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— Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique - compte-rendu ; n°1 ; vol.36, pg 625-638

De
15 pages
L'année psychologique - Année 1935 - Volume 36 - Numéro 1 - Pages 625-638
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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X. — Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique
In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 625-638.
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X. — Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique. In: L'année psychologique. 1935 vol. 36. pp. 625-638.
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79 % l'ont exécuté selon leur mode habituel, 11 % ont ressenti
moins d'émotion, 10 % étaient gênés par l'image.
4 autres poètes ont jugé les 113 poésies obtenues, distinguant
facilement les des autres intellectuels. Chez les poètes, Ja
forme est plus parfaite et plus moderne, les mots plus rares, le
contenu plus symbolique et profond, les métaphores plus nombreuses,
le surnaturel plus fréquent, les souvenirs personnels beaucoup moins
nombreux. >
Chez tous les sujets, P. distingue 4 étapes, parfois chevauchantes,
dans la création lyrique : préparation (les idées affluent), incubation
(une idée surgit, disparaît, à plusieurs reprises, pour devenir l'idée
maîtresse), illumination da poésie se trouve construite), control«
(critique, achèvement). Le processus de l'incubation est étudié et
discuté, avec références à Helmholtz, Poincaré, Wallas, etc. L'A.
critique le concept de « travail subconscient » appliqué aux périodes
de repos qui suivent l'effort de recherche ; ces périodes ont pour effet
essentiel de délivrer l'esprit des obsessions, on supprimant simplement
l'importance du facteur « récence « pour les différentes idées et asso
ciations formées pendant la recherche. G. D.
1077. — J. LÉVY-VALENSÏ. — L'inspiration poétique et la psycho
pathologie. — L'hygiène mentale, XXX, 2, 1935, p. 21-42.
L'inspiration poétique obéit aux mêmes lois que certaines mani
festations morbides, la manie, la schizoïdie, la mélancolie surtout.
Mais il faut que ce soit déjà le génie qui délire pour que le délire
soit encore du génie. M. II.-P.
1078. — J. BAHLE. — Persönlichkeit und Kunstwerk im zeitge
nössischen Musikschaffen (La personnalité et V œuvre d'art dans
la création musicale contemporaine). — Z. f. Ps., CXXXV, 1935,
p. 131-155.
B. étudie les rapports de la personnalité et de l'œuvre chez
deux musiciens contemporains, K. Spanich et H. Hermann, qui ont
tous deux travaillé sur un même poème de Klœber, en notant eux-
mêmes les phases du développement de leur inspiration : choix du
texte ; impression créatrice originelle ; transformation de cette
impression et production technique. L'idée centrale est celle du pas
sage des formes affectives schématiques aux formes musicales
concrètes par une. sorte de transposition (les deux artistes ont
d'ailleurs de grandes différences et presque une opposition de tempé
raments). Cette transformation ne peut être suivie que sur les motifs
musicaux que B. reproduit et commente dans son article. P. G.
X. — Phonation. Langage. Ecriture. Dessin. Musique1
1079. — V. E. NEGUS. —The mechanism of phonation (Le mécanisme
de la phonation). — Acta oto-laryngologica, XXII, 1935, p. 393-419.
Figuration de larynx chez l'homme et divers animaux et discus
sion du mécanisme phonatoire.
1. V. aussi les n<* 232, 423, 424, 449, 458, 503, 548, 1078, 1290, 1319,
1457, 1458.
l'année psychologique, xxxvi 40 626 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur n'attribue pas le son à la tension des cordes vocales,
ni la hauteur tonale au degré de leur tension.
La phonation serait due à l'action synergique de certaines fibres
du groupe sphinctérien, aidées par les fibres des muscles dilatateurs
qui ferment la glotte et assurent l'élasticité de ses bords.
Ce sont les variations de la contraction du muscle thyro-aryténoï-
dien qui modifieraient la hauteur tonale des sons vocaux. La longueur
des cordes vocales influence le taux de vibration et leur forme la
qualité de la voix.
