Obsessions. Psychasthénies. Délires. Etats paranoïaques. Syndromes hallucinatoires. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 471-485

Obsessions. Psychasthénies. Délires. Etats paranoïaques. Syndromes hallucinatoires. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 471-485

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 471-485
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Publié le 01 janvier 1932
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c) Obsessions. Psychasthénies. Délires. Etats paranoïaques.
Syndromes hallucinatoires.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 471-485.
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c) Obsessions. Psychasthénies. Délires. Etats paranoïaques. Syndromes hallucinatoires. In: L'année psychologique. 1932 vol.
33. pp. 471-485.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1932_num_33_1_5179PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 471
chez le schizophrène. Si le moi supérieur est faible, il faut l'aider
à s'affermir ; si le transfert est difficile à obtenir, il faut essayer de
l'aider dans cette voie. Même là, où les procédés psychanalytiques
sont difficiles à utiliser, le médecin est obligé d'aider le malade à
s'adapter à la réalité (par une thérapeutique du travail), et à l'occuper
dans le service. D'une façon générale, il faut appliquer ici toutes les
méthodes tendant à influencer psychologiquement les changements
organiques. J. A.
708. — P. PRENGOWSKI. — Sur le traitement des psychoses non-
organiques. — Enc, XXVII, 8, 1932, p. 684-702.
L'A. attribue la démence précoce véritable à un ralentissement de
la circulation périphérique. Pour l'activer, il emploie la thermothérap
ie et les douches à haute pression. Il a toujours obtenu une amélio
ration considérable dans l'état psychique du malade, et la guérison
complète, lorsque les troubles étaient à leur début. Un certain nombre
d'affections qui sont communément rangées dans la démence précoce,
sont en réalité toutes différentes. Elles sont dues à des troubles endoc
riniens. De ce nombre les psychoses puerpérales, quand elles ne sont
pas dues à des hémorragies, à l'éclampsie ou à une infection, les
psychoses menstruelles de la femme et même celles de l'homme.
Dans ces différents cas l'opothérapie appropriée a également donné
les résultats les plus remarquables. H. W.
c) Obsessions. Psy chastén ies. Délires. Etats paronoïaques.
Syndromes hallucinatoires 1.
709. — P. JANET. — L'hallucination dans le délire de persécution.
Les croyances et les hallucinations. — R. Ph., CXIII, 1932, 1-2,
p. 61-98 et 3-4, p. 279-331.
« L'étude des hallucinations n'est pas un chapitre de la percept
ion, c'est un chapitre de la croyance ». Et J. ajoute « ... Je parle des
hallucinations dans lesquelles interviennent le langage et l'affirmat
ion... ce sont des croyances, des affirmations fausses qui dépendent
d'un mode d'affirmation et de croyance que le sujet est en ce moment
incapable de changer. »
Le terme d'hallucination désigne des symptômes psychologiques
différents, et dont un petit nombre seulement justifient en partie
l'ancienne « hallucination — perception sans objet ». A ceux-là J.
réserve le nom d'illusions. La seconde catégorie est celle des
hallucinations-réminiscences et la troisième, celle à laquelle se rap
porte la définition citée plus haut, des hallucinations-délires.
Il faudrait pouvoir rappeler ici les idées de J. sur la perception,
sur la mémoire, sur les sentiments régulations de l'action.
Dans un chapitre spécial précédant l'étude des cas des « illusions ».
J. résume les caractères d'une perception : ce sont l'extériorité, l'im-
médiateté, la précision, l'exclusivité, la coordination à un ensemble
et la grande certitude « qu'entraînent chez un individu capable de
1. Voir aussi les n°» fi28 et 1092. 472 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
langage et de croyance, ses caractères systématique et exclusif »
(dans la plupart des cas à la certitude du sujet s'ajoute une cert
itude sociale) et enfin son agressivité. Les illusions d'un délirant alcoo
lique, les hallucinations oniriques présentent une grande partie de
ces caractères. Ils s'expliquent par une activation des tendances
élémentaires, sans le contrôle des supérieures. C'est une action gar
dant les caractères des stades psychologiques élémentaires ; elle est
en effet indépendante de notre volonté et paraît extérieure.
