une inhibition à la fois motrice
et mentale.
Mais toutes ces séances thérapeutiques s'accompagnent d'exercices
physiques plus ou moins violents, d'où une grande incertitude
dans l'interprétation des résultats, que, d'ailleurs, l'auteur ne mé
connaît pas. D. W.
XV. — Psychotechnique
1° Généralités x
1321. — R. LEDENT et L. WELLENS. — Précis de Biométrie
2e édition. (Préface de O. Decroly). — Un vol. in-8 de 370 p.,
95 fig. et IV planches. Liège, Vaillant-Carmanne, 1929. Prix :
,40 francs.
Ce livre a été conçu « à l'usage des médecins et éducateurs ». Les
auteurs auraient pu ajouter et des psychologues, car tous ceux qui
s'intéressent à la pratique de la psychologie expérimentale auront
intérêt à le consulter. Il n'a pas l'allure technique des traités à l'usage
des spécialistes, mais s'efforce au contraire tout en conservant tou
jours dans l'exposé une rigueur suffisante ,de mettre les techniques
qu'il décrit à la portée de ceux qui ne sont pas particulièrement
familiarisés avec elles, et c'est là l'un des grands mérites de ce très
intéressant ouvrage. La première partie est consacrée aux
diverses mesures médicales et psycho-physiologiques. Les auteurs
passent en revue successivement l'examen du squelette et des art
iculations, du poids et de la taille, des muscles, des appareils respira
toire et circulatoire, des organes des sens (vue, audition, goût, odorat,
sensations tactiles, sens musculaire) et consacrent un dernier chapitre
à l'étude de la fatigue musculaire et intellectuelle. La seconde partie,
qui occupe plus de la moitié du livre est consacrée à la mesure de
l'intelligence. Les principaux tests analytiques, d'attention, de mé
moire, d'association, d'imagination, d'abstraction, d'observation,
de jugement, de raisonnement, sont rapidement passés en revue,
pour en arriver à la détermination du niveau mental par l'échelle
de Binet (avec indication des révisions de Terman et de Kuhlmann)
1. Voir aussi les n« 971, 1026, 1035, 1037-1046» 1238, 1261. PSYCHOTECHNIQUE. GÉNÉRALITÉS 849
et l'examen psychographique de Vermeylen. Les derniers chapitres
sont consacrés au test collectif d'intelligence de Piéron, aux tests
d'instruction, et à la question du caractère. Dans tout leur exposé, les
auteurs se montrent bien documentés ; ils ont su choisir le principal
de chaque question, sans s'embarrasser par une multitude trop
grande de détails, et leur étude d'un bout à l'autre se montre claire
et de lecture agréable. Abondamment illustré et très maniable, ce
précis, qui en est du reste à sa deuxième édition, aura certainement
le plus grand succès, tant auprès des médecins d'école, que les exa
mens psychologiques intéressent qu'auprès des éducateurs soucieux
de s'initier à une technique de mesure suffisamment rigoureuse.
M. F.
1322. — Comptes rendus de la IVe Conférence internationale de
Psychotechnique (Paris, 10-14 octobre 1927). — In-8 de 686 pages.
Paris, Alcan, 1929. Prix : 100 francs. — Cinquième Conférence in
ternationale de Psychotechnique (Utrecht, 10-14 septembre 1928).
Comptes rendus. — In-8 de 318 pages. Utrecht, Dekker, De Vegt et
Van Leeuwen, 1929. **
Voici deux ouvrages qui renferment un ensemble de travaux ines
timable pour la Psychotechnique.
Il serait vain de vouloir donner même l'énumération de la cinquan
taine de rapports et communications présentés au Congrès d'Utrecht,
et des quatre vingts travaux du Congrès de Paris, qui fut certaine
ment, pour le nombre et la valeur des participations la plus impor
tante de ces réunions internationales.
A la réunion d'Utrecht les discussions générales eurent trait aux
accidents du travail, au tempérament et au caractère, enfin à l'édu-
cabilité. H. P.
