Motivation - compte-rendu ; n°1 ; vol.56, pg 213-224
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L'année psychologique - Année 1956 - Volume 56 - Numéro 1 - Pages 213-224
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1956
Nombre de lectures 23
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Exrait

C. Andrieux
F. Orsini
3° Motivation
In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 213-224.
Citer ce document / Cite this document :
Andrieux C., Orsini F. 3° Motivation. In: L'année psychologique. 1956 vol. 56, n°1. pp. 213-224.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1956_num_56_1_8865PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 213
Dans l'expérience de P. Worchel, la variable dépendante n'est plus
comme en fait dans l'expérience précédente, le rappel des succès, mais
l'inhibition des échecs, car le matériel à retenir est associé à des mots
soit neutres, soit traumatisants. Chaque sujet apprend des syllabes asso
ciées à une série de mots neutres et à trois séries de mots à tonalité
désagréable. Durant la séance d'apprentissage, aucune différence signi
ficative entre la mémorisation de syllabes associées aux 4 séries de
mots n'est relevée. Durant une séance, qui a lieu 24 heures après,
Worchel obtient des différences significatives dans le rappel des syllabes
associées entre la série de mots neutres et chacune des séries de mots à
tonalité désagréable ; dans le réapprentissage, ces différences persistent.
L'auteur conclut que « le matériel associé avec la répression primaire est
repoussé dans l'inconscient ».
La première théorie de Bruner et Postman sur la force des hypot
hèses, qui dépend de la préparation, de la familiarité du stimulus et de
l'implication du moi... sert de cadre théorique à R. Taft, qui étudie « la
sensibilisation », la « défense » et « la distorsion » dans le rappel immédiat
et différé des éléments d'une histoire racontée à 2 groupes de noirs et de
blancs. L'histoire a pour héros une jeune sportif noir. Les noirs soumis à
l'expérience se souviennent d'un plus grand nombre d'éléments (éléments
favorables, défavorables, neutres) que les blancs durant les séances de
rappel immédiat et différé, et en particulier d'un plus grand nombre
d'éléments favorables. Dans les séances de rappel différé, les blancs
cependant sont supérieurs aux noirs dans la mémorisation des éléments
défavorables, c'est-à-dire qu'ils présentent un moindre pourcentage
d'oublis de ces éléments de la première séance à la deuxième séance de
rappel. Il semble clair qu'il existe un rapport entre la motivation plus
forte du noir et les résultats de la comparaison des 2 groupes.
C A.
3° Motivation
Curiosité. Nouveaux aspects de la motivation :
MONTGOMERY (K. G.), SEGALL (M.). — Discrimination learning
based upon the exploratory drive. (Apprentissage par discrimination
basé sur le besoin d'exploration). — J. comp. physiol. Psychol., 1955,
48, 225-228. — MONTGOMERY (K. C), MONKMAN (J. A.). — The
relation between fear induced by novel stimulation and exploratory
behavior (Relation entre la peur induite par de nouvelles stimulations
elle comportement exploratoire). — J. comp. physiol. Psychol., 1955,
48, 254-260. — BUTTLER (R. A.), HERBERT (A.). — Daily pattern
of visual exploratory behavior in the monkey (Patterns quotidiens
d'une conduite d'exploration visuelle chez le singe). — J. comp. physiol.
and Psychol., 1955, 48, 247-249. — BERLYNE (D. E.). — The arousal
and satiation of perceptual curiosity in the rat (V éveil et la satiation de
la curiosité perceptive chez le rat). — J. comp. physiol. Psychol., 1955, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 214
48, 238-246. — HBBB (D. O.), MAHUT (Helen). — Motivation et
recherche du changement perceptif chez le rat et chez l'homme (tra
duit en français par V. Bloch). — J. Psychol. norm, pathol., 1955,
52, 209-221.
Au cours de ces dernières années, un nombre croissant de recherches
s'est appliqué au comportement d'exploration chez les mammifères. La
curiosité, manifestée par ce comportement exploratoire pouvait être
observée, non seulement chez des rats librement lâchés dans un laby
rinthe, mais également en des situations critiques où la visite du
rinthe comportait le passage sur une grille électrisée. La curiosité, étudiée
depuis 1925 en des articles épisodiques, apparaît maintenant aux yeux
de nombreux auteurs comme une motivation importante parmi d'autres,
capable de fournir la base d'un apprentissage, comme l'ont été la faim,
la douleur.
