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Une croissance démographique plus homogène dans l'espace régional (Octant n° 79)

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D'un recensement à l'autre, on voit se confirmer ou émerger de nouvelles dynamiques démographiques. De 1990 à 1999, les villes centres reprennent quelques couleurs et gagnent 26 000 habitants. Les communes des premières couronnes s'accroîssent de 19 000 habitants, c'est moins que précédemment. Dans le reste des aires urbaines, les gains sont importants, 58 000 habitants, moins toutefois que de 1982 à 1990. Enfin, les espaces à dominante rurale cessent globalement de perdre des habitants, même si les communes rurales isolées connaissent un lent déclin. En définitive, on assiste à un rééquilibrage des évolutions démographiques.

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Une croissance démographique
plus homogène dans l’espace
régional
D’un recensement à l’autre, on voit se confirmer ou émerger de nouvelles
dynamiques démographiques. De 1990 à 1999, les villes centres reprennent
quelques couleurs et gagnent 26 000 habitants. Les communes des
premières couronnes s’accroîssent de 19 000 habitants, c’est moins que
précédemment. Dans le reste des aires urbaines, les gains sont importants,
58 000 habitants, moins toutefois que de 1982 à 1990. Enfin, les espaces
à dominante rurale cessent globalement de perdre des habitants, même
si les communes rurales isolées connaissent un lent déclin. En définitive,
on assiste à un rééquilibrage des évolutions démographiques.
a population bretonne s’est accrue l’opposé, “ l’autre ” Bretagne enregistre une ce nouveau découpage. Le présent article
de 110 000 habitants entre 1990 et perte de 38 000 habitants, soit 0,5 % par an. prend comme référence les découpages
1999, ce qui correspond à un taux établis lors du recensement de 1990. L’es-/
annuel moyen de croissance de 0,43 %. La pace à dominante urbaine, (tableau 1), enre-Poursuite de la croissance
région se décompose en deux espaces dont gistre dans la région un gain de 103 000des aires urbaines
les évolutions sont très différentes. La Bre- habitants supplémentaires, ce qui repré
tagne en croissance couvre seulement 56 % Une nouvelle définition de l’espace en sente une augmentation de 0,7 % par an.
de l’espace régional et abrite désormais 71 % aires urbaines et espace rural sera établie à Près de 80 % des communes appartenant à
des habitants. Sa population a augmenté de partir des résultats du recensement de cet espace ont gagné de la population entre
147 000 personnes, soit 0,8 % par an. A 1999. Nous ne disposons pas aujourd’hui de 1990 et 1999. En conséquence, la proportion
20 OCTANT n° 79d’habitants résidant en aire urbaine (défini
tion de 1990) est passée durant la période Un mouvement d’urbanisation spécifique
de 59,3 % à 60,6 %.
La Bretagne présente une urbanisation trée dans les pôles urbains mais plutôt
moins prononcée que la moyenne des ré- étalée vers les couronnes périurbaines. LaUne croissance toujours
gions françaises. Alors qu’elle se place au proportion d’habitants en périurbain classepolarisée mais plus homogène ème ème
7 rang sur 22 pour sa densité de popu- la région au 2 rang national après la
La carte de la variation de la densité lation, son taux d’urbanisation (proportion Franche Comté.
(cf. page 14) montre un accroissement loca- d’habitants vivant en agglomération) la si- Le mouvement d’urbanisation continue
lisé dans les principales villes et aux alen- tue au 16ème rang. Elle occupe la même de transformer la région. La croissance de
tours ; il est plus faible à mesure que l’on place pour la proportion d’habitants vivant la population urbaine est désormais plus
s’éloigne. en aire urbaine. Une spécificité de l’urbani vive en Bretagne qu’en France (+ 0,7 %
Ce phénomène, s’il n’est pas nouveau, sation bretonne est d’être moins concen- par an contre 0,4 %).
