L'économie mondiale et l'expertise de W. Léontief - article ; n°4 ; vol.33, pg 885-935

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Population - Année 1978 - Volume 33 - Numéro 4 - Pages 885-935
Bourcier de Carbon Philippe. — L'économie mondiale et l'expertise de Léontief Les Nations Unies ont demandé au professeur Léontief d'étudier des cheminements de l'économie mondiale permettant d'ici l'année 2000 de réduire l'écart entre le revenu par tête des pays pauvres. Les principaux scénarios sont présentés et critiqués, tant du point de vue de la vraisemblance de leurs résultats (croissance vertigineuse des productions agricoles des pays pauvres, gouffre des déficits extérieurs de l'Europe occidentale et du Japon...) que de celui des hypothèses et des méthodes choisies, qui reflètent le contexte politique dans lequel ce travail important a été entrepris. Le peu d'importance accordé par le modèle aux variables démographiques est une de ses faiblesses principales.
Bourcier de Carbon Philippe. — The World Economy and Leontief's investigation. Professor Léontief was asked by the United Nations Organization to indicate ways in which the gap in income per head between rich and poor countries could be reduced by the year 2000. The principal scenarios are presented and their plausibility examined (rapid growth in agricultural production in poor countries, increasing trade deficits in Western Europe and Japan...). The hypotheses selected and the methods used in the study reflect the political context within which this important' piece of research was carried out. One of the principal weaknesses is the low importance given to demographic factors.
Bourcier de Carbon Philippe. — La économie mundial y el informe del professor Léontief. Las Naciones Unidas solicitaron al profesor Léontief que preparara un informe indicando cuáles deberían ser las modificaciones de la economía mundial para que de aquí al айо 2000 disminuyera la diferencia del ingreso per capita entre los países ricos y los países pobres. En el informe se presentan y comentan diversos escenarios posibles. Y se discuten tanto desde el punto de vista de Las posibilidades reaies de aplicación de sus resultados (aumento vertiginoso de la pro- ducción agrícola de los países pobres, abismo de los déficits exteriores de Europa Occidental y del Japon...) como desde el punto de vista de las hipótesis y métodos utilizados, que reflejan el contexto politico en el cual se ha elaborado el informe. Puede decirse que la escasa importancia otorgada por el modelo a las variables demográficas es una de las principales debilidades del informe.
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1978
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P. Bourcier De Carbon
L'économie mondiale et l'expertise de W. Léontief
In: Population, 33e année, n°4-5, 1978 pp. 885-935.
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Bourcier De Carbon P. L'économie mondiale et l'expertise de W. Léontief. In: Population, 33e année, n°4-5, 1978 pp. 885-935.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1978_num_33_4_16809Résumé
Bourcier de Carbon Philippe. — L'économie mondiale et l'expertise de Léontief Les Nations Unies ont
demandé au professeur Léontief d'étudier des cheminements de l'économie mondiale permettant d'ici
l'année 2000 de réduire l'écart entre le revenu par tête des pays pauvres. Les principaux scénarios sont
présentés et critiqués, tant du point de vue de la vraisemblance de leurs résultats (croissance
vertigineuse des productions agricoles des pays pauvres, gouffre des déficits extérieurs de l'Europe
occidentale et du Japon...) que de celui des hypothèses et des méthodes choisies, qui reflètent le
contexte politique dans lequel ce travail important a été entrepris. Le peu d'importance accordé par le
modèle aux variables démographiques est une de ses faiblesses principales.
Abstract
Bourcier de Carbon Philippe. — The World Economy and Leontief's investigation. Professor Léontief
was asked by the United Nations Organization to indicate ways in which the gap in income per head
between rich and poor countries could be reduced by the year 2000. The principal scenarios are
presented and their plausibility examined (rapid growth in agricultural production in poor countries,
increasing trade deficits in Western Europe and Japan...). The hypotheses selected and the methods
used in the study reflect the political context within which this important' piece of research was carried
out. One of the principal weaknesses is the low importance given to demographic factors.
