La vision - compte-rendu ; n°2 ; vol.61, pg 410-428

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L'année psychologique - Année 1961 - Volume 61 - Numéro 2 - Pages 410-428
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1961
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La vision
In: L'année psychologique. 1961 vol. 61, n°2. pp. 410-428.
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La vision. In: L'année psychologique. 1961 vol. 61, n°2. pp. 410-428.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1961_num_61_2_26827410 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En ce qui concerne le tact, le domaine réfractaire varie beaucoup
d'un point du tégument à l'autre — de l'avant-bras à l'extrémité du
doigt par exemple, mais l'aire sensorielle varie autant, de sorte que
S/R demeure constant, probablement sur la totalité du tégument.
Le procédé de Von Békésy permet le calcul de S/R et de r au moyen
d'une seule expérience par qualité sensorielle. A partir de là, on peut
prévoir la forme et l'importance que l'inhibition affecterait dans d'autres
circonstances experimentelles, pourvu que les paramètres déterminants
(état d'adaptation, etc.), demeurent constants. C'est un travail très
important, certainement, le principe employé dans le domaine spatial
est aussi valable dans le domaine temporel et nous espérons en entendre
parler un jour.
E. B.
La vision.
Wagner (H. G.), McNichol Jr. (E. F.), Wolbarsht (M. L.). —
The response properties of single ganglion cells in the goldfish retina
(Les propriétés de la réponse unitaire des cellules ganglionnaires de
la rétine du poisson rouge). — /. gen. Physiol., 1960, 43, 45-62.
La isolée étant soumise à des stimulations monochromatiques
d'énergie égale, il apparaît que certaines cellules sont excitées par les
courtes longueurs d'onde, de 400 à 550 m\i et inhibées dans leur activité
spontanée par les grandes longueurs d'ondes de 600 à 700 m\L. Dans
le cas de cellules donnant, pour une stimulation achromatique, une
réponse de type on-off les auteurs ont déterminé pour différentes lon
gueurs d'onde, de 440 à 750 my., le seuil d'apparition de la réponse on
et celui de la réponse off. La courbe des seuils de réponse on s'étend
de 440 à 610 m^, au-delà de 610 mjj. il est impossible d'obtenir une
réponse on ; le maximum de sensibilité, peu marqué, peut être situé
vers 525 my.. La courbe des seuils de réponse off s'étend de 530 à 750 my.,
les seuils sont plus élevés que pour la on et le maximum de sen
sibilité se situe vers 620 mpi. L'utilisation d'adaptations chromatiques
rouge ou bleue ne modifie pas la position des maxima. Les auteurs
pensent que leurs résultats confirment l'hypothèse de Hering (couples
antagonistes) mais ne disent rien de l'existence, chez l'animal étudié,
du couple bleu-jaune que postule également cette hypothèse. Le pro
blème de la participation possible des bâtonnets (dont les segments
externes sont encore présents dans la préparation) est également laissé
de côté.
Y. G.
Maturana (H. R.), Lettvin (J. Y.), McCulloch (W. S.),
Pitts (W. H.). — Anatomy and physiology of vision in the frog
(Rana pipiens) (Anatomie et physiologie de la vision chez la
grenouille). — /. gen. Physiol, 1960, 43, 129-175.
