Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories - compte-rendu ; n°1 ; vol.26, pg 169-204

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L'année psychologique - Année 1925 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 169-204
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1925
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I. Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories
In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 169-204.
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I. Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire. Théories. In: L'année psychologique. 1925 vol. 26. pp. 169-204.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1925_num_26_1_6245ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
I. — Généralités. Traités. Méthodologie et Histoire.
Théories.
K. HEULER. — Moderne und descriptive Psychologie (Psychologie
moderne et psychologie descriptive). — A. f. ges. Ps., LUI, 4,
1925, p. 341-382.
La psychologie descriptive de nos jours n'est en réalité qu'une
nouvelle édition de l'ancienne psychologie empiriste dont la méthode
se réduit à l'introspection et au raisonnement. Or, puisque cette
introspection a lieu dans des conditions mal définies et qui ne peuvent
être variées au gré de l'observateur, elle appartient à la philosophie
et non pas à la science. Cette thèse générale est étudiée à l'aide d'un
exemple concret — l'ouvrage de H. Maier sur la psychologie de la
pensée émotionnelle que l'auteur soumet à une critique sévère.
Seule, la psychologie expérimentale est une science positive, parce
que la méthode expérimentale est irrécusable.
Cette science a d'ailleurs pour but, aussi bien que la psychologie
descriptive, l'étude des phénomènes de conscience.
Mais où donc l'auteur classera-t-il le behaviorisme, la
du comportement ?
Croit-il qu'elle ne vaut même pas d'être mentionnée ?
En somme, tout cela est un peu absolu et un peu incomplet, dans
un sens comme dans l'autre. D. W.
C.-S. MYERS. — Some present tendencies of psychology (Quelques
tendances actuelles de la Psychologie). — ■ Am. J. of Ps., XXXVI,
1, 1925, p. 53-65.
C'est une tâche délicate que celle de dégager les tendances actuelles
de la Psychologie et de chercher à entrevoir son avenir immédiat.
Sans doute est-ce une occasion pour les tendances personnelles du
psychologue de s'affirmer dans ce qu'il croit être une description
objective du mouvement des idées.
Myers constate d'abord le déclin des théories associationnistes,
de l'atomisme mental qui prétend construire les phénomènes de
l'esprit à partir de leurs éléments. C'est une illusion analogue qui a
fait confondre certaines dissociations pathologiques avec des stades
primitifs d'évolution. Il montre ensuite que de plus en plus on se 170 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
rend compte des insuffisances de l'introspection : le psychique est
plus étendu que le conscient. Mais la méthode purement objective
est un excès d'un autre genre, et la tendance behavioriste est con
damnée par l'impossibilité où elle se trouve de se passer du langage
subjectif. Ni le parallélisme fsycho -physique ni l'interaction ne sont
des vues satisfaisantes : Myers croit à l'avenir d'une théorie de l'iden
tité. Une énergie psycho neurale (psychique a un sens plus étendu que
conscient) pourrait être considérée comme la plus haute de ces
formes d'énergie que les êtres vivants semblent construire aux dépens
des formes inférieures. Car si le déterminisme existe partout, il n'est
pas toujours aveugle : la finalité s'y superpose de plus en plus nett
ement à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres. — La théorie
généralisée du réflexe est trop simple : il faut distinguer des actes
momentanés qui répondent à de simples stimuli, et des attitudes
durables complexes, harmonieuses. — La théorie des localisations
cérébrales sera de plus en plus abandonnée ; elle a pour principe
l'illusion qui consiste à localiser dans la partie lésée la fonction d'en
semble que cette lésion vient paralyser, comme si on localisait le
trafic d'une voie ferrée au point où se produit l'accident qui est venu
l'interrompre sur toute la ligne. L'article se termine par l'expression
de quelques inquiétudes sur les effets de la spécialisation des psycho
logues dans les différents problèmes, et par un acte de foi dans l'avenir
de la Psychologie appliquée. P. G.