Resumen
Bourcier de Carbon Philippe. — La économie mundial y el informe del professor Léontief. Las Naciones
Unidas solicitaron al profesor Léontief que preparara un indicando cuáles deberían ser las
modificaciones de la economía mundial para que de aquí al айо 2000 disminuyera la diferencia del
ingreso per capita entre los países ricos y los países pobres. En el informe se presentan y comentan
diversos escenarios posibles. Y se discuten tanto desde el punto de vista de Las posibilidades reaies
de aplicación de sus resultados (aumento vertiginoso de la pro- ducción agrícola de los países pobres,
abismo de los déficits exteriores de Europa Occidental y del Japon...) como desde el punto de vista de
las hipótesis y métodos utilizados, que reflejan el contexto politico en el cual se ha elaborado el
informe. Puede decirse que la escasa importancia otorgada por el modelo a las variables demográficas
es una de las principales debilidades del informe.L'ÉCONOMIE MONDIALE
ET L'EXPERTISE DE W. LÉONTIEF
Depuis trente ans est posée dans les Assemblées inter
nationales la question de combler l'écart entre nations riches
et nations pauvres <D. Les périodes 1960-1970 puis 1970-1980
ont été ainsi proclamées, première puis seconde décennies du
développement. Leurs résultats ayant été jugés insuffisants,
l'idée a prévalu d'assurer « un nouvel ordre international »,
qui surgirait d'une véritable mutation, des conditions des rap
ports entre les nations.
Les Nations Unies ont demandé en 1974 au célèbre
économiste Wassily Léontief, d'étudier des cheminements
aboutissant à une réduction de l'éventail des revenus nationaux
par tête entre pays riches et pays pauvres. Cette réduction
devait se faire par accélération de la croissance dans les pays
pauvres, sans réduction du niveau de vie des pays riches.
La méthode suivie par W. Léontief et ses collaborateurs
A. P. Carter et P. Pétri est donc à l'opposé de celle qui a
présidé à des études antérieures, selon lesquelles l'auteur partait
de conditions initiales et voyait à quelles situations elles con
duisaient dans un délai déterminé.
Il s'agit au contraire, partant du résultat souhaité, de r
emonter, en utilisant les mêmes relations causales, de façon à
déterminer quels changements il faut apporter, dès mainten
ant, aux conditions de l'évolution du monde. M. Philippe
Bourcier de Carbon, qui avait présenté dans un article anté
rieur <2) les principaux modèles démo-économiques en usage,
consacre une étude spéciale à celui de M. Léontief, dont l'i
mportance est considérable tant du fait de la personnalité de
l'auteur que de la nature du commanditaire et des intentions
politiques de ces calculs (3).
f1) Ces pays étaient désignés initialement par le terme « sous-dé veloppés ».
Comme elle a été jugée péjorative, l'expression « en voie de développement » a été
adoptée par mauvaise traduction du terme anglais «developing». Nous emploierons
ici l'expression « pays en développement ».
(2) Cf. [4, 1977], [4, 1978]. (Les nombres entre crochets renvoient à la
bibliographie page 933.)
<3> L'auteur remercie M. Alfred Sauvy des avis qu'il a bien voulu lui faire
lors de la préparation du présent article.
Population n° 4-5, 1978. 886 l'économie mondiale
La mise en route de l'étude. En 1973, le gouvernement des Pays-
Bas, associé à la Fondation Ford et à
la Fondation Nationale des Sciences des Etats-Unis, a accordé, par
subvention spéciale aux Nations Unies, une dotation pour le programme
de recherche du Centre des Nations Unies pour les projections et les
politiques de développement. Réalisé en collaboration avec les com
missions régionales et les institutions spécialisées des Nations Unies, ce
programme vise à décrire des schémas possibles du développement d'ici
à la fin du siècle et à en dégager les implications sociales et politiques.
L'ossature de ce projet est un modèle mondial, réalisé en trois ans sous
la direction du Pr. Léontief, par une équipe interdisciplinaire de spécial
istes associés aux universités Brandeis et Harvard. Les conclusions de
cette étude (4) sont appelées à servir de cadre de référence aux Nations
Unies pour formuler les principaux objectifs des deux prochaines
« décennies du développement ».
Nous allons, dans cet article, présenter successivement la méthode
suivie, les principaux résultats et les conséquences de cette importante
étude.
I. — Le modèle
L'analyse économique « input-output » répandue surtout depuis la
guerre par W. Léontief (5) est à l'origine de l'extension des comptabilités
nationales dans un grand nombre de pays. Sa base est la constitution
d'un tableau des flux annuels, croisés selon les produits et les emplois,
des biens et services échangés entre les agents économiques d'une
collectivité. Ces flux peuvent être mesurés, soit en quantités physiques,
soit en unités monétaires, une fois identifiés les agents économiques,
c'est-à-dire une fois l'économie décomposée, en secteurs de production
et de consommation, ce qui suppose résolu les difficiles problèmes
d'agrégation des données relatives au découpage choisi.