1323. — F. GIESE. — La Psychotechnique en Allemagne. — R. de
Ps. concrète, I, 2, 1929, p. 203-214.
La psychotechnique d'orientation économique en Allemagne,
paraît à l'auteur d'origine récente, elle ne daterait guère que de 1919,
tout en remontant à une conférence faite an 1910 par Münsterberg.
G. examine successivement l'organisation de la recherche et de la
pratique, puis, suivant la distinction qu'il a faite, les travaux con
cernant la « psychotechnique de sujet » (sélection et tests d'aptitude,
apprentissage, conduite des hommes) et « d'objet » (conditions du tra
vail, éclairage, fatigue, prévention d'accidents), et termine par un
exposé des « tendances évolutives vers des formes nouvelles » (i
nfluence sur la psychologie générale, rapprochement avec la physiol
ogie et la médecine, collaboration de multiples spécialistes).
H. P.
1324. — A. JUHASZ. — Die « Krise » der Psychotechnik [La crise
delà psychotechnique). — Z. für ang. Ps., XXXIII, 6, 1929, p. 456-
464.
Il y a crise en psychotechnique comme en psychologie, parce qu'on
s'aperçoit que l'individu est autre chose qu'une somme de fonctions
isolées. En rappelant les théories de la forme et le personnalisme de
l'annéb psychologique, xxx. 54 850 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES

W. Stern, J. conclut que c'est encore dang la vieille psychotechnique
que la psychotechnique nouvelle trouvera sa méthode ; ce n'est pas
l'outil lui-même, mais le point de vue qui doit être modifié. Tout étant
solidaire dans la personnalité humaine, un test isolé peut encore
donner des indications utiles, à condition d'être judicieusement
interprété. D. W.
1325. — CARLOS JESINGHAUS. — La Psicotecnica en el Ejercito
y en la Armada (La Psychotechnique dans V Armée et dans la Marine).
— Broch. in-8 de 8 pages. Buenos-Ayres, 1929.
Le Directeur de l'Institut de Psychotechnique et Orientation pro
fessionnelle de Buenos-Ayres, à propos d'une initiative du Directeur
de l'École de sous-officiers relative à l'institution d'une épreuve de
sélection à l'entrée de cette école, expose les services que doit rendre
la Psychotechnique dans l'organisation militaire et navale : au point
de vue de l'adaptation plus parfaite des armes et instruments divers
utilisés, de la répartition des hommes en fonction de leurs aptitudes,
et du perfectionnement des méthodes d'instruction. H. P.
1326. — J. DILGER. — Zur Wirkungsgradbestimmung von Eignungs
prüfungen aller Art. (Sur la détermination du degré d'efficacité
des examens psychotechniques d*aptitude, de toutes catégories). —
Ind. Psychot., VI, 12, 1929, p. 53-56.
Sur les courbes cumulatives des fréquences en fonction des résultats
des tests, D. considère l'aire de la courbe comme l'expression du re
ndement dans les testa d'un groupe donné d'individus* En éliminant
les plus mauvais sujets on obtient des aires supérieures à celles que
l'on obtiendrait sans sélection aucune et c'est sur cette considération
que D. calcule «l'efficacité» de la sélection plus ou moins sévère. Il
s'appuie d'ailleurs non pas sur la courbe en cloche de Gauss, mais sur
une courbe en « triangle » supposée idéale, l'accroissement initial et le
décroissement final des fréquences se faisant proportionnellement à
l'abscisse. Le f ait.que les courbes empiriques se rpprochent d'une cloche
et non d'un triangle serait dû à ce qu'une partie des sujets moyens
ferait un effort pendant»l'examen et que l'autre partie des sujets
moyens se trouverait inhibée ! D.W.
1327. — A. G. CHRISTIAENS. — La Question de l'Intelligence en
psychotechnique. — B. Of. Or. pr., IX, 1929, 34, p. 1-11 et 35, p.
1-13. .
