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- Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.54, pg 215-232

De
19 pages
L'année psychologique - Année 1954 - Volume 54 - Numéro 1 - Pages 215-232
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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IV. - Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1954 vol. 54, n°1. pp. 215-232.
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IV. - Psychologie générale . In: L'année psychologique. 1954 vol. 54, n°1. pp. 215-232.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1954_num_54_1_30446— Psychologie générale IV.
1° Temps de réaction
HYMAN (R.). — Stimulus information as a determinant of reaction
time ( L'information sous-jacente au stimulus en tant que déterminant
du temps de reaction). — J. exp. Psychol., 1953, 45, 188-196.
Hyman se propose d'étudier la valeur du temps de réaction en fonc
tion de la quantité d'information reçue. On peut faire varier celle-ci de
3 manières : a) En modifiant le nombre des alternatives équiprobables à
partir desquelles on établit un choix ; b) En modifiant la probabilité
d'apparition de choix particuliers ; c) En introduisant des dépendances
sériales entre les successifs parmi des alternatives. A l'intérieur de
ces 3 modes d'information, on peut encore faire varier la quantité
d'information fournie.
Quatre sujets se sont prêtés à cette expérience et ont donné
15.000 réponses. Le dispositif stimulus est un panneau qui présente
36 lumières disposées en 6 rangées de 6. Certaines lumières, 8, sont seul
ement utilisées et à chacune d'elles correspond une syllabe que le sujet
doit prononcer aussitôt qu'il voit la lumière qui lui correspond. Un
dispositif de clé vocale permet de mesurer le temps de réaction.
Les résultats font apparaître que la courbe des valeurs du temps de
réaction en fonction du taux d'information est en régression linéaire
quelles que soient les modalités d'information. Pour 3 sujets, les lignes de
régression coïncident, seul un sujet manifeste un certain apprentissage
dans le cas où le mode d'information est le plus simple.
G. O.
OBRIST (W. D.). — Simple auditory reaction time in aged adults
(Le temps de réaction auditif simple chez les adultes âgés). — J. Psyc
hol., 1953, 35, 259-267.
Cette recherche montre que le temps de réaction auditif moyen est
de 122 m. /sec. pour 25 sujets de 27,6 ans (18 à 39 ans), de 131,2 m. /sec.
chez 57 sujets de 71,5 ans en moyenne (65 à 75 ans) et de 544 m.
pour 59 de 80,6 ans (76-86 ans) de même milieu socio-économique
et de même niveau intellectuel. La distribution des temps de réaction
pour les individus les plus âgés est plus dissymétrique. L'auteur pense
que cette augmentation de la durée du temps de réaction chez les indi
vidus âgés est due à la difficulté à se maintenir attentif.
G. O. 216 ANALYSES FHBLIOGH APIIIQUES
CIIERNIKOFF (R.), TAYLOR (F. V.). — Reaction time to kines-
thetic stimulation resulting from sudden arm displacement (Temps
de réaction à une stimulation kinesthesique fournie par un déplacement
brusque du bras). — J. exp. PsychoL, 1952, 43, 1-9.