Les hypothèses d'homogénéité et ď interchangeabilité des heures
ouvrées traitées comme des productions physiques laissent de côté de
sérieuses difficultés. L'étude des relations entre emplois et production
nécessite en effet l'emploi du système input-output en terme de pro
fessions (Sauvy). Des chercheurs, français pour la plupart (6), ont fait
des recherches dans ce domaine. La voie est difficile, en raison notam
ment de la difficulté d'exprimer les équivalents-travail en terme d'emplois
(4) Cf. [16, 1977].
(5) Cf. 1951].
(в) Cf. [18, 1967], [18, 1968], [9], [15], [7]. ET L'EXPERTISE DE W. LÉONTIEF 887
incorporés dans les stocks de capitaux fixes; d'autre part, l'évolution des
qualifications et des professions rend délicates les comparaisons dans le
temps.
Pour une étude mondiale schématique, cette question de professions
a beaucoup moins d'importance que pour une économie nationale.
Le schéma mondial de Stockholm. Le monde développé étant de
plus en plus confronté aux pol
lutions engendrées par la civilisation industrielle, W. Léontief, s'inspirant
des trois secteurs d'activité a présenté en 1973 à la conférence de Stock
holm « Une seule Terre » un modèle très simplifié d'économie mondiale
correspondant aux deux tableaux «input-output» ci-après (7), dans
lesquels les activités de lutte contre la pollution sont explicitement
distinguées (tableau 1).
Tableau 1. — L'économie mondiale en 1970
(flux en milliards de dollars 1970)
Demande finale Industries
Autres Industries Produit extraction
des matières productions antipollution Intérieure Extérieure total
premières (1)
Pays développés
Extraction des - 15 0 2 63 0 75 matières premières
Autres productions 21 1809 21 2414 19 4284
62 0 Pollution (2) 5 -63 60(4) 64(5)
Main-d'oeuvre (3) 18 1372 20 287 0
Autres valeurs 21 22 0 0 996 ajoutées
Pays en développement
Extraction des 0 8 о 0 15 25 matières premières
- 19 Autres productions 7 197 о 388 573
Pollution (2) 2 8 о 0 11(4) 21(5)
о Main-d'oeuvre (3) 9 149 99 0
Autres valeurs 8 220 о 0 0 ajoutées
(1) Une " demande " finale " extérieure " positive négative correspond " à " une exportation importation nette "
(2) Une pollution négative correspond à une élimination de pollution par le secteur anti-pollution.
(3) La ligne main-d'œuvre aux valeurs ajoutées payées sous forme de traitements et
salaires dans chaque secteur.
(4) Pollutions engendrées par les consommateurs.
(5) Montants des émissions nettes de pollution après dépollution éventuelle.
(7> Cf. [16, 1974]. Léontief a estimé ces ordres de grandeur en dépouillant
les données relatives aux années 1970. Les quantités physiques ont été converties
en $ selon les prix du marché en 888 l'économie mondiale
Les liaisons entre les deux systèmes économiques sont, dans cet
exemple, réduites à leurs échanges commerciaux. Les pays en dévelop
pement (système 2) sont exportateurs nets de matières premières tandis
que les pays développés (système 1) exportent, en échange, des product
ions industrielles.
Les termes de l'échange se mesurent par le rapport des prix des
produits importés aux produits exportés.
Ce modèle simplifié va pouvoir être résumé par un ensemble de
17 contraintes (balances physiques et balances monétaires) s'exerçant
entre 29 variables. On suppose par ailleurs souvent que le marché
international n'est pas isolé des marchés intérieurs, ce qui réduit à 15 et
27 les nombres de contraintes et de variables du modèle, lequel présente,
de la sorte, 12 degrés de libertés. Les distorsions des systèmes offre-
demande, prix-valeur ajoutée, déficit ou surplus commerciaux, répondent
par suite, à la constitution de « scénarios » précisant les valeurs et les
évolutions supposées des 12 paramètres choisis pour variables « exo
gènes » de ce modèle.
Une telle formulation « input-output » ne fait intervenir directement
ni la population, ni ses structures. Les variables démographiques impli
citement prises en compte dans la détermination des coefficients d'emplois
ou de consommation, peuvent, dans certains modèles, modifier les
niveaux de pollution. Ce n'est, en fait, que lorsque les scénarios devront
répondre à des objectifs exprimés en termes de revenu ou de consom
mation par tête que la population interviendra directement, pour préciser
les valeurs et évolutions des variables exogènes de ces modèles. Nous y
reviendrons plus loin.