Après avoir montré l'importance pour le psychotechnicien de pouvoir
se faire une idée de l'intelligence générale de ses sujets, les aptitudes
qu'ils peuvent posséder ne signifiant pas grand chose, le plus souvent,
si elles ne sont pas coordonnées et utilisées par un facteur central, C.
se demande quelle est la méthode que l'on doit adopter en psycho
technique pour mesurer l'intelligence. Il ne croit pas beaucoup à l'eff
icacité des échelles. Rendant un hommage justifié à l'effort de Binet,
et reconnaissant que « jusqu'à présent on n'a guère fait mieux », il
estime que ses continuateurs ont eu le tort de vouloir tirer de l'échelle
métrique autre chose que ce qu'elle était capable de fournir ; un
renseignement précis sur l'état de développement actuel du niveau ■%-:' ■
PSYCHOTECHNIQUE. GENERALITES 851
mental de l'enfant. C'est selon lui une grave erreur que d'en vouloir
tirer des valeurs pronostiques sur le niveau final auquel l'enf ant'pourra
stabiliser son développement, celui-ci étant réellement imprévisible
parce que dépendant pour une grande part de l'influence du milieu,
qui peut se modifer brusquement, et sans que rien le puisse faire
prévoir.
Les échelles, qu'il s'agisse d'examens isolés ou d'étalonnages por
tant sur des classes ou des populations scolaires entières peuvent four
nir d'utiles indications au pédagogue, non au psychotechnicien. Et
l'auteur conteste complètement l'idée qui consiste à admettre qu'un
individu supérieur, moyen ou inférieur, dans les examens d'échelles
d'intelligence a un nombre suffisant de chances de rester dans la
même catégorie parmi les gens de sa génération pour que l'on puisse
utiliser ce renseignement, en vue par exemple de son orientation pro
fessionnelle.
L'erreur viendrait en somme de l'idée que l'on se fait de l'intell
igence. Pour C. la définition qu'il en donne en concordance avec
Piéron et Stem, est celle de l'adaptation à des circonstances nouv
elles, de l'aptitude à résoudre des problèmes inconnus. C'est en
partant de cette conception, entièrement justifiée croyons-nous, que
l'auteur recherchera quelles sont les épreuves qui permettent au
psychotechnicien de juger l'intelligence. Parmi les épreuves de
« problèmes » toutes celles qui font intervenir le langage doivent être
écartées. Il y a « le niveau intellectuel » et « les fonctions du langage ».
Ces dernières peuvent présenter une infériorité dans leur développe
ment sans que soit affectée l'intelligence, comme aussi, un individu
très expert à s'exprimer peut ne posséder qu'une faible intelli»
gence. Fonder l'évaluation du résultat d'un test sur le langage est
donc une mauvaise méthode. Parmi les épreuves non verbales de
problèmes à résoudre, son expérience personnelle a conduit l'auteur
à considérer que le test de la « boîte à ouvrir » de Decroly, est Vrai»
ment le plus satisfaisant que nous possédions à l'heure actuelle, non
seulement par le résultat de l'épreuve, mais par les observations
multiples que l'on peut faire au cours de son exécution. Il en donne
une longue description avec quelques indications d'application, et
l'analyse judicieuse des différentes fonctions d'observation, de juge
ment, de raisonnement, d'invention, de critique, qui sont nécessitées
par les diverses opérations qui doivent aboutir à l'ouverture. L'appli
cation de ce test, selon le nombre de difficultés résolues, permettrait
une classification de sujets en quatre degrés : Inintelligents, moyens,
inférieurs, moyens supérieurs, meilleurs.