A.-H. MARTIN. — The Present Status of Psychology (L'Etat actuel
de la Psychologie). — Austr. J. of Psych., mars 1925.
Dans cet article l'auteur, Lecturer à l'Université de Sydney,
expose les récents développements de la Psychologie en Australie.
En général, l'intérêt du public ppur la a considérabl
ement augmenté dans l'Empire britannique durant ces dernières
années. Pour un nombre total de 154 classes dans les Universités de
l'Empire britannique en 1914, et de 363 classes en 1923, le nombre
des classes de Psychologie et de Philosophie s'élevait respectivement
à 9 en 1914 et à 62 en 1923, c'est-à-dire que le pourcentage s'était
élevé de 6 à 17 °/o en moyenne. Au Canada, ce atteint
même 20 °/o. — Aux Etats-Unis, le tableau suivant, dressé en 1919,
indique sur une proportion de 100 établissements les branches de la
Psychologie qui sont enseignées le plus fréquemment :
Nombre .
d'établissement»
Psychologie générale ........ 96
sociale... 57
expérimentale 57
physiologique 16
pédagogique , 51
animale ,. . 25
commerciale 9
génétique 7
pathologique 16
reKgiease 9
appliquée ... 11 GÉNÉRALITÉS. TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOIRE. THEORIES 171
Toujours aux Etats-Unis, les laboratoires de Psychologie se sont
accrus remarquablement :
De 1880 à 1890, on en compte 3
De 1890 à 1900, » 17
De 1900 à 1910, » , 20
De 1910 à 1919, * .......... 22
En Australie la situation de la Psychologie est loin d'être aussi
brillante. En Nouvelle-Zélande le seul établissement où l'enseignVictoria"
ement de la Psychologie soit organisé est University
la cours à Sydney comprend (expérience Wellington, mémoire, prépare excepté, des sur l'attention, à où travaux les la la 60 Psychologie sensations, étudiants pratiques. etc.). les sur ou En ne perceptions, Dans à 120 Tasmanie la forme Philosophie suivent toutes pas la les une première autres temps travaux ; matière la seconde de Universités, pratiques année réaction, indépendCollege, année de
ante, mais on l'enseigne comme une branche de la Philosophie.
C'est à Sydney que l'enseignement de la Psychologie est le plus
développé : il s'étend sur une période de 3 ans. La lre année, qui sert
aussi d'introduction à l'étude de la Philosophie, comprend 60 confé
rences de Psychologie et 30 de Logique, et des travaux pratiques de
Psychologie (d'abord sur les effets de la fatigue, l'apprentissage
moteur, la méthode des essais et des erreurs, les tests d'association ;
ensuite sur les sensations ; enfin stir la mémoire et l'attention). Là
2e année comprend l'étude de la Psychologie sociale et de la Psychol
ogie pathologique (60 heures) et celle des différences individuelïe&
au moyen des tests de Kohs et deBinet-Stanford (également 60 heures
dont la moitié consacrée aux expériences de tests). La 8e année est
à l'usage des étudiants qui veulent se spécialiser en psychologie. Elle
est réservée plus particulièrement aux expériences de laboratoire et
aux mesures quantitatives. C. N.-P.
R. SIMM AT. — Behavior in the light of modem biological re
search {Le comportement et les recherches biologiques modernes). —
Aust. J. of Psych, juin 1925, N° 2.
Dans cet article, qui n'a aucun rapport avec ce que le titre nous
promet, l'auteur expose d'une façon très élémentaire les résultats
les plus connus de la physiologie humaine : l'existence de deux sortes
de nerfs et de deux sortes de muscles, le mécanisme du réflexe, du
réflexe conditionné, des actes instinctif s « qui sont coordonnés dans le
cervelet », etc. ; et il expose comme des vérités définitivement acquises
les théories de l'autre siècle les plus controversées aujourd'hui — ou
même abandonnées — sur la nature de l'instinct, les « merveilles de
l'instinct », l'éducation et les acquisitions phylogénétiques, la mé
moire (il dit par exemple que la plasticité des fibres du cortex est
une condition favorable pour une bonne mémoire) ,1a personnalité,
— et termine par des adjurations morales et une pathétique évocat
ion de la course antique du flambeau, qui n'ont évidemment qu'un
rapport lointain avec le sujet qu'il nous avait promis- C. N.-P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 172
A. FISCHER. — Die Lage der Psychologie in der Gegenwart und ihre
Folgen für die psychologische Jugendforschung (L'état de la psychol
ogie moderne et les conséquences qu'elle comporte pour l'étude psy
chologique de la jeunesse). — Z. für päd. Ps., XXVI, 8-9, 1925,
p. 385-402.