Le pharynx, le nez et la bouche, constituent des résonateurs
importants. H. P,
1080. — R. HUSSON. — Rôle de la fourniture laryngée dans la
formation du timbre des voyelles parlées et chantées et genèse
des passages et des registres de la voix. — C. R., CC, 1935, p. 1630-
1632.
La différenciation vocalique est conditionnée essentiellement
par le son laryngien (un otaudion ayant été mis à la place du larynx
chez un sujet laryngectomisé, il n'y eut plus de différenciation
des voyelles). des"
Et la réaction résonateurs vocaux sur le larynx permet,
conjointement à la notion de résonance multiple établie par Kuchar-
ski, d'expliquer les passages de la voix, le changement de registre
se produisant chaque fois que, en montant la gamme sur une voyelle
donnée, un harmonique renforcé est remplacé par l'harmonique
immédiatement inférieur (à condition que l'intensité en soit suff
isante) ce qui s'accompagne d'une perturbation des actions dyna
miques s'exerçant sur les cordes vocales en vibration, d'où des exci
tations proprioceptives et des réflexes musculaires.
La voix de poitrine comporte une participation importante
du résonateur pharyngien (associé au buccal) au fonctionnement
total, tandis que dans la voix dite de fausset ou de tête, c'est le
résonateur buccal seul qui est relancé par la fourniture laryngée.
H. P.
1081. — E. W. SCRIPTURE. — Macrophonie speech (Parole macro
phonique). — J. of exp. Ps., XVIII, 1935, p. 784-791.
La parole myokinétique est l'ensemble des mouvements des
organes vocaux ; la parole macrophonique est l'ensemble des dépla
cements de l'air produits dans les cavités de l'appareil phonateur
par ces mouvements ; c'est elle qu'enregistre la méthode de l'abbé
Rousselot ; la parole microphonique est formée de vibrations trans-
missibles qui résultent de ces déplacements locaux de l'air ; c'est
elle qui s'inscrit sur les appareils enregistreurs ordinaires des sons.
et qui atteint l'oreille. Dans l'enregistrement d'un mot prononcé
il est impossible de découper des unités correspondant aux différentes
lettres ; celles-ci correspondent à des systèmes de vibration qui
empiètent les uns sur les autres dans le mot. P. G.
1082. — AG. GEMELLI et GIUSEPPINA PASTORI. — L'analisi
elettro acustïca del Linguaggio (L'analyse HeetroaeousUque du. PHONATION. LAXGAGE 627
langage). — 2 vol. in-8° de 250 pages et 88 planches. (Vol. VII
des Public, délia Univ. cattolica del Sacro Cuore). Milano, 1934.
Signalons ici l'importante publication du travail d'ensemble
des auteurs, très richement illustré par une collection de planches
reproduisant des enregistrements qui constituent des documents
objectifs de haute valeur.
Les résultats principaux de ces recherches ont été déjà l'objet
d'analyses dans les volumes XXXIV (n°s 1419 et 1420) et XXXV
(n°s 1108 et 1109) de V Année. IL P.
1083. — G. MILLARDET. — Dentales et dentition dans les Landes
(Essai de phonétique et de physiologie comparées). — ■ J. de Ps.,
XXXII, 1935, p. 338-354.
Contribution à l'étude de l'origine physiologique des évolutions
phonétiques. Celles qu'on peut constater dans le département des
Landes ne sont pas liées aux altérations pathologiques de l'appareil
passif de la phonation. D'après les aires géographiques de la dentition,
établies à un point de vue purement objectif par des médecins de
l'armée, la dentition, excellente dans le sud du département, est
gravement altérée dans le nord, où, pour des raisons géologiques
les eaux ont une acidité qui attaque les sels de chaux composant
l'ivoire des dents. Or aucune corrélation n'apparaît entre les alté
rations des consonnes dentales importées avec la romanisation
et l'état pathologique de la dentition. Les causes profondes du méca
nisme physiologique de l'évolution phonétique ne doivent pas être
cherchées dans l'appareil passif de la phonation, mais dans les organes
actifs, les centres nerveux, centres auditifs et centres moteurs et
coordinateurs des mouvements complexes d'articulation. Lorsque
se manifeste quelque insuffisance des organes passifs, les organes
actifs, notamment la langue, exécutent les mouvements compensat
oires qui sauvegardent dans son aspect général le timbre désiré du
phonème à prononcer, la mesure où il a frappé l'attention des
sujets et pris forme dans leur conscience. G.-H. L.