Les hallucinations-réminiscences se rattachent à des troubles de
la mémoire ; ce ne sont que des imitations des perceptions. « Elles
supposent un trouble au moment de l'événement initial qui n'a pas
permis la construction du récit suivant les lois de la mémoire, qui a
laissé la situation sans terminaison, sans liquidation et qui détermine
le besoin de la recommencer perpétuellement d'une manière aussi
imparfaite. Ces hallucinations supposent aussi un trouble dans les
perceptions présentes au moment où s'activent les réminiscences. »
(l'est un trouble général, portant partciulièrement sur la mémoire
et déterminant déjà des modifications considérables de la croyance.
Les hallucinations les plus intéressantes et aussi les plus étudiées
sont les hallucinations-délires. Elles expriment simplement la force
de la croyance délirante.
La conception, de la croyance est étroitement liée avec celle des
degrés du réel. La est déterminée par « l'affirmation de
l'union entre la formule verbale et l'action ». La notion du réel
remplace celle de l'être lorsque l'affirmation devient réfléchie. Mais
le réel a des degrés divers, qui ne sont que divers degrés de croyance
caractérisés par divers sentiments régulations de l'action qui les
accompagnent. J. distingue le réel complet, le presque réel, le demi-
réel et le presque non réel. Une conduite correcte c'est celle qui
donne à nos représentations, à nos formules verbales une place con
venable dans cette hiérarchie du réel. Le déplacement vers le haut
ou vers le bas est un symptôme morbide.
Caractérisée par la croyance, l'hallucination n'est plus un phéno
mène isolé, mais un fait en connexion étroite avec d'autres symp
tômes morbides : idées prévalentes de l'obsédé, représentations symb
oliques, delusions du revendicateur, hallucinations rétrospectives
du persécuté. Tous présentent des degrés croissants de la croyance
exagérée, de là surréalisation. La croyance étant déterminée par des
sentiments régulateurs de l'action (« les croyances sont des actes,
des conduites intermédiaires entre la parole et les actions des
membres ») le trouble chez tous ces malades porte précisément sur
ces régulations qui augmentent la croyance d'une façon exagérée. Il
y a des paresses de la croyance, (maladies du doute) des horreurs de
la croyance (négation systématique), des triomphes de la croyance;
« quand la croyance bien réussie prend la forme la plus belle, la plus
décisive, celle que nous attribuons d'ordinaire à la perception. »
Mais ce qui rend l'hallucination très complexe, c'est qu'il y entre
en plus de cette surréalisation une objectwation intentionnelle, carac
tère essentiel de tous les délires d'influence.
(Ces deux articles font partie d'un ouvrage en préparation : Les
Délires d'Influence et les Sentiments Sociaux). A. R.-G. PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 473
710. — E. MINKOWSKI. — Le problème des hallucinations et le
problème de l'espace. — Evolution Psychiatrique, 2e série, 3, 1932,
p. 57-76.
A propos de l'observation d'un peintre présentant une psychose
hallucinatoire, entendant des voix, M. se livre à une analyse psychol
ogique, qui le conduit à admettre que l'halluciné se désocialise, et
superpose au monde réel, qui ne se trouve pas modifié, un autre
monde, dont l'esquisse se trouverait chez le normal dans ce que M.
appelle 1' « espace noir » pour le différencier de l'espace clair de nos
perceptions, où une profondeur vague peut se peupler de représent
ations. H. P.
711. — R. MOURGUE. — Neurobiologie de l'Hallucination (avec
lettre-préface d'HENRi Bergson). — In-8° de 416 pages. Bruxelles,
Lamertin, 1932. Prix : 65 francs.
Attaché depuis de nombreuses années au problème de l'hallucinat
ion, ayant trouvé très vite qu'il ne pouvait admettre le postulat
général d'une « intensification de l'image mentale », M. a été séduit
par la « méthode entièrement objective » de Bergson, et partant des
conceptions biologiques de ce dernier, il a fondé les hallucinations
sur une objectivation spatiale, conditionnée par des attitudes mot
rices.