L'auteur distingue dans l'évolution de la psychologie, depuis le
moment où cette science s'est détachée de la philosophie, trois
phases distinctes. La première, la phase classique, est dominée par le
système de Herbart ; la deuxième a eu son origine dans la connais«
sanoe intuitive de l'âme humaine et une caractérologie, qui a cherché à
devenir scientifique en faisant appel à la crâniométrie, la physio-
gnomonie, la graphologie, etc.
La troisième phase se caractériserait par ur.e direction biologique :
non contente de décrire et de classer les phénomènes de conscience,
cette psychologie les envisage comme des symptômes d'une réalité
profonde dont il faut pénétrer le sens et le but. Freud, Adler, Krüger
et Jaensch sont les représentants de ces nouvelles tendances. De ces
différentes sources est issue la psychologie de l'enfance et de la jeu
nesse dans laquelle l'auteur distingue plusieurs formes différentes :
psychologie descriptive, génétique, différentielle et comparée, ainsi
que l'étude littéraire de l'enfance. D. W.
G. MARTIUS. — Die zentrale Stellung der Psychologie in der Philo
sophie (La position centrale de la psychologie dans la philosophie).
A. f. ges. Ps., lil, 1-2, 1925, p. 219-251.
> . La philosophie, considérée par Martius, est une philosophie mo-
niste : « La représentation de l'arbre est bien l'arbre réel du monde
objectif qui nous est donné. « Nulle discipline philosophique ne saurait
se passer de la psychologie : toutes doivent se baser sur des faits, et
ces faits sont relatifs à l'homme « objet entre d'autres objets et en
même temps sujet de tout ce qui est psychique ».
L'échec de la psychologie atomiste a fait que la philosophie s'est
désintéressée de la et cela a été plus néfaste que le
fameux « psyehologisme ». L'assainissement de la n'est
possible que dans la voie d'une utilisation judicieuse des résultats de
la recherche psychologique. D. W,
K. KOFFKA. — Psychologie (Extrait de : Die Philosophie in ihren
Einzel gebieten), p. 495-603.
K. Koffka a écrit pour le recueil publié par M. Dessoir sous le
titre : « La philosophie dans ses branches spéciales », une centaine de
pages sur la Psychologie. Ce lui est une occasion d'opposer à V « an
cienne » Psychologie, qui s'inspire plus ou moins des doctrines asso-
ciationnistes, la « nouvelle » Psychologie, c'est-à-dire la théorie de la
Forme.
Les définitions du fait psychologique comme fait de conscience
et comme fait de comportement correspondent à deux méthodes, qui
se complètent l'une l'autre. On a opposé aussi Verklärende et la
verstehende Psychologie : la seconde n'est qu'une réaction contre
l'étroitesse des explications associationnistes qui ont prévalu jusqu'ici
dans la première et qui ont donné l'impression fausse que la psycho- TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOJHE. THÉORIES 173 GÉNÉ1ULITÉS.
logie expérimentale s'éloignait de la vie réelle et ne pouvait expliquer
la finalité de la pensée et de la conduite.