1084. — K. HUBERT, — Die Vokalmischung und das Qualitäten-
system der Vokale (La fusion des voyelles et leur système qualitatif).
— A. f. ges. Ps., XCI, 1-2, 1934, p. 152-199.
Sous l'influence de Helmholtz, les recherches portaient depuis
longtemps sur les voyelles isolées et sur leurs déterminations phy
siques. Les voyelles doivent-elles être considérées comme des sons ?
Cette question a fixé la direction des recherches et le caractère
de la lutte entre les théories opposées.
L'auteur, partisan de l'école phénoménaliste en psychologie,
s'attache à démontrer que deux ou même plusieurs voyelles, lors-
qu*elles frappent simultanément l'oreille, forment une nouvelle sen
sation qui possède sa propre structure et son unité.
L'analogie entre le système créé par la fusion des voyelles et
celui créé par le mélange des couleurs de base paraît, selon l'A.,
tout à fait évidente. Chaque système de voyelles fusionnées possède
son caractère propre avec une série de nuances selon que varie
l'intensité de l'une ou de l'autre voyelle composante. • ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 62&
Ainsi les voyelles se différencient des tons par le fait que ces
derniers forment selon leur position dans la série harmonique et
selon leur caractère musical un système uni-dimensionnel des qualités
non susceptibles de hision, qualités qui ne peuvent pas provoquer
des sensations intermédiaires.
Théoriquement, la création des voyelles composées peut se faire
de deux manières : soit par un processus physiologique dans les organes
périphériques ou centraux des sensations, soit par la voie physique,
la fusion des ondes sonores déterminées par les voyelles prononcées
ou chantées.
L'étude du premier processus présentait des difficultés techniques
considérables. L'A. promet de rendre compte de ses recherches
dans un travail ultérieur. La méthode expérimentale relative à la
création des voyelles composées par la voie physique était relativ
ement simple. Deux voyelles différentes furent chantées par deux
chanteurs dont les voix s'accordaient beaucoup au point de vue du
timbre et de la sonorité. Les sons furent dirigés dans un tuyau de
3 cm. de diamètre pourvu d'une coulisse tachistophonique qui s'ou
vrait et se fermait automatiquement. Le temps d'ouverture durait
une demi-seconde, la longueur du tuyau qui passait par deux pièces
complètement étanches, comportait 6 mètres.
Les changements de longueur et de diamètre du tuyau ne modif
iaient en rien la sensation finale.
Entre la sensation de deux voyelles composantes entendues
tout à fait séparément et la sensation de leur complète fusion s'inter
cale toute une série de sensations intermédiaires dont l'A. analyse
les caractères.
L'article est accompagné d'un graphique qui essaie de présenter
d'une façon synoptique la série des effets vocaux dus à la fusion
de deux voyelles composantes dont l'intensité varie. S. K.
1085. — K. HUBERT. — Ueber eine physikalische Beweisführung
• von W. Köhlers Vokaltheorie (Sur la démonstration physique
de la théorie des voyelles de W. Köhler). — A. f. ges. Ps., XGII, 3-4,
1934, p. 480-504. ■
G'est une discussion critique des recherches de V. Engelhardt
et E. Gehrke publiées dans un recueil : Vokalstudien, qui embrasse
4 etudes disparates. Selon l'A., la netteté des conclusions tirées
par ces chercheurs n'est aucunement justifiée par l'unité des résultats
obtenus dans chacune de ces quatre recherches.