se poursuit autrement depuis 1990. Entre
1975 et 1990, le dynamisme démographi-
que était principalement concentré à la péri-
phérie des pôles urbains, tandis que la
population diminuait dans les villes centres
de ces pôles. Désormais on assiste à un ré-
équilibrage des évolutions démographiques :
- les villes centres des pôles urbains ont
continué de croître ou ont renoué avec la
croissance, sauf la ville de Lorient dont la
population a toutefois cessé de diminuer. En
effet, les taux de croissance de quatre des
plus grandes communes bretonnes, Ren
nes, Quimper, Vannes et Saint-Malo, ont
augmenté sur les deux dernières périodes
intercensitaires ; les villes de Brest, Saint
Brieuc, Quimperlé ou Guingamp ont rega-
gné des habitants dans les années 90 alors
qu’elles en avaient perdu entre 1982 et
1990.
- les taux de croissance des banlieues de
première couronne diminuent de moitié par
rapport à la période antérieure (0,8 % au
lieu de 1,6 %).
enfin les couronnes périurbaines conti-
nuent de capter les plus fortes croissances,
7DEOHDX 9DULDWLRQ GH SRSXODWLRQ VHORQ OH W\SH GH FRPPXQH
100,0 0,43
1 760 270 60,6 103 170 0,67 0,40 0,28 0,72
1 145 590 39,4 7 060 0,07 - 0,25 0,32 - 0,06
* Population sans doubles comptes. Elle comprend les personnes ayant leur résidence principale dans la commune ainsi que la population recensée dans les collectivités et les centres
pénitencières. Dans la population sans doubles comptes, qui est celle utilisée pour les calculs statistiques, chaque personne est comptabilisée au lieu de sa résidence habituelle, et donc une seule fois.
Résultats provisoires prenant en compte les informations disponibles au 23 septembre 1999.
OCTANT n° 79 21
HQWUHDQQJRDHUEDO35DSSRHFRXUEDLPLPXQHVRPUXUDO7RWDOHVOGLHPDQQR7DX[FDWLRDULW\S{OOHHQDQUXUDX[HVSDFHS{OHVpJLLUPUDWXUVRWDXXHOVROpHVXQWUX6ORPRFDOHXUQVWHUHVQDQGHVLFRPOjGYHVSDFHDLQWDOWHXRL7jGWDO7RQUHpUDWRDULVLLSROHQPXOWVRSpULXUEDLDHOQOGU3XHO[HODQQVQPRQRSRODULXHOSpULXUEDL7DX[QOSSDWLRHF9ULHQFWXU6'&S{OHV3JLGHVSRPXQHVHQPVDXWUHHG&DWpJRXUEDLQVp
PXQHV V RXV LQI OXHQF H GHV S{O HV UXUDX[
PXQHV V RXV IDL EOH LQI OXHQF H XUEDLQH
VFR
RPPXQHmais leur rythme est en net recul : 1 % con- (définition de 1990), il gagne à peine 7 000 dans l’espace rural, encore appelée "rurba-
tre les 1,6 % de la période précédente. habitants (+ 0,07 % par an). Cette crois- nisation".
sance modeste est due à un solde migra- La population des pôles ruraux s’accroît
Ce regain de croissance urbaine est gé- toire apparent positif, elle est toutefois légèrement, alors que la croissance des
néral dans toutes les régions métropolitai- lestée par un déficit naturel désormais endé- communes sous influence des pôles ruraux
nes depuis 1990 voire 1982, sauf en Corse. mique (tableau 1). s’essoufle.