Je suis entièrement d'aecord avec C. sur la valeur très remarquable
du test qu'il préconise, et que j'ai eu moi-même bien souvent l'occa
sion d'utiliser. Cependant je me permettrai quelques remarques sur
la méthode d'application qu'il utilise. Le test selon lui, doit être fait
a temps limité, et ce temps au bout duquel l'ouverture doit être
obtenue est de cinq minutes. Les « meilleurs » seront ceux qui auront
rempli cette condition. C. en a trouvé 4 % ce qui n'est pas pour me
surprendre, l'épreuve, même chez des adultes intelligents n'étant
pas souvent réussie en un temps aussi court. Il me semble qu'en pro
cédant ainsi C. confond deux choses : l'intelligence elle-même et la ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES Ô52
vivacité de l'intelligence. Je sais bien que ce dernier point de vue doit
• entrer en ligne de compte dans l'utilisation sociale d'un individu, au
moins en certains cas. Mais il me semble qu'il faut simplement ajouter
l'évaluation de cette rapidité des opérations intellectuelles à celle du
niveau auquel elles peuvent parvenir. Or il est fort probable que des
sujets ayant atteint un certain stade dans la résolution du problème,
en cinq minutes, seraient capables en 10 ou en 15 d'en atteindre un
plus élevé en difficulté. Pour certains tests d'intelligence (test de
cubes de Kohs par exemple) on est forcé de faire intervenir le temps
et de lui donner une grande importance, parce que, en un temps suff
isamment longues sujets arriveraient tous à la résolution du problème.
Mais ici ce n'est nullement le cas. J'ai rencontré bien souvent des en
fants, qui en un quart d'heure n'arrivaient pas à dépasser les deux
premières opérations de l'ouverture. On dira qu'en une heure ils au
raient peut-être mieux fait. C'est possible, mais dans les mesures
d'intelligence tout est question de degrés, et il me semble que sans
tomber dans l'excès contraire, on arriverait à des résultats plus
significatifs, serrant de plus près la réalité, en doublant, ou triplant
le temps limite employé par Christiaens, ce qui n'empêcherait pas
bien entendu de considérer comme supérieur dans l'ensemble, à un
enfant mettant 10 minutes pour arriver à l'ouverture, celui auquel
il n'en aura fallu que cinq.
Mais ce n'est là qu'un point particulier. Il n'en reste pas moins
que le travail de C. présente toute la solidité à laquelle nous ont ha
bitués ses précédentes recherches. Je regrette seulement qu'il n'ait
pas cru devoir compléter ses deux très intéressants articles par la
publication de quelques chiffres indiquant les pourcents respectifs
auxquels il est arrivé pour les différentes catégories d'intelligences
qu'il indique. ' M. F.
1328. — FR. BAUMGARTEN. — L'état actuel de l'étude du carac
tère dans les examens de sélection psychotechnique. — R. Se. Tr.,
I, 2, 1929, p. 256-264.
Revue générale, impartiale dans l'exposé, des efforts faits en plu
sieurs directions pour arriver à une connaissance objective du carac
tère, basée sur la mesure, c'est-à-diré éliminant l'appréciation sub
jective de celui qui doit juger le sujet. Les conclusions sont, malheu
reusement avec raison, à peu près entièrement négatives, nous ne
possédons à l'heure actuelle aucune méthode d'examen qui puisse être
considérée comme satisfaisante sur ce point si important. Et cepen
dant il faut bien comprendre que tout étude objective de l'intell
igence et des aptitudes ne sera jamais que très peu approchée,
tant qu'elle ne pourra être complétée par des renseignements sur
la façon dont un sujet mettra probablement en usage ses facultés
ou aptitudes en fonction de son caractère. Un point nous paraît
^rès contestable, dans l'exposé des problèmes que pose l'examen
du caractère, sur lequel au reste Mlle B. ne nous dit pas si elle émet
une opinion personnelle ou si elle expose uniquement un point de
vue général. En ce qui concerne le rapport des qualités du carac
tère et des qualités intellectuelles, l'auteur dit en effet : « On
« admet actuellement que les qualités intellectuelles, et les qualités PSYCHOTECHNIQUE. GENERALITES 853
ê
« de caractère se correspondent à peu près, et qu'un degré élevé
« d'intelligence s'accompagne d'un. caractère d'une morale élevée,
« tandis qu'un niveau intellectuel inférieur irait de pair avec une
« morale inférieure. » Sans vouloir ouvrir ici un débat placé sur le
terrain de la morale, il y a cependant dans l'observation courante
trop de faits qui viennent en contradiction avec cette affirmation
pour la laisser passer sans la relever. La prétendue infériorité mentale
des criminels (et il ne s'agit pas toujours de cas aussi « poussés » dans la
pratique) est loin d'être démontrée, si on élimine de ceux-ci, tous les
individus ayant une hérédité psycho-physiologique lourdement char
gée. Et ce point de vue serait croyons-nous, s'il était généralement
adopté, gros de conséquences dangereuses au point de vue social,
et ceci dans les deux sens, car la supériorité intellectuelle, si on va au
fond des choses est loin de s'accompagner q, priori d'un degré élevé
de moralité. Il faut voir ce que les facultés intellectuelles supérieures
ou inférieures, ont fait de l'individu au point de vue social, et ne pas
oublier que le milieu est aussi souvent responsable de la recti
tude de la conduite d'un individu que des écarts d'un autre. C'est
là peut-être une conséquence indirecte du degré d'intellectualité
d'un homme, mais qui ne démontre rien "sur la corrélation réelle
entre intelligence et moralité. M. F.