Le fait que la modification de la voyelle est accompagnée par
le changement de fréquence de la courbe de voyelle, présente, selon
l'A., un indice intéressant et devrait inciter à une analyse plus
approfondie. La consigne même introduisait dans l'expérience un
facteur d'erreur eu obligeant le sujet de déclarer la voyelle entendue
comme une des 5 voyelles : a, e, i, o, u. Cette façon d'organiser
l'expérience suppose l'acceptation préliminaire de la ihéorîo des
formantes de Köhler, théorie qui n'est pas encore vérifiée. La disper
sion anormale des jugements erronés ne peut s'expliquer comme le
veulent E. et G. par la complexité des courbes de voyelles et par LANGAGE 629 PHONATION.
la position des « formantes » par rapport à l'ensemble de tons partiels.
L'erreur de la théorie des voyelles de Köhler se répercute dans
les expériences mêmes qui devraient la vérifier. Ceci arrive notam
ment dans l'interprétation de courbes sinusoïdales régulières.
Le nombre des jugements relatifs aux voyelles entendues qui
s'accordent avec les points dominants fixés par Köhler représente
à peine 69 % des cas.
La série d'expériences instituées pour étudier le rôle du ton
Secondaire sinusoïdal dans l'amélioration de la qualité musicale
de la voyelle aboutit aussi à un résultat négatif. L'A. ne s'en étonne
pas, étant donné que_ E. et G. ont choisi des tons secondaires non
harmoniques avec la formante sinusoïdale. Dans de telles conditions,
les deux tons ne pouvaient pas se fusionner en un ensemble har
monieux.
L'impartiale interprétation des résultats quantitatifs qu'ont obte
nus E. et G. non seulement ne confirme pas le principe « d'octave »
de Köhler, mais aboutit à la réfutation totale de ce principe.
E. et G. ne tirent pas de ce fait de conclusions définitives, mais
il est évident pour l'A. que, seule, une analyse qualitative perceptive
et non physique peut approfondir la question.
Suit la discussion du phénomène que Köhler signale sous le nom
de la qualité voilée des voyelles.
Les tons simples d'une fréquence déterminée s'approchent part
iculièrement de certains caractères propres aux voyelles. Mais, contra
irement à ce qu'admettent Köhler et son école, ce ne sont pas les
tons qui déterminent cette qualité des voyelles.
Ces tons simples dans la région entre Cx-C5 ne font que répéter
ces qualités d'une manière un peu voilée.
La preuve de cette assertion, l'A. la voit dans le fait que la
qualité propre des voyelles est riche et vivante dans le langage
parlé et non dans le langage chanté.
Ce caractère propre des voyelles entre en jeu au commencement
de la voyelle chantée et disparaît progressivement. E. et G. expliquent
ce fait par une fatigue de l'auditeur pour la perception du timbre
vocal. L'A. considère cette explication comme créée ad hoc.
Les faits qui démolissent le principe même de la théorie des
formantes sont, selon l'A., les suivants :
1° Jamais dans un son vocal relativement riche en tons partiels
un seul son de la région formante ne suffit à provoquer l'impression
nette d'une voyelle ;
2° Là où la fréquence caractéristique de la formante tombe
dans un grand intervalle entre deux tons partiels, ces derniers
prêtent à l'ensemble sonore un timbre tout à fait différent de celui
qui correspond à la qualité vocale de la fréquence primitive ; .
3° Dans chaque son ordinaire d'une voyelle disparaissent les
timbres relatifs aux tons simples qui n'ajoutent rien au caractère •'
de la voyelle dans l'ensemble sonore; ^ -}»•«■;. v ..* ^
4° Les voyelles deviennent plus graves' lorsqu'on .leur .adjoint
des tons partiels plus clairs. On observe aussi le phénomène contraire.
S. K. . 630 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1086. — K. BÜHLER. — Forschungen zur Sprachtheorie. Einleitung
(Etudes sur la théorie du langage. Introduction). — A. f. ges. Ps.,
XGIV, 4, 1935, p. 401-412.
