Sensations lumineuses et chromatiques. L adaptation. Topographie de la Sensibilité - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 744-765

Sensations lumineuses et chromatiques. L adaptation. Topographie de la Sensibilité - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 744-765

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L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 744-765
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Ajouté le 01 janvier 1930
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L adaptation.
Topographie de la Sensibilité
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 744-765.
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b) Sensations lumineuses et chromatiques. L adaptation. Topographie de la Sensibilité. In: L'année psychologique. 1930 vol.
31. pp. 744-765.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30069744 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur critique les expériences in vitro de Poos, qui concluait :
aucune dilatation pupillaire sans relâchement du sphincter (cf. psy
choréaction et cocaïne) et pure contraction du dans le
rétrécissement, en supposant une double innervation de ce muscle,
excité par le parasympathique, inhibé par le sympathique. Les expé
riences sur l'iris vivant ne vérifient aucunement ce rôle privilégié du
sphincter, dont le tonus est simplement lié à celui du parasympat
hique.
Poos, tout en admettant les critiques de Behr, dénie toute valeur
à ses expériences sur un cas pathologique où la condition des memb
ranes, prétendues indépendantes, est mal définie. G. D.
985. — Enquête sur les Effets du Cinéma sur la Vue. — R. I. C. E.,
mai 1930, p. 613-632.
L'enquête de l'Institut International du Cinéma Educateur, qui a
recueilli 15.874 réponses, a abouti aux conclusions suivantes : les
effets nocifs du cinéma sur la vision, au point de vue ophtalmolo
gique et nerveux, ne sont pas dus à la cinématographie en soi, mais
au phénomène de l'intermittence, à l'excessive rapidité du déroule
ment des films en projection, à l'usage de films détériorés et d'appar
eils en mauvais état, et aux sautes de lumière. Ces projections
restent d'ailleurs sans effet sur les personnes saines et n'ont d'action
nocive que sur les vues faibles et les névropathes.
Pour remédier à cela il y aurait à prendre : diverses mesures d'ordre
technique qui éviteraient la fatigue de l'œil (retour moins brusque à
la pleine lumière, contrôle systématique des appareils, etc.) ; et
quelques dispositions d'ordre psychologique, qui ménageraient le
repos de l'esprit, par exemple établir des programmes de représen
tation comprenant : un film-spectacle divisé en plusieurs parties,
une courte bande culturelle ou scientifique, un film d'actualités.
L. B.
b) Sensations lumineuses et chromatiques. L'adaptation. Topographie
de la sensibilité \
986. - J.DUFAYetM^R. SCHWÉGLER. - La mesure visuelle
des brillances très faibles. — R. d'Opt., IX, 6-7, 1930, p. 263-278.
Les mesures visuelles ont un avantage précieux : la rapidité. La
précision dont elles sont susceptibles a été étudiée par les auteurs
entre 10~6 bougie p. cm2 et le seuil, en lumière blanche, l'œil adapté
à l'obscurité pendant 15 minutes. Leurs courbes donnent la précision
des mesures par l'écart-étalon relatif e = - , en fonction de la
13
brillance B, pour des plages de différents diamètres apparents a (de
0,025 à 0,1 radian).
Pour 0,1 rad. (env. 6°), 3 n'atteint que 0,02 pour B = 10~6 et 0,04
pour B = 10~8 b. par cm2. Avec des brillances plus faibles, la précision
décroît rapidement (e == 0,2 quand B =10~9). D'autre part, si la
1. Voir aussi les n°» 331, 333, 585, 812, 853, 1262. V1SI0.V. MOTRICITE OCULAIRE 745
plage diminue, la précision décroît : pour 0,025 rad., s = 0,1 quand
B — 10~7. L'inverse de i, soit la précision moyenne p, est une fonction
linéaire de log B tant que s <C 0,1 et le phénomène si complexe de la
précision des mesures en fonction de la brillance (B <^ 10~6) et du
diamètre apparent (0,025 ■< a < 0,1) est représenté fidèlement par
la formule
p = \ = 16,4 (10 + log B) — 1 -.