Le modèle mondial. Le modèle mondial pour les besoins du « proj
et 2000 » reprend le même schéma. Mais il
distingue 15 régions économiques recouvrant 170 pays et territoires
selon le découpage du tableau 2.
Ainsi, l'ensemble des pays développés constituaient, en 1970, un
peu plus de 30 % de la population du globe, produisant, en valeur, à
peu près 85 % des richesses mondiales, les pays en développement dotés
de réserves naturelles représentaient 10 % de la population totale et
ne fournissaient qu'environ 3 % du produit mondial, et le reste du monde,
soit à peine moins de 60 % de l'humanité, produisait seulement 12 %
de l'ensemble des richesses.
Dans ses grandes lignes, ce découpage correspond aux régions
définies par les Nations Unies, à ceci près que, pour préserver une 889 et l'expertise de w. léontief
Tableau 2. — Les 15 régions ^
(situation en 1970)
Produit Produit Nombre de Population national brut national brut Sigle pays et de Régions (en millions) (en milliards par tête territoires de dollars) (en dollars)
Monde 170 3620 3219 889
Régions développées DC 44 1108 2 720 2455
Amérique du Nord NAH 6 229,1 1060 4625
Europe occidentale WEH 17 282,0 726 2574 (hauts revenus)
Union Soviétique SUM 1 242,8 435 1791
Europe orientale EEM 7 105,1 164 1564 occidentale WEM 8 108,1 75 698 (revenus moyens)
Japon JAP 2 104,3 200 1916
Océanie OCH 2 15,4 43 2799
Afrique (revenus SAF 1 21,5 17 786 moyens)
Régions en
pement (groupe I) LDCI 68 358 100 279
(Régions disposant
d'importantes réserves
minérales et
énergétiques)
Amérique latine LAL 23 90,0 40 443 (bas revenus)
Moyent-Orient et
pays pétroliers MDE 14 126,5 36 286
d'Afrique
Afrique tropicale TAF 31 141,4 24 168
Régions en
LDCII 58 pement (groupe II) 2154 399 185
(reste du monde)
Amérique latine LAM 9 191,4 114 594 (revenus moyens)
Asie (bas revenus) ASL 27 1023,2 123 120
AAF Afrique (zone aride) 18 131,2 27 205
Asie (à économie ASC 4 808,4 135 167 planifiée)
(1) Données conformes aux estimations publiées en 1974 par le BIT cf. [2]. 890 l'économie mondiale
certaine homogénéité économique, il permet de distinguer aussi :
— les économies de marché des économies socialistes planifiées;
— les régions dotées d'importantes réserves minérales et énergét
iques, parmi lesquelles les pays en développement exportateurs de
pétrole d'Afrique et du Moyen-Orient sont groupés en une seule région
(MDE).
— les pays d'Afrique et du Moyen-Orient, qui connaissent des
sécheresses chroniques importantes, groupés en une seule région (AAF)
recevant en moyenne moins de 255 mm de pluie par an.
Ces régions sont, en outre, réparties en trois catégories, selon leurs
revenus par tête en 1970 (r) (8).
Hauts revenus r ^ 2 000 dollars 1970
Revenus moyens 500 ^ r < 2 000 dollars 1970
Bas revenus r < 500 dollars 1970
Le modèle comprend donc 12 régions à économie de marché
(6 développées et 6 en développement) et 3 régions à économies plani
fiées (2 et une en développement).
Division en secteurs d'activité.
L'économie de chacune de ces quinze régions distingue 49 secteurs
d'activité.
• 7 activités agricoles et alimentaires dont 4 productions spécifiées :
élevage, oléagineux, céréales, racines alimentaires, et l'ensemble des
autres productions alimentaires, la pêche, et les industries alimentaires.
• 12 activités d'extraction et de traitement des réserves naturelles
dont 6 minérales (cuivre, bauxite, nickel, zinc, plomb, fer),
3 productions fossiles (produits pétroliers, gaz naturel, charbon) et
l'ensemble des autres industries extractives, le traitement des minerais
et le raffinage des hydrocarbures.
• 19 activités de production d'articles manufacturés (cf. annexe I).
• 6 de non (cf. I).
• 5 activités de traitement de la pollution : contrôle de la pollution
aérienne, traitement primaire, secondaire et tertiaire des eaux, destruction
des déchets solides (urbains).
