La maladie mentale et le suivi intensif dans un contexte de dé
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1DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE UNIVERSITÉ LAVALLa maladie mentale et le suivi intensif dans un contexte de désinstitutionnalisationRapport rédigé dans le cadre du cours SOC-18879Simon Langlois, Andrée Fortin et Anton LaForceLaboratoire de recherche sociologique sous la supervision deAvril 2000ÉMILIE RIVARDCLSC-HAUTE-VILLESOUMIS AURAPPORT2 ».RÉSUMÉCette recherche porte sur les représentations du suivi intensif chez les intervenantsqui pratiquent le suivi communautaire. Nous nous demandons si ces représentationsdépendent du type d’organismes où travaillent les intervenants, (communautaire oupublic), des philosophies d’intervention propres à ces organismes ou si elles dépendent dela personnalité, des expériences et des rôles des intervenants au sein du suivi. Nouscherchons aussi à connaître les éléments de cette représentation communs à tous lessoit quatre intervenants d’organismes communautaires et quatre intervenants en CLSC.Les entrevues étaient non-dirigées, ce qui nous a permis de recueillir une grande variétéDes différences existent entre les représentations du suivi communautaire chez lesintervenants; certaines dépendent du type d’organismes, c’est le cas en ce qui a trait auxprises de contacts avec les clients, à la durée du suivi et à la disponibilité. D’autreséléments sont déterminés par la philosophie d’intervention de l’organisme. Ainsi, lesintervenants d’un des CLSC se rapprochent beaucoup ...

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Langue Français

Exrait

DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE UNIVERSITÉ LAVAL
La maladie mentale et le suivi intensif dans un contexte de désinstitutionnalisation
RAPPORT
SOUMIS AU
CLSC-HAUTE-VILLE
ÉMILIE RIVARD
Avril 2000
Rapport rédigé dans le cadre du cours SOC-18879 Laboratoire de recherche sociologique sous la supervision de Simon Langlois, Andrée Fortin et Anton LaForce
1
RÉSUMÉ
Cette recherche porte sur les représentations du suivi intensif chez les intervenants
qui pratiquent le suivi communautaire. Nous nous demandons si ces représentations
dépendent du type d’organismes où travaillent les intervenants, (communautaire ou
public), des philosophies d’intervention propres à ces organismes ou si elles dépendent de
la personnalité, des expériences et des rôles des intervenants au sein du suivi. Nous
cherchons aussi à connaître les éléments de cette représentation communs à tous les
intervenants et ceux qui diffèrent d’un intervenant à l’autre.
Nous avons interviewé huit intervenants provenant de quatre organismes différents,
soit quatre intervenants d’organismes communautaires et quatre intervenants en CLSC.
Les entrevues étaient non-dirigées, ce qui nous a permis de recueillir une grande variété
d’informations pertinentes pour notre étude.
Des différences existent entre les représentations du suivi communautaire chez les
intervenants; certaines dépendent du type d’organismes, c’est le cas en ce qui a trait aux
prises de contacts avec les clients, à la durée du suivi et à la disponibilité. D’autres
éléments sont déterminés par la philosophie d’intervention de l’organisme. Ainsi, les
intervenants d’un des CLSC se rapprochent beaucoup des intervenants des organismes
communautaires et partagent avec eux des buts communs et certaines manières de faire.
Enfin, la représentation du suivi intensif semble principalement déterminée par leur
formation et leur expérience de travail. En effet, un médecin et un psychologue qualifient
leur suivi d’intensif alors qu’un éducateur affirme qu’un tel suivi n’existe pas. Il existe donc
différentes représentations de ce qu’est un suivi intensif. Un comité travaille actuellement
à la constitution d’une équipe d’intervenants qui pratiqueront ce type de suivi. Mais la
difficulté d’une telle entreprise est grande puisqu’il n’existe pas de consensus sur la
définition du suivi « intensif ».