Les auteurs ont déterminé sur eux le seuil de brillance perceptible
en fonction du diamètre apparent.
x (rndians) : 0,05 0,10 0,25
ß (lO-io b. par cm2) : 4,8 3,0 1,1
Peu de différences individuelles : un 3e sujet perçoit 0,9. 10~10
pour a =0,25. La brillance liminaire est donc voisine del0~10 bougie
par cm2, ce qui confirme exactement le résultat de Cabannes et
semble montrer que ce seuil ne varie pas beaucoup avec la courbe
d'énergie du rayonnement utilisé.
L'éclairement sur la pupille est alors de 5.10""12phots(poura=0,25),
soit seulement 35 fois l'éclairement liminaire pour une source ponct
uelle, ce qui correspond à un flux extrêmement faible par élément
rétinien : chacun reçoit alors 6.10~l4ergs (à peine 1 cinquantième de
quantum) par seconde. G. D.
987. — MARCEL BOLL,. — Le maximum de sensibilité de l'œil. —
Rev. gén. Sei., XLI, 14, 1930, p. 432-433.
En admettant que la sensibilité maxima de l'œil, correspondant
au jaune-vert, exige seulement, au seuil, un apport d'énergie d'un
milliardième d'erg par seconde (Buisson, 1917), l'auteur trouve que le
seuil lumineux, pour ces radiations les plus efficaces, est obtenu par
la pénétration dans l'œil de 300 photons par seconde (les photons
étant des grains d'énergie radiante dont l'énergie propre est le pro
duit de la fréquence par la constante de Planck).
Est-ce que, comme on l'admet, la longueur d'onde pour laquelle
la sensibilité de l'œil est maxima est aussi celle qui correspond au
maximum d'énergie émise dans le rayonnement solaire, ce qui impli
querait un phénomène d'adaptation ?
C'est contre cette opinion que l'auteur s'élève : si Ton calcule,
pour une température T absolue de 6.000° qui serait celle du soleil,
la longueur d'onde correspondant au maximum d'énergie, on trouve
des valeurs très différentes suivant les bases du calcul, mais dont
aucune ne correspond au maximum de sensibilité de l'œil : soit
480 m\x d'après la longueur d'onde >. :
i
h = 2'886\
I "max 'Y J
soit 850 rn\x d'après la fréquence v : (vmax. = 0,05904 T) ; soit enfin
1.500 m\j. la v' donnant le maximum de photons : ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
x. == 0,03338 T). Ces divergences seraient à élucider ; on s'étonne
Qu'elles étayent une conclusion ferme sur la médiocrité de l'adaptation
oculaire.
On adopte généralement la première base du calcul, et d'autre
part on tient compte, ce qui est correct, de l'énergie abordant la
surface terrestre, après absorption atmosphérique, qui décale le
maximum d'énergie du rayonnement, et c'est ainsi que l'on trouve
une correspondance, au moins approximative, avec le maximum de
sensibilité oculaire.
On ne peut donc tenir aucun compte du raisonnement de M. B.
H. P.
988. — M. MON JE. — Die gegenseitige Beeinflussung der durch
zwei kurzdauernde Lichtreize hervorgèruîenen Empfindungen
{& influence réciproque des sensations provoquées par deux stimula
tions lumineuses brèves). — Z. für B., XC, 6, 1930, p. 557-573.
Par comparaison des sensations isolément produites et se succé
dant à intervalle variable» Fauteur détermine les modifications dues
à cette juxtaposition, en utilisant toujours la méthode des fentes
mobiles de Fröhlich. La durée de la première sensation n'est que peu
modifiée et sa latence n'est pas changée, mais la latence de la seconde,
pour les stimuli faibles est nettement raccourcie, et augmentée au
contraire pour les stimuli intenses. Il y a des actions consécutives
de la première stimulation pouvant favoriser la seconde par sommat
ion ou la gêner par adaptation diminuant la sensibilité.
Une diminution de l'intervalle apparent entre les deux stimulat
ions, engendrant cette sorte de condensation qui précède le papillo-
tement est la conséquence de plusieurs facteurs probables parmi le
squels la diminution de latence de la seconde sensation pour les st
imuli faibles. H. P.