Montgomery publie, faisant suite à des recherches antérieures sur ce
sujet, une étude où il traite des effets de cette motivation dans une
expérience d'apprentissage par discrimination. L'auteur pense que s'il
arrive à démontrer l'efficacité d'un tel apprentissage, établi en liaison
avec la curiosité, le principe explicatif doit en être recherché dans des
mécanismes « d'augmentation de motivation » ; c'est-à-dire dans l'inverse
de la proposition ordinaire basée sur l'hypothèse « réduction de moti
vation ». Un apprentissage produit par le besoin d'explorer s'accompagne
de renforcements qui, loin de réduire la motivation, en augmentent sa
force. Des travaux antérieurs avaient montré que les endroits familiers
d'un labyrinthe n'exercent aucun effet sur les rats, alors qu'ils recher
chaient activement les parties moins fréquemment parcourues.
Dans une expérience réalisée sur des rats, Montgomery essaie de
déterminer si un apprentissage, déjà difficile comme la discrimination
blanc-noir, peut être sérieusement mis en évidence, lorsque les réponses
correctes sont renforcées par une courte période d'exploration dans un
nouvel environnement ; et si, d'autre part, l'augmentation des moti
vations en fournit le principe explicatif. 70 essais se déroulent dans un
labyrinthe en T, dont chaque bras est blanc ou noir selon les essais. Un
large labyrinthe de Dashiell se trouve placé à l'extrémité de chaque bras.
Lorsque le choix est correct, le rat peut entrer dans le labyrinthe de
Dashiell et l'explorer durant 5 minutes. L'apprentissage se manifeste par
un nombre croissant de réponses au cours des 70 essais répartis sur
plusieurs jours. Cette expérience vérifie la première hypothèse des
auteurs, la curiosité peut être une base efficace dans un apprentissage
par discrimination. La seconde hypothèse, qui réfute la théorie « réduc
tion de motivation » en proposant l'inverse : « augmentation de moti
vation », nous paraît peu étayée par les faits expérimentaux. Nous
pourrions penser que, lors de chaque renforcement, la motivation est
partiellement réduite, dans la mesure où certaines parties du labyrinthe,
devenues familières, n'exercent plus aucun attrait (ainsi que Montgomery
l'a montré en d'autres expériences, et de même que la vue de la nourriture PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 215
n'excite plus un animal rassasié, sauf si les aliments présentés sont
différents de ceux précédemment consommés) ; toutefois, d'autres part
ies, moins parcourues, continuent à intéresser l'animal, ce qui explique
les jours suivants un nombre égal et même supérieur de bonnes réponses,
facilitées par l'adaptation à l'expérience.
Dans un autre article, Montgomery et Monkman essaient de préciser
l'étude de cette motivation, en recherchant si de nouvelles stimulations
évoquent la crainte aussi bien que la curiosité. Gomme la crainte est
associée à la fuite et la curiosité à l'approche, side
suscitent les deux, le conflit approche -fui te doit augmenter.
Dans une première expérience^ 30 rats subissent trois essais. L'expéri
mentateur permet à un groupe l'accès dans un couloir rectiligne, pendant
qu'un autre groupe est exposé à l'entrée d'un passage « surélevé », démuni
de barrières latérales. Le nombre de sections traversées indique l'impor
tance du comportement exploratoire, les nombres d'entrées et de retraits
correspondent aux indices approche-fuite. Il ressort des résultats, que le
comportement exploratoire est plus important dans le couloir et décroît
ensuite rapidement, alors qu'il apparaît réduit au début de l'expérience
dans les passages surélevés, puis suivi d'une augmentation progressive.