Renonçant au point de vue analytique pour envisager l'individu
-comme un tout, modelant sa pensée sous l'influence de Head et de
Hughlings Jackson, tardivement découvert, de l'histologiste Vial-
leton, son maître à Montpellier, et de Von Monakow avec qui il
écrivit l' Introduction biologique à l'étude de la Neurologie où l'on
voyait se développer le rôle de la tendance, de VHormé, s'imprégnant,
dans son admirable érudition, des travaux les plus divers, agglutinés
par le même ciment doctrinal, M. a écrit un ouvrage extrêmement
riche (avec une bibliographie des principaux travaux consultés de
près de 1100 numéros), pour montrer que l'hallucination « n'est qu'un
des modes d'expression de la pathologie du monde des instincts ».
Après une esquisse historique, M. critique la théorie de l'image
intensifiée et précise, en première approximation, le rôle des attitudes
motrices, dans sa première partie.
La seconde partie, introduction à son nouvel effort, esquisse la
théorie des « niveaux « de Hughlings Jackson, met en évidence les
relations des hallucinations avec le système organo- végétatif (et en
particulier le labyrinthe), et examine le rôle de la dépersonnalisation
dans l'hallucination vraie, dont elle conditionne le caractère d'object
ivité apparente, dépersonnalisation représentée comme un « isol
ement ». Enfin, dans la troisième partie, l'hallucination est intégrée
dans la conception des niveaux d'activité instinctive. L'instinct utilise
les « engrammes corticaux », et engendre dans la
mesure où il se sert à son profit de l'appareil de projection spatiale
servant normalement à l'orientation dans le monde réel. Il n'y a pas
là, reconnaît M., une théorie complète de l'hallucination, » imposs
ible à établir dans l'état actuel de nos connaissances » ; on peut dire
qu'il y a une esquisse philosophique, très imprégnée de biologie, uti
lisant les données les plus récentes, en les devançant quelquefois- 474 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
par des hypothèses hardies (comme celle d'un système organo-
végétatif doublant l'appareil visuel, pour expliquer des faits de sug
gestion hallucinatoire), et qui est bien propre à faire penser, en
renouvelant des points de vue trop souvent figés, en mobilisant,
comme dans une projection de vues animées, les aspects variés des
problèmes. H. P.
712. — H. CLAUDE et EY. — Evolution des idées sur l'hallucinat
ion. Position actuelle du problème. — Enc, XXVII, 5, 1932,
p. 361-377.
Deux conceptions différentes se sont fait jour sur l'hallucination,
et il en résulte bien des confusions. Les uns, avec Esquirol, estiment
qu'elle doit être définie essentiellement comme la croyance à un objet
de perception qui n'existe pas. D'autres mettent au premier plan
son caractère xénopathique. A été donnée comme hallucination toute
image, toute pensée qui semble, à celui qui l'éprouve, lui être imposée
par une force étrangère, même si cette image n'a aucun caractère
d'extériorité. L'hallucination a pu être ainsi ramenée à l'excitation
des centres qui répondent aux images évoquées ; elle a été définie
comme une sorte d'épilepsie sensorielle ou psychique. Il a été admis
qu'elle était un trouble partiel et qu'elle pouvait coexister avec une
pensée lucide. L'aboutissant de cette doctrine a été la théorie de
l'automatisme développée par Clérambault. D'autres, avec Gilbert
Ballet, ont bien admis qu'il y a dissociation psychique, mais l'hall
ucination n'en reste pas moins le phénomène primitif ; ils ne l'ont pas
subordonné à un trouble du jugement, à un faux jugement de réalité,
à une erreur de croyance. Or c'est là le fait essentiel qui permet de
distinguer l'hallucination véritable de toutes les pseudo-hallucinations.
H. W.
713. — H. CLAUDE et H. EY. — Hallucinose et hallucination. Les
théories neurologiques des phénomènes psycho-sensoriels. — Enc,
XXVII, 7, 1932, p. 576-621.
L'irritation des organes périphériques ou des centres de la sensi
bilité ne peut donner lieu à des images répondant à des objets que
si elles sont en quelque sorte mises en forme sous l'influence de sou
venirs, de tendances conscientes ou inconscientes. Il en résulte alors
de l'hallucinose. A l'hallucinose il manque, pour être une hallucinat
ion, le jugement de réalité qui ferait croire à l'existence actuelle de
l'objet représenté. Le passage de la simple image à la croyance ne
peut, en aucune cas, être déterminé comme automatiquement par
l'intensité de l'image. Il y faut un trouble surajouté de la conscience.