L'homme est souvent comparé à un servo-mécanisme ; il semble
intéressant de préciser le bien-fondé de cette comparaison. Taylor et
Birmingham ont remarqué que, lorsqu'un homme ajuste visuellement un
mouvement très rapide de la main et du bras, il ne peut le corriger avant
qu'il soit achevé. Cette correction dépend en effet des informations
d'ordre visuel, mais aussi kinesthesique. C'est pourquoi il est intéressant
de connaître avec quelle rapidité peut agir ce contrôle kinesthesique
et s'il peut être plus rapide ou non que le contrôle visuel. Il a paru
intéressant aux auteurs de vérifier les valeurs attribuées au temps de
réaction kinesthesique qui est le plus simple et le plus rapide mouvement
d'ajustement. Ces auteurs le font de deux façons. La stimulation kinesthe
sique est donnée de la manière suivante : le bras droit est maintenu dans
une position déterminée par un dispositif mécanique commandé électr
iquement ; dès que le système électrique libère le dispositif mécanique, ce
dernier tombe et entraîne le bras. On peut varier la vitesse de chute en
alourdissant le dispositif mécanique. La réponse au stimulus kinesthe
sique, mouvement d'un bras, consiste, soit à frapper avec le bras libre
sur une clé, soit dans l'arrêt du bras en mouvement. Dans le premier
cas, le temps de réaction kinesthesique (149,6 m. /sec.) est du môme ordre
que celui qui correspond à une stimulation tactile (160,3 m. /sec.) (avec le
môme type de réponse) ou auditive (149,6 m. /sec). Lorsque le temps de
réaction consiste à arrêter le mouvement, il est significativement plus
bref, 129,4 avec 6 sujets, 118,9 avec un autre groupe de 8 sujets.
Les auteurs concluent en montrant que le temps de réaction kines
thesique est comme le temps de réaction visuel trop long pour permettre
un contrôle volontaire continuel des mouvements des mains et des bras
grâce aux informations kinesthésiques reçues. Il semble que ce contrôle
utilise une fonction qui émet des ordres intermittents et que ceux-ci sont
exécutés par des centres inférieurs sans guide volontaire supplémentaire.
G. O.
2° Ajustement moteur
CLEGHORN (T. E.), DARCUS (H. D.). — The sensibility to passive
movement Of the human elbow joint (Étude chez Vhomrne de la sensib
ilité à un mouvement passif de l'articulation du coude). — Quart. J.
exp. PsychoL, 1952, 43, 66-77.
L'auteur expose longuement tout d'abord les principales études faites
à propos de la perception d'un mouvement passif. L'objet de son étude
est de préciser quel est le seuil de sensibilité articulaire du coude lorsque
le mouvement de l 'avant-bras se fait dans le plan vertical et d'une
manière passive par déplacement du bras du sujet. PSYCITOLOGIF. (iKNKRALE 217
L'auteur l'ait varier à la fois l'angle de flexion ou d'extension et
d'autre part la vitesse angulaire du mouvement de l'avant-bras. Il
introduit la notion de mouvement « nul », ou piège, qui permet d'appréc
ier la certitude que l'on a de l'exécution d'un mouvement passif.
Les résultats montrent que 52 % des mouvements nuls sont reconnus
comme tels. Lorsque ces mouvements nuls sont pris pour des mouve
ments réels, ils ont tendance à être identiques au mouvement qui a
précédé.
Les mouvements vrais sont reconnus comme tels dans 82 % des cas,
II y a de notables différences individuelles. La détection de la direction,
mouvement en extension ou en flexion est correcte dans 67 % des cas.
On estime mieux l'extension que la flexion. L'influence de la vitesse
angulaire est importante ; le maximum de sensibilité a lieu pour des
vitesses de 0° 10 et 0° 20 par seconde.
On voit ainsi que les 3 facteurs, direction du mouvement, amplitude
du déplacement, vitesse angulaire, jouent un rôle dans la perception d'un
mouvement passif de l'avant-bras. Il semble que la sensation de mouve
ment soit dépendante de la sensation de secousse ; elle est meilleure
quand le mouvement passif est rapide. q q
FEDDINGTON (E. S.). — Kinesthetically guided movements of
head and arm (Etude des mouvements de la tête et du bras dirigés
par des sensations kinesthésiques). — J. Psychol., 1953, 36, 51-57.
Toutes les épreuves motrices d'ajustement classiques sont établies de
telle sorte que le regard puisse toujours suivre le déplacement de la
main. Cet auteur a cherché comment, sans contrôle visuel, on pouvait
ajuster la direction du regard à celui de la main ou inversement. Pour le
faire, il utilise un dispositif simple tel que le regard ne puisse suivre le
mouvement de la main. Il s'agit d'une surface verticale courbée, placée
devant le S. de telle sorte qu'elle soit en tout point à égale distance du
bras tendu. Le bras du sujet est dérobé à sa vue par un écran horizontal.