A chaque économie régionale correspond un système input-output
de 269 variables, parmi lesquelles les 49 productions sectorielles ci-dessus,
<8' Les statistiques des N.U. et du BIT présentent souvent l'Amérique du Sud
tempérée (Chili, Argentine, Uruguay) parmi les pays développés (DC); dans ce
modèle ces pays sont comptés dans la région en développement LAM. ET L'EXPERTISE DE W. LÉONTIEF 891
soumises à 175 contraintes comptables. Ces variables sont exprimées,
selon les cas, en unités physiques (ou en équivalents aux prix du marché
des Etats-Unis en 1970) : tonnes-métriques, hectares, hommes, hommes-
années, dollars 1970, soit, dans le cas des variables financières, en
dollars courants. Chaque système régional présente ainsi plus de 90 degrés
de liberté ou variables exogènes.
Les modèles régionaux. Dans chaque région, les variables démog
raphiques, au nombre de 3 seulement,
interviennent dans le système par les 10 paramètres macro-économiques
suivants :
— 3 variables démographiques : population totale (P), population
urbaine, emploi.
— 7 variables économiques : P.N.B., consommation globale (C),
investissement total, solde (déficit ou surplus) de l'épargne privée par
rapport à l'investissement total, dépenses publiques, balance des paie
ments, balance commerciale.
Les propensions spécifiques à consommer, relatives aux consom
mations privées, sont traitées comme des fonctions du revenu moyen par
tête, répondant aux lois d'Engel.
Les coefficients associés à la consommation globale С mesurent
les quantités marginales spécifiques des produits consommés, pour un
dollar supplémentaire affecté à la privée.
Les propensions associées à la variable P indiquent les fluctuations
marginales des consommations spécifiques de ces biens, dues à l'appar
ition d'une personne supplémentaire, en supposant constante la somme
des dépenses de consommation.
Le logement est considéré comme un « investissement relatif aux
ménages ».
Les coefficients de capital K, affectés à ces macro-variables (C) et
(P), déterminent les stocks de logements correspondant à tout chiffre de
population et de dépenses de consommation.
Les coûts de la collecte des ordures ménagères et de l'adduction
d'eau figurent sous la rubrique « aménagements urbains » et dépendent
directement de l'importance de la population urbaine.
Les coefficients de main-d'œuvre, ou emploi nécessaire à une unité
de production, sont spécifiés pour chaque secteur de production, à
l'exception des produits agricoles des pays en développement. Ainsi,
l'emploi total, dans chaque région, exclut la main-d'œuvre agricole des
pays en développement. 892 l'économie mondiale
• Les investissements dans les modèles régionaux.
Les se décomposent selon quatre rubriques :
— créations d'équipements et reconstitution des stocks;
— constructions ď usines, d'installations techniques, etc.;
— mise en culture et amendement des sols;
— grands travaux d'irrigation et d'aménagement rural.
Sur une période décennale, les investissements comprenant la fo
rmation brute de capital fixe (FBCF) doivent couvrir les amortissements
(dépréciation, obsolescence, etc.) et l'accroissement de capital nécessaire
à la satisfaction des besoins courants en fin de période. Les stocks
d'équipements, d'installation, de construction d'usines (etc.) nécessaires
sont déterminés annuellement, en appliquant les coefficients de capital
(K) aux productions sectorielles correspondantes. Les investissements
réalisés en 1970 sont évalués en multipliant les stocks nécessaires par
la somme des taux de croissance et des taux de remplacement du capital,
estimés pour chaque secteur. Pour les années suivantes, les investiss
ements de remplacement constituent un pourcentage donné des stocks
existants et les investissements de croissance correspondent à la diff
érence entre le capital nécessaire en fin de période et le capital déjà
accumulé en début de période.
• Les échanges internationaux.
Diverses catégories d'échanges relient entre eux les systèmes régio
naux, parmi lesquels le modèle n'étudie explicitement que les flux
économiques physiques et financiers.
1 . Les balances commerciales régionales sont constituées par les flux
des produits importés et exportés. Les termes de l'échange sont liés à la
résolution du système des prix mondiaux (dual de l'espace de toutes les
productions).
2. Les flux financiers (non commerciaux) interrégionaux concernent :
— les services et les invisibles (transports, .communications, tou
risme, etc.);
— les placements internationaux et mouvements de capitaux à long
terme : transferts des capitaux privés étrangers, prêts intergouvernemen
taux à long terme, aide internationale, etc.
Ces flux constituent, avec les services de la dette, qui prend en
compte les intérêts des déficits ou excédents, les balances régionales
des paiements (9).
(в) Les balances de paiements courants ne prennent pas en compte divers
éléments conjoncturels, tels que les mouvements à court terme des capitaux, les
réserves de devises etc.