1329- — PIERRE ABRAHAM. — Figures. — In-16 de 236 pages et
35 planches. Paris, Gallimard, 1929 : Prix : 18 francs.
« De l'individuel point de science, hors l'individuel point de vrai »,
lit-on en exergue de ce livre si profondément original, où l'auteur
cherche à donner une image exacte de son travail d'interprétation de
la physionomie, dans lequel sa maîtrise émerveille. Prenant, nous
dit-il, et l'on sait, connsaissant l'auteur, qu'on peut pleinement le
croire — , des figures anonymes pour lui car, « l'anonymat permet de
traiter la figure au présent, pour ainsi dire, comme un être de chair
et d'os dont l'existence n'est pas encore figée dans les pages d'un
dictionnaire, et dont l'avenir est devant lui aussi précaire,
aussi chargé d'inconnu qu'il Pest devant chacun de nous », il a réussi
à tirer de toutes les particularités des visages des indications assez
précises pour aboutir parfois jusqu'à la désignation individuelle d'un
homme célèbre (comme Lamarck, Necker, Claude Bernard). Certes,
on peut se demander, quand le succès est si complet, dans quelle
mesure a pu agir la mémoire, sinon claire car l'auteur s'est arrêté
toutes les fois qu'il a « reconnu », du moins obscure et guidant su
brepticement les déductions. Mais, dans l'ensemble, la réussite est
bien faite pour donner confiance dans la possibilité d'une interpréta
tion de la physionomie qui ne reste plus intuitive, mais qui se fonde
sur quelques règles générales, dont certaines se dégagent déjà des
analyses d'A.
Grâce au jeu de caches, ne laissant apparaître qu'une partie de la
figure examinée, et en particulier dissociant la moitié droite de la
moitié gauche de la figure (si dissemblable par exemple chez Freud),
on parvient à dissocier un peu le syncrétisme initial, qui donne
l'impression d'une signification dans un visage, sans qu'on puisse
déterminer les éléments essentiels sur lesquels cette impression se
fonde. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Mais l'auteur n'a pas voulu fournir les règles analytiques qui per-
méttf aient de substituer aux intuitions globales un diagnostic diffé
rencié. •
Après avoir affirmé qu'un tableau de signes, avec correspondance
mentale, pourrait être dégagé et aurait une valeur pratique, A. n'a
pas Voulu le fournir, déclarant qu'il ne devait pas le faire, pour les
raisons suivantes : « De quelque façon qu'il soit établi, le tableau
de signes figerait l'interprétation sous l'aspect de deux colonnes, la
première où seraient décrits les signes physiques isolés, la seconde où
seraient notées les correspondances mentales. Or le signe isolé n'a
aucune signification valable. En aurait-il que la seconde colonne ne
pourrait, dans l'état actuel du vocabulaire, comporter aucune te
rminologie satisfaisante pour rendre compte des phénomènes ins
crits dans la première ». '
La terminologie psychologique est loin de s'appliquer de façon adé
quate aux données concrètes, évidemment, et l'expression « asso
ciation d'idées » paraît assez justement, à l'auteur, représenter
« une vérité moins directement appliquable à l'individu que là largeur
et la forme de son front ». .