Le conflit approche-fuite se retrouve dans les deux situations;, cependant
il est caractérisé dans la deuxième situation par une fréquence plus
élevée et un nombre total de réponses fuites plus grand. Le déroulement
de l'expérience dans le passage surélevé (augmentation progressive des
explorations) suggère que la décroissance de la crainte est proportionnelle
au nombre de contacts directs avec les nouveaux stimuli. Une seconde
expérience, plus compliquée, confirme ces résultats.
Gette recherche nous paraît également intéressante dans la mesure où
elle s'inscrit dans une voie de travail plus originale que celles empruntées
jusqu'à ce jour par de nombreux psychologues du Rat. Elle constitue un
travail préliminaire dont l'analyse a besoin d'être précisée ; car il est
évident que les deux motivations curiosité et crainte ne jouent pas d'une
façon indépendante, et qu'elles présentent sans doute des relations avec
ce que Hebb nomme le degré d'étrange té du stimulus.
Buttler et Herbert étudient et mesurent la force de la tendance
exploratoire en des expériences qui, selon l'avis des auteurs» sont plus
adaptées à ce but que les expériences de discrimination.
Six singes rhésus sont placés dans une cage en aluminium dans
laquelle se trouve une porte maintenue close par un ressort. Le nombre
de fois que la porte est poussée et la durée pendant laquelle elle reste
ouverte sont relevés par un compteur électrique. Chaque essai prolongé
pendant dix heures est reproduit six fois en six jours. Les auteurs
retiennent comme résultat valable les temps d'ouverture de la porte.
Ils montrent qu'il y a maintien constant de l'activité exploratoire pen
dant les six jours, et qu'on ne rencontre en ces expériences aucun phéno
mène de satiation. Cette assertion peut toutefois soulever quelque doute,
du fait que le nombre d'ouvertures de la porte décroît, et que des 216 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
variables non contrôlées, glissées dans la situation expérimentale,
excitent les animaux.
Une recherche récente de Berlyne nous présente une expérience
portant sur la curiosité perceptive chez le rat dans un contexte limité et
précis. L'auteur formule ainsi son hypothèse très simple : lorsqu'un nou
veau stimulus affecte les récepteurs de l'organisme, la motivation curiosité
est éveillée, suscitant des réponses exploratrices. Quand ce même stimulus
continue à s'exercer sur ces mêmes récepteurs, la curiosité diminue.
Six expériences montées d'une façon ingénieuse ont pour but d'étu
dier l'influence de plusieurs variables sur la curiosité. L'intensité de la
curiosité est indiquée par le nombre d'approches. Les rats sont placés
dans une boîte vitrée traversée par un faisceau de rayons infrarouges.
En avant du faisceau se tient le rat, en arrière est placée une petite boîte
contenant parfois un objet à examiner. Chaque fois que l'animal s'avance
vers l'objet il intercepte le faisceau lumineux. Un compteur électrique
permet de mesurer le nombre d'interceptions et leurs durées. Concernant
l'éveil de la curiosité, les résultats montrent qu'une section d'enviro
nnement présentant des stimuli nombreux et complexes est davantage
explorée qu'une section d'environnement présentant des stimuli rares et
très simples. Les réponses d'un groupe de rats exposés devant la petite
boîte contenant un cube gris et d'un autre groupe placé la vide montrent nettement cette différence. Concernant la satiation
de la curiosité, l'auteur relève un certain nombre de tendances générales
assez caractéristiques : une décroissance du comportement exploratoire,
brusque et persistante, après la fin du premier essai ; par contre, une
décroissance progressive d'un essai à l'autre durant la première minute.
Le déclin à l'intérieur d'un essai est plus prononcé avec des essais groupés
que séparés par 24 heures d'intervalle. D'autre part, un certain nombre
de variables semblent n'exercer aucune influence.
La multiplicité de toutes ces variables donne à l'auteur lieu de croire
que l'étude de la curiosité n'est possible qu'au début de chaque épreuve,
mais que très vite viennent interférer d'autres facteurs. Cette analyse qui
dégage quelques caractéristiques de la curiosité perceptive chez le rat,
et tient compte de la complexité des situations, essaie de se rattacher à la
théorie d'activation-inhibition, le phénomène de satiation étant présenté
comme l'équivalent de celui d'extinction des réponses. Mais ce champ
d'étude nous paraît lui-même encore trop inexploré pour qu'un travail
d'approche aussi intéressant que celui-ci nous paraisse convaincant.