2
Remerciements :
Je tiens tout d’abord à remercier le CLSC Haute-Ville pour avoir permis cette
recherche de laboratoire. Merci aussi à mesdames Michèle Clément et Denise Aubé pour
l’aide et l’information ainsi que la possibilité d’une observation d’une réunion du comité
Québec-Centre sur la création d’une équipe de suivi intensif. Un gros merci tout spécial à
Denis Boudreau qui m’a aidé à la recherche à la première session et qui m’a aidé pour les
entrevues et les verbatims. Merci aussi à ceux qui ont joué quasiment plus les
psychologues que les professeurs Anton Laforce et Andrée Fortin. Merci de m’avoir
supportée dans cette expérience traumatisante pour mon cerveau.
Un gros merci à tous mes répondants, je vous remercie d’avoir pris le temps malgré
vos horaires bien chargés. Merci tout spécial à notre répondant #1 qui nous a aidé à
corriger notre grille d’entrevue.
3
Résumé Remerciements Table des matières Liste des tableaux Liste des graphiques
Introduction A Le CLSC Haute-Ville -B- Le mandat
Table des matières
Chapitre I- Le contexte du suivi dans la communauté A- La désinstitutionnalisation B- Le suivi intensif : la définition C- Le suivi intensif : l’équipe D- La marginalisation et l’exclusion E- La représentation sociale
Chapitre II- La problématique A- Le mandat B- Le modèle idéal du suivi intensif en équipe dans la communauté C- Le modèle idéal duCase management D- Le suivi non-intensif E- Les hypothèses
Chapitre III- Méthodes A- L’entrevue B- L’observation C- La population
Partie 2 : L’analyse des représentations A- Introduction
Chapitre IV- Les hypothèses
Chapitre V- Portraits d’intervenants  5.1- La description des répondants A- Répondant #1- « Le littéraire engagé » B- Répondant #2- « L’infirmier expérimenté » C- Répondant #3- « Le psychologue institutionnel » D- Répondant #4- « L’éducateur expérimenté »
p. i p.ii p.iii p.v p.vi
p.1 p.1 p.5
p.7 p.7 p.10 p.14 p.20 p.22
p.24 p.24 p.25 p.26 p.27 p.27
p.28 p.28 p.30 p.31
p.33 p.33
p.34
p.37 p.38 p.38 p.40 p.40 p.41
4
E- Répondant #5- « Le sociologue professionnel » F- Répondant #6- « L’insatisfait engagé » G- Répondant #7- « L’humaniste » H- Répondant #8- « L’autodidacte communautaire »  5.2- Notes sur les intervenants  5.3- Les organismes A- PECH B- L’Archipel d’Entraide C- CLSC Haute-Ville et le CLSC-Orléans
Chapitre VI- Les ressemblances dans les représentations A- Les valeurs, les principes et les qualités demandées pour les  interventions B- La perception du client par l’intervenant C- L’organisation du temps chez les intervenants D- La perception du suivi E- Les buts, les bénéfices et les activités
Chapitre VII-Les différences entre les représentations A- Les valeurs B La perception du client -
Chapitre VIII- Les limites de l’étude
Conclusion
Bibliographie
Annexes
p.42 p.43 p.46 p.47 p.47 p.48 p.48 p.49 p.49
p.50
p.50 p.52 p.54 p.58 p.59
p.62 p.62 p.65
p.71
p.73
p.77
5
Tableau 1
Tableau 2
Tableau 3
Tableau 4
Tableau 5
Liste des tableaux
Les organismes et leur type correspondant
Métier et expérience des répondant
Les valeurs
Les représentations du clients
Les foyers des représentations
p.37
p.37
p.62
p.66
p.73
6
Graphique I
Graphique II
Liste des graphiques
La marginalisation contingencielle
La représentation sociale
p.21
p.23
7
Introduction
A-
Le CLSC-Haute-Ville
C'est sous l'égide du Ministère de la Santé et des Services sociaux que, comme
l’ensemble des centres locaux de services communautaires, le CLSC-Haute-Ville a pour
mission générale d'améliorer l'état de santé et le bien-être de la population de son territoire.