L'étude anatomique de la rétine du nerf optique et du toit optique
a été faite avec le microscope optique et le microscope électronique. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 411
La rétine, dépourvue de fovéa, a une structure assez homogène : du
centre à la périphérie on trouve en tous lieux environ 2 à 3 cellules récept
rices et 5 à 1 cellules bipolaires pour une cellule ganglionnaire. Le
nombre de cellules ganglionnaires est d'environ 450 000, 96 % ont un
corps cellulaire ne dépassant pas 7 à 10 (jl et une arborisation dendritique
s'étendant le plus souvent sur un diamètre de 100 à 300 \x, 4 % ont
un corps cellulaire de l'ordre de 20 y. et une
de 600 pi ou plus de diamètre. Les auteurs considèrent qu'une ganglionn
aire ayant un champ dendritique d'un diamètre de 300 jo. couvre une
surface occupée par 300 à 400 somas de ganglionnaires et que chaque
champ dendritique entre en chevauchement avec plusieurs milliers
d'autres. Le champ dendritique des bipolaires est plus réduit (20 à
80 [i de diamètre) mais le à ce niveau est encore consi
dérable eu égard au grand nombre de ces cellules. Ainsi sur chaque cellule
ganglionnaire les récepteurs convergent à travers les bipolaires « par
centaines et par milliers » et, à l'inverse, chaque cellule réceptive doit
être en connexion par les bipolaires avec des centaines de ganglionnaires.
Gomme le disent les auteurs : « De nombreuses cellules ganglionnaires
de type morphologique différent regardent le même point du champ
visuel à travers le même récepteur. » Cette disposition n'est certainement
pas propre à la rétine de grenouille et l'heureuse formule des auteurs
s'applique à de nombreuses rétines au moins hors de la fovéa.
Dans le nerf optique le microscope électronique permet de constater
l'existence d'une majorité de fibres non myélinisées (30 fois plus nomb
reuses que les fibres myélinisées) d'un diamètre de 0,15 à 0,60 jj..
Les enregistrements au niveau du nerf optique ou au niveau des
arborisations terminales des fibres optiques dans le tectum ont été
faits à l'aide de micropipettes de 1 à 5 ja de diamètre remplies de métal
de Wood (à point de fusion très bas).
Il existerait cinq types fonctionnels de ganglionnaires (correspon
dant probablement à cinq types morphologiques) dont les axones se
terminent respectivement dans quatre couches distinctes du neuropile
superficiel du tectum (deux types ayant leurs terminaisons dans la
même couche).
A chaque type correspondrait une opération particulière : détection
continue d'un bord, détection d'un bord convexe, détection d'un chan
gement de contraste, d'un obscurcissement, détection de
l'obscurité. Les cellules du premier type ne répondent pas aux variations
d'éclairement de l'ensemble du champ, mais le bord d'un objet plus
clair ou plus sombre que le fond, déplacé à travers leur champ réceptif
provoque une volée d'influx. Si le bord est arrêté sur le
la cellule produit une décharge continue d'influx dont la fréquence
tombe peu à peu de 40 à 10 ou 15 par seconde et se maintient à ce niveau.
Ces cellules correspondraient aux cellules on décrites par Hartline.
Les du deuxième type sont également indifférentes aux change
ments de l'éclairement général du champ et elles répondent également 412 ANALYSES
au déplacement d'un bord mais l'importance de la réponse pour le
bord d'un objet plus sombre que le fond dépend de la convexité de ce
bord. Les cellules du troisième type, à champ réceptif plus étendu,
répondent par une volée d'influx à toute variation (augmentation ou
diminution) de l'éclairement, qu'il s'agisse d'une variation intéressant
la totalité du champ ou d'une variation locale. La réponse est toujours
de caractère transitoire, ainsi ces cellules s'apparentent aux cellules
on-off de Hartline. Les cellules du quatrième type répondent à une dimi
nution générale ou locale de l'éclairement par une décharge d'influx.
Ce sont les éléments off de Hartline. Enfin les cellules du cinquième
type sont continuellement actives même sous un éclairement intense
mais leur activité est inversement proportionnelle à l'intensité lumineuse
et atteint son maximum dans l'obscurité. Ainsi selon les auteurs les
quatre premiers types fonctionnels accompliraient des opérations
complexes d'analyse, indépendamment des variations d'éclairement du
champ.
La rétine transmettrait donc au tectum non une projection point
par point de la distribution des éclairements mais des informations
concernant certaines caractéristiques de l'image, et les cellules ganglion
naires joueraient un rôle d'intégration, d'élaboration, beaucoup plus
complexe que ce que supposaient les auteurs classiques.