Vingt S. ont participé à chacune des deux épreuves. Au cours de la
première, la tête est dirigée dans une direction et la main doit se placer
dans cette direction, ou bien la position de la main indique la position que
doit adopter la tête. Dans la deuxième épreuve, on étudie spécialement la
précision du mouvement de rotation de la tête et du bras l'un par rapport
à l'autre sans tolérer les oscillations. Les directions angulaires sont
de 5°, 20°, 40°, 55°, 75°, 90°.
Les résultats montrent qu'il y a une plus grande variabilité des
valeurs des réponses de localisation dans le cas où le regard doit trouver la
direction que le bras indique. En regardant ce qu'il désigne du doigt,
le S. ne tourne pas assez la tête ; de même quand le bras se déplace pour
suivre une direction indiquée par la tète, il le fait insuffisamment. La
position de départ du liras ou de la tète influe sur l'ajustement de l'un
et l'autre membres. q q 218 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
BROGDEN (W. J.). — The trigonometric relationship of precision
and angle of linear pursuit movements as a function of amount of
practice (La relation trigonométnque entre la précision et la direction
angulaire des mouvements linéaires de poursuite en fonction du
niveau de V entraînement ). — Amer. J. Psychol., 1953, 66, 45-56.
Cette expérience tente de vérifier si la relation trouvée entre l'aju
stement d'un mouvement de poursuite et la direction angulaire est
encore vérifiée, lorsque l'exercice est répété. L'auteur se demande éga
lement s'il y a des différences de répartition des erreurs en fonction
des directions angulaires. Il utilise 8 groupes de sujets pour explorer
l'ajustement dans les 8 directions suivantes : 0°, 30°, 45°, 60°, 90°, 120°,
135° et 150°. Il apparaît que l'effet de l'exercice n'entraîne pas la même
modification de l'ajustement en fonction des angles. L'effet est complexe
et il ne permet pas de trouver des paramètres pour corriger la formule
primitivement présentée dans les travaux précédents. Malgré ces défor
mations, la courbe générale reste la même avec une certaine tendance à
l'aplatissement. Les auteurs n'ont pu trouver de différences quant aux
zones des parcours linéaires qui offrent le plus d'erreurs.
G. O.
DAVIS (R.), WEHRKAMP (R.), SMITH (K. IL). — Dimension
analysis of motion. I. Effects of laterality and movement direction
(Analyse du mouvement selon ses composantes. I. Influence de la
latéralité et de la direction du mouvement). — J. appl. Psychol., 1951,
35, 363-366. — WEIIRKAMP (R.), SMITH (K. IL). — Dimensional
analysis of motion. II. Travel distance effects (Analyse du mou
vement selon ses composantes. IL Effets de la dislance du dépla
cement). — J. appl. Psychol., 1952, 36, 201-206. — RUBIN (G.),
VON TREBA (P.), SMITH (K. IL). — Dimensional analysis of
motion. III. Complexity of movement pattern (Analyse du mouvement
selon ses composantes. III. Complexité de la, structure du mouvement). —
J. appl. Psychol., 1952, 36, 272-276. — VON TREBA (P. A.),
SMITH (K. U.) — Dimensional analysis of motion. IV. Transfer
effects and direction of movement (Analyse du mouvement selon ses
composantes. IV. Effets du transfert et direction du mouvement). —
J. appl. Psychol., 1952, 36, 348-353. — HARRIS (S.), SMITH (K. U.).
— Dimensional analysis of motion. V. An analytic test of psychomotor
ability (Analyse du mouvement selon ses composantes. V. Une épreuve
analytique de V habileté psychomotrice). — J. appl. Psychol., 1952,
37, 136-142. — SMADER (R.), SMITH (K. U.). —Dimensional
analysis of motion. VI. The component movements of assembly
motion (Analyse du mouvement selon ses composantes. VI. Les gestes
élémentaires des mouvements d'assemblage). — J. appl. Psychol., 1953,
37, 308-315. — RUBIN (G.), SMITH (K. U.). — Learning and
interpretation of component movements in a pattern of motion PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 219
(Apprentissage et interprétation des gestes élémentaires dans un mou
vement structuré). — J. exper. Psychol., 1952, 44, 30! -,'{06.