Il constitue donc une tendance profonde. Seulement 49 % des communes de l’es Dans les autres communes, celles qui
L’urbanisation se prolonge à la fois par la pace qualifié de rural sont concernées par constituent le rural isolé, la perte est moins
périphérie et par le centre. cette croissance. Elle est la plus forte dans sensible que sur la période précédente
les communes rurales dites "sous influence (- 0,25 % contre 0,51 %). La population di-
urbaine", (dont au moins 20 % de la popula- minue dans deux communes sur trois. LaUn léger mieux dans le rural
tion active travaille dans une aire urbaine). Il trop longue période d’exode rural a entraîné
Quant à l’espace à dominante rurale s’agit du prolongement de l’urbanisation un vieillissement de la population et par voie
Espace urbain et espace rural définition 1990
moins 40 % des actifs résidents vont tra
vailler dans le pôle urbain ou dans des
communes attirées par celui ci.
- Communes périurbaines multipola-
risées : communes rurales et unités urbai-
nes situées hors des aires urbaines, dont
au moins 40 % des actifs résidents vont tra
vailler dans plusieurs aires urbaines, sans
atteindre ce seuil avec une seule d’entre el-
les, et qui forment avec elles un ensemble
d’un seul tenant.
- Aire urbaine : ensemble de commu
nes, d’un seul tenant et sans enclave, au-
tour d’un pôle urbain, constitué de ce pôle
et des communes formant sa couronne pé-
riurbaine. Il peut arriver exceptionnellement
qu’une aire urbaine se réduise au seul pôle
urbain.
Espace
à dominante rurale
seule ville centre. Dans le cas contraire,
toutes les communes qui ont une popula - Pôles ruraux : unités urbaines ouLe zonage en aire urbaine
tion supérieure à la moitié de la population communes rurales offrant de 2 000 à moins
et son complément rural de la commune la plus importante, ainsi de 5 000 emplois et dont le nombre d’em-
que cette dernière, sont villes centres. Les plois offerts est supérieur ou égal au nom-
communes urbaines qui ne sont pas des bre d’actifs résidents.Unité urbaine
villes centres constituent la banlieue de - Rural sous faible influence urbaine :ou agglomération
l’unité urbaine. communes rurales ou unités urbaines qui
Communes sur le territoire desquelles ne sont pas pôle rural et dont 20 % ou plus
se trouve un ensemble d’habitations qui des actifs résidents vont travailler dans desEspace
présentent entre elles une continuité et aires urbaines.à dominante urbaine
comportent au moins 2 000 habitants. - Périphérie des pôles ruraux : com-
Constituée de plusieurs communes c’est - Pôles urbains : unités urbaines of munes rurales ou unités urbaines n’étant ni
une « agglomération multicommunale », frant 5 000 emplois ou plus et n’appartenant pôle rural, ni sous faible influence urbaine,
constituée d’une seule commune c’est une pas à la couronne périurbaine d’un autre et dont 20 % ou plus des actifs résidents
« ville isolée ». pôle urbain. vont travailler dans les pôles ruraux.
Pour chaque agglomération multicom- Couronnes périurbaines d’un pôle Rural isolé : communes rurales ou
munale, on définit un « centre » composé urbain ou communes périurbaines mo- unités urbaines n’étant ni pôle rural, ni sous
d’une ou plusieurs communes entières. Si nopolarisées : communes de l’aire urbaine faible influence urbaine, ni périphérie des
une commune représente plus de 50 % de à l’exclusion du pôle. Ce sont des commu pôles ruraux.
la population de l’unité urbaine, elle est nes rurales ou des unités urbaines dont au
22 OCTANT n° 79de conséquence un déficit naturel (naissan 7DX[ DQQXHO PR\HQ GH YDULDWLRQ GH OD SRSXODWLRQ
ces - décès) élevé, qui n’est pas compensé VHORQ OD GLVWDQFH DX S{OH XUEDLQ
par un solde migratoire pourtant souvent po-
sitif. L’amélioration de la balance migratoire
%UHWDJQH
en milieu rural isolé est tout de même signi
ficative dans certains cantons. Citons no-
WRWDOtamment ceux de Huelgoat dans le
Finistère, Plouha et Gouarec dans les Cô-
tes d’Armor, Questembert dans le Morbihan.