Hebb, qui a plusieurs fois, en des études antérieures, souligné l'impor
tance du besoin de connaître chez les mammifères, présente en collabo
ration avec Helen Mahut un travail sur la tendance à rechercher des
changements perceptifs chez le rat. Leur champ d'étude déborde le simple
comportement exploratoire pour s'étendre à la résolution des problèmes.
« La motivation du joueur d'échecs serait un cas particulier d'une
tendance générale des mammifères à rechercher des changements
perceptifs et la nouveauté. » II s'agit donc de comprendre la difficulté PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 217
croissante des aspects de nouveauté et de changement, à des niveaux
ascendants de l'organisation perceptive.
Ces expériences, qui constituent une recherche préliminaire de la
résolution des problèmes et de sa relation avec la nouveauté perceptive
proposent d'autre part un essai d'analyse de la motivation. Le labyrinthe
comporte un chemin court et direct, un autre long et indirect avec
obstacles à franchir. Dans quelles circonstances l'animal préfère-t-il la
route longue ? Les résultats permettent de constater que les rats choi
sissent la route longue plus souvent lorsque les obstacles qu'elle comporte
sont nouveaux. Donc, la résolution de problèmes chez le rat peut être
motivée par autre chose que par le besoin de nourriture, c'est-à-dire par
le plaisir de résoudre des problèmes. On constate aussi qu'un changement
perceptif qui ne présente pas de problème a moins d'influence : ainsi, le
fait de changer la position des barrières latérales ne rend pas la route
longue plus attrayante.
Sur la motivation, envisagée dans sa généralité, Hebb, qui a exprimé
dans un article récent sa nouvelle position, pense que le système d'éveil
(substance réticulée) est directement en rapport avec la motivation, et
que le rôle des afférences sensorielles est très important. Les stimulations
sensorielles ont deux fonctions : l'une spécifique, fonction de connais
sance, oriente le comportement ; l'autre non spécifique, fonction de
motivation, maintient la vigilance et la possibilité d'effectuer des
réponses organisées. L'hypothèse est posée d'un niveau optimum d'acti-
vation nécessaire au comportement organisé. Au-dessus de ce niveau
optimum, on trouve une perturbation émotionnelle que l'individu tend à
éviter, au-dessous l'animal essaie au contraire de rechercher des situa
tions qui élèvent le niveau d'activation. Cependant, entre le cortex et le
corps cérébral, les relations ne fonctionnent pas dans un sens unilatéral,
mais selon des mécanismes d'actions réciproques. C'est ainsi que des
aspects cognitifs peuvent à leur tour agir sur la motivation. Ces hypot
hèses générales et audacieuses dépassent évidemment le cadre de la
recherche présentée, mais elles nous paraissent poser en des termes
valables et clairs le problème difficile et obscur des aspects cognitifs et
énergétiques de la motivation. p ~.
KISH (G. B.). — Avoidance learning to the onset and cessation of
conditioned Stimulus energy (Apprentissage d'évitement à V 'apparition
et l 'extinction d'un stimulus énergétique conditionné). — J. exp. Psy-
chol., 1955, 50, 31-38. —BAILEY (C. J.). — The effectiveness of drive
as CUes (Efficacité des motivations comme indices). — J. comp. physiol.
Psychol., 1955, 48, 182-187.— FÄRBER (I. E.). — The role of moti
vation in verbal learning and performance (Le rôle de la motivation
dans V apprentissage verbal et la performance ). — Psychol. Bull.,
1955, 52, 310-325.
Faisant suite à de nouvelles expérimentations sur la motivation, nous
voudrions mentionner quelques articles plus généraux, appliqués aux 218 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
aspects cognitifs de la motivation et des stimulations sensorielles.
Kish pose la question de l'efficacité des propriétés énergétiques et
physiques du stimulus. Quand il se produit un changement dans une
stimulation, quel est le facteur agissant sur la conduite : le changement
proprement dit (cela est supposé par les théories énergétiques) ou
d'autres propriétés physiques telle que la direction du changement (ceci
serait plus proche de certaines théories basées sur l'aspect physique du
stimulus) .