989. — H. E. ROAF. — Colour Vision [Vision des couleurs). —
Nature, CXXVI, N° 3186, 1930, p. 825-826.
En faisant copier des dessins géométriques en couleurs à des
achromatopsiques, et en comparant le.s copies avec les originaux à
une lumière spectrale dont on élimine telle ou telle région, on constate
que l'accord ne se constate que par suppression des rayons de'grande
longueur d'onde, mais l'extension de la région à supprimer est va
riable, et parfois il y a, suivant les copies, des erreurs différentes.
Ce qui, dans l'étude des achromatopsies est particulièrement en dé
saccord avec îa conception de Young-Helmholtz, c'est que même
dans les régions où la discrimination chromatique est impossible, il
ne se manifeste pas de diminution de la sensibilité lumineuse.
Autre donnée : 11 y a normalement dans le spectre deux zones où la
finesse discriminative des couleurs est maxima, vers 580 et 490 mu;
or chez les « hypoehromates » le second maximum est normal, tandis
que le premier fait défaut; ce qui manque, c'est le pouvoir de discr
imination des rayons de plus grande longueur d'onde d'avec les
régions spectrales voisines, les différences du rouge et du vert étant
diminuées où abolies.
Un autr'e fait : Les rayons ée grande longueur d'onde (621) dimi- MOTRICITE OCULAIRE 74? VISION.
huent la visibilité du spectre en totalité, ceux de ia région verte (540)
ou bleue (470) ont très peu d'effet sur la région rouge ; ceci en vision
centrale, tandis qu'en vision périphérique les rayons de -courte lon
gueur d'onde élèvent les seuils dé visibilité dans tout le spectre.
Pour tenir compte de tout cet ensemble de données, R. propose
l'hypothèse de l'existence de trois types de récepteurs, dont l'un est
mis en jeu par tout le spectre visible (et dont les caractéristiques sont
celles dé la vision crépusculaire) dont un second est stimulé par les
rayons de grande et moyenne longueur d'onde (du rouge extrême jus
qu'à 490 m\x) et un troisième par les rayons d'assez grande longueur
d'Onde (du rouge extrême jusqu'à 580 to [i. environ).
Les rayons rouges agissent sur les tiois récepteurs, les rayons bleus
sur un seul, les verts sur deux.
En vision périphérique le premier type de récepteurs existerait
seul, en vision centrale, la visibilité résulterait de la superposition
des trois types.
A quoi correspondent les différences dé ces récepteurs ? Soit à trois
substances photochimiques différentes, soit à une substance unique
avec trois filtres (globules colorés des cônes), laissant agir, suivant l'es
récepteurs, une région plus ou moins étendue du spectre.
Cette conception, exposée à la réunion mixte des Sections de Phys
iologie et Psychologie de la Session dé Bristol de la British Associat
ion (septembre 1930) est certainement ingénieuse et intéressante,
mais il ne semble pas qu'elle puisse s'accorder avec tous les faits
connus. H. P.
990. - F. BOURDIER et E. SCHAAFF. - Les procédés d'examen
de la vision des couleurs. — Bull, de la Soc. d'Ophtalmologie de
Paris (séance annuelle du 16 novembre 1930). Extrait de 256 pages.
Important rapport, appuyé d'une bibliographie étendue, et don
nant, après une introduction générale, une revue des méthodes d'exa
men, très diverses, utilisées pour l'appréciation de la vision chromat
ique et une discussion critique sur les facteurs intervenant dans ces
exameös, (rôle de l'éclairage et vision des clartés, influence de
l'adaptation, rôle du temps, facteurs psychologiques) .
Il y a là un précieux travail de documentation, dont les lacunes,
inévitables en un tel domaine, sont vraiment minimes, et qui rendra
grand service. H. P.
991. — I.A. HAUPT. — Tests for color-blindness : a survey of the
literature with bibliography to 1928 (Tests de daltonisme : revue de
la littérature avec bibliographie jusqu'à 1928). — J. of gen. Ps.,
Ill, 2, p. 222-265.
