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Psychothérapie. - compte-rendu ; n°1 ; vol.47, pg 535-538

De
5 pages
L'année psychologique - Année 1946 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 535-538
4 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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5° Psychothérapie.
In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 535-538.
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5° Psychothérapie. In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 535-538.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1946_num_47_1_83375° Psychothérapie.
254. — La thérapeutique par le jeu en psychiatrie infantile :
HAWKEY (M. L.). — Play analysis : ease study of a nineyear-
Old girl (Psychanalyse par le jeu : observation d'une fillette de
neuf ans). — Brit. J. Med. Psychol., 1945, 20, 236-243. — GIBBS
(J. M.). — Group play therapy (La thérapeutique par le jeu en
groupe). — Ibid., 244-254. — Me CLURE (A. G.). — Reaction
types in maladjusted children. Some clinical observations with
reference to play therapy (Types réactionnels chez les enfants ina
daptés. Quelques observations cliniques relatives à la thérapeutique
par le jeu). -— Ibid., 1946, 20, 389-392.
Cette technique, d'inspiration psychanalytique, est de plus en
plus utilisée dans les pays anglo-saxon« et particulièrement en
Angleterre pour la cure des troubles névrotiques et des troubles
du comportement chez l'enfant d'âge scolaire. Elle consiste soit en
une véritable psychanalyse individuelle à base de jeu (play analysis)
soit en une psychothérapie de groupe basée sur le jeu en commun
(group play therapy). Trois articles du British Journal of Medical
Psychology nous en donnent un intéressant aperçu.
Hawkey donne une description détaillée d'une psychanalyse par
le jeu, indiquant le comportement ludique de l'enfant tout au long
de la cure et l'interprétation donnée par le psychothérapeute, Le
sujet présentait des troubles du comportement en classe, son travail
et son attention étaient insuffisants. Son Q. I. était de 79. Après
une cure de dix-huit mois ayant comporté 104 séances, les troubles
avaient disparu et le Q. I. était de 88. Les séances étaient hebdomad
aires, sans interruption de la fréquentation scolaire. L'analyse
des jeux révéla une jalousie du frère et des préoccupations sexuelles
multiples avec jalousie du père. La fillette avait entendu, de son
lit, les ébats sexuels de ses parents.
La description minutieuse des jeux et des propos de l'enfant
comme la relation des interventions prudentes et des interprétations
de l'analyste font de cette observation un document instructif.
Dans l'article de Gibbs, il s'agit d'une technique particulière de
traitement des désordres nerveux et des troubles du caractère et
du comportement de l'enfant utilisant le jeu en groupe en présence
d'un adulte. Sa caractéristique est donc d'introduire les avantages
et les contraintes inhérentes au groupe avec la participation d'un
psychothérapeute adulte dont les relations avec le groupe varient
de la simple observation passive à l'interprétation active en passant
par la participation au jeu. Utilisée primitivement comme simple
complément d'observation du comportement, voire même comme
distraction pendant l'attente des consultations, cette technique est
utilisée dans un but thérapeutique depuis 1940 par diverses cliniques
qu'il soit supérieur à 70; 3° cette méthode donne en général beaucoup
moins de succès que les autres méthodes de traitement et particu- 536 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
lièrement que la psychothérapie individuelle; 4° les résultats sont
nuls 5° des dans résultats l'énurésie, favorables de même sont que obtenus, dans les avec troubles l'aide psychotiques; d'une bonne
méthode 6° l'indication pédagogique, majeure réside dans dans les cas les de cas difficultés où l'on constate de l'éducation; une légère
anxiété diffuse avec, par exemple, solitarisme, difficulté à se mêler
aux autres enfants etc.; 7° les troubles du comportement et spéci
alement l'indocilité sont heureusement influencés s'ils sont en rapport
avec les contraintes de la discipline familiale ou scolaire ou encore une limitation de l'expression imaginative de l'enfant ; 8° envi
ron sept, séances suffisent pour faire ou confirmer un diagnostic.