Les services offerts par cet organisme de la ville de Québec sont qualifiés depremière
ligne, c'est à dire:
« des soins de santé essentiels fondés sur des méthodes et des techniques pratiques, scientifiquement et socialement acceptables, rendus universellement accessibles à tous les individus et à toutes les familles de la communauté avec leur pleine participation et à un coût que la communauté peut assumer à tous les stades de son développement dans un esprit d’autoresponsabilité et d’autodétermination. Ils font partie intégrante tant du système de santé, dont ils sont la cheville ouvrière et le foyer principal, que du développement économique et social d’ensemble de la communauté. Ils sont le premier niveau de contact des individus, de la famille et de la communauté avec le réseau de services de santé, rapprochant le plus possible les soins des lieux où les gens vivent et travaillent » (Comité régional sur la première ligne des services de santé et des services sociaux ; 1997, p.2)
 Le CLSC-Haute-Ville offre une gamme de services qui s'étend largement aux
« services infirmiers, médicaux, psychosociaux, communautaires, diététiques, d'hygiène
dentaire, de réadaptation-adaptation [et] de réinsertion sociale. » (PRISM, Le programme
de recherche du CLSC-Haute-Ville, p.1). Cette gamme comprend aussi les services
régionaux.
De plus, le CLSC Haute-Ville est reconnu comme un centre affilié universitaire, ce
qui signifie que l’on y retrouve des activités d'enseignement universitaire et collégial ainsi
8
que des activités de recherche. Le CLSC-Haute-Ville a entrepris en 1998 « une démarche
de conceptualisation et de mise en place de son programmePartenariat pour la recherche
sur l'insertion sociale et la marginalisation ». (PRISM, CLSC, p.1) Ce programme est
mieux connu sous le sigle PRISM. Il a été créé afin d'obtenir des résultats de recherche
utiles à l'intervention et dans le but d'unir, à l'intérieur d'un même programme, les
professionnels de l'intervention et ceux de la recherche. L'essence même de PRISM repose
sur les caractéristiques de la clientèle du CLSC-Haute-Ville et sur la mission que
l'organisme poursuit auprès de cette population.
Le CLSC-Haute-Ville appartient au territoire de Québec-Centre qui, comme son
nom l’indique, regroupe les quartiers centraux de la ville de Québec. La Régie Régionale a
entériné un nouveau découpage de ce territoire le 12 mars 1998 et a présenté, pour
l'occasion, quelques statistiques sur la population. Dans un document intitulé PRISM, Le
programme de recherche du CLSC-Haute-Ville, les grandes lignes de ces statistiques sont
reprises:
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Le CLSC-Haute-Ville dessert le tiers ( 1/3 ) de la population totale du territoire
Québec-Centre, soit une clientèle de 58 046 personnes. La clientèle de cet
organisme compte une importante concentration de personnes âgées de plus de 65
ans (19,2%) dont 51,3% est âgée de plus de 75 ans.
Ces aînés vivent seuls en forte proportion (79,8%).
Une forte proportion de la population totale du secteur de la Haute-Ville est
composée de familles monoparentales (52,4%). Si l’on compare cette dernière
statistique au pourcentage retenu pour représenter le reste du territoire Québec-
Centre (35,4%), une différence nette de 17% distingue le secteur du CLSC-Haute-
Ville des autres secteurs du territoire.
Le secteur du CLSC-Haute-Ville présente une proportion légèrement plus faible de
jeunes âgés de 0 à 17 ans (13,6%) que les autres secteurs du territoire Québec-
Centre (16,5%).