Bien des exemples le démontrent. Les souffrances du tabétique
restent habituellement de simples souffrances sur lesquelles il ne fait
qu'appliquer des métaphores descriptives. Parfois elles se tran
sforment en images, en hallucinose. Mais jamais il ne prend ces images
pour des objets réels à moins qu'il ne présente en même temps un
trouble profond de la conscience : angoisse, confusion ou démence
paralytique. Il arrive que des irritations cochléaires donnent lieu à
des images sonores, mais plus l'intensité de l'irritation rend l'image
intense et moins le sujet croit à sa réalité. De même pour les irrita- PATHOLOGIQUE 475 PSYCHOLOGIE
tions d'ordre visuel. S'il arrive que le sujet croit à la réalité des
images sensorielles, c'est seulement dans le cas de surdité ou de
cécité, c'est-à-dire lorsque la perception réelle est supprimée.
Les troubles de la conscience qui conditionnent l'hallucination sont
les états confusionnels, démentiels ou délirants. Dans ce cas l'hallu
cination peut être une simple transformation de l'hallucinose. Mais
le plus souvent elle se passe d'irritation périphérique. H. W.
714. — H. EY. — La croyance de l'halluciné {A propos des études
de M. Quercy sur V hallucination). — An. Méd. ps., XVI, n, 1,
1932, p. 13-37.
A propos des études de M. Quercy sur l'hallucination, auxquelles
il fait un certain nombre des objections faites par moi-même dans la
dernière Année Psychologique, l'A. insiste sur ce que le fait essentiel
de l'hallucination, c'est la croyance à la réalité d'objets qui n'existent
pas dans le champ de la perception. Il n'y a pas de matière sensor
ielle qui puisse faire croire automatiquement à cette réalité, le cas
des hallucinoses le démontre péremptoirement. Tant qu'il n'y a pas
croyance à la réalité de l'objet, il n'y a pas hallucination et, tant qu'il
n'y a pas trouble de la conscience, cette croyance contraire à là réalité
ne peut se produire.
Ce trouble peut être de deux sortes : ou bien « la croyance va au-
devant de l'objet absent, l'appelle et le crée à partir du matériel
mnésique » : ainsi dans ces faits de suggestion qui ont été décrits en
si grand nombre chez les hystériques, dans ces convictions délirantes
dont l'hallucination n'est que la matérialisation ultime, dans ces
crises affectives, telles que l'anxiété mélancolique, qui réalisent un
objet en accord avec elles-mêmes ; ou bien « la croyance devient
asséritive, est incapable de résister et s'abandonne aux phantasmes
comme à des choses. Il se produit une véritable osmose du réel et de
f' 'imaginaire comme dans les cas de déficit intellectuel tels que
l'agnosie, la cécité ou la surdité psychiques, dans les cas de disloca
tion schizophrénique, dans des états tels que l'onirisme ou le rêve.
La croyance à la réalité d'objets qui n'existent pas peut avoir
différents supports sensoriels, mais il n'est du pouvoir d'aucun sup
port sensoriel de se substituer par lui-même à l'acte de croyance.
Enfin chaque fois que la croyance ne porte pas sur la réalité d'un
objet extérieur, il ne peut être question d'hallucination : il ne saurait
donc être question d'hallucinations cénesthésiques. H. W.
715. — H. CLAUDE et H. EY. — Hallucinations, pseudo halluci
nations et obsessions. — An. Méd.-ps., XVI, n, 3, 1932, p. 273-316.
Si le nom d'hallucination est réservé aux cas où le malade croit
percevoir hors de lui un objet qui n'existe pas, le nombre en devient
beaucoup plus restreint. Ne sont pas hallucinatoires d'abord les cas
d'obsession active, c'est-à-dire ceux où le sujet reconnaît l'absurdité,
la nocivité, l'indécence d'un rite auquel il a pourtant peur de sucs
comber ; puis les obsessions passives, c'est-à-dire des idées ou de-
représentations dont il ne se sent pas l'auteur et qu'il subit comme
quelque chose d'étranger. Ces obsessions passives sont très proches de
tous ces cas connus sous le nom d'écho ou prise de la pensée. Elles 476 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
se confondent plus ou moins avec les pseudo-hallucinations, les hal
lucinations psychiques, les représentations aperceptives où les repré
sentations ne sont pas extériorisées.