Et, si l'on voit dans le signe particulier « un affleurement de la
personnalité globale... il serait biologiquement absurde d'y chercher
la matérialisation d'un fragment déterminé de cette personnalité ».
« Pour trouver le degré dé parenté entre cousins, ajoute-t-il, la loi
nous apprend qu'il faut remonter les échelons d'une échelle double
idéale à la rencontre d*un ancêtre commun, puis les redescendre de
l'autre côté jusqu'à heurter le cousin en question. Il en est un peu
ainsi dans nos recherches. Chez un même sujet lei manifestations
physiques et les manifestations psychiques sont des cousines. Pouf
compter leur degré de parenté, il faut remonter en imagination jusqu'à
l'ancêtre inconnu qui leur a donné naissance à toutes deux ».
Et A. cite un cas où il semble bien qu'on retrouve l'origine com
mune expliquant la corrélation : II a attribué à un écàrtement notable
des yeux une signification définie, d'aise et d'optimisme ; et on a
remarqué que ce caractère se rencontrait chez les « hypophysâires »,
en sorte qu'une certaine prédominance endocrine commanderait le?
deux traits associés.
Mais dans quelle mesure le déterminisme est-il certain, quelle est la
fréquence véritable des associations ? 11 y a là un chapitre de la
science qui mériterait de s'ouvrir, qui donnerait, avec des indices de
corrélation, une évaluation numérique de nos chances prédictives.
L'ouvrage de P. A. est une introduction artistique, bien agréable
à lire, et révélatrice de beaucoup d'intelligence et d'un remarquable-
talent, un « jeu » nous dit-il, dont il restera peut-être un « résidu
utilisable ». Mais on voudrait bien que l'introduction précède et
annonce réellement l'œuvre de science. H. P.
1330. — J. P. OUILFORD. — An experiment in learning to read
facial expression {Pour apprécier les physionomies). — J. of Abn.
Ps., XXIV, 2, 1929, p. 191-202.
Suite aux travaux d'Allport. Peut-on s'entraîner à l'appréciation
des expressions sur le visage humain. L'expérience a été faite stir" PSYCHOTECHNIQUE. GENERALITES
15 étudiants, les tests ont été empruntés à Rudolf. Il y aurait une
amélioration de jugement avec la pratique. Mais la technique même
du test et sa portée sont trop discutables pour attacher grande im
portance à ces résultats. M. L.
1331. — E. MORIWAKI. — Note on the Comparative Validities ol
Judgements of Intelligence Based on Photographs and on Interviews
{Note sur la validité relative des appréciations de V intelligence d'après
les photographies et d'après l'entretien). — J. of appl. Ps., XIII,
6, 1929, p. 630-631.
Quinze étudiants d'une école normale à Honolulu ont été classés
par degré présumé d'intelligence par quatre membres de l'enseign
ement : a) d'après les photographies ; b) et, deux semaines plus tard,
d'après un entretien en tête-à-tête, de quelques minutes.
Résultats : le classement d'après les photographies donne, en
moyenne, les corrélations suivantes (p) :
Avec le classement par l'entretien 0,49 le» tests d'intelligence de Thorndike 0,28
Avec le rendement scolaire 0,45
Le classement d'après l'entretien :
Avec les tests de Thorndike 0,56 le rendement scolaire. 0,44
Et l'intercorrélation moyenne des juges est de 0,48 pour le classe*
ment par photographies et 0,59 pour les entretiens. D» W.
1332. — C. W. VALENTINE. — The relative reliability of men and
women in intuitive judgments of character {La cohérence relative des
jugements intuitifs portés par les hommes et les femmes sur le carac-
tère).—Br.J.O(Ps., XIX, 3, 1929, p. 213-238.
C'est une croyance fort répandue que les femmes jugent mieux
d'instinct le caractère des gens. Cette prétendue supériorité est-elle
réelle ?