Tableau du développement des tests de daltonisme, employés de
puis 100 ans. Ils diffèrent d'abord selon le but : théorique, qui exige
un examen complet de la sensibilité chromatique, ou pratique, qui
concerne seulement l'aptitude à distinguer les signaux routes et
verts et exige un test peu coûteux, rapide, commode, facilement inter
prétable.
Le développement des techniques est étudié suivant la eiatssifiea-
tion usuelle, indépendante de toute théorie. D'abord les tests de 748 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
confusion, qui comprennent : tests de classement, imités de celui de
Holmgren (laines colorées), employant bâtonnets, crayons, poudres,
et dont le perfectionnement le plus récent est la boîte de Jennings ;
tests pseudo-isochromatiques, utilisant les confusions typiques, per
fectionnés notamment par Nagel et par Shilling ; « lantern tests »,
qui reproduisent les conditions professionnelles.
Les tests de contraste comprennent : « Flor-contrast » (lettres
grises sur fond coloré, observées sous papiers transparents de couleur-
complémentaire, avec tests décelant la simulation), contraste du
miroir et ombres colorées.
Puis H. décrit les tests de réaction pupillaire, fondés sur la théorie
de Hering, ceux de l'équation de Rayleigh /proportions de rouge et
de vert réalisant le jaune) — anomaloscope de Nagel, appareils
de Hering et de Ives, polariscope de Rose. Les tests pratiques em
ploient des disques à signaux ; celui de Nagel, très employé, décèle
grossièrement les principales dyschromatopsies. Les tests spectros-
copiques emploient des X définis.
Seuls les tests quantitatifs apprécient toutes les nuances entre
l'achromatopsie totale et la sensibilité extrême aux couleurs. Ils me
surent les seuils d'intensité, de saturation, de surface excitée pour
la perception du chroma et pour l'acuité, les temps de stimulation
et les temps de réaction (Bibliographie de 335 titres, complète jusqu'à
1922). G. D.
992. — H. PIÊRON. — Le problème de la vision des couleurs. — Bull.
de la Soc. d'ophtalmologie de Paris, (séance annuelle du 16 no
vembre 1930). Extrait de 31 pages.
Conférence générale de mise au point, montrant les données en
accord avec le schéma de la théorie trichromatique, et les difficultés
rencontrées, — qui ont été le point de départ d'autres essais d'inter
prétation — , retraçant les efforts progressifs d'adaptation de la théorie
de Young, dont on peut penser qu'elle fournit la directive la plus
féconde, mais indiquant la nécessité de différencier nettement les
mécanismes périphériques récepteurs, auxquels doit s'appliquer le
schéma théorique, et les mécanismes neuro-transmetteurs dont dé
pendent les lois essentielles de la vision chromatique (très différentes
de celles de la vision lumineuse), envisagées surtout par Hering qui
a eu le tort d'appliquer aux processus récepteurs élémentaires des
observations valables pour des phénomènes perceptifs complexes.
La division du problème permet seule « de. concilier avec la théorie
de Young, dont nous avons vu toute la puissance explicative, le
phénomène des antagonismes chromatiques qui rendait si séduisant
le schéma de Hering — une fois laissé de côté le couple noir-blanc —
sous la forme des processus photo -chimiques dont Müller a cité une
série de modèles déjà connus, tel celui de la teinture de gaïac. Quel
contraste en effet entre la sommation des excitations correspondant
aux fondamentales pour ce qui est de la luminosité propre, et leur annul
ation réciproque ce qui est de l'action chromatique spécifique.
Si j'ajoute à une lumière rouge une quantité croissante de la lumière
complémentaire, j'accrois la brillance proportionnellement à l'apport,
et je diminue, jusqu'à l'annuler, la couleur. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 749
« II y a donc bien antagonisme d'un côté, coopération de l'autre.
Young et Helmlioîtz envisagent la coopération, Hering, l'antago
nisme. D'un côté comme de l'autre, en n'envisage qu'un mécanisme
périphérique. Or si, pour ce qui est des processus d'addition, le schéma
trichromatique se montre déplus en plus satisfaisant, en les situant,
au niveau même des appareils récepteurs, en ce qui concerne les
oppositions réciproques, nous devons les placer à une étape ultérieure,
les ramener à des mécanismes nerveux », dans lesquels doit intervenir
un processus capital d'inhibition. H. P.