A l’examen de l’évolution des taux de
croissance des communes, il apparaît un
rapprochement continuel des rythmes de
développement démographique, depuis les
années 1970. La dispersion de la crois-
sance démographique des communes a di-
minué. L’écart type des taux de croissance
des communes bretonnes est passé de 2,21
entre 1975 et 1982 à 1,46 entre 1982 et
1990, puis à 1,05 entre 1990 et 1999.
Croissance démographique
et distance au pôle
L’effet de la distance au pôle urbain peut G DX VROGH QDWXUHO
se mesurer précisément à l’intérieur d’un zo-
nage d’étude associant villes et campagne :
les zones d’emploi sont assimilables en l’oc
currence à des bassins de peuplement.
Le graphique 1 examine la répartition
des taux de croissance des communes des
zones d’emploi bretonnes selon leur dis-
tance au pôle urbain. Le profil de distribution
de ces taux est désormais beaucoup plus
resserré. Les taux moyens maximaux con-
cernent les communes situées entre 5 et
15 km des pôles, ils atteignent 0,75 % l’an.
La décomposition de la croissance en
mouvement naturel et mouvement migra
toire montre que le premier le mouvement
naturel est polarisé autour des centres ur-
bains (graphique 2) et le second -le mouve-
ment migratoire- est polarisé dans les G DX VROGH PLJUDWRLUH DSSDUHQW
communes situées entre 10 et 15 km des
pôles (graphique 3).
Par rapport à la période antérieure, le
solde naturel recule pratiquement partout.
Le solde migratoire apparent progresse
dans les villes centres tout en restant faible-
ment négatif. Il recule dans les communes
situées à moins de 15 km du centre urbain
et s’accroît dans les communes situées à
des distances supérieures à 15 km.
Ce nouveau schéma s’applique à la plu
part des grandes agglomérations, avec
quelques nuances tenant aux particularités
locales.
Il correspond bien à la zone d’emploi de
Brest, où l’amélioration de la balance migra-
toire se concentre sur la ville de Brest ou à
une distance de plus de 20 km.
OCTANT n° 79 23Le cas de la zone d’emploi de Rennes
7DX[ DQQXHO PR\HQ GH YDULDWLRQ GH OD SRSXODWLRQ
est particulier. Les communes alentour res-
VHORQ OD GLVWDQFH DX S{OH XUEDLQ GH GHX[ ]RQHV G¶HPSORL tent toutes en forte croissance ; à distance
proche, on trouve des soldes migratoires en
augmentation comme à St-Jacques de la-
Lande, Pacé ou Bruz d’autres en diminutionG DX VROGH PLJUDWRLUH DSSDUHQW
comme à Saint Grégoire, Cesson Sévigné,
Chantepie, Thorigné ou Vern-sur Seiche. En
fait ces communes se trouvent dans des
phases distinctes de développement. La
plupart ont connu dans les années 1970 un
développement par lotissements. Le vieillis
sement de la population et le départ des en-
fants de ces lotissements amènent
mécaniquement une réduction de la dimen
sion moyenne des ménages. Seule la cons-
truction de nouveaux logements permet de
maintenir le rythme de croissance.
En revanche, la situation est moins favo-
rable à Lorient, qui préserve son niveau de
population, mais dont toutes les communes
périphériques connaissent une baisse d’at-
tractivité, quelle que soit leur distance à la
ville.
G DX VROGH PLJUDWRLUH DSSDUHQW
Michel ROUXEL
Pour en savoir plus
- "L’urbanisation se poursuit dans les an
nées 90" Insee première n°603.
- "Trente ans de périurbanisation",
INSEE, Economie et Statistique n°307.
- "Un exemple d’anomie démographique,
les lotissements" Thierry Eggerickx et
Michel Poulain , ‘’Démographie et amé-
nagement du territoire’’1999, PUF.
- "Les aires urbaines" INSEE Bretagne,
Octant n°65.
24 OCTANT n° 79