Y. G.
Valois (R. L. de). — Color vision mechanisms in the Monkey (Les
mécanismes de la vision des couleurs chez le singe). — J. gen. Phy-
slol, 1960, 43, 115-128.
L'auteur présente les résultats de recherches qu'il a faites avec
différents collaborateurs sur les réponses unitaires des cellules du corps
genouillé latéral, chez le Macaque, à des stimulations lumineuses de
longueur d'onde variable. La plupart des cellules des deux couches
dorsales donnent des réponses de type on, les cellules des deux
ventrales sont inhibées par la lumière et donnent des réponses off et les
cellules des couches intermédiaires donnent des réponses on ou off.
Un grand nombre de cellules on répondent seulement à une bande
spectrale relativement étroite et, s'il s'agit de cellules correspondant à la
projection fovéale, le niveau de l'adaptation rétinienne ne modifie pas
la répartition spectrale des réponses. Les courbes de réponses des diff
érentes cellules (nombre de spikes en fonction de la longueur d'onde)
peuvent être réparties en cinq types suivant la position du maximum.
Trois types présentent un seul maximum à 620, à 590 ou à 550 ma.
Les deux autres ont un maximum à 510 et un ressaut à 440 mpt. ou un
maximum à 440 et un ressaut à 510 my.. L'auteur pense que le maximum
à 510 m\i pourrait traduire une participation des bâtonnets et en conclut
que dans ce cas le système du bleu (440 mjx) serait en connexion avec
les bâtonnets mais il ne se demande pas si, avec une stimulation limitée
strictement à la fovéa, on obtiendrait encore ces courbes à deux sommets. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 413
Les cellules on ou off des couches intermédiaires ont ceci de parti
culier qu'elles donnent par exemple une réponse on à une certaine stimu
lation et une réponse off à la stimulation approximativement complém
entaire. On trouve ainsi deux types de cellules les unes donnant une
réponse on avec maximum pour 620 m\i et une réponse off avec maximum
pour 510 m\x, les autres donnant une réponse on avec maximum pour
460 mjjL et une réponse off avec maximum pour 550 m\x. Ces résultats
évoquent les couples du système de Hering : chez le Macaque le rouge
excite tandis que le vert inhibe de même que le bleu excite tandis que
le jaune inhibe. Il est intéressant de rapprocher ces résultats de ceux
obtenus par Svaetichin et coll., au niveau rétinien. A ce niveau Svaeti-
chin trouve également des polarités opposées dans le couple rouge-vert
et dans le couple jaune-bleu mais, et cela est plus conforme à la formul
ation primitive de Hering, la stimulation rouge et la stimulation
jaune donnent des réponses de même polarité, ainsi que la
verte et la stimulation bleue. Ce désaccord peut-il s'expliquer unique
ment par le fait que Svaetichin travaille sur les Poissons et de Valois
sur des Singes ?
Y. G.
Hubel (D. H.), Wiesel (T. N.). — Receptive fields of single neurones
in the Cat's striate cortex (Les champs réceptifs de neurones isolés
dans le cortex strié du Chat). — J. Physiol., 1959, 148, 574-591. —
Hubel (D. H.). — Single unit activity in lateral geniculate body
and optic tract of unrestrained cats (L'activité d'unités isolées dans
le corps genouillé latéral et le tractus optique de Chats sans content
ion). — J. Physiol, 1960, 150, 91-104. — Wiesel (T. N.). —
Receptive fields of ganglions cells in the Cat's retina (Les champs
réceptifs des cellules ganglionnaires de la rétine du chat). — /. Phys
iol, 1960, 153, 583-594. — Hubel (D. H.), Wiesel (T. N.). —
Receptive fields of optic nerve fibres in the Spider Monkey (Les
champs réceptifs des fibres du nerf optique chez le Singe araignée). —
J. Physiol, 1960, 154, 572-580.
A tous les niveaux du système visuel, rétine, tractus optique, corps
genouillé latéral, cortex strié, les auteurs ont étudié à l'aide de micro
électrodes la réponse d'éléments isolés à des stimulations lumineuses
de la rétine. Ils se sont préoccupés surtout de déterminer pour chaque
cellule ou fibre la structure du champ réceptif et les variations de la
réponse en fonction des caractéristiques spatiales de la stimulation.