993. — M. DUFOUR. - Sur la vision des couleurs. - B. B., GV,
1930, p. 934-935.
Quelques réflexions au sujet de la représentation d'Ostwald,
et de la désignation, comme couleurs saturées (Vollfarben) de celles
qui résultent de l'action de toutes les radiations situées du même côté
d'un diamètre du cercle chromatique. H. P.
994. — J. L. PECH. — Le daltonisme. Faits expérimentaux. — Presse
Médicale, 17 décembre 1930, n° 101, p. 1736.
L'auteur a projeté devant 4 daltoniens cultivés, distinguant mal
le rouge du vert, un spectre étendu très lumineux ; or le spectre était
vu de façon continue, mais raccourci des, deux côtés.
Ayant fait faire des écrans absorbants supprimant la même étendue
spectrale rouge et violette pour les normaux, il a vérifié que l'emploi
de ces écrans ne modifiait pas chez ses daltoniens la vision du spectre,
il en a conclu que le normal voyait, à travers ces écrans, le spectre
comme s'il était lui-même daltonien, et il reproduit ce que cela
donne sur un test polychrome (aspects jaunes, bleus, bruns et noi
râtres) .
par- Il déclare que toutes les dyschromatopsies sont caractérisées
cette réduction de l'étendue du spectre visible ; or ceci est en contra
diction avec de nombreux faits.
P. dans ses expériences fait toujours preuve d'originalité, mais il a
une vision ultra-simpliste des questions et un mépris excessif de la
documentation.
Il ne paraît pas se douter qu'il y a des observations de daltonisme
monoculaire et que certains cas — assez fréquents — sont caractér
isés par l'existence d'une bande grise spectrale ! H. P.
995. — J. L. PECH. — La chromoptométrie. Son intérêt théorique,
ses applications pratiques. — R. d'Opt., IX, 2, 1930, p. 49-58.
Résultats des recherches de Chromoptométrie (Détermination des
foyers colorés de l'œil normal et pathologique) l'aites au Laboratoire
de physique médicale de Montpellier. Les méthodes subjectives sont
seules possibles, car la rétine vivante ne diffuse pratiquement que des
À entre 570 et 800 m<j..
De longues recherches, avec la collaboration technique de L. et M.
Appert et de J. Peter (de Lyon), aboutirent à la réalisation de 1' « éri-
ciscope » J. Peter, qui utilise non pas des radiations monochroma-
tiques, mais deux larges bandes d'un spectre continu : Tune bleue,
s'étendant de 419 à 565 m\x, l'autre rouge, allant de 600 à 720 mu. 750 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Deux formes identiques, avec lettres et rangées de petits cercles,
présentent côte à côte ces deux couleurs. A une certaine distance,
caractéristique du sujet, les figures ont le même degré de netteté.
Si l'œil se rapproche, la bleue devient plus nette que la rouge, et i
nversement s'il s'éloigne. Le « point de vision paradoxale » est à 1 m. 40
pour l'œil normal. Un œil airçétrope sera corrigé, à — de dioptrie près,
par le verre qui rétablit cette distance.
' Cet appareil semble fournir la méthode la plus précise pour étudier
la réfraction oculaire. Parmi les applications : P accommodation chro
matique ; l'invisibilité des signaux violets ou bleus éloignés (sauf pour
les hypermétropes) ; l'influence de la nutrition sur la réfraction (celle
de l'auteur, normal, varie de OD,75 sous l'influence de la fatigue ou
du régime alimentaire). G. D.
996. — J. L. PECH. — La valeur physiologique et clinique des aberra
tions chromatiques de l'œil. — Archives d'Ophtalmologie, XLVII,
6, 1930, p. 363-377.- RENÉ IMBERT. - La chroinoptoinétïie. -
Thèse Méd., in-8 de 32 pages, Lyon, 1929.