Aucun de ces cas ne peut s'expliquer par la simple excitation ou
irritation des centres ou connexions nerveuses en rapport avec les r
eprésentations obsédantes ou pseudo-hallucinatoires. Quand ce méca
nisme est en jeu, c'est l'hallucinose qui en résulte, c'est-à-dire des
représentations dont le malade reconnaît lui-même qu'aucun objet
extérieur ne leur répond.
Les obsessions et les pseudo-hallucinations peuvent être le résultat
de mécanismes différents : influence affective et particulièrement
anxiété, influence d'affects qui suscitent une représentation sans
rapport apparent ni conscient avec eux ; c'est la projection de Freud :
sentiment d'influence conditionné par un état d'affaiblissement de
la tension psychologique (psychasthénie de Janet).
Le passage est possible de l'obsession à l'hallucination sous l'i
nfluence de l'anxiété, sous l'influence de complexes affectifs soit direc
tement, soit par l'intermédiaire d'associations. Mais cette progression
possible de l'obsession à l'hallucination n'autorise pas à les confondre.
H. W.
716. — J. LHERMITTE. — L'hallucinose pédonculaire. — Enc,
XXVII, 5, 1932, p. 422-435.
Il est arrivé d'observer chez des vieillards la simultanéité de
troubles ophtalmoplégiques, de sommeil incoercible et d'hallucina
tions visuelles. D'autre part certains toxiques, comme les barbitu
riques, dont l'affinité pour le mésodiencéphale est connue, provoquent,
à côté d'une tendance au sommeil, des hallucinations visuelles. Ces
hallucinations se produisent de préférence à la tombée du jour et ont
une très grande analogie avec les visions hypnagogiques. Elles coïn
cident aussi avec un état de désintérêt vis-à-vis du réel et même de
fabulation. Enfin l'A. rappelle que les affections qui touchent le
plancher du 3e ventricule et la calotte pédonculaire, qui le continue,
ont pour effet de provoquer un trouble de la fonction du sommeil.
Or dans le sommeil il y a deux composantes : l'abolition de la cons
cience avec désintérêt du réel et le rêve. De tout cet ensemble de
constatations cliniques, anatomiques, physiologiques, il résulte qu'une
atteinte de la région pédonculaire semble capable de produire des
hallucinations par trouble de la fonction hypnique comme elle est
capable de produire des paralysies oculaires : simple question de
localisation anatomique. H. W.
717. — J. LHERMITTE, GABRIELLE LÉVY et J. TRELLES. —
L'hallucinose pédonculaire (Etude anatomique d'un cas). — R. N.,
XXXIX, i, 3,1932, p. 382-388.
La mort, par broncho-pneumonie, d'un malade intoxiqué par des
barbituriques et sujet à des hallucinations visuelles animées, a permis
de constater, en dehors d'un petit angiome dans la deuxième fron
tale droite, l'existence d'une dégénération pigmentaire de la substance
réticulée grise du pédoncule, avec atteinte des noyaux de la 3e paire.
Bien que le malade fût tabétique, les auteurs attribuent à l'intoxi- PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 477
cation ces lésions de la calotte pédonculaire qui auraient entraîné
l'hallucinose, suivant la conception soutenue depuis plusieurs années
par L., rattachant ce syndrome à une atteinte de la région des centres
de régulation hypnique. H. P.
718. — H. CLAUDE, L. LE GUILLANT et J. RONDEPIERRE. —
Considerations sur un cas de paraphréuie. — An. Méd.-ps., XVI,
i, 5, 1932, p. 539-546.
Chez un malade coexistent des thèmes délirants de la plus haute
invraisemblance et qui pourraient faire croire à un abaissement con
sidérable du niveau mental, une intelligence active et tout à fait nor
male, une parfaite adaptation avec les réalités de la vie. Le délire
comporte peut-être des idées d'influence, il paraît s'alimenter à des
sources oniriques ; il a pu donner longtemps le change à l'entourage,
car le malade est d'humeur joviale et ses affirmations mégaloma-
niaques étaient prises pour des cocasseries volontaires. D'ailleurs il
savait très bien achever en boutade la confidence dont il voyait son
interlocuteur surpris. Son internement a été la suite d'une altercation
violente avec un voisin. Mais il n'y avait eu aucun fléchissement,
aucun accroc dans son activité professionnelle assez complexe de
courtier d'assurances. H. W.