Dans la rétine du Chat, avec des microélectrodes de platine et des
micropipettes introduites suivant la technique de Kufiler (par la lumière
d'une aiguille à injection traversant la sclérotique) Wiesel étudie les
champs réceptifs des cellules ganglionnaires en adaptation à la lumière.
La méthode utilisée est celle de Barlow, Fitz Hugh et Kuffler qui consiste
à augmenter le diamètre de la stimulation rétinienne jusqu'à ce que la
fréquence de la réponse cesse de croître pour décroître. On atteint à ce 414 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
moment la limite du « centre du champ » limite au-delà de laquelle
on aborde la portion périphérique du champ dont la stimulation a,
sur l'activité de la cellule, des effets inverses de ceux obtenus dans le
centre. Pour les quelques centaines de cellules étudiées le diamètre
du centre du champ varie de 0,125 mm (0,5°) dans la région de Y area
centralis à 2 mm (8°) dans la périphérie rétinienne. Si l'on augmente le
diamètre de la stimulation au-delà des limites du centre du champ, le
seuil augmente (à causé de l'intervention du champ périphérique) et
cette augmentation pour les cellules à petit champ central peut atteindre
de 2 à 3 unités logarithmiques. Étudiant l'activité des cellules du cortex
strié du chat (avec microélectrodes de tungstène), Hubel et Wiesel
trouvent qu'une stimulation de toute la rétine ou même de la totalité du
champ réceptif d'une cellule corticale est inefficace pour la plupart des
cellules. Utilisant un petit spot de 1° qu'ils projettent en différents
points des champs réceptifs ils constatent que le centre d'un champ peut
être soit activateur soit inhibiteur de l'activité de la cellule. Il a une
forme en général elliptique et est flanqué d'aires ayant une activité
opposée à la sienne. Le grand axe de l'ellipse ne présente pas d'orien
tation préférentielle. L'organisation spatiale des régions activatrices et
inhibitrices composant le champ réceptif d'une cellule fait que l'efficacité
d'une stimulation dépend de la forme, de la taille, de la position et de
l'orientation de cette stimulation. En outre le passage du spot lumineux
sur le champ réceptif d'une cellule donne des réponses différentes
suivant la direction du mouvement. Abordant le problème de l'organi
sation des projections binoculaires, Hubel et Wiesel constatent que,
sur quarante-six unités étudiées, trente-six sont commandées par un
seul œil (dont quinze par l'œil ipsilatéral et vingt et un par l'œil contra-
latéral), les neuf autres étant commandées par les deux yeux. Pour ces
dernières unités les champs réceptifs dans chaque œil sont rigoureus
ement identiques tant au point de vue de leur position que de leur taille,
de leur forme ou de leur orientation. En outre, les interactions entre
régions activatrices et inhibitrices d'un œil et de l'autre sont les mêmes
que celles observées dans le même œil. Comparant chez le Chat les
réponses du cortex strié avec celles du corps genouillé latéral, Hubel
note que les champs réceptifs des cellules du corps présentent
une organisation concentrique de leurs régions activatrices et inhibi
trices plus proche de celle décrite par Kuffler pour les ganglionnaires
de la rétine que de celle des neurones corticaux. Par ailleurs, l'effet
du déplacement d'un spot lumineux est, au niveau du corps genouillé,
indépendant du sens du mouvement.