Smith et de nombreux collaborateurs tentent une analyse fine des
mouvements élémentaires dans des épreuves motrices plus ou moins
complexes. Ils utilisent un important matériel de mesure (dispositif
électronique) qui leur permet d'enregistrer lors de chaque épreuve la
durée totale d'une manipulation complète, la durée du geste de mani
pulation d'un objet, saisir une cheville ou donner un bouton, et la durée
du déplacement entre chaque manipulation d'objet. Grâce à ce procédé
de mesure qui assure une précision du 1/100 sec, ces différents auteurs ont
pu apporter des solutions partielles et très précises à l'étude de l'analyse
du mouvement. Les deux composantes étudiées au cours de toutes ces
épreuves sont la durée de manipulation proprement dite que nous
appellerons Dm et la durée de déplacement entre deux manipulations
successives Dd.
L'étude de Davis et de Verhkarnp précise le rôle de la latéralité sur la
rapidité des mouvements selon leur direction ; déplacements de gauche à
droite et de haut en bas. L'épreuve, qui permet cette étude, consiste en la
manipulation de 16 boutons disposés en 4 rangées. 11 s'agit de tourner tous
les boutons le plus vite possible dans les directions indiquées ci-dessus.
Trente-deux droitiers et 32 gauchers participent à l'expérience. Les
résultats montrent que les sont moins rapides que les droitiers,
quelles que soient les directions de manipulation et quelles que soient les
mains utilisées. Chez les droitiers, les deux mains sont identiques dans la
rapidité du déplacement l)d, mais il y a une différence entre elles la de manipulation, tourner les boutons. On voit apparaître ici très
nettement la dissociation entre ces deux composantes que Jes recherches
successives vont confirmer.
Wehrkamp (R.) étudie tout spécialement la rapidité du mouvement
en relation avec la distance à parcourir entre deux manipulations
successives et les effets de l'exercice. Il utilise deux épreuves. Dans l'une,
il faut tourner des boutons situés les uns au-dessus des autres dans un
mouvement de bas en haut : il y a, soit 2 rangées de 4 boutons séparés
par 61,2 cm., soit 3 rangées de 4 boutons séparées l'une de l'autre
par 30,6 soit 4 de 4 par 15,3 cm. Dans
l'autre, il faut saisir des chevilles et les écarter de 1,5 cm. par rapport au
support selon le même ordre que précédemment, en allant à partir de la
gauche, de haut en bas. Les compteurs enregistrent toujours la durée du
déplacement entre 2 manipulations successives et la durée des manipul
ations. Six groupes de 7 S. permettent à l'auteur d'étudier ces 2 compos
antes du mouvement pour les 2 tâches. 1) II trouve que la Dm des
boutons, saisir et tourner, est de 52 % plus rapide que la Dm des chevilles,
saisir et lever (les boutons et les chevilles reviennent par eux-mêmes à la
position de départ). La durée I)d est de 32 % plus rapide dans le cas des
boutons que dans celui des chevilles. 2) Le fait d'accroître la distance
entre 2 manipulations, quelles qu'elles soient, augmente les durées de 220 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
celles-ci. La durée de déplacement influe sur la durée de manipulation.
'S) L'exercice entraîne une très légère modification de la durée Dd, par
contre, son effet est plus considérable sur Dm (3 fois plus). Il n'y a pas
d'interaction entre les effets de l'exercice et ceux, soit de la distance de
déplacement, soit de la structure de manipulation.