719. — CLAUDE, BARUK et H.EY. — Hallucinose auditive chez
une syphilitique arséno-résistante. — An. Méd.-ps., XVI, 11, 2,
1932, p. 178-180.
A la suite d'une otite scléreuse, une syphilitique présente de l'hypo-
acousie, des bruits subjectifs, puis elle entend une rengaine « Tour-
nezrvous Marie » qui se répète par crises et la rend très anxieuse. A
quel facteur donner la prépondérance : à un trouble sensoriel ou
à l'obsession ? H. W.
720. — G. BOSCH et F. GORRITI. — Nouvelle forme d'hallucina
tion auditive verbale. — An. Méd.-ps., XVI, n, 4, 1932, p. 439-446.
Ces hallucinations nouvelles sont des hallucinations auditives ver
bales syllabiqnes, pluripersonnelles, c'est-à-dire que les syllabes com
posant les mots et les phrases de l'hallucination sont dites chacune
par un interlocuteur différent. Il s'agit d'un malade affecté d'un
délire hallucinatoire chronique, de caractère paranoide, avec tendances
mégalomaniaques et agressives. H. W.
721. — MAX LEVIN. — Auditory hallucinations in non psychotic
chidren [Les hallucinations auditives chez les enfants non psychot
iques). — Am. J. of P., XI, 1932, p. 1119-1152.
Etude de quatre cas d'hallucinations auditives chez des garçons
âgés de 13 à 15 ans 1/2. Tous étaient des enfants d'émigrés juifs
vivant dans des conditions économiques et morales très pénibles,
tous étaient légèrement débiles. L'auteur a décrit 24 épisodes hallu
cinatoires. Chez deux garçons, il a constaté des symptômes schizo-
phréniques. Les autres, quoique mal adaptés, n'ont révélé
aucune psychose. Après avoir étudié longuement la nature de ces
hallucinations, leur localisation, etc., l'auteur, imprégné de psycha- 478 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nalyse, trouve qu'elles semblent participer à l'accomplissement des
fonctions suivantes : la défense, le besoin de se rehausser dans sa
propre estime, la satisfaction des désirs instinctifs et du désir de
jouissance, la répression des désirs et des instincts malsains et l'auto
punition par l'expiation du sentiment de péché. Dans deux cas des
troubles auditifs organiques ont été notés. J. A.
722. — FERDINAND MOREL. — Contribution à l'étude des hallu
cinations visuelles du delirium tremens . — Ar. Su. de Neur., XXX,
1, 1932, p. 178-182.
Chez tous les malades entrés à l'asile atteints de delirium, l'auteur
a pratiqué une recherche systématique : étendus sur le dos, un œil
obturé, les malades fixaient le plafond de la cellule avec l'autre œil,
puis, chaque œil ayant été interrogé séparément, leurs deux
yeux ouverts (37 cas retenus).
Au bout de 3 à 10 secondes, apparaissent des modifications dans
le champ central, exclusivement (sur 30 à 50 centimètres de largeur,
à 3 mètres de distance, en général). Dans cette tache, circulaire ou
ovalaire (à grand axe horizontal) il y a une texture de bandes, de
traits grisâtres, de quadrillés, de grillages parfois.
L'hallucination disparaît par fermeture de l'œil, ou au cours des
mouvements oculaires rapides, elle suit les mouvements lents de
l'oeil. Lorsque ce centre du champ visuel s'assombrit, la pupille se
dilate. M. pense qu'on ferait mieux d'employer, pour désigner ce
phénomène, le nom de scotome central, ayant 10 à 15° de grandeur
angulaire. Le scotome est intermittent, débute en général un peu
avant la crise et disparaît avec elle.
Le scotome de l'œil gauche peut différer de celui de l'oeil droit.
Ces formes sombres paraissent le point de départ des interpréta
tions hallucinatoires d'animaux (avec déplacements suivant les
mouvements d'yeux). H. P.
723. — F. MOREL. — Les hallucinations monoculaires du delirium
tremens. — Enc, XXVII, 5, 1932, p. 378-408.
Dans le delirium tremens, les sont plus
fréquentes que les hallucinations binoculaires, la vision binoculaire
ayant pour effet de supprimer parfois les hallucinations monoculaires.
