L'Institut de Sociologie Solvay - article ; n°2 ; vol.1, pg 213-215

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Revue française de sociologie - Année 1960 - Volume 1 - Numéro 2 - Pages 213-215
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1960
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L'Institut de Sociologie Solvay
In: Revue française de sociologie. 1960, 1-2. pp. 213-215.
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L'Institut de Sociologie Solvay. In: Revue française de sociologie. 1960, 1-2. pp. 213-215.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1960_num_1_2_1783Actualité de la recherche
L'Institut de Sociologie Solvay
professeur l'Université L'Institut A. libre de Doucy. Sociologie de Bruxelles. L'Institut Solvay, La étend direction créé son en en champ 1902, est a actuellement d'action été cédé à en confiée toutes 1923 les au à
sciences sociales et en étudie parallèlement les aspects théoriques et les
possibilités d'application pratique. Autrefois constitué sur la base de sections,
organismes destinés à coordonner le travail de divers groupes d'études,
l'Institut a jugé préférable depuis 1957 de porter la décentralisation au niveau
de ces groupes eux-mêmes en leur donnant l'autonomie fonctionnelle. De là
sont nés les Centres ďEtudes, dont la direction est assurée par un membre
du Conseil scientifique de l'Institut. A ces Centres ainsi individualisés, il est
loisible de créer des groupes de recherches et de renouveler leur programme
au fur et à mesure de l'avancement des travaux. A côté des Centres subsistent
cependant quelques Groupes d'études, qui se consacrent à un problème
restreint et défini et dont l'existence est liée à l'investigation de ce problème.
L'Institut peut également confier des recherches spéciales individuelles à des
membres de son cadre scientifique — collaborateurs et auxiliaires scienti
fiques, chargés de recherches. La coordination des programmes se fait au
niveau du Conseil scientifique de l'Institut. C'est ainsi que le Centre de
Mathématique et de Statistique appliquées aux Sciences sociales (Prof. Gillis),
en dehors de ses travaux propres sur la programmation linéaire, les jeux
stochastiques et les groupements de classes, apporte une étroite collaboration
aux travaux des divers départements de l'Institut par l'examen des docu
ments statistiques émanant des Centres et par la rationalisation de leurs
documents d'enquêtes.
Voici quelques types d'activités des divers départements :
Le Centre d'Etudes démographiques a entrepris l'étude de la liaison entre
l'activité professionnelle des femmes et la natalité. Le Centre d'Economie
régionale (M. Gottschalk) s'est livré à l'inventaire des ressources et des
structures de la Flandre wallonne et à une étude sur les classes moyennes du
Borinage; ces travaux terminés, il s'est intéressé aux 108 communes de
l'arrondissement de Nivelles (Brabant Wallon) et espère être en mesure, à
l'issue de cet examen, de faire des recommandations tendant à permettre à
cette région d'être autre chose que la banlieue verte de Bruxelles.
Le Centre de Sociologie du Travail (Prof. Doucy) poursuit des recherches
méthodologiques sur l'application de la méthode des « échelles de Guttmann »
et des recherches de base au sein de programmes inter-universitaires (liaisons
entre salaires et productivité en sidérurgie; facteur humain dans le cadre
de l'accroissement de la productivité; Intéressement du travailleur à la vie de
l'entreprise). L'étude des communications dans les usines du point de vue
de la sécurité se situe dans une recherche plus générale sur les circuits
d'informations types.
Le Centre d'Histoire économique et sociale a en chantier des travaux
sur l'occupation française dans l'arrondissement de Brabant en l'an III et
sur Langrand-Dumonceau,- promoteur d'une puissance financière catholique
internationale. Il a abordé l'étude des crises alimentaires en Flandre et en
Brabant au xť siècle et l'histoire générale des prix et des salaires en
213 Revue française de sociologie
Belgique. Une bibliographie d'Histoire économique et sociale est en prépa
ration et une revue sera sans doute bientôt mise sur pied.
Le Centre d'Economie politique et sociale congolaise (Prof. Ghilain) se
préoccupe de la promotion de l'économie indigène. Une attention spéciale
est portée à la question des transports dans le Nord-Est du pays.
Le Centre d'Histoire des Religions (Prof. G. Smets), dont le professeur
Luc de Heusch est le rapporteur, a consacré ses réunions de travail à la
« sacralité du pouvoir ».
La science politique occupe le programme de l'Institut sous diverses
rubriques : le Groupe de Sociographie électorale a publié des atlas consacrés
aux élections législatives belges depuis 1919. M. Saint-Bernard a mené une
enquête de sociologie politique sur le conflit marocain (dotation Carnegie).
Le Centre d'Etudes des Pays de l'Est (Prof. Wauters) a organisé cet hiver
un symposium au cours duquel ont été examinées les incidences des expé
riences communistes sur les doctrines économiques, sociales et politiques
adverses. Il s'est par ailleurs attaché plus particulièrement à quelques-uns
des régimes inspirés de l'idéologie communiste : après la Chine et la Pologne,
il a consacré un colloque à l'expérience yougoslave. Le Centre d'Etudes de
l'Orient moderne (Prof. Abel) a cette année tenu un symposium relatif aux
échanges Orient-Occident, à l'élaboration d'un vocabulaire technique arabe
et à la préparation de stages pour techniciens orientaux. Son Bulletin d'Infor
mation doit devenir incessamment une revue : Correspondance d'Orient. Le
professeur Abel a fait récemment un séjour au Congo pour y étudier la
répartition et le comportement des musulmans noirs des régions orientales.