Ces deux études ne faisaient intervenir que des mouvements de
déplacement dans des directions simples. Rubin et von Treba recherchent
les relations entre les composantes temporelles des de
manipulations lorsqu'on complique les directions du mouvement (à
angle droit, sous forme d'une marche, de 2 marches), tandis que le
nombre des manipulations à effectuer et la longueur du parcours sont les
mômes. Il apparaît que, lorsque la direction générale du mouvement
(droite à gauche) est conservée : 1) La complexité du déplacement
n'implique pas une augmentation de sa durée Dd ; 2) L'exercice entraîne
une très légère modification de la durée Dd sensible surtout le premier
jour ; 3) L'exercice entraîne une diminution significative de Dm ;
4) Les auteurs trouvent une corrélation faible, .29, à 5 %,
entre la rapidité de manipulation et celle de déplacement au premier jour.
Von Treba étudie avec le même matériel les effets de transfert :
soit transfert en passant d'une structure de mouvement à un autre, soit
transfert bilatéral. Pour étudier le transfert, il constitue 4 groupes de 12 S.
qui sont rendus homogènes grâce aux résultats que les S. ont obtenus à
des épreuves simples d'entraînement : tourner les boutons de gauche à
droite ou de bas en haut et inversement. L'épreuve d'apprentissage
consiste, pour les 4 groupes, à s'entraîner pendant huit jours sur une
certaine structure de mouvements de manipulation assez complexe. Les
4 structures peuvent se déduire les unes des autres, soit en les renversant
de gauche à droite (I, III et II, IV), soit en les parcourant de bas en
haut au lieu de haut en bas (I, II et III, IV). (La structure du mouve
ment est en escalier avec 5 boutons à tourner).
Les résultats montrent que là encore l'exercice n'a pas entraîné une
modification de la durée de déplacement comme précédemment. Il y a
une différence entre la rapidité de manipulation pour les différentes
configurations de mouvements à effectuer. On peut dire que les confi
gurations qui entraînent une manipulation plus rapide provoquent par
contre un mouvement de déplacement plus lent (ce sont en pratique les
2 que l'on parcourt de bas en haut qui ralentissent le plus
le mouvement de déplacement).
Avant le transfert, les groupes paraissent identiques à la fin de
l'apprentissage pour les différentes structures de mouvements. Le trans
fert est significativement différent selon la structure du mouvement
apprise au cours de l'apprentissage.
Les mouvements de manipulation présentent des transferts positifs
tandis que, pour les déplacements, le transfert est négatif. Un change
ment de direction a tendance à altérer les deux composantes tempor
elles du déplacement et de manipulation. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 221
L'épreuve met en évidence le transfert bilatéral.
Harris étudie avec un procédé d'analyse identique à celui présenté
dans les études précédentes une tâche motrice complexe. Il s'agit de
tourner les boutons d'un certain angle, 40°, 80° ou 180°, soit à droite
soit à gauche, avec la main gauche ou avec la main droite, dans un plan
horizontal ou dans un plan vertical.
Les résultats font apparaître : 1) Des corrélations élevées entre les
durées de manipulation et celles de déplacement, ce qui est contraire aux
résultats des études précédentes ; 2) Des supérieures à .80
entre les résultats à deux épreuves faisant intervenir une des compos
antes du mouvement précédemment citées, si l'on considère les durées de
manipulation et supérieures à .75, si l'on considère les durées de dépla
cement. Cette épreuve semble permettre une bonne analyse des aptitudes
motrices d'un individu.
Smader trouve des résultats très semblables en analysant les durées
des mouvements élémentaires d'un geste d'assemblage.
Il s'agit de saisir des chevilles de 3 diamètres dans des casiers et de les
mettre dans des trous appropriés. Le dispositif électronique permet de
mesurer la durée de saisie de la cheville, la durée de transport de la
cheville, sa de mise en place, et celle du déplacement pour aller
saisir une autre cheville. Les courbes d'apprentissage indiquent une
diminution de ces différentes durées avec l'exercice. Les coefficients de
stabilité de ces composantes de jour à jour sont très élevés, égaux ou
supérieurs à .80.