Des rats placés dans une boîte doivent réagir en tournant une roue au
déclenchement du S. C. qui est dans un cas l'apparition d'une lumière,
dans l'autre l'extinction d'une lumière préalablement allumée. L'eff
icacité respective de ces stimuli est mesurée par le nombre de réponses
durant l'apprentissage et durant l'extinction. L'animal reçoit un choc
électrique lorsqu'il ne répond pas à temps. Si le changement représente
la seule variable importante, on peut conclure que l'apprentissage ne
subit aucune influence de la direction.
Or, l'apprentissage avec S. G., lumière qui s'éteint, est inférieur à
l'apprentissage S. C, lumière qui s'allume. Ces résultats sont retrouves
dans une expérience parallèle avec stimulus sonore (vibreur) . Il peut donc
ressortir assez nettement que la direction de changement d*un stimulus
détermine un apprentissage efficace. Une explication énergétique paraît
peu valable à l'auteur, qui d'autre part ne se satisfait pas davantage
d'autre système. En fait, nous nous heurtons ici sous une nouvelle forme
au problème rencontré ci-dessus ' aspect énergétique et cOgftitif d'une
stimulation sensorielle. Sans doute, il peut être tentant de choisir une
explication en éliminant l'autre, mais la proposition de Hebb, tenant
compte de leur imbrication réciproque, nous paraît plus adaptée.
On peut aussi citer un travail de Bailey dont l'idée de départ est
ingénieuse, mais l'expérimentation un peu sommaire. L'auteur cherche
à démontrer si des besoins (drives) tels là faim et la soif, peuvent jouer
comme des indices d'apprentissage au même titre que des stimuli
extéroceptifs tel un son. 55 rats albinos doivent pousser un des deux
panneaux à discriminer, pour éteindre une lumière. La variable ind
épendante est dans un cas la présence ou l'absence d'un son ; dans un
autre, la présence ou l'absence d'une motivation particulière ; trois
groupes sont composés en cette dernière situation : faim contre soif,
faim contre rassasiement, soif contre rassasiement. Selon que l'animal
entend un son, ou se trouve motivé d'une certaine façon, il doit pousser
un panneau déterminé. Les résultats, faibles en général, montrent
cependant par un nombre significatif de réponses correctes, la possibilité
d'un apprentissage basé sur des stimulations interoceptives. Il serait
intéressant en reprenant des recherches plus précises d'étudier ces
réactions conditionnées associées à des stimulations interoceptives,
lesquelles sont surtout connues sous leur aspect énergétique.
Färber, considérant de nombreuses études sur le rôle de la motivation
dans l'apprentissage verbal et la performance, essaie d'élucider une GÉNÉRALE 219 PSYCHOLOGIE
confusion fréquemment commise à propos de la motivation, et dont
certains auteurs sont conscients (symposium de Nebraska, 1953). Il
s'agit de la confusion de termes entre les propriétés indicatrices et asso
ciatives de la motivation et ses propriétés énergiques renforçantes. La
coexistence de ces deux propriétés n'implique pas qu'elles sont iden
tiques, et l'analyse de la motivation repose sur la distinction de ces
deux termes. Certains auteurs assimilent un terme à l'autre, ou n'en
considèrent qu'un ; d'où les grandes contradictions dans tout ce qui a été
écrit sur la question.