En utilisant le rayonnement de lampes à arc dans des vapeurs de
mercure, et la filtration par écrans, l'auteur a pu obtenir quatre l
umières monochromatiques, violettes (4.046 A), vertes (4.458 et 5.460)
jaunes (5.460 à 5.790) et rouge-orangées (5.790 à 8.000), ce qui lui
permet de constater que l'œil humain normal est myope pour le violet
et le bleu, encore légèrement pour le vert, emmétrope le jaune,
et hypermétrope pour le rpuge, les efforts d'accommodation ne pou
vant rendre le sujet normal, ni emmétrope pour le bleu, ni myope
pour le rouge.
Quand on regarde un objet noir sur fond blanc, on doit donc tou
jours voir un contour blanc limité par un trait coloré et un halo chro
matique variable. Grâce à cette aberration de 7 à 8 dioptries, on
peut voir simultanément une étoile à l'infini et une croisée de fils
dans une lunette.
Le Dr Dejean, chez les amétropes, a constaté qu'un myope ne
l'est fonctionnellement que quand il le devient pour le rouge, et qu'un
hypermétrope fonctionnel a son proximum bleu-vert éloigné au delà
de la distance minima de vision distincte nécessaire.
D'autre part, avec René Imbert, l'auteur a découvert le phéno
mène de vision paradoxale : bien que l'œil humain possède un foyer
rouge et un foyer bleu nettement distincts, il peut avoir une image
également nette (c'est-à-dire également floue) d'un objet rouge et
d'un objet bleu placés côte à côte, lorsque les cercles de diffusion
de deux points ont même diamètre, l'image de J'un se formant en
ayant et l'autre en arrière.
Le point de vision paradoxale n'est plus le même pour le myope
et pour l'hypermétrope ; le verre correcteur convenable est celui qui
rétablit à sa distance normale le point de vision paradoxale (déte
rminé avec un appareil construit ad hoc, Pérjciscope).
Au. cours de ces études « chromoptométriques », le dispositif per
mettant d'apprécjer des variations de 0,1 dioptrie, l'auteur fait r
emarquer que les variations des milieux oculaires agissant sur les VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 751
réfractions, doivent jouer un rôle important dans les amétropies
fonctionnelles ; la fatigue, l'anémie agissant ainsi, ce mécanisme
rendrait compte de la vision confuse et des vertiges considérés comme
des troubles psychiques.
- Et le fait que l'accommodation chromatique est plus réduite chez
les hypermétropes et presbytes, plus étendue chez les myopes, indi
querait que les milieux oculaires n'ayant pas lo même indice de réfrac
tion, les équilibres nutritifs généraux ne sont pas le? mêmes.
Les déductions de l'auteur témoignent de sa fécondité d'imagination,
et de l'originalité de sa pensée, toujours hardie, mais dont en raison
de sa hardiesse même, on doit se méfier un peu, en faisant
appel au contrôle d'une critique prudente.
En ce qui concerne l'emploi très intéressant de Périciscope, j'ai
constaté pour ma part qu'il pouva'it comporter une certaine marge
d'incertitude, souvent bien gênante, du fait de la tendance des
sujets à porter leur attention, tantôt sur le bleu, tantôt sur le rouge,
et à trouver ainsi difficilement le point où, pour un certain état d'accom
modation, il y a un flou égal des images rouge et bleue.
En tout cas, le fait de l'accommodation chromatique, très clair
ement exposé dans la thèse de René Imbert, est d'une grande impor
tance pour la physiologie oculaire.
Chez un sujet normal, du fait de l'aberration les radia
tions rouges ne permettent pas de mise au point à une distance infé
rieure à 1 mètre, en accommodation maxima, et en revanche, avec
relâchement complet de raccommodatipn les radiations bleues ne
permettent pas de vision distincte à une distance supérieure à 2 mètres.
C'est entre 1 et 2 mètres que l'on peut voir distinctement, quand on
est emmétrope, une image monochromatique quelconque.
Dans la nature, les objets colorés sont toujours pplychromaiiqups.,
et c'est grâce à cela que nous pouvons en avoir toujours une image
distincte jusqu'à des distances plus petites même que ne le comporter
ait le simple jeu de l'accommodation cristallinienne ; mais au loin,
c'est l'image rouge qui est nette, de très près l'image bleue, et ia diffu
sion des autres images monochromatiques sans trop gêner la netteté
de la vision — toutefois moindre qu'en lumière monoçhroniatique
dans des conditions convenables — vient noyer par superposition,
le chromatisme de l'image nette et laisse une impression neutre des
objets noirs et blancs.