Le deuxième chapitre analyse les principes de la psychologie tradi
tionnelle. Elle consiste en une décomposition artificielle du fait sub
jectif en éléments ; elle a pour base le postulat de la constance qui
fait correspondre à chaque excitation un fait mental invariable : la
sensation. L'état de conscience serait une somme de ces sensations
ou de leurs reproductions mnémoniques, le lieu des éléments résultant
de la contiguïté accidentelle qui fonde les associations. L'attention
isolerait dans le tout les éléments sans les altérer. Les états affectifs,
la volonté entrent dans cette construction sans en modifier essen
tiellement la nature. — Toutes les théories qui ont essayé de se
rapprocher des faits réels, n'ont réussi jusqu'ici qu'à la compliquer
d'hypothèses accessoires simplement superposées aux principes
associationnistes, depuis la théorie de Vaperception de Wundt; en
passant par la psychologie fonctionnelle, de Stumpf, la doctrine de la
production dans l'école de Graz, celle de la constellation dans l'éco.e
de Wurzbourg. jusqu'à la thèse récente de Lindworsky sur le dua
lisme des faits physiologiquement et logiquement conditionnés.
Ce qu'il faut, c'est rejeter radicalement les principes eux-mêmes,
comme le fait la théorie de la Forme. 11 faut abandonner la sensation
et le postulat de la constance et y substituer la notion de Forme qui
est l'expression directe du donné. La Forme dépend à la fois des condi
tions objectives (Reiz) et subjectives (Einstellung). Les « illusions »
sont des perceptions réelles, et non des sensations authentiques qui
seraient, on ne sait comment, falsifiées par des erreurs de jugement.
— Mais la notion de forme n'est pas seulement un concept descriptif :
elle est encore un concept fonctionnel que le psychologue construit
pour expliquer les caractères des réactions et jugements du sujet
sous l'influence de la situation objective, et Koffka montre d'une
façon intéressante que la valeur finale d'un concept psychologique se
démontre moins par un recours direct au témoignage si contestable do
la conscience que par la fécondité de ses applications fonctionnelles.
La Forme n'est pas l'effet arbitraire d'un principe intérieur sur une
matière indifférente ; si dans les figures équivoques, labiles, les
facteurs subjectifs ont une importance décisive, dans l'immense maj
orité des cas la structure de la perception lui est imposée par l'objet.
Comment on peut étudier ces structures, leurs transformations,
quels problèmes elles offrent à l'investigation expérimentale, ces
questions sont l'objet de pages précises et suggestives, comme aussi
celles qui consacrées à la nouvelle conception du rôle de la
mémoire et de l'attention dans la perception, et aux hypothèses de
physiologie nerveuse propres à la théorie de la Forme.
Soucieux de montrer aux philosophes à qui il s'adresse, que sa
théorie ne renouvelle pas seulement le problème de la perception,
Koftka esquisse une psychologie de la mémoire et de la pensée.
Apprendre ne consiste pas à lier aveuglément par la répétition, mais
à faire apparaître dans le donné une structure nouvelle : c'est à ces
transformations soudaines que correspondent les ascensions brusques
de la courbe d'apprentissage. Les expériences de Lewin ont montré
que les liaisons des syllabes apprises par cœur ne reparaissent dans 174 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les expériences où l'on exécute sur elles une certaine opération ment
ale (rimer, retourner) que si la conscience même de l'opération
devient confuse. Réciter est une opération comme rimer ou retourner :
il n'y a de tendance à la reproduction que par la mise en train de
cette opération particulière. Les formes de la pensée abstraite (qui
apparaissent par exemple dans les expériences de l'école de Wurz-
bourg) ont leur fondement dans les formes sensibles et concrètes
comme le montre soit l'étude des schémas, soit celle de la pensée
primitive (par ex. : dans les travaux de M. Lévy-Bruhl). Une ingé
nieuse comparaison rapproche la question, le problème (Aufgabe) de
ces figures ouvertes, incomplètes qui vues au tachistoscope tendent
à se fermer, en vertu de nécessités inhérentes à la forme elle-même.