La fonction associative est définie comme la tendance à déclencher
une classe limitée de réponses. La fonction énergétique correspond à une
intensification ou réduction de toutes les réactions. L'auteur applique ce
schéma à une série de motivations, dont le premier groupe correspond
aux motivations manipulées expérimentalement, dans un environnement
défini : le choc électrique possède la double fonction : énergétique bien
connue, et fonction d'information, dans la mesure où il représente un
signal d'amélioration d'une performance associé à d'autres situations. De
même la faim, dont le stimulus inconditionné renforce les réponses,
évoque une série d'associations verbales caractéristiques. Cette double
fonction est moins facilement discernable dans le cas des tabous sociaux
et de la frustration. Dans le groupe des « motivations sélectionnées
différentiellement en fonction des réponses », l'analyse empirique ordi
naire s'avère insuffisante. La motivation de l'individu est souvent définie
en terme de performance, mais le critère de motivation n'est jamais
expliqué clairement, ni l'aspect associatif bien dégagé. Enfin, l'auteur
examine des motivations plus complexes, telles que celles envisagées
par Allport- Vernon, McClelland, Hurley, et conteste leurs fonctions
associatives. Dans le test d'Allport-Vernon, le facteur prépondérant
n'est pas dans la motivation, mais essentiellement dans la fréquence des
mots d'usage, ainsi que l'ont montré Solomon et Postman. Dans des
situations de fabulation, l'attitude introduite par la consigne peut
souvent établir une habitude mentale et non un désir, une motivation.
Élargie par la découverte de ces nouvelles dimensions, dans un champ
d'étude renouvelé, la motivation soulève en des termes plus justes, mais
avec plus de difficultés, le problème de sa propre limitation. Comment
distinguer une conduite motivée d'une conduite non motivée ?
F. O.
Sélectivité et mécanismes d'adaptation :
ERIKSEN (C. W.). — The case for perceptual defense (Le cas de la
défense perceptive). — Psychol. Rev., 1954, 61, 175-182. — KOTT
(M. G.). — Learning and retention of words of sexual and non sexual
meaning (Apprentissage et rétention de mots à signification sexuelle et
non sexuelle). — J. abn. soc, 1955, 50, 378-382. -— KURLAND
(S. H.). — The lack of generality in defense mechanisms as indicated
in auditory perception (Le manque de généralité dans les mécanismes ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 220
de défense, d'après les indications de la perception auditive) . — J. abn.
soc. Psychol., 1954, 49, 173-177. — SMITH (G. H.). — Influence of
failure expressed hostility and stimulus characteristics on verbal
learning and recognition (L'influence de V échec, de V hostilité exprimée
et des caractéristiques du stimulus sur l'apprentissage et la reconnais
sance verbale). — J. Personal., 1954, 22, 473-493. — ERIKSEN
(C. W.). — Psychological defenses and « ego strength » in the recall of
completed and incompleted tasks (Les défenses psychologiques et la
« force du moi » dans le rappel des tâches achevées et inachevées ). — J.
abn. soc. Psychol., 1954, 49, 45-50. — MILLER (C). —Consistency
of cognitive behavior as a function of personality characteristics (La
consistance de comportements cognitifs, fonction de caractéristiques de
la personnalité). — J. Personal., 1954, 23, 233-249. — CHODOR-
KOFF (B). — Self-perception, perceptual defense and adjustment
(Perception de soi, défense perceptive et « ajustement »j. — J. abn. soc.
Psychol., 1954, 49, 508-512.
Dans un examen du « cas » de la défense perceptive, Eriksen considère
que l'anxiété exerce un effet similaire dans le processus de la reconnais
sance à celui qu'elle joue dans la résolution des problèmes (« les stimuli
provoquant l'anxiété peuvent réclamer plus d'information avant que la
reconnaissance correcte ne se produise »). Eriksen retient « la défense
perceptive » et la sélectivité mnésique comme des faits acquis. Son effort
porte sur la critique des expériences où la tonalité anxieuse des stimuli
devant provoquer le mécanisme de « défense perceptive » n'est pas
contrôlée, non moins que le type habituel de défense du sujet à l'égard
des stimuli de même signification, où des résultats statistiques globaux
masquent l'existence de mécanismes d'adaptation individuels.