En ce qui concerne tout aussi bien nos théories psychologiques de la
perception visuelle que les conceptions relatives à l'acuité visuelle,
au pouvoir discriminateur et au mécanisme récepteur lumineux et
chromatique, les faits mis en évidence doivent prendre une réelle im
portance. H. P.
997. — J. MALASSEZ. — Répartition de Y énergie flqns les opulem1 s
composées. — C. R., CXC, 8, 1930, p. 521-523.
En faisant égaliser, en couleur et luminosité (mais non en saturat
ion), à une lumière spectrale dpnnée un mélange de deux autres
lumières pures de longueur d'onde plus ou moins différente, Fauteur
mesurant les énergies des deux parts, a trouvé que, d'une façon cons
tante le mélange exigeait plus d'énergie que la lumière de comparai- 752 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
son, l'excès maximum augmentant avec l'écart des longueurs d'onde,
et dépendant de l'écart de l'une à l'autre des lumières du mélange
avec la lumière de comparaison.
La somme des énergies apportées par- les radiations 546, et 623.4 m\x
a les valeurs relatives suivantes pour une valeur égale à 1 de la radia
tion de comparaison oscillant entre 570,5 et 587,5 :
a de : 587,5 582,0 578,5 577,5 574,0 571,5 570,5
(énergie = 1)
Somme des énergies : 1,55 1,56 1,56 1,53 1,46 1,45 1,39
II paraît donc y avoir une perte d'énergie dans l'addition des l
uminosités qui ne se ferait pas intégralement. Mais il faut tenir compte
des visibilités relatives des radiations. Théoriquement, pour constituer
l'équivalent d'une radiation de visibilité maxima, il faut avec des
radiations placées de part et d'autre, des énergies très supérieures ;
mais si l'une des radiations du mélange est celle de visibilité maxima,
pour égaliser une radiation pure voisine, la différence des énergies
des deux lumières égalisées peut être beaucoup moins grande.
Dans la mesure où l'on peut tabler, pour les appliquer aux valeurs
de l'auteur, sur les coefficients standards de visibilité américains,
j'ai d' « trouvé énergie que lumineuse l'on rencontrait » (énergie tantôt affectée un du excès coefficient et tantôt de un visibilité) défaut
dans le mélange, par rapport à la lumière de comparaison, alors que
théoriquement, il devait y avoir égalité :
X de comparaison : 587,5 582,0 578,5 577,5 574,0 571,5 570,5
Énergie lumineuse 0,050 0,948 0,917 0,893 0,884 0,867 0,778
(pour une énergie de 1 )
Somme des énergies
lumineuses des com
posantes 0,778 0,875 0,907 0,915 0,923. 0,957 0,936
Aussi faut-il attendre un travail plus détaillé de l'auteur pour
apprécier les résultats de ses expériences. H. P.
998. - N. T. FEDOROW et V. J. FEDOROWA. - Untersuchun
gen auf dem Gebiete des Farbensehens {Recherches dans le domaine de
la vision chomatique). — Z. für Physik, LVII, 11-12, 1929, p. 855-
864.
Continuant leurs très intéressantes recherches au département
d'optique physiologique de l'Institut de Physique et Biophysique de
Moscou, les auteurs ont cherché à déterminer les courbes d'excitab
ilité spectrale des fondamentales de la théorie trichromatique en pro
voquant par fatigue extrême au rouge ou -au vert une protanopie
ou une deutéranopie momentanée. Ils ont commencé par déterminer,
sur l'une et sur l'autre, la courbe de clarté normale du spectre en
procédant par comparaison de proche en proche.
Considérant l'apport de lumière bleue comme négligeable, ils ont
envisagé la courbe de clarté du spectre après fatigue au vert comme
représentant la courbe propre de la fondamentale rouge, et, après
fatigue au rouge comme celle de la verte, avec quelques
conventions comme celle de la détermination classique du point d'in
tersection des deux courbes.