Une représentation tend à se compléter dans le sens où elle peut
devenir une partie d'une forme : la forme qui se réalise dépend de
l'aspect sous lequel l'objet se présente et cet aspect lui-même vient
du genre d'activité dans lequel il est impliqué. La création intellec
tuelle consiste dans un changement d'aspect des choses (la branche
d'arbre apparaît comme un bâton, une expression numérique apparaît
comme constituée d'une autre manière, un terme d'un syllogisme
change de physionomie en passant des prémisses à la conclusion).
Le dernier chapitre traite, dans le même esprit, des formes d'acti
vité. Un réflexe comme l'orientation du regard ou de la tête dans la
direction de l'excitation visuelle ou auditive ne s'explique pas par
un nombre énorme de circuits anatomiques préformés distincts, mais
par une rupture d'équilibre dans l'ensemble du secteur nerveux in
téressé, tendant à la restauration de l'équilibre en vertu de lois
physiques générales. L'instinct, la volonté sont aussi des processus
dynamiques unitaires de rupture et de restauration de l'équilibre.
Ainsi serait surmontée l'antinomie du mécanisme et du finalisme, et
la psychologie pourrait, sans renoncer à la méthode scientifique,
cesser d'être une construction artificielle.
Quoi qu'il en soit, ces pages, où les idées générales sont appuyées
d'exemples précis, mais débarrassés de tout détail technique aride,
constituent pour les psychologues et pour les philosophes, la meilleure
introduction à l'étude de la théorie de la Forme. P. G.
HENRI PIÉRON. — Eléments de Psychologie expérimentale (Ex
trait du Manuel de Baccalauréat). — In-18 de 108 p. et 49 figures.
Paris, Vuibert 1925. Prix : 5 francs. — E. CRAMAUSSEL. —
Psychologie expérimentale (Collection des Notions de Philosophie).
— ln-16 de 114 pages avec 6 figures. Paris, Alcan, 1925. Prix :
6 francs.
Voici deux petits manuels répondant, l'un et l'autre, au programme
de la matière à option « psychologie expérimentale « du baccalauréat
de philosophie.
Dans le premier, on trouve, sous la rubrique « Psychologie expéri
mentale », une introduction historique, et des chapitres successifs sur
les processus de réception (lois des sensations et phénomènes percept
ifs), sur les processus de réaction, sur l'attention et l'effort mental,
sur les répercussions physiologiques des processus mentaux et les
phénomènes affectifs, sur les processus de mémoire et d'association GÉNÉRALITÉS^ TRAITES. METHODOLOGIE ET HISTOIRE. THÉORIES 175
et sur la pensée ; une deuxième section est consacrée à la psycho-
métrie (introduction historique sur les tests, données générales sur
l'établissement et la vérification des tests, sur leur utilisation et les
méthodes psychographiques, et renseignements sur les principaux
tests pour l'évaluation des fonctions mentales, des niveaux de déve
loppement, des aptitudes et de l'intelligence) ; enfin la dernière
section expose les principales applications de la psychologie (dans
le domaine de l'éducation, de l'organisation commerciale et indust
rielle, de l'hygiène et de la thérapeutique, de l'organisation judiciaire
et militaire).
Dans le livre de Cramaussel, une introduction est consacrée à l'hi
storique générale et à la méthodologie. Puis vient un exposé de
psychologie générale sur le « plan sensible » (sensations, images,
fonction, réflexes) et sur le « plan intellectuel » (idées, sentiments,
volonté), avec un chapitre consacré aux « réglages » (habitude, asso
ciation, mémoire, exercice, attention, fatigue). Ensuite, dans un
exposé de psychologie spéciale, sont envisagés la libido, le sommeil,
ranimai, l'enfant, et, dans un exposé de psychologie individuelle,
les corrélations, les types, les tests. Une dernière partie envisage les
applications à la pédagogie, à Part, à la science et à l'action.
Les deux manuels sont certainement très différents d'esprit et de
réalisation, et ils ne se doublent pas.
Si succincts qu'ils soient, et dans la mesure où ils donneront le goût
■d'une étude plus approfondie, l'un et l'autre pourront contribuer
utilement à la diffusion de la science psychologique. H. P.