La science héraldique doit prendre place comme discipline de
signes parmi d'autres sciences analogues dans la sémantique générale.
Quoique sa parenté avec la science de l'écriture et celle du langage
paraisse assez éloignée, il y a pourtant trois éléments qui justifient
amplement leur rapprochement : 1° La bissection des champs du bla
son forme une liaison avec l'écriture qui est aussi un système de
deux champs ; 2° le caractère de porte-signaux essentiel pour le
blason se retrouve dans les phonèmes du langage. Dans ses1 études
sur la distinction entre la phonétique et la phonologie, l'A. insistait
fréquemment sur ce caractère particulier des phonèmes ; 3° la nature
symbolique du blason en plein épanouissement au Moyen âge
indique les premiers rudiments d'une syntaxe dont le développement
fut arrêté parles Temps Modernes. Mais en pensant aux idéogrammes
chinois et égyptiens, à la richesse de conventions nouvelles apportées
à l'écriture par les scribes du Moyen âge, on peut supposer que
la syntaxe du langage passa par une période rudimentaire analogue
à celle que nous pouvons déchiffrer aujourd'hui dans les attributs
et les ornements extérieurs du blason. S. K.
1037. — J. MORLAAS. — Du mimage au langage. — Enc, XXX,
1, 1935, p. 197-208.
Il n'y a aucune innéité dans le langage, il a commencé par être
.la perception et l'imitation des gestes. Ce n'est que très progressiv
ement qu'il s'est algébrisé, c'est-à-dire dépouillé de son contenu concret
pour donner lieu à des signes stables, abstraits et qui semblent
conventionnels. Même chose pour l'écriture qui a commencé par
imitative." Avant l'écriture, la transmission des traditions et être
des sentences ne pouvait se faire que par l'intermédiaire de la mémoire
et la fidélité de la mémoire était liée à une action globale où le
geste soutenait la parole, où des formules toujours identiques intro
duisaient l'essentiel. H. W.
1088. — AG. GEMELLI. — I résultat! dei pïu recenti studi su!
linguaggio in relazione con le dottrine réaliste e con le dottrine
idéaliste sulla natura e sulla f unzione del linguaggio ( Les résultats
des plus récentes études sur le langage en rapport avec les doctrines
réalistes et idéalistes sur la nature et sur la fonction du langage).
— Rivista di Filosofia neoscolastica, XXVII, 1935, supplément.
Extrait, 10 pages.
Le langage se présente sous un double aspect, subjectif et object
if ; objectivement, c'est un système de signes régis par des lois ;
subjectivement, c'est une expression, une manifestation de la vie
spirituelle, et dont les lois sont celles mêmes de l'esprit, permettant
à chaque homme de communiquer aux autres, dans certaines limites,
sa propre vie intérieure.
Le réalisme véritable, dans son étude du langage, doit unir l'ob
jectif et le subjectif en une vision intégrale de sa nature et de sa
fonction. H. P. PHONATION. LANGAGE 63i
1089. — A. OMB RE DANE. — Etudes sur le langage. Sur les premières
manifestations du langage enfantin et sur la prétendue loi de
Fritz Schultze. — L'hygiène mentale, XXX, 4, 1935, p. 69-89. Schultze avait considéré que l'évolution de la lallation
obéissait au moindre effort physiologique et que l'émission phoné
tique du nourrisson évolue des phonèmes labiaux vers les phonèmes
à efforts plus grands : les gutturaux.
L'auteur a observé que, contrairement à la loi de Schultze,
l'évolution des lallations se fait des phonèmes à forte tension
musculaire, les phonèmes glottiques, vers les phonèmes à faible
tension émis par les organes vocaux les plus mobiles, les moins
intégrés dans les réactions toniques généralisées, c'est-à-dire les
phonèmes labiaux.
La prééminence 'des phonèmes glottiques marque la domination
commençante des fonctions corticales et l'avènement de la période
d'imitation, alors que les phonèmes labiaux n'apparaissent que
tardivement dans la période d'imitation. M. -H. P.