Cependant, les corrélations entre les composantes de déplacement
et de mise en place, nulles au début de l'épreuve, croissent sans jamais
devenir significativement positives.
Les auteurs soulignent le très grand intérêt de ces procédés d'analyse
pour étudier l'apprentissage moteur.
G. O.
3° Apprentissage moteur
Distribution de l'apprentissage. — Effet «réchauffement. — Transfert
bilatéral et réminiscence. — Renforcement :
REYNOLDS (B.), BILODEAU (I. D.). — Acquisition and retention
of three psychomotor tests as a function of distribution of practice
during acquisition (Acquisition et rétention dans 3 épreuves psy
chomotrices en fonction de la distribution de Vexercice pendant V acquisi
tion). — J. exp. Psychol., 1952, 44, 19-26. — KIMBLE (G. A.),
SHATEL (R. B.). — The relation between two kinds of inhibition and
the amount of practice (Relation entre deux sortes d' et le
niveau de Vexercice). — J. exp. Psychol., 1952, 44, 355-359. —
BILODEAU (E. A.). — Massing and spacing performance phenomena
as functions of prolonged and extended practice (Les résultats de ■
222 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
performance massée ou distribuée en tant que jonction de Vexercice
prolongé et étendu). — J. exp. Psychol., 1952, 44, 108-114. — ■
NORRIS (B. 15.). — Performance of a motor task as a function of
interpolation of varying length of rest at different points in acquisition
(La réussite au cours d'une épreuve motrice en tant que fonction de la durée
variable du repos, interposée à différents moments de V apprentissage ).
— J. exp. Psychol., 1953, 45, 260-265. —BILODEAU (E. A.). —
Performance decrement in a simple motor task before and after a
single rest (Diminution de la performance au cours d'une épreuve
motrice simple avant et après un unique repos). — J. exp. Psychol.,
1952, 44, 381-390. — ELLIS (D. S.), MONTGOMERY (V.), UNDER
WOOD (B. J.). — Reminiscence in a manipulative task as a function
of work surface height, prerest practice and interpolated rest (La
réminiscence dans une épreuve de manipulation étudiée comme une
fonction de Vexercice qui précède le repos, de la hauteur du plan de
travail, et du repos interposé). — J. exp. Psychol., 1952, 44, 420-427.
— SILVER (R. J.). — Effect of amount and distribution of warming
up activity on retention in motor learning (Influence de la quantité et
de la distribution de V activité de mise en train sur la rétention dans un
apprentissage moteur). — J. exp. Psychol., 1952, 44, 88-95. —
HAMILTON (C. E.), MOLA (W. R.). — Warm up effect in human
maze learning (Effet d'échauffemenl au cours de V apprentissage d'un
labyrinthe chez l'homme). — J. exp. Psychol., 1953, 40, 437-441. —
IRION (A. L.), GUSTAFSON (L. M.). — Reminiscence in bilateral
transfer (La réminiscence dans le cas d'un transfert bilatéral). —
J. exp. Psychol., 1952, 43, 321-323. — KIMBLE (G. A.). —
Transfer of work inhibition in motor learning (Transfert de V inhi
bition issue du travail au cours de l'apprentissage moteur). — J. exp.
Psychol., 1952, 43, 391-392. — GRICE (R. G.), REYNOLDS (B.). —
Effect of varying amounts of rest in conventional and bilateral transfer
« reminiscence » (Influence de la variation de la durée du repos sur la
réminiscence au cours d'un transfert bilatéral conventionnel). — J.
exp. Psychol., 1952, 44, 247-253.