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« Enfin, plusieurs autres particularités propres au milieurtneiv-eellc caractérisent la
population desservie par le CLSC Haute-Ville, à savoir :
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- 
 
Une forte concentration de membres de la communauté gaie ;
Un nombre important de personnes présentant des problèmes de toxicomanie, de
mésadaptation, de désordres mentaux et psychiques ou encore présentant des
difficultés conjugales et familiales ;
Une importante population d’itinérants et de jeunes sans abris ;
Une importante communauté de femmes et d’hommes vivant du fruit de la
prostitution ;
Une assez forte concentration d’immigrants ;
Une forte proportion de personnes d’expression anglaise. » (PRISM, CLSC p.3)
Ces caractéristiques et ces statistiques nous amènent à penser que la population du
CLSC-Haute-Ville doit faire face à des réalités quotidiennes particulières telles l’exclusion
et la marginalisation. Les personnes qui y interviennent font face aux mêmes processus mais en tant qu’objet d’étude ou en tant qu’obstacle et condition de vie de leurs clients.1
Cependant, le document cité plus haut, qui se veut une présentation du CLSC, souligne
que «l’on retrouve aussi localement une communauté vivante et intégratrice par la force
des liens sociaux qui la traversent et qui doit, elle aussi, pouvoir compter sur l’appui et
l’aide du CLSC. » ( PRISM, CLSC, p.3). En somme, l’intervention pratiquée au CLSC
est généralement déterminée dans sa forme de même que dans son contenu par des
mécanismes d’insertion sociale ou par des mécanismes de marginalisation et d’exclusion.
C’est ce qui justifie la mise en place du PRISM et a permis à l’organisme d’être reconnu,
au mois de mai dernier, comme centre affilié universitaire par le Ministère de la Santé et
des Services Sociaux.
                                                       1  Les termes « client » et « usager » seront utilisés tout au long de ce travail comme synonymes de « personnes aux prises avec des troubles mentaux graves et persistants ». Ce sont les termes utilisés par le gouvernement dans ses documents.
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Le PRISM a pour principale mission de :
« …prévenir le glissement des individus et des groupes vers la marginalisation subie et l’exclusion, tout en cherchant à faciliter leur insertion sociale au moyen, entre autre, d’une attention particulière [portée] à la nature des liens sociaux, tant intragroupes qu’intergroupes. » (PRISM, CLSC, p.4).
Les deux objectifs généraux de ce programme sont les suivants :
1)
Documenter, analyser et comprendre les processus de marginalisation et
d’insertion sociale dans les milieux de vie de la population du territoire.
2) Assurer une meilleure diffusion des résultats de recherche, encourager la
réflexion et le réajustement de l’intervention et des pratiques professionnelles
découlant de ces recherches.
Deux axes orientent les activités de recherche du PRISM. Le premier axe couvre
les recherches sur les groupes et les populations vulnérables et leurs milieux de vie. Le
deuxième axe de recherche porte « sur les intervenants, les pratiques professionnelles et
l’intervention. » (PRISM, CLSC, p.5). Cet axe de recherche touche à un aspect
important, celui de l’intervention par rapport à la clientèle qu’elle dessert. Les questions
au cœur de cet axe de recherche peuvent porter sur l’atteinte des objectifs d’une forme
d’intervention donnée ou encore sur le déroulement des interventions et les rapports entre
les intervenants et les clients.
Il faut enfin souligner deux particularités du CLSC-Haute-Ville en ce qui concerne
la recherche : l’équipe RIPOST et les recherches cliniques. L’équipe RIPOST (Recherches
sur les impacts psychologiques, organisationnels et sociaux du travail) est une «équipe de
recherche reconnue par le Conseil québécois de la recherche sociale (CQRS) » (PRISM,
CLSC, p. 8) et dont les activités font généralement partie du deuxième axe de recherche
du PRISM. « Les travaux réalisés par l’équipe offrent un éclairage particulier à la
compréhension des mécanismes d’insertion sociale et de marginalisation qui sont associés à
l’activité professionnelle »(PRISM, CLSC, p. 8). Les recherches cliniques constituent un
autre volet des études menées au CLSC. Les recherches cliniques n’entrent pas
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