Pour compléter les informations recueillies chez le chat, Hubel et
Wiesel ont appliqué leur méthode au Singe araignée (Ateles). Les
enregistrements sont faits à partir des fibres du tractus optique. Comme
il fallait s'y attendre les champs réceptifs sont, chez le singe, de plus
petites dimensions. A 4° du centre fovéal (bien marqué chez le Singe
araignée) , les auteurs trouvent un champ de 4 minutes d'arc (20 \i sur PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 415
la rétine) et la dimension des champs croît comme la distance à la
fovéa. Sur 100 fibres étudiées, trois seulement ont répondu de façon
spécifique à la couleur, ces trois fibres donnant une décharge durable
pendant la stimulation avec les courtes longueurs d'onde et une inhibi
tion de l'activité spontanée suivie d'une volée off avec les grandes
longueurs d'onde.
Y. G.
Autrum (H.). — Vergleichende Physiologie des Farbensehens (Phys
iologie comparée de la vision des couleurs). — Fortschritte Zool.,
1960, 12, 176-205.
Le professeur de l'Université de Munich a fait un exposé très condensé
d'un très large ensemble de données. Dans une première partie de
phénoménologie, après un paragraphe sur les méthodes, il a passé
en revue les travaux consacrés aux espèces animales, en commençant
par les abeilles, les mieux connues surtout grâce aux recherches de
von Frisch et de son école munichoise, passant ensuite à d'autres Hymén
optères, aux Coléoptères, Diptères, Hémiptères, Homoptères, Névrop-
tères et Orthoptères faisant ressortir que les espèces d'Insectes présen
tant une cécité chromatique sont rares, que chez toutes l'ultraviolet
est visible et qu'il est souvent perçu avec une qualité chromatique
particulière.
Pour les autres Invertébrés, on ne connaît avec certitude une vision
des couleurs que chez certains crustacés Décapodes et des Mollusques
Céphalopodes. Chez de nombreux Vertébrés étudiés à ce point de vue,
un relevé des espèces avec les résultats obtenus est établi. Un paragraphe
est consacré aux données sur le développement ontogénique dans les
espèces à métamorphoses et chez l'Homme.
Le problème des pigments photosensibles des cônes est envisagé
et les incertitudes qui persistent, en dehors des données de Rushton,
mises en lumière.
Un exposé détaillé est consacré enfin à tout l'ensemble des recherches
neurophysiologiques.
Cette excellente revue appuyée sur plus de 250 références s'est
arrêtée en 1958 et n'a pu utiliser le Symposium tenu à Paris en 1958
auquel avaient participé les Prs Autrum et von Frisch, la publi
cation n'en ayant vu le jour qu'en 1959.
H. P.
Kuwabara (M.), Naka (K.). — Response of a single retinula cell
to polarized light (Réponse d'une cellule unique de rétinule à la
lumière polarisée). — Nature, 1959, 184, 455-456.
Les auteurs ont réussi à obtenir des potentiels d'action d'une cellule
de rétinule de la mouche Lucilia csesar au moyen de microélectrodes.
Avec un flux lumineux intermittent (3 ps) ces potentiels atteignaient
40 mV, mais se réduisaient à 5 mV à l'intérieur de la cellule. En faisant 416 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tourner un polariseur, l'amplitude du potentiel intracellulaire présente
une oscillation d'amplitude atteignant 20 % entre maximum (à 90°)
et minimum (à 0° et 180°).
Les auteurs pensent que les rhabdomères des 7 cellules de la rétinule
constituent des polariseurs : au microscope électronique ils présentent
en effet des ondulations de directions différentes1.
H. P.
Frisch (K. von), Lindauer (M.), Daumer (K.). — Ueber die Wahr
nehmung polarisierten Lichtes durch das Bienenauge (Sur la percep
tion de la lumière polarisée par l'œil de l'Abeille). — Experientia,
1960, 16, 289-301.