1090. — P. FOUGHÉ. — Quelques considérations sur l'intonation
de la phrase énoneiative française. — Annales de l'Univ. de Paris,
IX, 6, 1934, p. 511-531.
A côté de l'articulation, la prononciation comporte les éléments
musicaux de rythme et d'intonation rendant la langue vivante et
l'auteur, s'inspirant en partie des études de Maurice Grammont, attire
l'attention sur leur rôle. L'élément mélodique intervient au point
de vue sémantique, une même phrase telle que : « Tu viendras
me voir » pouvant prendre des significations très différentes (recom
mandation ou ordre, interrogation, doute, étonnement) suivant que
la terminaison se fait sur telle ou telle note plus basse ou plus
haute, et toute une série de nuances s'exprimeront par l'accen
tuation ou la variation tonale de tel ou tel mot d'une phrase
quelconque.
Après une série d'exemples, F. envisage, dans des « groupes
rythmiques », la ligne mélodique (formée par les dernières syllabes
des groupes ou « sommets rythmiques »), les variations de hauteur
dans la voyelle accentuée de ces groupes, enfin les variations à
l'intérieur de chaque groupe.
Il montre l'organisation différente de la mélodie dans la partie
montante et la partie descendante de la phrase, les brisures, par
parenthèses, de la ligne mélodique, les changements de sens du
mouvement mélodique, sous l'influence de la constitution syntaxique
de la phrase, puis examine les modifications d'origine émotive, avec
des exemples dans des sentiments d'indignation, de tristesse ou
d'impatience, rappelant que « la question de l'intonation est aussi
bien une question de psychologie que de phonétique proprement
dite » et se demandant si l'élément logique n'a pas, dans la mélodie
de la phrase énoneiative, une prépondérance plus grande dans
Je français que dans les autres langues. H. P. . ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 632
B.' 1091. — — Der Satz als Einheit und die Satzarten SONNECK.
(La phrase comme unité et les espèces de phrases). ~— A. f. ges.
Ps., XGIV, 4, 1935, p. 446-477.
Il ne s'agit pas, dans la présente étude, de la définition d'une
phrase mais d'une étude approfondie de son essence.. Le problème "
étant intimement lié aux modalités de la phrase, il s'agit d'analyser
la nature de la triade : phrase interrogative, imperative et expressive.
L'A., disciple de K. Bühler, est en parfait accord avec les idées
de son maître, relatives à la théorie du langage et il s'inspire beaucoup
de certaines notions formulées par Bühler dans son ouvrage : Théorie
du langage, particulièrement des notions « des champs environnants
synsémantique et synpratique ». Par des considérations d'ordre
théorique, l'A. s'efforce de déterminer pour chaque type de phrase
son but ainsi que le domaine de son application, d'expliquer par
là la fin pour laquelle un certain type de phrase a été créé, ses modal
ités, la structure de ses éléments ainsi que le caractère des activités
auxquelles il est lié. S. K.
1092. — A. GATTI. — Ricerche sulle componenti psieologiche deL
significato délie parole (Recherches sur les éléments psychologiques
du sens des mots). — Ar. it. di Ps., XIII, 2, 1933, p. 92-122.
Les mots ne représentent pas seulement des images verbales,
des concepts ; leur sens est influencé par la personnalité entière
de l'individu. L'étude présente a pour but de déterminer la genèse
des éléments individuels du sens des mots et l'influence exercée
sur ces par les expériences du présent et du passé. Les
sujets, au nombre de sept, eurent à décrire les processus psychiques,
observés par eux pendant qu'ils suivaient des consignes déterminées.