A. P. WEISS. — Purposive Striving as a fundamental category o!
psychology {La finalité envisagée comme une catégorie fondamentale
de la psychologie). — Ps. Rev., XXXII, 2, 1925, p. 171-177.
Critique de la conception finaliste de Me Dougall. L'idée d'un
effort dirigé vers un but n'a pas sa place dans la science, parce qu'une
pareille idée n'est pas susceptible de conduire à une analyse quant
itative. G. "p.
H. -CL WARREN. — Mechanism and teleology in psychology (Méca
nisme et téléologie en psychologie). — Ps. Rev., XXXII, 4, 1925,
p. 266-284.
Jusqu'à présent, l'hypothèse mécaniste paraît la plus vraisemb
lable. La prévision, la perception, l'habitude, le choix conscient
peuvent être expliqués en langage physiologique sans difficulté. W.
pense que le problème pourrait être tranché par l' expérimentation.
Le problème crucial lui paraît être celui de l'intuition bergsonienne.
Est-ce que notre conviction qu'il est préférable de choisir une cer
taine alternative modifie l'ensemble de la situation et change le cours
de l'activité nerveuse ? C/est là que nous pourrions saisir à l'œuvre la
« conscience dirigeante ». Mais la charge de la preuve incombe à la
théorie téléologique et W. ne nous dit pas par quel procédé on pourr
ait résoudre ou même seulement aborder ce prétendu problème ex
périmental. G. P. 176 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
C.-M. DISERENS. — Psychological objectivism {Objectivism* psy
chologique). — Ps. Rev., XXXIÏ, 2, 1925, p. 121-152.
Etude historique sur les antécédents du behaviorisme, que D. rat
tache avec raison à la psycho -physiologie de Descartes et au mouve
ment matérialiste qui en est sorti, à l'idéologie de Cabanis et au po
sitivisme d'Auguste Comte. C'est une nouvelle synthèse répondant
aux mêmes besoins dont ces systèmes sont sortis, mais profitant de
l'accumulation des faits expérimentaux acquis depuis lors. Pour D.,
il semble improbable que ce soit là une position définitive, la psy
chologie oscillant perpétuellement entre le dualisme et le monisme,
entre la définition par la conscience et la définition par l'action.
G. P.
HAROLD C. BINGHAM. — The comparative aspect of Me Dougall's
outline of Psychology [La Psychologie comparée dans V « Outline of
Psychology « de Mac Dougall). — J. of comp. Ps., V, 1, 1925,
p. 25-30.
Critique du récent ouvrage de Mac Dougall, dont on connaît la
vive polémique contre les tendances behavioristes. Il faut distinguer
dans le behaviorisme deux choses : une méthode d'expérimentation
de grande valeur, et un système d'interprétation général sur lequel
beaucoup de psychologues, adeptes de la méthode, auraient à faire
des réserves. L'auteur relève dans l'ouvrage de Mac Dougall, des
préventions injustes contre le behaviorisme comme méthode et
contre les explications mécanistes, des interprétations tendancieuses
reposant sur une documentation incomplète peu au courant des
travaux récents. P. G.
ERICH R. JAENSCH. — Ueber eine Lücke im gegenwärtigen Wis
senschaftsbetrieb und das Verhältnis von Psychologie und Medizin
[A propos d'une lacune dans le mouvement scientifique contemporain
et des rapports entre la psychologie et la médecine). — Ps. und Med.,
I, 1925, p. 36-38.
Il existe, dans l'enseignement des Facultés et dans l'investigation
scientifique elle-même, une lacune : on n'étudie pas l'homme pris
dans son ensemble, l'homme être psycho-physique. Il faudrait déve
lopper une science de l'homme, une discipline « humanistique »
dans le sens littéral du terme, anthropologie philosophique.
Seule une telle science pourra combler l'abîme qui persiste entre les
sciences de l'esprit et les sciences de la nature. I. M.