Ces nouvelles expériences sur la perception du plan de polarisation
de la lumière du ciel bleu ont été instituées pour confirmer l'hypothèse
d'une analyse directe de la lumière polarisée dans les yeux composés
des Insectes au niveau des rhabdomères des cellules visuelles, et pour
répondre à l'objection suivante : les réactions des Abeilles à la lumière
polarisée ne procéderaient pas d'une analyse directe du plan de pola
risation mais de la reconnaissance de certaines configurations en rapport
avec la lumière réfléchie par le substrat.
En vernissant la partie supérieure ou la partie inférieure des yeux
composés chez les Abeilles dansant à ciel ouvert sur un rayon horizontal,
il est possible de constater que l'orientation des danses est fortement
perturbée quand la partie supérieure des yeux a été masquée et qu'elle
ne l'est nullement quand la partie inférieure n'est pas fonctionnelle.
D'autre part, des Abeilles contraintes à marcher en se guidant sur
la lumière polarisée du ciel s'orientent tout aussi bien sur un substrat
blanc que sur un substrat noir.
Enfin, dans les conditions naturelles des expériences faites sur le
terrain, il est possible de modifier la configuration de la lumière pola
risée réfléchie par le substrat sans perturber le moins du monde l'orien
tation des Abeilles.
Toutes ces expériences prouvent que les Abeilles s'orientent en se
fondant sur le plan de polarisation de la lumière directe provenant
du ciel bleu.
G. V.
Autrum (H.), Burkhardt (D.). — Die spektrale Empfindlichkeit
einzelner Sehzellen (La sensibilité spectrale de quelques cellules
visuelles). — Naturwissenschaften, 1960, 47, 527-529. — Bur-
1. A la séance du 8 juillet 1960 de la Bayerische Akademie à Munich, le
Dr Autrum a communiqué une note de D. Burkhardt et Lotte Wond er rela
tive à des potentiels d'action recueillis dans des cellules isolées d'ommatidies
de Calliphora erythrocephala variant aussi d'amplitude avec le plan de polari
sation. PSYCHOPHYSIOLOGIE SENSORIELLE 417
(D.), Autrum (H.). — Die Belichtungspotentiale einzelner
Sehzellen von Calliphora erythrocephala (Les potentiels d'éclairement
de quelques cellules visuelles de C. er.). — Z. Nalurforsch., 1960, 15,
612-616.
Les auteurs ont réussi, en introduisant dans une rétine ommati-
dienne de la mouche C. er. des microélectrodes de 0,1 y. de diamètre, à
obtenir des potentiels évoqués intracellulaires par action de stimulations
lumineuses d'une durée de 300 ms répétées une fois par seconde. Ces
potentiels négatifs en l'absence de potentiel de repos de la cellule étaient
dus à une diffusion de l'erg. Mais, quand il y avait activation de la
cellule explorée par la lumière, avec un potentiel de repos de 50 mV,
il se manifestait pendant la durée de l'éclairement, un potentiel d'action
monophasique d'amplitude croissant avec l'éclairement sans effet off :
avec stimulations monochromatiques, les courbes de lucivité spectrale
des ommatidies dorsales présentaient 2 maxima à 489,4 et 345,2 m\i.
Dans la région ventrale, ces courbes étaient de trois types avec un même
maximum dans l'UV, mais un second maximum évidemment lié à la
vision chromatique, soit à 468 mjj. dans le bleu, soit à 491,2 dans le
vert, soit à 524,4 dans le jaune-vert.
H. P.
Bernhard (C. G.), Ottoson (D.). — On the mechanisms of dark
adaptation in day and night-insects (Des mécanismes de l'adaptation
à l'obscurité chez les insectes diurnes et nocturnes). — Acta physiol.
scand., 1959, 47, 383-384. — Comparative studies in dark adaptation
in the compound eyes of nocturnal and diurnal Lepidoptera (Études
comparatives sur l'adaptation à l'obscurité des yeux composés des
Lépidoptères nocturnes et diurnes). — J. gen. Physiol., 1960, 44,
195-203. — Studies on the relation between the pigment mutation
and the sensitivity changes during dark adaptation in diurnal and
nocturnal Lepidoptera (Études sur la relation entre la
pigmentaire et les variations de sensibilité pendant l'adaptation à l'obs
curité chez des Lépidoptères diurnes et nocturnes). — Ibid., 205-215.