D'autres fois elle les combine ou bien donne la prépondérance à l'une
des deux. Les n'ont jamais un caractère d'opacité
totale, leurs teintes ne sont pas franches et tirent habituellement sur
le gris, limites sont souvent flottantes ; elles peuvent être loca
lisées à des distances variables ; elles peuvent être animées de mou
vements vibratoires ou de tournoiement ; elles suivent les déplace
ments de l'œil et quand elles sont légèrement excentriques, elles
peuvent entraîner des déplacements de l'œil dans leur direction. Leur
topographie répond aux limites de la macula et n'est jamais centrale.
Elles indiquent une irritation du faisceau maculaire, qui est le fai
sceau lésé dans l'amblyopie alcoolique. Le nom de scotome positif
leur conviendrait mieux que celui d'hallucination. H. W.
724. — P. GUIRAUD et X. ABËLY. — Syndrome hallucinatoire PATHOLOGIQUE 479 PSYCHOLOGIE
chronique dans un cas de sclérose en plaques. — An. Méd.-ps.,
XVI, i, 3, 1932, p. 291-295.
Hallucinations paresthésiques et de contenu mystique. Les troubles
moteurs de la sclérose en plaque ne sont reconnus que plus tard.
L'autopsie révèle l'existence de plaques nombreuses, dans la moelle,
la capsule interne, le centre ovale des deux côtés, les hémisphères. Aux
plaques médullaires sans doute sont dues les paresthésies, aux plaques
corticales l'interprétation délirante. H. W.
725. — J. LACAN. — ■ De la psychose paranoïaque dans ses rap
ports avec la personnalité. — Un vol. de XIII-381 p., Paris, Le
François, 1933.
Thèse de médecine, ce travail est remarquable par la solidité de sa
structure théorique, par la force de son développement dialectique,
par la richesse de ses observations psychologiques et de ses aperçus
méthodologiques.
Dans cette grosse étude, l'A. rapporte un seul cas, un cas exemp
laire, qu'il s'est appliqué à pénétrer dans tous ses détails, et qui lui
paraît suffire à sa démonstration. Il y a déjà là l'affirmation d'un
principe : l'histoire d'un seul malade, si l'enquête est suffisamment
poussée, en apprend plus qu'une collection d'observations prises selon
des schémas plus ou moins conventionnels. Car ce qui importe, ce qui
est explicatif, c'est précisément ce qu'il y a de plus personnel dans la
vie de chacun. Donner l'exemple d'une vie permet de grouper ensuite
autour d'elle d'autres vies qui s'avèrent plus ou moins semblables,
et d'en spécifier, par comparaison, le déterminisme. C'est ainsi que
l'A. a choisi parmi ses observations celle qui lui semblait la plus
démonstrative, mais il pourrait en citer d'autres à l'appui de celle
qu'il a choisie.
Par une progression dialectique très bien menée, il part de la para
noïa telle que Kraepelin en a tracé les cadres et il insiste sur le
devenir psychogénique que Kraepelin a reconnu comme essentiel
dans la paranoïa.
Il insiste ensuite sur la distinction faite par Jaspers entre les psy
choses qui traduisent un développement continu de la personnalité
et celles où il y a intervention d'un processus psychique, c'est-à-dire
une sorte de rupture dans ce et de remaniement dans
la personnalité. Mais tous les cas il insiste sur l'erreur de croire
qu'une personnalité ou une psychose puissent être le simple dérou
lement, la simple manifestation en quelque sorte mécanique ou deduct
ive d'une constitution fixe et prédonnée. Le milieu, les circonstances
auxquelles le sujet réagit, sont indissociables de la personnalité telle
qu'elle se réalise ou s'est réalisée. La notion de constitution est arbi
traire, artificielle. Aucun des types de constitution qui ont été décrits
n'ont jamais pu s'accorder avec la diversité des cas particuliers. Il
montre entre autres comment la paranoïaque, une des
plus solidement établies, croit-on communément, est faite de traits
dont la plupart ne peuvent être relevés chez les sujets appelés para
noïaques.
C'est ainsi que nombre d'entre eux s'apparenteraient à la psychas-
thénie de Janet ou à la paranoïa sensitive de Kretschmer, dont toutes