W. PETERS. — Die Psychologische Anstalt der Universität Iena
(Erster Bericht, 1923-1926) [V Institut de Psychologie de V Univers '
ité £ Una Ier Rapport, 1923-1925). — Jen. B., 1, 1925, p. 51-60.
Les travaux ont porté sur l'hérédité et la constitution, (Peters),
le caractère et la personnalité (H. v. Bracken), la psychologiegéné-
tique et la psychologie de l'enfant (Peters, MUe Argelander Meister)-
la psychophysiologie (Mlle Argelander, Friedmann), la psychologie,
appliquée (MUe Argelander, Lämmermann). Le tendance générale
de la maison est de ne point trop s'attacher aux complexités des
appareils, de « ne pas oublier que derrière des instruments il y a TUAITÉS. METHODOLOGIE ET HISTO1HE. THÉORIES 177 «É.NÉKALITÉS.
l'homme ». Les méthodes autres que la méthode instrumentale
doivent garder leur place, qui est très grande. I. M.
E.-B. TITCHENER, — Experimental Psychology : a retrospect
(La Psychologie expérimentale : coup d'oeil rétrospectif). — Am. J.
of Ps., XXXVI, 3, 1925, p. 313-323.
A l'occasion du XXIIe Congrès de Psychologie expérimentale,
le 9 avril 1925, Titchener jette un coup d'œil rétrospectif sur les
débuts de la Psychologie expérimentale. Elle est née, sous l'impulsion
de Wundt et sous l'égide de la Physique et de la Physiologie expéri
mentales. Elle a subi dans son enfance trois influences défavorables :
la première est celle de la Psychologie de Herbart, alors dans toute
sa vogue ; la seconde est celle de la Psychologie empirique dont
l'inspiration remonte à Aristote et à Saint Thomas, et que Brentano
représentait avec éclat ; Wundt et Brentano se croyaient plus près
l'un de l'autre qu'ils ne l'étaient réellement, et le premier emprunte
au second un certain nombre de conceptions qui le font dévier de
la direction purement expérimentale ; enfin la troisième influence
est celle des purs philosophes, en principe hostiles à la nouvelle façon
de considérer l'esprit. — Titchener termine en se demandant quel est
aujourd'hui « l'âge mental « de la Psychologie. Elle est passée de la
première enfance à la jeunesse, puisqu'elle est aujourd'hui indépen
dante de sa mère nourricière, la physiologie ; elle peut regarder avec
confiance l'avenir. P. G.
R. DE SINBTY. — Le problème psychophysique. Archives de Phi
losophie, III, 1, 1925, p. 1-41.
L'auteur défend avec succès, contre les critiques de Tannery et
de Bergson, la légitimité d'une loi psychophysique du type fechné-
rien.
Il est un fait incontestable, c'est que, pour juger de variations de
températures ou de différences de poids, nous nous fondons sur l'i
ntensité des sensations thermiques ou musculaires. Il est vrai qu'une
sensation plus intense n'est pas la somme de plusieurs sensations
moins intenses, mais « une grande variation est là somme de plusieurs
varâtions moins considérables ».
Nous pouvons affirmer qu'entre trois sensations d'intensité diffé
rente, Su S,, et S,, il y a des variations égales.
Dès lors, il est légitime si l'on constate que, pour obtenir une série
de variations égales de sensation numérotées 1, 2, 3, 4, il faut des
accroissements d'intensité du stimulus de 1 à 10, de 10 à 100, de 100
à 1000, de 1000 à 10.000, etc., et en appelant D les variations et E
les grandeurs du stimulus, de poser la loi logarithmique : D = K
log E. H. P.
MAURICE DIDE. — Introduction à l'étude de la Psychogénèse. —
In-8° de 221 pages. Paris, Masson, 1926.
Voici, avec le sous-titre d' « essais de biopsychologie évolutive »,
une théorie philosophique générale dégagée par l'auteur, qui est un
aliéniste bien connu, des données positives de la science, depuis les
l'année psychologique, xxvi. 12