Le rôle du psychothérapeute dans le groupe est de particulière
importance : il est un compagnon adulte intéressé et compréhensif
et il participe au jeu dans la mesure qui lui est assignée, tacitement
ou ouvertement, par l'enfant. Il ne manifeste ni désapprobation, ni
amusement, ni ennui si ces sentiments ne correspondent pas à la
situation créée par Il est assis sur une chaise basse pour ne
pas dominer le jeu et garde toute son attention pour les activités
des enfants. Ces derniers choisissent leurs jeux librement dans la
mesure où ils ne comportent pas de violences, de destructions ou
de grossièretés. Dans la pratique, bien que les enfants soient groupés,
leurs jeux restent le plus souvent individuels. Le but du jeu en
groupe n'est pas de faire jouer le groupe en tant que tel mais de
se rapprocher le plus possible des conditions de la psychanalyse
par le jeu qui, selon Suttie, combine l'amicale camaraderie du com
pagnon de jeu avec la perspicacité, le jeu calme, la sagesse et la force
d'un parent, donnant à l'enfant tout à la fois un sentiment de liberté
et de sécurité.
Il suffit de disposer d'une salle comportant un matériel de jeu
suffisamment varié. Le groupe est composé de 3 ou 4 enfants de
comportement homogène. Les séances sont hebdomadaires et la
durée du traitement varie de six semaines à un an, les dernières
séances étant progressivement espacées pour éviter une brusque
rupture.
Quelques indications sont données sur les groupes de jeu à l'école
et après la classe et sur les rapports de cette technique avec la thé
rapeutique individuelle par le jeu ainsi qu'avec la thérapeutique de
groupe chez l'adulte. Une observation détaillée est donnée en appen
dice à titre d'exemple.
Me Clure distingue le type hystérique, le type obsessionnel et le
type labile. Tandis que ce dernier en use avec ses émotions telles
qu'elles se présentent, l'hystérique semble faire tous ses efforts pour
obtenir une réponse émotionnelle chez autrui, alors que l'obsessionnel
s'efforce d'éviter sa propre émotion comme celle des autres. Le type
rédactionnel de base constitue un élément de la personnalité, les
autres étant le niveau intellectuel et le milieu. Ces notions doivent
guider le psychothérapeute dans sa méthode et dans son attitude
à l'égard des enfants.
P. S. PSYCHOTHÉRAPIE 537
255. — SNYDER (W. U.). — The present status of psyehothera-
peutie counseling (L'état actuel de la consultation ptychothéra-
pique). — Psychol. Bull., 1947, 44, 297-369.
Cet important article, qui occupe tout un numéro du Psycholog
ical Bulletin, passe en revue toute la littérature américaine parue
depuis 1940 sur la psychothérapie, les méthodes en usage, les
tendances nouvelles, les recherches entreprises et dpnne dans
chaque domaine les appréciations de l'auteur. Cette revue ne couvre
pas moins de quatre cent vingt-six titres, donnés dans la biblio
graphie et cette énorme matière est répartie en différentes rubriques :
psychothérapie traditionnelle, psychothérapie "brève, suggestion,
sémantique, narco-synthèse, hypnose, psychanalyse, psychanalyse
brève, hypnothérapie, psychodrame, thérapie de relations, thérapie
non directive et thérapie de groupe. Ces différentes techniques
sont également envisagées dans les domaines variés où elles sont
appliquées : orientation professionnelle, sélection industrielle, orien
tation scolaire et universitaire, conseils psychologiques avant le
mariage, problèmes conjugaux et religieux, psychothérapie et sur
veillance morale des alcooliques.
Deux tendances récentes sont à remarquer : 1° les tentatives
en vue de modifier ou de varier les techniques traditionnelles et la
remise 2° la combinaison en question de des différentes concepts jusqu'ici considérés en une comme seule, établis; comme
par exemple dans l'hypnoanalyse. Des écoles nouvelles se créent,
bien qu'à nos yeux les différences entre elles soient minimes, plus
théoriques que pratiques et à peine suffisantes pour justifier une
scission. D'autre part, on observe la tendance inverse : une tendance
vers la synthèse de plusieurs écoles en une seule; mais cet éclec
tisme n'est pas toujours dirigé vers un but net et bien réfléchi et
n'est souvent qu'un mélange d'un peu toutes les techniques. Pourt
ant, il y a un effort vers le choix et l'application de la technique
la plus appropriée à chaque cas, la croyance dominante de la major
ité des psychothérapeutes étant que la même technique ne convient
pas à tous les cas. Ce choix dépend souvent de la personnalité du
psychologue. Le type de synthèse le plus général consiste à éliminer
tout emploi de la force, de l'autorité, du blâme ou de la menace
auprès du malade, c'est-à-dire à 1' « accejpter » passivement tel
qu'il est, tout en lui apportant l'aide d'idées constructives qui
soient acceptables pour lui et lui fournissent une base pour la
reconstruction de sa personnalité : bref, à combiner la psycho
thérapie traditionnelle et la psychothérapie non directive, centrée
non sur le thérapeute mais sur le malade ou le client.