V. a demandé à un groupe d'étudiants et d'étudiantes de l'Universcertain'
ité de Birmingham de juger un nombre d'enfants au point de
vue des qualités morales (conscience, amabilité, persévérance, droi
ture etc.) et de l'intelligence générale. On demande d'autre part à
trois maîtres connaissant bien les enfants de les noter. La moyenne
de ces jugements sert de contrôle.
Dans aucune des quatre expériences, les femmes n'apparaissent
comme supérieures, soit qu'il s'agisse de jugements, absolus (dire si
l'enfant est bon ou mauvais), soit qu'il s'agisse de comparaison à
faire entre deux enfants. Les mêmes résultats se retrouvent quand
on demande de juger des élèves plus âgés et que le temps d'examen
est réduit à quatre minutes. (Il s'agit alors de donner sa première
impression).
Les entretiens très courts ne donnent pas de résultats satisfaisants
au point de vue de l'appréciation du caractère. En général, les petites
filles sont jugées d'une façon plus exacte que les petits garçons, tant
■ par les hommes que par les femmes.Le fait que les femmes ne jugent
pas mieux les petites filles que les hommes et d'autre part, le fait que 856 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les hommes jugent mieux les petites filles que les garçons semblent
montrer que le facteur principal du jugement n'est pas l'expérience
personnelle.
Les jugements indiqués par les étudiants comme étant particu
lièrement dignes de confiance sont toujours plus fautifs* que les
autres.
Quelques expériences ont été faites sur photographies, elles ne
permettent guère d'apprécier la sûreté de jugement des individus,
mais elles montrent combien les jugements portés de cette façon
peuvent être contradictoires. Les femmes dans ce cas, arrivent à se
décider plus rapidement que les hommes et à donner plus vite leur
avis.
Comment en présence de ces faits s'expliquer la croyance com
mune sur la supériorité des femmes en matière de jugement intuitif ?
V. suggère qu'en général, les femmes, dans la vie journalière, prêtent
plus d'attention aux qualités de caractère des personnes qu'elles fr
équentent. G. P.
1333. — N. KNEELAND. — That Lenient Tendency in Rating (Uin-
dulgence dans l'évaluation subjective). — Pers. J., VII, 5, 1929, p.
356-366.
L'auteur discute les résultats obtenus par l'appréciation subjec
tive des employés des magasins, faites tantôt par les acheteurs
habituels ou par- des chefs de magasin, par des sujets absolu
ment étrangers à l'établissement après une visite de ce dernier. Les
jugements ont été portés sur des fiches spéciales, établies de façon à
permettre ensuite de comparer les évaluations.
D'après les résultats ainsi obtenus, la majorité des employés était
appréciée comme étant au-dessus de la moyenne. Le jugement sub
jectif serait donc, d'après l'auteur, trop indulgent, il ne permetterait
aucun classement des employés et ne pourrait servir à mesurer les
aptitudes des sujets. B. N.
1334. _ j. m. STALNAKER et H. H. REHMERS. — Can Students
Discriminate Traits Associated with Success in Teaching (Les étu
diants peuvent-ils discriminer les traits dont dépend le succès de
l'enseignement du professeur ?). — J. of apj^. Ps., XII, 6, 1928,
p. 602-610.
Une fiche a été mise au point à l'Université de Purdue pour faire
apprécier les « instructeurs » par leurs étudiants, du point de vue de
dix traits psychologiques. Des comparaisons statistiques sont rap
portées dont il résulte qu'il y a une assez grande unanimité dans l'a
ppréciation de l'importance pratique relative des dix traits énumé-
rés ; la présentation de la matière, la stimulation de la curiosité scien
tifique et l'intérêt pour l'objet de l'enseignement sont considérés
comme les plus importants pour ; l'apparence per
sonnelle et le sens de la mesure et de l'humour viennent à la fin.
Il n'y aurait pas d'effet de « halo », l'intercorrélation moyenne entre
les traits étant de 0,366, mais il s'agit d'un seul instructeur jugé par
94 étudiants. D. W.