La théorie de Hull est à l'origine de la plupart des expériences qui se
rapportent à l'étude de l'apprentissage moteur. La comparaison entre les
résultats obtenus lors d'un apprentissage massé et ceux de l'appren
tissage distribué ou encore l'interposition d'un repos au cours d'un
apprentissage sont les techniques habituelles pour étudier le dévelop
pement de l'inhibition réactive Ir, qui se dissiple totalement si le repos
est suffisant, ainsi que de l'inhibition conditionnée Sir, ou tendance au
repos, et que chacun d'eux renforce.
Les précédentes recherches sur l'apprentissage distribué ont apporté
des résultats qui dépendent souvent d'une technique particulière, utilisée
avec une tâche particulière. On peut se poser la question suivante : ces
résultats sont-ils susceptibles d'une généralisation ? C'est pourquoi
Bilodeau et Reynolds ont étudié l'effet de l'apprentissage distribué avec PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 223
3 épreuves motrices très différentes : 1° L'épreuve du contrôle de direc
tion R (Rudder control), dispositif tel que le maniement des pédales avec
les pieds maintienne la partie antérieure d'une cabine de pilotage dans
une direction bien déterminée (grâce à des déplacements latéraux) ;
2° L'épreuve de coordination complexe C de Mashburn ; 3° Le persé-
quomètre rotatif P. Les auteurs dressent un plan rigoureux d'expérience.
Pour les 3 épreuves, l'expérience consiste à comparer les résultats d'un
groupe, qui est soumis à l'apprentissage massé, à un seul groupe pour
l'épreuve R et pour les épreuves C et P à 3 autres groupes, qui travaillent
en apprentissage distribué (selon 3 modes). Dix semaines après le premier a lieu un rappel où tous les groupes travaillent de manière
identique, en apprentissage massé. Cependant, pour les épreuves G et P,
les groupes ont, cinq ou dix minutes après l'apprentissage initial,
10 essais comme contrôle d'apprentissage.
Pour l'épreuve R, la note est le nombre de réussites dans une durée
donnée, ce qui détermine l'essai ; pour C et P, la note est la durée d'exer
cice nécessaire pour atteindre un niveau de réussite fixé d'avance.
Quelles que soient les tâches, la valeur de la durée de repos au cours de
l'apprentissage distribué entraîne des différences significatives entre les
niveaux atteints en fin du premier apprentissage. Cet effet est maximum
au début de l'apprentissage et tend à devenir stable pour une valeur
de la durée de distribution. Les contrôles d'apprentissage pour les
épreuves C et P effectués cinq ou dix minutes après l'apprentissage
initial confirment ce fait bien connu, qu'au cours des 10 essais les diff
érences entre les groupes diminuent et tendent vers zéro.
Lors du rappel, dix semaines après, on constate encore tout au début
du réapprentissage massé, auquel sont soumis tous les groupes, des diffé
rences de niveaux de réussite en liaison avec la distribution de l'appren
tissage initial ; mais ces différences disparaissent peu à peu. Les diffé
rences avec l'apprentissage massé sont d'autant plus grandes que la
durée du repos est plus longue. Les auteurs concluent en posant l'hypo
thèse suivante : en fonction de la situation dans laquelle s'effectue la
tâche, exercices massés ou distribués, les S. adoptent une certaine atti
tude d'ajustement qu'ils conservent au cours de la tâche ; lorsqu'on
passe d'une condition de travail à une autre, lors du rappel, les S.
s'adaptent en abandonnant leur première attitude pour en adopter une
seconde conforme à l'exercice massé. Ceci explique qu'à la fin du rappel
tous les groupes donnent les mêmes résultats. Ces faits sont, d'autre part,
quant à l'effet de la distribution de la tâche, en plein accord avec les
hypothèses de la Théorie de Hull.
Kimble et Shatel à l'aide du perséquomètre rotatif étudient le déve
loppement de l'inhibition réactive au cours d'un apprentissage prolongé ;
ce qui n'avait pas encore été fait. Il pose comme hypothèse que le seuil
de lr décroît au cours de l'apprentissage massé et que lr tend vers 0
tandis que Sir demeure et se développe selon une fonction négativement
accélérée par rapport au taux de l'exercice.