Détermination des seuils de réponse du potentiel électrique oculaire
au cours d'une adaptation à l'obscurité après un éclairement préadaptatif
intense de 3 ran.
Chez les espèces de Lépidoptères diurnes comme Argynnis ou Vanessa
avec éclairs de 0,20 s, on obtient une courbe d'adaptation d'allure
hyperbolique simple en une vingtaine de minutes, limitées à une unité
logarithmique.
En revanche, chez les espèces nocturnes, on a une courbe en deux
phases, une première assez brève (1 à 1,5 unité logarithmique), suivie
d'une seconde, au bout de 3 à 18 mn suivant les espèces, mais prolongée
une trentaine de minutes (3 à 4 unités). Le fait devait suggérer une
analogie avec la courbe cônes-bâtonnets des vertébrés. Or, en réalité,
il s'agirait d'un processus lié à la migration pigmentaire qui s'observe ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 418
chez les nocturnes. En effet, en fixant les yeux de Ceratopteryx gravinis
à divers moments d'une adaptation à l'obscurité, le taux de migration
a été mesuré, mettant en évidence une phase initiale sans rétraction
suivie d'une phase de rétraction progressive ayant même durée que
l'adaptation.
H. P.
Lipetz L. E.). — A mechanism of light adaptation (Un mécanisme
d'adaptation à la lumière). — Science, 1961, 133, 639-640.
L'auteur a étudié sur une rétine de grenouille isolée les seuils de
réponse d'une cellule ganglionnaire (explorée par microélectrode) à
des éclairements d'une petite plage ovale (100 x 160 \i), située en des
points différents du champ d'innervation, plage préalablement adaptée à
un fort éclairement, puis laissée à l'obscurité pendant un temps allant
jusqu'à 18 mn. Quand la plage est située au centre du champ, l'abaiss
ement du seuil est, en unités logarithmiques de 3 à 1, alors que, dans une
zone périphérique, le passage est de 4,5 à 2,5. Mais, en adaptant à la
lumière une zone périphérique et en déterminant le seuil pour la zone
centrale, laissée à l'obscurité, on trouve un abaissement de 2 à 0,5,
ce qui serait dû, d'après l'auteur, à un changement dans la transmission
à la ganglionnaire alors qu'on peut aussi penser à un changement
d'excitabilité de celle-ci).
H. P.
Dowling (J. E.). — Chemistry of visual adaptation in the Rat
(Chimie de l'adaptation visuelle chez le Rat). — Nature, 1960, 188,
114-118.
Étude de à la lumière et à l'obscurité par enregistrement
de l'ERG, en fonction de la concentration rétinienne de rhodopsine et de
la distribution du rétinène et de la vitamine A. C'est cette distribution
qui est intéressante. Dans l'adaptation à la lumière, la vitamine A
formée émigré très vite vers l'épithélium pigmentaire, en sorte que,
au bout d'une heure il s'y trouve 75 à 80 % du total. Et, au contraire,
au cours de l'adaptation à l'obscurité, la vitamine A regagne la rétine
où se régénère la rhodopsine et bientôt il n'y en a plus trace dans l'ép
ithélium. Il y a là une migration fort intéressante qui s'est trouvée
mise en évidence.
H. P.
Bachofer (C. S.), Espérance Wittry (S.). — Electroretinogram
in response to X ray (ERG en réponse aux rayons X). — Science,
1961, 133, 642-644.
Les recherches ont porté sur 35 Rana pipiens, immobilisées dans un
dispositif plastique contenant de l'eau, une couverture de protection
comportant un orifice du diamètre de l'œil permettant de projeter sur
celui-ci un flux de rayons x ou un flux lumineux pendant une durée