L'ancien groupe de Psychologie sociale (Prof, de Coster) s'est nettement
orienté vers la sociologie de l'éducation. Après avoir étudié le problème de
la promotion sociale par les études, il s'est tourné vers la régression sociale
observée dans le contexte des milieux scolaires. D'autre part, il se préoccupe
de l'étude systématique d'un groupe scolaire dans un milieu social défavorisé.
En ce qui concerne le Congo, l'Institut de sociologie Solvay n'a cessé de
s'intéresser à la promotion indigène. L'Institut participe aux recherches
(Prof. Doucy) sur l'instabilité et l'absentéisme des travailleurs indigènes sous
la responsabilité du gouvernement belge; trois chercheurs sont actuellement
sur le terrain. Le Centre de Recherches d'Elisabethville a poursuivi ses
travaux sur un certain nombre de points tels que l'analyse de la croissance
de la commune de Ruashi-Elisabethville. Il a mené des recherches de socio
logie du travail, des études sur la productivité et sur le chômage.
De plus, l'Institut prend une part importante à l'application des pr
ogrammes de développement urbain et rural. Partisan des méthodes d'éducation
et de formation communautaires et polyvalentes, il a accepté de participer
à l'œuvre d'action sociale, en assumant la gestion de deux centres urbains
comprenant tous deux un foyer social pour les femmes et un centre éducatif
et social pour les hommes, et de deux centres sociaux ruraux. Aux pr
ogrammes traditionnels des foyers sociaux s'adjoignent constamment de nou
velles activités (alphabilisation, amélioration de l'habitation, théâtre populaire
centré sur l'ancien folklore) qui sont décidées et suscitées par des conseils
consultatifs représentatifs de la communauté. Enfin, outre la formation sur
place de moniteurs sociaux, l'Institut s'est préoccupé de la des
cadres dirigeants africains à d'Etudes sociales (Elisabethville), qu'il
gère au nom du Gouvernement et qui délivre un diplôme d'assistant social.
A ses Centres d'Etudes, l'Institut ajoute un certain nombre de services
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tels que sa riche Bibliothèque centrale et ses bibliothèques de Centres, tels
aussi que son Service d'éditions qui assure le rayonnement de ses travaux
pour la publication de périodiques et de collections scientifiques.
Adresse : Institut de Sociologie Solvay, Parc Leopold, Bruxelles (Belgique).
Le Laboratoire de Psychologie sociale
de la Faculté des Lettres et Sciences humaines
de l'Université de Paris
par Origine. son directeur — Le actuel Laboratoire M. Daniel de Lagache, Psychologie professeur sociale de a été Psychologie fondé en patho1952
logique à la Sorbonně, alors titulaire de la chaire de Psychologie et entouré d'un
groupe de chercheurs où figuraient notamment : MIIe Cahn, M11* Spenlé (Mme
Rocheblave), MM. Anzieu, Durandin, Pages, Vexliard. Il s'agissait donc d'un
groupe de lié à une chaire, et d'orientation à la fois clinique, théo
rique et aussi de plus en plus expérimentale. Le domaine d'exploration concernait
surtout les petits groupes et les relations interindividuelles dans une perspect
ive qui fait des rapports interpersonnels quelque chose de l'étoffe même de
la psychologie individuelle. Les chercheurs étaient (et sont) ou non rattachés
par ailleurs à d'autres organismes (Centre national de la Recherche scien
tifique, particulièrement Centre d'Etudes sociologiques, Faculté des Lettres
de Paris ou de Strasbourg, etc.). Mais ils s'accordaient pour souhaiter une
meilleure coordination et un développement des moyens de travail propres
à la psychologie sociale, en matière de personnel auxiliaire (calculs, secré
tariat), d'installation et d'équipement, de documentation, d'élaboration mathé-
mathique, de relations avec les populations étudiées, de publications. Le
séminaire du professeur Lagache permettait les échanges théoriques.
Ces dernières années ont vu une expansion de la psychologie sociale
dans son enseignement, tant à la Faculté, où le professeur Stoetzel occupe la
chaire (nouvelle) de psychologie sociale, qu'à l'Institut de Psychologie où
les chercheurs du Laboratoire ont fourni dès la création une contribution
importante aux enseignements du diplôme (nouveau) de psychologie sociale
(!953)« Cette expansion universitaire était d'aileurs accompagnée d'une
demande croissante en matière de recherche appliquée et de pratique psycho
sociologique.
La situation clairement aperçue par les responsables de la Faculté des
Lettres et de l'Enseignement supérieur, a favorisé les progrès du Laboratoire
tout en lui posant des problèmes d'une exceptionnelle acuité. A travers la double
ou triple appartenance des chercheurs (enseignement à l'Institut de Psychologie,
recherches au Centre d'Etudes sociologiques, que dirige M. Stoetzel désormais
associé à la direction du Laboratoire, les adaptations intra-universitaires sont en
fait fort aisées et sans formalisme paralysant. Mais il n'en est pas de même à
l'égard de Г « application » et de la pratique psychosociologique (formation,
enquêtes et consultations diverses). Celles-ci constituent pour les jeunes psycho
sociologues une lucrative séduction, dans laquelle toute préoccupation d'élabora
tion scientifique rigoureuse aurait pu disparaître. L'expérience nous semble en
fait avoir montré que même dans un domaine à traditions scientifiques locales
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