Cependant, les recherches qui se proposent de vérifier l'existence et la
consistance de ces mécanismes différentiels apportent souvent des
résultats décevants. Par exemple, celle de M. G. Kott, sur la répression
des pulsions sexuelles, chez les normaux et chez les anxieux ; ou bien
celle de S. H. Kurland sur les mécanismes de défense dans la perception
auditive. Après avoir soumis 2 groupes de sujets : 60 normaux et
60 malades psychiatriques anxieux à des séances d'apprentissage, de
rappel et de réapprentissage de séries de mots à références sexuelle ou
corporelle et de mots neutres, Kott obtient un résultat qui infirme son
hypothèse : les malades anxieux retiennent plus facilement les mots à
référence sexuelle et corporelle que les normaux. Dans l'expérience de
Kurland, aucune différence significative entre malades réprimants ou
hystériques et malades intellectualisants ou obsessifs-compulsifs n'est
trouvée, ce qui infirme des résultats obtenus antérieurement par Lazarus,
Eriksen et Fonda ; cependant, une différence significative se révèle entre
normaux et malades, c'est-à-dire, chez ces derniers, une sensibilisation
aux stimuli présentés (mots à signification agressive, sexuelle, avec
référence à l'échec social...). Dans les deux expériences, il semble que les
malades examinés aient acquis des disponibilités perceptives à l'égard PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 221
de certains mots traumatisants, dont la fréquence est plus élevée dans le
langage courant du milieu psychiatrique.
Une expérience de J. G. Smith qui part de la même hypothèse que
Kurland, avec cette variante que les obsessifs-compulsifs y sont censés
exprimer et les hystériques réprimer l'hostilité, se solde également par un
échec. Les variables sont mesurées par les échelles (Pt et Hy) du MMPI
et par l'échelle d'hostilité de Moldavsky. On peut se demander, comme l'a
fait Eriksen dans son examen critique d'autres expériences, si, dans ce
cas, la nature de la motivation, c'est-à-dire l'objet de l'hostilité, était
suffisamment défini, afin de mesurer, à travers les séances de reconnais
sance perceptive, les réponses au MMPI et l'échelle d'hostilité, le même
mécanisme de défense à l'égard de la même pulsion.
Quelques recherches apportent des résultats expérimentaux plus
concluants : Eriksen part de l'hypothèse (a) que la « force du moi »
(mesurée par une échelle Rorschach inspirée de Me Reynolds) est dans un
rapport directement proportionnel avec le rappel des tâches inachevées
dans des épreuves, où l'échec ne représente pas une menace pour le moi,
et dans un rapport inverse avec le rappel des tâches inachevées, lorsque
l'échec représente une menace. Il veut vérifier d'autre part l'hypo
thèse (b) de la liaison entre le rappel des succès et l'hystérie (Hy du
MMPI) et le rappel des échecs et la psychasthénie (Pt du MMPI). Les
2 hypothèses d'Eriksen sont vérifiées dans une expérience classique de
rappel de tâches achevées et inachevées, sous la réserve que la psychas
thénie ne paraît pas indépendante de la « force du moi », que seule
l'hystérie garde une corrélation significative avec le rappel des succès et
des échecs, lorsque la variable « force du moi » est maintenue constante.
C. Miller essaye d'abord de dégager des consistances entre processus
perceptifs, mnésiques et d'apprentissage dans le jeu de la loi de l'effet.
Après une épreuve d'anagrammes, où les sujets échouent à 5 questions
et en résolvent 5, G. Miller soumet ses sujets à 5 tests : 1 de reconnaissance
perceptive, 3 de rappel, 1 de mots et syllabes associés.
Les intercorrélations obtenues entre tests révèlent une consistance entre
épreuves de mémoire (r = .70) d'une part et entre épreuves d'apprent
issage et de perception d'autre part (r = .55) dans la sélectivité des
succès et des échecs ; mais ne permettent de déceler aucune liaison cer
taine entre épreuves de mémoire et épreuves d'apprentissage et de
perception, les intercorrélations sont dans le sens prévu, mais non
significatives. Malgré le caractère fragmentaire des consistances obte
nues, Miller établit un score moyen pour les 3 catégories d'épreuves et
sélectionne 10 sujets présentant une sensibilisation extrême au succès et
10 sujets présentant une sensibilisation extrême à l'échec. Elle forme des
hypothèses sur le ton affectif et les mécanismes de répression de ces
sujets : 1° Les sujets sélectifs au succès sont des euthymiques, présentant
des signes minimum d'anxiété mesurée avec l'échelle d'anxiété A. I.
de Welsh ; les sujets sélectifs à l'échec sont des dysthymiques ayant des
notes maximum à l'échelle d'anxiété ; 2° Le maniement des sentiments

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