Une série d'épreuves, destinées à étudier l'influence du passé, consis
tait à faire retrouver au sujet le souvenir le plus ancien lié à des
mots de significations diverses. Dans une deuxième série destinée
à mesurer l'influence du présent, le sujet devait former une phrase-
où il intercalait le mot présenté. Ou constate de grandes différences,
entre les résultats des deux séries. Les images accompagnant la
composition des phrases se rapportent à des expériences récentes
ou à des schémas professionnels caractéristiques pour chaque indi
vidu. Il existe deux sortes de mots : 1° ceux qui ne sont pas accom
pagnés d'un schéma représentatif net, leur substrat subjectif est
encore en évolution et les expériences du présent y prédominent ;
2° ceux qui sont accompagnés d'un complexe d'images où prédomine
tantôt l'influence du passé (surtout dans les mots concrets ou de-
sens exclusivement grammatical) tantôt celle du présent (mots
ayant un contenu affectif). Les nombreuses introspections recueillies
montrent que dans tous les mots il existe un élément non conceptuel
qui se fond en une synthèse étroite avec le sens logique. On peut
toujours distinguer un sens individuel du sens logique ; ce sens indi
viduel n'est pas toujours instable. Il se forme des liaisons d'images-
et d'affects variables d'un individu à l'autre, mais présentant un
certain caractère d'uniformité pour le même individu, à une période
donnée de son existence, ou pour des individus vivant dans le même-
rnilieu. R. L. PHONATION. LANGAGE 63â
1093. — À. NIGEFORO. — Psychologie profonde de l'argot populaire.
— Giustizia pénale (I). XLI, 1935, Extrait de 76 pages.
L'auteur examine les caractères essentiels du « bas-langage »
populaire, qui se plaît à matérialiser les images, à abaisser les choses,
d'un ou plusieurs échelons, avilissant et dégradant, déformant les.
mots à l'aide d'une série de procédés stéréotypés.
La trivialité tient à l'usage de mots orduriers et impudiques
et aux grossièretés verbales, qui jouent un rôle de « décharge »
par satisfaction détournée d'instincts et de tendances, d'ordre sexuel
ou stercoral, et de bas sentiments tels que l'envie et la haine.
H. P.
1094. — M. E. SMITH. — A study of the speech of eight bilingual
children of the same family (Etude du langage de huit enfants
bilingues de la même famille). — Child dev., VI, 1935, p. 19-25.
Il s'agit de huit enfants américains qui ont passé leurs premières.
années en Chine et parlent un mélange de chinois et d'anglais.
Malheureusement, l'étude de ce cas intéressant ne contient guère
que des statistiques, qui laissent échapper les éléments les plus
précieux au point de vue psychologique. P. G.
1095. — E. FOGGBRTY, J. CLIFFORD TURNER, D. JONES,
E. C. MAC LEOD et T. H. PEAR. — Speech training : a sympo
sium (L'enseignement de la parole : étude d'ensemble). — Br-
J. of Ed. Ps., V, 1, 1935, p. 10-40.
L'histoire du développement organique et fonctionnel du langage
"a travers les siècles prouve l'importance de ce développement
(E. Foggerty).
Les auteurs examinent successivement l'importance de cette-
fonction langage :
Du point de vue esthétique (J. Clifford-Turner) ; 4 arts (le chant*
la diction, le théâtre, l'éloquence) ont pour instrument la parole
et tendent essentiellement au développement de la voix, à la forma
tion de nouvelles habitudes basées sur les lois de la physiologie et
de l'anatomie.
Du point de vue phonétique (D. Jones) : l'étude de la phonétique
nous révèle la signification de certaines prononciations et la valeur
des jugements que nous portons sur ces prononciations.
Du point de vue éducatif (E. Mac Leod) : la connaissance des
lois de la phonétique permet de corriger les défauts de la parole.
Du point de vue psychologique (T. H. Pear) : l'enseignement de-
la diction est en général beaucoup trop négligé et l'étude de l'art
de la parole n'occupe pas en psychologie la place qui lui revient
de droit. H. A.
1096. — J. BACHMANN. — Das Experiment in der Graphologie.
(L'expérience en graphologie). — Ind. Psychot., XII, 3, 1935,
p. 72-79.
Rapide revue des principales tendances de la graphologie, en
ce qui concerne les travaux allemands. D. W.