Les thérapeutes semblent être en majorité d'accord en ce qui
concerne le type de client le mieux capable de bénéficier du tra
itement : une intelligence au moins moyenne est considérée comme
désirable, mais il y a des exceptions. Le psychopathe profite moins
bien du traitement que le névropathe ou le normal « inadapté »;
un facteur important de succès est le désir d'être aidé et de guérir;
l'âge influe également : les jeunes présentant plus de chance de
guérison que les vieux.
Une tendance nette est celle vers une- thérapeutique plus rapide, 538 ANALYSJW BHKUOCRAjraïQUES
quelle que soit la technique choisie; la thérapeutique « profonde »
semble e» décroissance, l'intérêt se concentrant davantage sur
l'état présent du malade et les difficultés motivées par la situation
actuelle que sur les complexes remontant à l'enfance. La thérapie
de groupe est appliquée toutes les fois qu'elle est possible et le client
est encouragé à prendre une part active au traitement.
Un fait, remarquable est le désir de tester expérimentalement
l'efficacité des méthodes et la vérité des principes sur lesquels elles
reposent. Même les constructions les plus théoriques sont soumises
à l'examen expérimental. La justification de la théorie par les
résultats obtenus, c'est-à-dire la guérison, ne suffit plus, on veut
encore que la théorie soit fondée : la psychothérapie, qui fut long
temps un art, est en train de devenir une science. La contribution
la plus féconde à cette nouvelle attitude est l'enregistrement phono
graphique de l'interview ou de la conversation dirigée ou libre
(technique empruntée à l'orientation professionnelle). Ces enre
gistrements ont permis de constater, par exemple, que la technique
non directive était plus efficace que la technique directive tradi
tionnelle, et d'évaluer en général l'efficacité des divers procédés
employés. Ces constatations doivent conduire à une élaboration
plus scientifique des techniques de la psychothérapie et de l'orien
tation.
Un problème annexe est celui de la formation professionnelle
des psychothérapeutes et des conseillers d'orientation, ainsi que la
codification de la profession et les titres exigés. Si le rôle du psycho
logue doit être reconnu dans ce domaine, à part de celui du médecin,
de l'assistante sociale et du prêtre, il faut qu'il reçoive une prépa
ration efficiente et adéquate. Un grand progrès a été réalisé dans
ce sens depuis 1940, grâce aux efforts de l'Association Américaine
de Psychologie, dont un comité s'occupe de rédiger un programme
d'enseignement professionnel. L'aspect légal de la formation pro
fessionnelle et de l'exercice de la profession n'est pas non plus
négligé, le problème étant l'unification pour tous les Etats améri
cains, au point de vue des programmes et du niveau. Certains auteurs
recommandent, pour les psychologues cliniciens, l'internat comme
pour les médecins et chirurgiens. L'établissement d'un code pro
fessionnel de moralité est également envisagé.
On voit à quel point ces divers progrès et préoccupations tendent
à faire reconnaître la légitimité de la profession de psychologue
comme profession scientifique, spécialement en ce qui concerne
le psychologue clinicien et à en -finir avec les questions de prestige
et de préséance qui l'avaient jusqu'ici entravée.
C. N.
6° Psychiatrie sociale.
256. — SIVADON (P.). — Vers une assistance psychiatrique extra-
haapiialière efficace. — Ana. Médico-psychol., 1947, 105, 30-51.
— CHATAGNON (C), CHATAGNON (P.). — Thérapeutique
. oeeupationneUe. — Ibid., 1947, 10$, 361-369.